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Les 50 ans de Northern Dancer (2e partie) : le panthéon et les millions

21/12/2011 - Chefs de race
Pour avoir été le premier canadien à remporter le Kentucky Derby, Northern Dancer est, en 1965, le premier cheval intronisé au Panthéon des sportifs canadiens de l’année prenant la place d’un homo sapiens. Son destin fabuleux qui a fortement influé le monde des courses moderne regorge d’anecdotes.

Depuis, il est honoré à Toronto où une avenue résidentielle porte son nom ; l’hippodrome de Woodbine lui a édifié une statue (à l’image de Gladiateur à Longchamp ou de Mill Reef au National Stud de Newmarket) et la Canadian Post a édité un timbre-poste à son effigie en 1999.

Petit retour en arrière pour un hommage à Horatio Luro.


Northern Dancer a débuté victorieusement le 2 août 1963 à Fort Erié sous la coupe de l’entraîneur en second de Windfields Farm, Tom Fleming. Il était monté par un apprenti canadien formé par les Taylor, Ron Turcotte. Ce dernier deviendra par la suite une vedette en Amérique du Nord après ses succès avec Tom Rolfe, Riva Ridge et surtout Secretariat dans le Kentucky Derby. La suite de la carrière du fils de Nearctic sera ensuite dirigée par l’entraîneur «en chef» Horatio Luro. Argentin d’origine, ce dernier a également supervisé la jeunesse d’un certain Nijinsky jusqu’à sa vente en Irlande. Horatio est décédé il y a tout juste 20 ans, le 16 décembre 1991, 13 mois exactement après le décès de celui qui lui a permis d’être intronisé au National Museum of Racing and Hall of Fame en 1980.

 

L'entraineur Horatio Luro avec son crack Northern Dancer

 


Notes : A l’instar de Frankel, un fils de El Gran Senor s’appelle Horatio Luro, né en 1987. Il a fait carrière sur la piste en France (2e Prix Saint-Roman à 2 ans pour Cheik Moh. Al Maktoum) et une carrière d’étalon en Hongrie.

Son sang vaut du pétrole (en barils)


Sur la piste, Northern Dancer aura été le meilleur de sa génération à 2 ans au Canada et à 3 ans aux USA. Aujourd’hui, au haras, il n’est pas un pays de par le monde où la descendance de Northern Dancer ne règne souverainement grâce à ses cinq principaux fils, Nijinsky, Lyphard, Nureyev, Danzig et Sadler’s Wells. Cette année encore son sang figure dans les pedigrees des 85 vainqueurs de groupes 1 que compte l’Europe avec en tête d’affiche la relève, ses petits-fils Galileo et Montjeu !

 

Northern Dancer à l'entrainement


On dénombre plus de 280 fils de ND à travers le monde (y compris dans quelques contrées retirées) ayant goûté aux plaisirs du haras. A commencer par One For All et Viceregal (issus de la 1ère génération) pour finir par Northern Park (issu de la dernière génération en 1988). Son sang coule dans les cinq continents. A ce rythme, les pedigrees dénués de son sang vaudront de l’or (ou du pétrole).

Import-export, les meilleurs produits s’arrachent à prix d’or pour l’Europe.


Northern Dancer, qui est inbred 4x5 sur Gainsborough, 5x6 sur Spearmint et qui a une forte concentration de sang de Selene, a peut-être hérité sa petite taille (1,57 m) de son ancêtre Chaucer (un petit cheval équilibré qui apparaît deux fois dans son pedigree).
L’influence génétique de Northern Dancer provient probablement de trois ancêtres dominants : Chaucer, Selene et Mahmoud. Sa ressemblance avec Mahmoud est assez frappante. Pour compliquer un peu les choses, ND a transmis trois modèles bien définis à sa production :

  • les meilleurs, en termes de performances, sont des athlètes de taille moyenne qui lui ressemblent, mais sont légèrement plus grands avec une action plus étendue.
  • le second modèle donne des chevaux plus grands selon que l’influence de la jument a plus ou moins dominé le croisement. C’est le cas de Nijinsky qui est d’un type plus puissant que son propre père.
  • le troisième modèle peut soit ressembler à Native Dancer (son grand-père maternel) ou bien rappeler un parent éloigné. Les meilleurs produits de Northern Dancer furent vendus pour courir outre-atlantique sur le gazon européen. ND s’était imposé sur le turf de Woodbine (par terrain lourd) dans les Summer S. à 2 ans.


Notes :

  • Gainsborough s’est adjugé la triple couronne anglaise en 1918 pour l’entraînement d’Alec Taylor Jr. à Manton House Stables, qui sera, un demi-siècle plus tard, acheté par Robert Sangster.
  • Mahmoud est lauréat du Derby d’Epsom 1936 pour S.A. Aga Khan III, entraîné par Frank Butters.

 

Northern Dancer, un sang en or


Les importations au Canada en provenance d’Angleterre de Lady Angela (mère de Nearctic) et de Dazzling (l’aïeule de Natalma) ont permis à une partie de leurs descendances de retraverser l’Atlantique après les achats du Vieux Continent en quête de sang américain. A n’importe quel prix certains se sont rués vers l’or ou plutôt sur Northern Dancer. Ils sont venus, ils sont tous là ou presque à commencer par les plus doués sur la piste : Nijinsky (acheté $ 84.000), Lyphard ($ 35.000 foal), The Minstrel ($ 200.000), Try My Best ($ 185.000), Northern Baby ($ 125.000), Fabulous Dancer, Nureyev ($ 1.300.000), Storm Bird ($ 1.000.000), Shareef Dancer ($ 3.300.000), Danzatore ($ 1.000.000), Salmon Leap, Lomond, Glenstal, Sadler’s Wells et ses frères Fairy King et Tate Gallery, Secreto ($ 340.000), El Gran Senor, Northern Trick ($ 530.000), Unfuwain, Warrshan ($ 3.700.000), Pink, Wajd….

 

Notes :

The Minstrel, né en 1974, a été vendu à Keeneland lors de la même session que Trillion ($ 90.000) et Alleged ($ 34.000 seulement)

 

 

Nijinski II a offert son 1e Derby d'Epsom à Northern Dancer, associé à Lester Piggott

 

Plus performant en Europe qu’aux USA ?


A la lecture du palmarès du Kentucky Derby, seul Nijinsky est un père de vainqueur. D’ailleurs, en 1986, ses fils ont remporté le Derby du Kentucky avec Ferdinand et le Derby d’Epsom avec Shahrastani.

 

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  • Le Derby d’Epsom est une référence dans le monde et Northern Dancer n’a pas failli à son devoir. Il a produit 3 vainqueurs, trois élèves d’E.P. Taylor (Nijinsky, The Minstrel, Secreto). Son fils, Nijinsky en a fait de même (Golden Fleece, Shahrastani, Lammtarra). Cette année, un de ses petits-fils, Montjeu, les a rejoint (Motivator, Authorized, Pour Moi). Ils sont devancés par Blandford avec 4 vainqueurs (Trigo, Bahram, Blenheim, Windsor Lad). 
     
  • Le Derby irlandais n’a pas la même aura, malgré tout les fils de ND l’ont enlevé à 4 reprises (Nijinsky, The Minstrel, Shareef Dancer, El Gran Senor) devancé par son fils Sadler’s Wells, père de 6 vainqueurs. 

 

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TELECHARGER LE TABLEAU DES VAINQUEURS DE 1000 GUINEES ET POULES EUROPEENNES

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Les frères Maktoum (de gauche à droite Hamdan, Mohammed et Maktoum) ont dépensé des fortunes dans l'achat des fils de Northern Dancer

 

  • L’Arc de Triomphe : il n’a aucun vainqueur d’Arc à son compteur, mais il s’est rattrapé avec ses fils : Lammtarra (Nijinsky), Peintre Célèbre (Nureyev), Three Troikas et Dancing Brave (Lyphard), Carnegie et Montjeu (Sadler’s Wells), Helissio (Fairy King). Pour coller à l’actualité, la gagnante de l’édition 2011 est une petite-fille de Niniski (côté paternel) et de Danzig (côté maternel).
     

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  • Il est à l’origine d’au moins 20 gagnants de l’Arc anglais, les  King George VI and Queen Elizabeth St : 2 pour son propre compte, 11 par ses fils. Depuis 1990, il est 16 fois vainqueur par son sang.

    Notes :
    Le Prix du Jockey-Club 1983 : Chantilly a vécu à l’heure américaine. A l’arrivée, un tiercé des petits-fils de Northern Dancer : Caerleon (Nijinsky), L’Emigrant (The Minstrel) et Esprit du Nord (Lyphard).C’est du passé, ce genre d’arrivée n’est plus une exception.
    A l’arrivée des trois principaux Derbies 1982, trois petit-fils de ND (Assert, fils de Be My Guest en Irlande et à Chantilly), Golden Fleece (fils de Nijinsky, à Epso
    m.

Soutenir la production de Northern Dancer (les prémices d’un quasi-monopole)


Le succès de Nijinsky, issu de la seconde production de ND, fait la promotion de son père et c’est, semble t’il, trop pour le Canada. Il est donc décidé de transférer ND dans une antenne de Windfields aux USA, dans le Maryland, pour être plus proche des juments de renom.

 

Vincent O'Brien a fait beaucoup pour l'explosion de Northern Dancer


Après le décès de Charles W. Engelhard en 1971 (propriétaire de Nijinsky), Vincent O’Brien est rejoint par Robert Sangster et John Magnier pour former une association en vue de «soutenir» la production de Northern Dancer. Bien leur en a pris, puisque même si l’on connaît la suite, il est intéressant de rappeler les «quelques» poulains achetés par le conglomérat, The Minstrel, Be My Guest, El Gran Senor, Storm Bird, Try My Best, Secreto, Lomond. Certains autres futurs champions échapperont au «trust», Lyphard, Danzig…..et Nureyev (battu sur le ring de Keeneland par Stravos Niarchos). Qu’importe puisque Robert Sangster and Co avaient acheté, deux ans plus tôt, la sœur, Fairy Bridge….(la future mère de Sadler’s Wells).

Notes : Mme C.W. Engelhard est l’éleveur, entre autres, d’Exceller, qu’elle a vendu en 1975,$ 25.000.

Robert Sangster, le 3e homme de l'entreprise Coolmore, un personnage clé dans la réussite de Northern Dancer en Europe.


Et dire qu’il a failli être exporté en….France pour 40 millions de dollars !


Suite à des débuts fracassants, ND sera syndiqué à 9 ans, en août 1970, en 32 parts à $ 75.000 chacune après avoir engendré 4 générations. Dès lors, le prix virtuel de la part de Northern Dancer fut évalué à $ 1.250.000 (quelle ascension !), après qu’une offre de 40 Millions de dollars ait été rejetée fin 1981 quand il fut imaginé que le fils de Nearctic quitte les USA à destination de…la France (avec quel montage financier, that’s the question).

Notes : en novembre 1985, lors de la Dispersal Newstead Farm Trust, 1/40ème de part de ND, alors âgé de 24 ans a été adjugé $ 1.075.000.

 

Voir la vidéo de Northern Dancer au Haras et sa victoire dans le Kentucky Derby



Une production limitée en nombre : autre temps, autres moeurs....


ND aura conçu 646 foals en 23 années, de 1966 à 1987 (la dernière année a été écourtée). 510 ont couru, 411 ont gagné et il est le père de 147 stakes-winners enlevés par 77 produits différents, un score comparable à ceux de Nasrullah et Bold Ruler. Une génération plus tard, on peut constater l’extraordinaire qualité de ND comme de «Père de Pères». La liste de ses fils remarquables au haras est sans fin. Plus de 280 de ses fils ont rejoint le haras pour y continuer l’œuvre de leur père. Le chiffre est à peine croyable !

Parmi ses 280, 27 ont produit au moins un vainqueur de classiques (Derby, Oaks, Guinées, St-Leger) en Europe (GB, IRE, FRA, GER, ITY). Les fils de ND ayant gagné au moins classique européen sont au nombre de 7 (Nijinsky, The Minstrel, Lomond, Shareef Dancer, El Gran Senor, Sadler’s Wells, Secreto) et une pouliche figure au palmarès (Northern Trick).

 

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Notes :

  • on ne l’a jamais surchargé au haras et son «livre» annuel de juments a toujours été contrôlé de près. L’administration de Windfields Farm mérite d’en être félicitée et 646 foals, c’est en fait peu au regard de ce qui se fait aujourd’hui (à l’époque il n’était présenté aux étalons qu’une quarantaine de juments).
  • Les porteurs de parts sont avertis en 1987 par Joe Hickey (manager de Windfields Farm) de «son manquement» dû à son âge (26 ans).
  • Dernière année de monte 1987 : 18 poulinières saillies, 4 pleines, une a avorté de jumeaux et une a coulé.
  • Le premier partant de ND en France est une partante, une élève John Cunnington, Wedel appartenant à Jacques Wimpfheimer. Elle termine seconde à Fontainebleau, le 1er novembre 1969 d’une épreuve pour 2 ans.
  • Son second partant sera celui de Lyphard suivi de Northern Taste (vainqueur du Prix de la Forêt pour les couleurs japonaises de Zenya Yoshida).


Lire la 1e partie du grand portrait de Northern Dancer

 

La galerie des trophées:

23 titres de Champions.
Northern Dancer a été élu Horse of The Year, champion 2 year old colt au Canada, champion 3 year old colt aux USA. 23 de ses rejetons ont reçu au moins un titre honorifique de champions tels que Horse of the year ou champion de leur génération.

-Horse of the Year : Viceregal, Fanfreluche, Lauries Dancer, The Minstrel, Northern Trick.
-Champion 2 year old colt : Viceregal, Nijinsky, Minsky, El Gran Senor, Storm Bird, Try My Best, Danzatore
-Champion 3 year old colt : Nijinsky, Minsky, Nice Dancer, Dance In Time, Shareef Dancer, El Gran Senor.
-Champion 2 year old filly : Broadway Dancer, Northernette, Woodstream
-Champion 3 year old filly : Fanfreluche, Lauries Dancer, Northernette, Northern Trick.
-Champion sprinter : Ajdal
-Champion miler : Try My Best, Nureyev, Sadler’s Wells, El Gran Senor.
-Champion older horse : Giboulee, Antheus (en Italie)
-Broodmare of the year : Fanfreluche
-Champion Handicap Horse : Dance Act

ND a été Tête de liste des pères de vainqueurs :
aux USA : 1971 (4e en 1977, 5e en 1976)
en GB :1970, 1977, 1983, et 1984 (2e en 1985, 3e en 1989, 4e en 1987)
en FR : (2e en 1984)

Son fils, Sadler’s Wells, détient le record en Grande-Bretagne avec 11 titres.

ND a été Tête de liste des pères de mères
aux USA, 1991 (3e en 1989 et 1992)
en GB : (4e en 1987)
au JPN : (3e en 1994)
aux UAE : 1995

 

Sadler's Wells est sans doute le plus grand continuateur de son père Northern Dancer



Le tarifs de ses honoraires les plus chers de l'histoire des courses


En 1965, la saillie de ND était de $ 10.000. En 1980, pour obtenir une saillie de ND, il fallait débourser la coquette somme d’1 Million de dollars. Cinq ans après, le tarif était encore de $ 950.000.
La révision quasi générale du prix des saillies en 1986 (à l’exception de Danzig, Storm Bird, Nureyev et Mr Prospector) a même touché le roi ; elle se montait encore à $ 850.000 quand même !
A ce prix exorbitant, les éleveurs, excepté les plus «fortunés», négocient un foal-sharing.

Notes : la saillie de son petit-fils, Galileo, est officiellement «Private». Officieusement, elle se négocie autour de 300.000 Euros. Celui de son père, Sadler’s Wells, était officieusement de l’ordre de 125.000 Guinées irlandaises en 1985, l’année de sa première saison de monte.

Les yearlings introuvables ailleurs qu’à Keeneland


ND a été cité 10 fois comme auteur du yearling le plus cher de l’année aux USA (avec un top à $ 10.200.000 en 1983). Une série interrompue en 1985 par le record de 13,1 millions de dollars pour Seattle Dancer, un fils de…Nijinsky, successeur désigné de son père qui sera détrôné plus tard par Sadler’s Wells. Il reprendra son sceptre en 1986 avec le prix affiché par le propre frère de Storm Bird et en 1987 par Warrshan.

Top-price de l’année 1988 tant aux USA qu’en Europe


On ne trouvait pas de Northern Dancer ailleurs qu’en Amérique du Nord (Keeneland, Saratoga ou Woodbine) et pourtant en 1988 l’Europe ou plus exactement Kill (Goffs Irlande) et Newmarket (Tattersalls) accueille chacun UN Northern Dancer. Ce qui n’était pas arrivé depuis 1975 avec la vente de Be My Guest (127.000 Guinées, un record européen de l’époque). Il était vendu à Mme Allen Manning par Walter Haefner (Moyglare Stud).
 

  • A Newmarket, pour la première fois dans l’histoire des ventes de Newmarket, la barre des 2 Millions de Guinées pour un yearling a été franchie.

Un propre frère de Sadler’s Wells élevé par Swettenham Stud (Robert Sangster), est adjugé pour 2.400.000 Guinées à Classic Thoroughbred (un groupe d’investisseurs dirigé par….Robert Sangster). Nommé Classic Music, il ne courra jamais mais deviendra étalon à Coolmore, sans envergure. Ce prix constitue un record européen en son temps et qui est même supérieur au top de Keeneland de l’année ($3.500.000 également un ND, également acheté par Classic Th. qui aura pour nom Royal Academy). Ce record tiendra jusqu’en 2007 (2.500.000 Guinées pour une pouliche de …Sadler’s Wells).

 

Royal Academy (n°1) enlève la Breeders'Cup Mile sous la poigne d'un Lester Piggott âgé de 57 ans, après avoir été acquis pour 3,5 millions de dollars à Keeneland


Cette folle année 1988, via son fils Nijinsky, Northern Dancer revendique aussi les deux autres yearlings millionnaires des Newmarket Highflyer Sales : un mâle de Sex Appeal (mère de Try My Best et El Gran Senor), un achat Darley pour 1.500.000 Guinées, nommé Jenaadil qui disparaitra dans la nature, et celui de Pump (propre parente de Nureyev et Fairy Bridge), payé 1.000.000 Guinées par Vincent O’Brien avant d’être nommé Classic Sport et de rapporter 6.700 Livres en course…
C’est aussi l’année d’une certaine Salsabil, une fille de Sadler’s Wells (qui proposait ses services à 125.000 Guinées, un record) et de Flame of Tara, payée 440.000 Guinées par Shadwell. Elle deviendra une championne.
 

  • A Kill chez Goffs lors du Cartier Million Sale, un poulain, dont la mère est une sœur de Nureyev, fait débourser à toujours Robert Sangster et son nouvel associé, John Kluge, 1.300.000 Guinées (le seul au-delà du million). Dix des premiers tops de la session sont également issus des fils de ND (Sadler’s Wells, Nijinsky, Nureyev, Storm Bird, The Minstrel).


Etant donné le tarif de saillie, il n’était pas étonnant de voir des yearlings vendu plus du million de dollars, mais seuls certains «investisseurs» (le mot n’est peut-être pas très approprié) pouvaient se le permettre : à la volée, Eugène Klein, Allen Paulson, les frères Maktoum, Stavros Niarchos, Vincent O’Brien et ses associés, D. Wayne Lukas et sur la fin, quelques japonais.

Top-price des yearlings de Northern Dancer en ventes publiques

  • Keeneland : Snaafi Dancer (1982) (My Bupers) vendu $ 10.200.000
  • Newmarket : Classic Music (1987) (Fairy Bridge) vendu 2.400.000 Guinées
  • Irlande : Middle Kingdom (1987) (Puget Sound) vendu 1.300.000 Guinées

Note : ces 3 chevaux ont tous été des calamités, tant sur les pistes qu'au haras.


Notes :

  • Les produits de ND se négocient également à l’amiable tels que Lomond en 1980 (foal) qui aurait été payé par R. Sangster lors d’une transaction privée, $ 1.500.000. Il en est de même pour Fioravanti, acheté yearling par CAB St-George, $ 2.300.000 et revendu à l’amiable à 2 ans, après des débuts des plus prometteurs chez V. OBrien, $ 6.000.000 par Darley. Pas de chance, il sera stérile…
  • Dance Act fut le premier yearling mis en vente et Northern Park (fils de Mrs Penny) est l’un des deux derniers foals à être passé sur un ring de vente. En provenance d’Overbrook Farm (W.T. Young), il a fait tomber le marteau à $ 2.800.000 pour Zenya Yoshida. Northern Park a fait carrière en France, tout d’abord chez André Fabre puis chez Corine Barbe. Il est le dernier partant de ND en France, le 28 octobre 1993 à Evry. Ce sera un étalon très décevant et l’ultime présence de ND en ligne mâle directe en France sera finira donc en eau de boudin.L’autre mâle, né de la dernière «semence», a été acheté $ 700.000. Sa mère, propriété de R.D. Hubbard, est une sœur d’Alydar. Il Corsaro, c’est son nom, n’a pas couru et a officié en Argentine.

Vous avez dit gourmand ?

Ajdal (fils de Native Partner) est un cas à part ; son éleveur n’a pas voulu le laisser partir en Europe, yearling, à moins de $ 7.500.000 (un prix record pour un racheté). Il a quand même pris la direction de Newmarket, acheté à l’amiable par Cheikh Mohammed, mais à quel prix ? Il est devenu un champion 2 ans et sprinter, triple gagnant de Gr.1 (Sprint Cup, Dewhurst Stakes, July Cup) mais s’est tué à Dalham Hall Stud chez Cheikh Mohammed après seulement une saison de monte. Il a eu le temps de produire Cezanne (Champion Stakes, Gr.1).

 

Fils de Northern Dancer, Ajdal a été racheté pour 7,5 millions de dollars ! Mais il a quand même fini par courir sous la casaque de Cheikh Mohammed, devenant un champion sur la vitesse.

 


Mauvaise année pour les cracks


1988 : Raise a Native (fils de Native Dancer, le père de Natalma) est décédé l’année même de la mise à la retraite de ND. Il était le père de Mr Prospector, celui que l’on oppose à ND (à juste titre) et qui est très usité pour des croisements avec le sang de ND.
1990 : pour sa part, Northern Dancer est parti 24 heures après son plus jeune rival âgé de 15 ans, Alydar (un fils de… Raise a Native).


Dernière petite histoire de kidnapping qui a ému le Canada, je m’en vais vous la narrer...


La génération 1967 a donné l’une des meilleures pouliches de ND, Fanfreluche (un vrai conte de fées) et l’un des meilleurs poulains, Nijinsky (un vrai compte en banque).

Une pouliche du nom de Fanfreluche (baptisée par son éleveur, Jean-Louis Levesque, du nom d’une série télévisée québécoise destinée aux enfants) fera le bonheur de l’élevage canadien et mondial (c’est la mère de L’Enjoleur, la grand-mère de Holy Roman Emperor et la 3ème mère de Aube Indienne et des australiens, Flying Spur et Encosta de Lago).  Elue championne de sa génération à 3 ans au Canada et aux USA, élue Horse of The Year à 3 ans au Canada, Fanfreluche a ému le landerneau québécois.

 

Fanfreluche a été kidnappée après une carrière de course de championne.



En juin 1977, Fanfreluche (fille de Ciboulette donc propre soeur de Night Shift, et pleine de Secretariat) est kidnappée dans son paddock de Clairborne Farm par une famille d’agriculteur qui l’emmène à 150 kms, à Tompkinsville (Kentucky). Elle passe cinq mois à leurs côtés comme un animal domestique jusqu’à ce que le FBI la retrouve saine et sauve dans la nuit 8 décembre suivant. Retour au bercail et au printemps, elle pouline d’un foal que l’éleveur nommera, Sain et Sauf (tel quel). Il rejoindra le haras comme étalon après une carrière quelconque (3 victoires et une 4e place dans un Gr.2 à Calder). Quelle importance, l’histoire est trop sympa pour vous la narrer.
 



60 ans de succès à Windfields Farm

Le nom de Windfields, nom du premier grand champion d’Eddie Taylor, fut donné à la première propriété construite en 1937 à Willowdale, à la périphérie de Toronto. Il avait la certitude que l’on pouvait produire d’aussi bon pur-sang au Canada qu’au Kentucky, c’est pourquoi il décide, en 1948, d’acheter, dans la perspective d’élever à grande échelle, une vaste propriété du nom de Packwood Stables qui avait appartenu au Colonel Sam McLaughlin, le patron de General Motors au Canada. Ce domaine, situé à Oshawa dans l’Ontario, était 4 fois plus étendu qu’High Park à Londres, soit 570 hectares. Il l’appela tout d’abord National Stud Farm puis le rebaptise Windfields Farm en 1969. C’est là que naquirent et furent élevés notamment Nearctic, Northern Dancer, Nijinsky et The Minstrel.

En 1969 aux USA, il crée à Chesapeake City, dans le Maryland, une antenne destinée à la suite des carrières de quelques juments et à celle de ses étalons. La célébrité internationale de Windfields Farm dans le Maryland est attachée à celle de Northern Dancer qui a régné sur la cour d’étalons du haras de la famille Taylor pendant plus de 20 ans.

En 1980, Edward Taylor est victime d’un accident vasculaire, s’en trouve très diminué, c’est donc son fils, Charles, journaliste de profession, qui reprend les rênes de l’entreprise. En 1984, son fidèle collaborateur depuis 1956, Joe Thomas, décède, le marché n’est plus ce qu’il était, c’est le début de la fin.

 

Northern Dancer avec le manager de Windfields Farm dans le Maryland aux Etats-Unis, en 1988. Agé de 27 ans, il est retraité depuis 1 an, et s'éteindra à l'âge de 29 ans en 1990.



A la fin de l’année 1988, ND coulait une retraite paisible et bien méritée quand la décision de fermer l’exploitation d’étalons dans le Maryland.
En mai 1989, Edward décède à l’âge de 88 ans ; la réduction d’effectif débute également dans l’Ontario (là où quelques 600 chevaux ont séjourné) avec la vente, organisée par la Canadian Thoroughbred Horse Society, de juments et de leurs foals. Quelques lots seront vendus à Keeneland.

Son fils décède à son tour en 1997. Sa veuve, Noreen, et sa sœur, Judith Taylor-Mappin, se sentent dans l’obligation de reprendre l’activité en commun. «Bien que toute la famille aimait les chevaux, nous n’étions pas préparés » dixit Judith.

Pas pour longtemps donc puisqu’une partie des terres sont vendues à l‘University of Ontario Institute of Technology et au Durham College qui construit des terrains de sport. Déjà englouti par l'étalement urbain, Windfields a établi un partenariat avec les promoteurs immobiliers pour construire des habitations résidentielles sur la majeure partie de la propriété. Certaines des parties historiques du haras seront conservées comme un parc commémoratif d’une surface d’environ 10 hectares ainsi qu'une forêt tri-centenaire où 15 chevaux sont enterrés dont Northern Dancer.

 

Northern Dancer a été enterré au Canada sur les terres de Windfields Farm.



Le «home» des Taylor abrite aujourd’hui le Canadian Film Center, fondé par le cinéaste Norman Jewison.

Pour rester sur une note plus réjouissante, rappelons-nous que E.P. Taylor a été, de 1960 à 1985, 19 fois champion des éleveurs d’Amérique du Nord (en victoires) et de 1974 à 1985, 9 fois champion des éleveurs (aux gains).

Pour citer Guy Thibault, St Simon est né en 1881, soit 80 ans exactement avant ND. Ne fait-il pas toujours référence dans le monde entier plus d’un siècle plus tard. Il est vraisemblable qu’une même destinée est réservée à ND.

Notes :

  • Aux côtés de Northern Dancer (décédé dans le Maryland) reposent à Oshawa certains élèves des Taylor :

Windfields (étalon, né en 1943 et décédé en 1969), Victoria Park (1985), Vice Regent (1995), South Ocean (décédée en 1989 et mère de Northernette et Storm Bird) et son père New Providence (1981, vainqueur de la triple couronne canadienne)

  • A son arrivée dans le Maryland, le feu prend dans une grange et provoque la mort de 13 chevaux qui débarquaient du Canada. Dans le nombre, un poulain de Northern Dancer et un de Nearctic.
  • Windfields et Taylor ont élevé 48 champions pour 360 stakes-winners.Ils détiennent également le record du plus grand nombre de victoires remportées par ses élèves dans une même année (442 en 1978).