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De Meydan à Maisons-Laffitte : Dolniya et Ervedya, deux Boussac habillées de vert

03/04/2015 - Grands destins
Je peux gagner une trentaine de bonnes courses pour femelles et entendre dire que j’ai réalisé une mauvaise saison. Pourtant, pour un propriétaire-éleveur, c’est un résultat essentiel et très positif, même s’il n’y a pas de grosses allocations à la clé. Tels sont les propos du Prince Aga Khan lors d’une interview publiée dans le « Racing Post » en septembre 1996. Aujourd’hui et hier, nous avons vu deux excellentes pouliches à l’arrivée à Meydan et à Maisons-Laffitte. Par Xavier BOUGON.
Revoir la victoire de Dolniya dans la Dubaï Sheema Classic 2015
 
Dolniya (une Boussac) en hommage à son père Azamour (Zuylen de Nyevelt)
L’entrainement français a fait sien le jumelé de la Dubai Sheema Classic avec une pensionnaire de S.A. Aga Khan, Dolniya et le «Poulidor» du Prince Khalid Abdullah, Flintshire (voir l'article sur Maxime Guyon).
Pour donner naissance à Dolniya, le Prince Aga Khan fait appel aux services de son étalon, mort en avril 2014, Azamour (Night Shift), un ancien pensionnaire de John Oxx. Il descend d’une fille de Diatome et de Dreida, une maiden nommée Arcana (née en 1971), provenant de l’élevage du baron Thierry de Zuylen de Nyevelt que Karim avait acheté en fin d’année de 3 ans à Deauville pour 40.000F. A l’entrainement chez Geoff Watson, elle s’était classée seconde de Timolina (fille de Polamia) dans le Prix de la Fourrière, un maiden pour 2 ans à Longchamp. Ce sera son seul podium. Par contre, Dreida (La Varende, étalon Zuylen) s’était imposée dans le Prix Vanteaux et le Prix de Royaumont.
 
Notes
- Dans le Prix Vanteaux, Dreida avait devancé Rajput Princess mais aussi Vesperale (3ème du Prix de Diane et gagnante à l’automne du Prix de Royallieu), une pouliche élevée par le baron Egmont de Zuylen, père de Thierry.
- Après avoir été 3ème de Rajput Princess dans la Poule d’Essai, Dreida termine seconde du Prix Vermeille derrière sa compagne de couleurs et d’entrainement, Astaria (également 2ème Prix de Diane et gagnante du Prix Jacques Le Marois à 4 ans). La Bamba, qui termine à la 3ème place, est également entrainé par G. Watson et appartient au baron Guy de Rothschild, beau-frère de Thierry de Zuylen.
 
VOIR LES VICTOIRES CLASSIQUES DE S.A. AGA KHAN (2 pages)
 
Ervedya, issue de l’élevage de Marcel Boussac et d’un père Lagardère
La fille de Siyouni (issu d’une mère provenant de l’élevage Lagardère) s’est imposée de belle manière dans le Prix Imprudence, une préparatoire aux Poules d’Essai françaises ou anglaises. A 2 ans, elle avait été l’une des meilleures pouliches de sa génération après sa seconde place dans le Prix Marcel Boussac et sa 3ème place du Prix Morny en ayant débuté victorieusement fin mai à Tarbes.
 
Ervedya a fait impression dans l'Imprudence 2015 ©APRH
 
Sa grand-mère et son arrière-grand-mère n’ont pas été capables de prendre le moindre kopeck sur la piste. Ervedya ne doit donc la vie que grâce aux performances de sa mère, Elva (King’s Best), à l’entrainement à Pau chez Jean-Claude Rouget. A défaut, la famille maternelle aurait disparue de l’effectif. Elle avait débuté victorieusement à Bordeaux à 2 ans (sur 1.900m.) dominant un certain Vertigineux. A 3 ans, elle fait une rentrée fracassante dans une «B» (en photo à droite ©APRH) en laissant sa dauphine à 8 longueurs sur 1.600m. à Saint-Cloud. Elle termine ensuite seconde de sa compagne d’écurie (Just Little) dans le Prix Vanteaux.
 
Sa grand-mère donc, Evora (1999 Marju) n’a jamais été déclarée à l’entrainement. Sa 3ème mère Eviyrna (1989 The Minstrel) a été incapable de faire l’arrivée en trois sorties, à l’entrainement chez Alain de Royer-Dupré. Sa 4ème mère, Euliya (1981 Top Ville) va remporter quatre courses consécutivement dont le Prix des Tourelles, Joubert et de Royallieu (Gr. 3 à l’époque).
 
Sa 5ème mère, Eunomia (1975 Abdos) fait partie de l’effectif Boussac. Elle débute victorieusement pour ses couleurs à Longchamp en mai de ses 3 ans. Puis elle rejoint l’effectif de Christian de Watrigant qui va lui faire prendre trois places à Longchamp et Saint-Cloud, en octobre et novembre 1978, pour les couleurs d’un certain Wayne Murty. Comme on le lira un peu plus loin, Eunomia rejoindra, comme tout le cheptel Boussac, les effectifs de S.A. Aga Khan après un certain imbroglio.
 
Elva en 2012 et sa foal .... Ervedya. Elva retourne cette année à la saillie de Siyouni ©Aga Khan Studs
 
On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille
Ce n’est pas le cas pour S.A. Aga Khan qui a choisi d’acheter la totalité des effectifs de certains élevages venus de quelquepart, ceux de Mme François Dupré (1977) et de Jean-Luc Lagardère (2005) en provenance du Haras d’Ouilly et celui de Marcel Boussac (1978), éleveur à Fresnay le Buffard depuis 1919. Dolniya, gagnante de la Dubaï Sheema Classic, et Ervedya, gagnante du Prix Imprudence, sont issues de cet élevage.
 
Au soir du 12 mai 1960, le Prince Karim va hériter le l’empire équin de son père (Aly Khan). C’est ainsi qu’il décide, à peine âgé de 24 ans, de continuer l’œuvre fondée par son grand-père, Aga Khan III. Avec l’aide d’Alec Head, il «écrème» l’effectif qui était alors composé de 140 poulinières (il en restera la moitié). C’est au cours de la décennie suivante qu’il va apporter du sang neuf en sus des familles maternelles vieillissantes Il achète donc ce qu’il pense être le mieux sur le marché français suite à l’arrêt de l’activité des héritiers testamentaires Dupré et Lagardère et suite à la liquidation Boussac. A l’époque, les résultats Dupré sont sur le déclin ou tout du moins ont régressé après deux décennies spectaculaires et l’élevage Boussac est en perte de vitesse. Quant à l’élevage Lagardère, il est en plein boum...
 
Les jumenteries Dupré (Madame et Monsieur sont en photo à gauche aux courses de Deauville) et Boussac concentraient un nombre réduit de lignées maternelles, remontant à la même poignée de juments-bases. S.A. Aga Khan y fait progressivement une sélection, le temps de leur donner l’occasion de se révéler à la faveur de nouveaux sangs paternels. Par contre, d’une manière générale, la jumenterie Lagardère compte beaucoup de poulinières d’ascendances américaines.
 
Notes
- « Né quelque part » est une chanson de Maxime Le Forestier (et non Mathieu).
- Outre les achats des élevages pré-cités, l’Aga Khan fait son marché à Newmarket et s’offre en 1974, un foal pour 16.000 Guinées (il va s’appeler Blushing Groom) et la gagnante de la Poule d’Essai des Pouliches de l’année, Dumka (Kashmir II) pour 60.000 Guinées. En 1976, toujours à Newmarket, il achète, à David Robinson son propriétaire, une placée de groupe à 2 ans en Angleterre, Miss Melody (1970 Tudor Melody).
Dumka deviendra la mère, entre autres, de Doyoun, et Miss Melody, la mère de Masarika (Poule d’Essai des Pouliches).
 
S.A. Aga Khan
 
Vente Dupré, un souhait de Madame que le Prince reprenne la totalité
Mme François Dupré est décédée le 22 avril 1977. Le mardi 26 juillet 1977, 37 chevaux à l’entrainement sont vendus aux enchères au Clos du Roy à Gouvieux sous l’égide de l’Agence Française (après les courses de Chantilly). L’essentiel de l’effectif est à vendre aux enchères (40 poulinières, 23 yearlings, 20 foals) le lundi 3 octobre 1977 à Longchamp (le lendemain du Prix de l’Arc de Triomphe). Le catalogue est prêt mais la vente est annulée, S.A Aga Khan se portant acquéreur de l’ensemble une semaine avant la vente. Parmi l’effectif se trouvent, entres autres, Top Ville (yearling puis vainqueur du Prix du Jockey Club ensuite), Nièce Divine (yearling puis mère de Natroun, vainqueur lui aussi du Prix du Jockey Club), Molitva (future mère de Mouktar, Prix du Jockey Club) Val Divine, Koblenza, Sursum Corda....etc...
 
Notes
Parmi les numéros de la vente de juillet se trouve Santalina (Relko et Sursum Corda), achetée 160.000F. par l’Aga Khan, qui rejoindra le haras de Son Altesse après une victoire dans le Prix Joubert pour la casaque verte. Un certain Santalino fait partie également de la vente, acheté 78.000F. par Patrick Barbe pour Alain Bruneteau. Il va s’imposer ensuite dans le Grand Prix de Deauville. Notons aussi, Binky (55.000F. vainqueur du Prix Eclipse en octobre suivant pour Edouard Buffard), Gayka (110.000F. à Albert Klimscha pour Jacki Clérico), Dancing Master (195.000F. à J.P. Gallorini), Sovereign Lady (590.000F. au regretté Guy Thibault pour Moyglare Stud Farm), Reine de Lenza (48.000F. à Hubert d’Aillières pour Henri de La Chauvelais, récemment décédé).
 
Vente Lagardère
Jean-Luc Lagardère et S.A. Aga Khan
 
Jean-Luc Lagardère décède le 14 mars 2003 et son fils, Arnaud, n’hérite pas de la même passion pour les courses et l’élevage. L’effectif de la succession (qui avait, pour l’anecdote, repris les couleurs de Mme François Dupré, gris, toque rose), se compose de 188 chevaux (dont 62 poulinières et 74 chevaux à l’entrainement) concernés par la vente (finalisée en avril 2005), deux ans après le décès de l’ancien patron de France Galop.
Linamix fait partie du lot mais aussi celle qui nous interpelle aujourd’hui, Sichilla, alors âgée de 3 ans, future mère de Siyouni.

Sichilla en 2010 au Haras de Saint-Crespin et son foal par Azamour, la future Siyenica (lauréate de Listed et placée de Gr. 2 et Gr. 3) ©Aga Khan Studs
 
Jean-Luc Lagardère avait débuté en 1967 quand il achète les terres agricoles du Val Henry (près de Livarot) qu’il transforme en haras afin d’accueillir des étalons (Bolkonski, River River, Nice Havrais, Bikala, dans un premier temps, Hellios, le caractériel pour ne pas dire méchant Always Fair, Akarad et surtout Linamix ensuite). C’est en 1982 qu’il lui adjoint un second haras celui d’Ouilly, celui de la famille Dupré, unique propriétaire depuis 1930.
 
Considéré comme le plus grand élevage européen, voire mondial
Le cheptel de poulinières de S.A. Aga Khan passe de 75 en 1977 à 164 en 1980 suite à ses achats cumulés, Dupré et Boussac, une vente dont j’essaie de vous narrer les péripéties.
Quand les difficultés du Groupe Boussac deviennent compliquées financièrement, différents éleveurs français et étrangers, dont le Prince Karim Aga Khan, sont contactés pour examiner les possibilités d’intervenir. L’élevage Boussac a déposé les armes en juillet 1978 quand, mis en liquidation, l’effectif est mis sur le marché au plus offrant. Une bagarre s’engage, alors, entre S.A. Aga Khan et un homme d’affaires et courtier du Kentucky, Wayne Murty. Sans entrer dans les détails, une bataille judiciaire va alors s’engager entre les deux parties. Même l’Etat français (les Haras Nationaux alors dirigés par Henri Blanc) et la Société d’Encouragement sont impliqués dans un procès complexe.
Les haras Nationaux suggèrent que les effectifs Boussac, considéré comme patrimoine français, reste en France. A leur crédit, il faut dire qu’aux USA, dix ans plus tôt (1966) un éleveur de Virginie (Bill Hackman) avait acheté la totalité de l’effectif du vicomte Astor qu’il revendra, trois mois plus tard à Saratoga, se procurant un substantiel profit. Peut-être que Wayne Murty aurait voulu en faire autant !
Au final et pour faire court, l’effectif, fort de 144 chevaux (y compris Acamas, tout récent lauréat du Prix du Jockey Club pour les couleurs Boussac et l’entrainement de Guy Bonnaventure), restera en France pour l’élevage de Karim Aga Khan.
 
Autres exemples de ventes d’effectifs
Marcel Boussac avait acheté, en 1919, la totalité des yearlings de l’américain Herman Duryea, éleveur au Haras du Gazon (proche de Fresnay le Buffard). Parmi ces yearlings, se trouvait Durban (Prix Vermeille, puis mère, entre autres de Tourbillon et Banstar).
 
- En 1927, l’Aga Khan III se porte acquéreur de l’élevage d’Edouard Kann (décédé en janvier) et du Haras de Saint-Crespin. Parmi les poulinières se trouve une certaine Uganda, qui deviendra l’une des juments-bases de son élevage. Sa fille, Ukrania (Ksar) fait partie du lot. Elle sera vendue en août suivant à Deauville pour la somme record de 970.000F. (acheteur : le comte Maurice de Rivaud, décédé en janvier 1929).
 
- En juin 1932, achat de la totalité de l’effectif de Jefferson-Davis Cohn (le propriétaire de Teddy), éleveur à Bois Roussel, par Léon Volterra.
 
- En juillet 1950, le Prince Aly Khan achète l’effectif de Wilfred Harvey et son haras de Newmarket (Sandwich Stud, futur Cheveley Park Stud). L’achat fait partie des plus grosses transactions de l’époque. Parmi l’effectif (30 poulinières, 24 yearlings, 15 foals) se trouvent deux foals, Noory (Irish Oaks) et surtout Noorani (future mère de Sheshoon, de Charlottesville et de Cervinia, Prix Saint-Alary, 2ème Prix de Diane). Parmi les poulinières se trouve également Real (Poule d’Essai des Pouliches pour Alexandre Lieux qui l’avait ensuite vendue à W. Harvey).
 
- En 1953, le Prince Aly Khan, achète l’effectif de Ludovic-Lawdy Lawrence, un américain vivant à Paris et représentant de la Metro Goldwyn Mayer. Parmi le lot, se trouve Rose O’Lynn (par Pherozsnah, un descendant de Mumtaz Mahal) suitée de Buisson Ardent.
L’américain possède également une écurie à Chantilly, Green Lodge Stables qu’il va lui vendre. Elle fait face à celle d’Alec Head. Il est connu également pour avoir importé en France, en 1938, un certain Prince Rose (victime, en 1944, de tirs d’artillerie durant la Bataille de Normandie au Haras du Petit Tellier) et en 1931, Jilt (portant dans ses flancs, Silver Jill, future mère de Silnet et La Sorellina). Il avait acheté pour Louis B. Mayer, un étalon de l’Aga Khan III, Alibhai, exporté aux USA.
 
- En 1986, S.A. Aga Khan achète les «vestiges» de l’empire de feu le Major Lionel Brook Holliday. Comme relaté plus haut, Dumka était une descendante de Lost Soul (1931), que le Major avait acheté 4.000 Guinées yearling à Sledmere Stud (c’est dans ce haras qu’une certaine Mumtaz Mahal a été élevée et achetée par l’Aga Khan III). Lost Soul deviendra une de ses juments-bases à Cleaboy Stud en Irlande (Vaguely Noble y est né après l’achat de sa grand-mère, Belle Sauvage).
 
Notes
Marcel Boussac enlève, en 1978, son douzième Prix du Jockey Club, 56 ans après sa première victoire acquise en 1922 avec Ramus. Acamas (Mill Reef) portera les couleurs Boussac pour la dernière fois en juillet à Ascot lors de sa seconde place (distancé ensuite) dans les King George VI and Queen Elizabeth St., devancé par Ile de Bourbon. Lors de la vente, Acamas, à lui tout seul, vaut le double de la somme payée pour les 143 autres chevaux. Sous les couleurs de S.A. Aga Khan, il effectue sa rentrée dans le Prix de l’Arc de Triomphe (d’Alleged) dans lequel il termine non placé.
Marcel Boussac avait déjà, en novembre 1975, réduit son effectif suite à la vente aux enchères à Deauville de 47 poulinières pleines.
 
 
Trois Arcs de Triomphe pour les souches Boussac-Aga Khan
 
1) Parmi l’effectif vendu en 1978 se trouve une certaine Licata (par Abdos, étalon Boussac) (Prix de Malleret, Chloé) pleine de Labus, suitée d’un poulain, nommé ensuite Akarad. Le produit à naître va s’appeler Akiyda. Quatre ans plus tard, elle donnera à Son Altesse son premier Prix de l’Arc de Triomphe. Elle n’est autre que la propre sœur d’Akarad et la demi-sœur d’Acamas. Une origine 100% Boussac. Son père, Labus, sera finalement offert aux Haras Nationaux par le Prince Karim, tout comme ses «collègues», Kouban et Faunus.
 
Akiyda
 
2) Toujours dans le lot se trouve une pouliche de 2 ans, Stoyana (Abdos). Elle débutera pour la casaque verte à 3 ans avec deux victoires, l’une à Bernay, l’autre dans un handicap à Evry. Sous la coupe de François Mathet, elle prendra deux accessits à La Guerche-Nevers et à Alençon avant d’entrer au haras où, lors de sa seconde «maternité» elle va donner naissance à Sidama (Top Ville, un élève de Mme François Dupré, passé sous les couleurs Aga Khan).
Placée du Grand Prix d’Angers, elle s’est distinguée à quatre reprises à Meslay du Maine, Montrevault, Machecoul et enfin Nantes pour l’entrainement de Jean-Luc Damble.
Au haras, son 3ème produit est une pouliche de Lashkari (Mill Reef), Sinntarra. Elle va rester en Irlande chez John Oxx qui lui fait gagner les Irish Cesarewitch et une Listed au Curragh.
A son tour, elle entre au haras et fait naître un certain Sinndar (1997 Grand Lodge). Il donne à Son Altesse son second Prix de l’Arc de Triomphe et son 4ème Derby d‘Epsom après ceux de Shergar (je n’épiloguerai pas sur sa disparition), Shahrastani et Kahyasi.
 
3) Parmi les 143 chevaux, se trouve une poulinière vide de Labus, une fille de Crepello née en 1973, nommée Denia (fille de Rose Ness, également à l’effectif Aga Khan). Gagnante du Prix du Bois Rouaud (un maiden fin mai à Longchamp) pour Marcel Boussac et Roger Mesme (montée par Gérard Rivases, premier jockey à l’époque de la casaque orange, toque grise), elle est jugée digne de courir le Prix de Diane et le Prix Vermeille dans lesquels elle ne fait que participer. Elle s’adjuge, entre temps, le Prix de la Thève (par la suite Listed) et se classe au pied du podium du Prix de Flore (de No No Nanette). Vide les deux premières années de Labus, elle va, en 1981, donner naissance à Damana (Crystal Palace) (2e Prix de l’Elevage) laquelle donnera, à son tour, la vie à Daltawa (Miswaki).
 
Daltama prise en photo en 2014 avec sa foal par Rock Of Gibraltar. Daltama est la mère de Dolniya et une fille de Daltawa
©Aga Khan Studs
 
Dolniya n’est autre que la petite-fille de cette Daltawa, mère de Daylami (Doyoun), de Daymarti (Caerleon), de Daltaiyma (Doyoun), de Dalghar (Anabaa) et surtout de Dalakhani, qui donne au Prince d’Aiglemont son troisième Prix de l’Arc de Triomphe.
 
4) S.A. Karim Aga Khan va gagner une 4ème fois l’Arc avec Zarkava, mais celle-ci provient d’une souche de son grand-père, S.A. Aga Khan III.
 
Notes
S.A. Aga Khan expliqua qu’Akiyda a été élevée par l’équipe Boussac en Irlande et non par lui-même.
 
Sept Prix du Jockey Club pour les élèves Dupré-Boussac-Aga Khan
Marcel Boussac a donc remporté le Prix du Jockey Club sous son nom à 12 reprises. S.A Aga Khan est sur ses traces avec 7 succès dont une partie avec les fils des juments d’Ouilly et de Fresnay le Buffard.
 
1) La première victoire du Prince Karim dans le Prix du Jockey Club intervient en 1960, alors que son père vient juste de décéder. Il s’agit de Charlottesville, un fils de Noorani que son père avait acheté foal à Wilfred Harvey (voir plus haut)
2) Huit ans après, Charlottesville deviendra le père de Sega Ville (élevage Dupré) qui donnera naissance au vainqueur du Prix du Jockey Club 1979, Top Ville, acheté yearling à la succession Dupré.
3) Une troisième victoire en 1984 avec Darshaan (Shirley Heights), grâce à sa mère Boussac, Delsy (1972 Abdos).
4) L’année suivante, c’est l’élevage Dupré qui est sur le devant de la scène avec Molitva (1968 Tompion) qui donne une 4ème victoire grâce à son fils, Mouktar (Nishapour).
5) En 1987, c’est encore l’élevage Dupré et Nièce Divine (Great Nephew), yearling au moment de la vente qui reçoit les honneurs. Son fils, Natroun (Akarad), qui n’avait pas couru à 2 ans, est supplémenté pour courir à Chantilly. Il fait sien le Prix du Jockey Club muni de la casaque verte qui s’impose pour la 5ème fois.
6) Le fils de Darshaan, Dalakhani, s’impose en 2003 (sur 2.400 m.) grâce à son aïeule Denia. Il remportera l’Arc de Triomphe ensuite.
7) Le plus inattendu, un fils de Polish Precedent nommé Darsi. Il provient de Djebellina (1965 Charlottesville, à l’effectif au moment de la vente) et de sa fille Darazina (1979 Labus), élevée par Marcel Boussac.
 
Sept Prix de Diane, trois pour l’élevage Aga Khan
Shemaka, Zainta et Zarkava ont sauvé l’honneur pour l’élevage Aga Khan puisqu’elles proviennent toutes les trois d’origine existante avant l’entrée en lice de Karim.
Les quatre autres représentent les trois élevages achetés : Vereva (Kahyasi) (élevage Dupré par Pola Bella et sa fille Val Divine), Daryaba (Night Shift) (élevage Boussac par Darazina, d’où également Darsi), Valyra (Azamour) (élevage Lagardère par Valima), Sarafina (Refuse To Bend, élevage Dupré par Sursum Corda). Valyra ne pourra venir grossir les effectifs puisqu’elle s’est accidentée mortellement à Deauville au mois d’août suivant sa victoire.
 
Il est évident que les effectifs fluctuent tous les ans. Pour l’anecdote, en 1991, 273 poulinières étaient répertoriées, 235 (en 2000), 215 (en 2010), 223 (en 2011), 202 (en 2012), 203 (en 2013), 189 (en 2014).

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