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48H de l'obstacle : le dépucelage de François Nicolle dans le Grand Prix d'Automne

31/10/2018 - Grands destins
 La première des 2 victoires d'Alex de Larredya dans le Grand Prix d'Automne en 2016 a été vécue par son entraîneur François Nicolle non seulement comme une immense joie mais aussi comme un formidable soulagement. Après 50 ans d'effort, il remportait enfin le premier Gr.1 de sa carrière et disait lui-même avec le sens de la formule dont il excelle : " Ca y est, je suis dépucelé !" 

 

 Quand il voit passer les anciennes vedettes d'Auteuil lors de la parade des champions, un spectacle toujours très apprécié tant du public que des professionnels, François Nicolle regarde les Cyrlight, Mid Dancer ou autre Remember Rose avec l'admiration d'un gosse qui rencontre pour la 1ère fois un super héros. " Tu te rends compte qu'à cette époque, qui n'est pas si ancienne, je n'étais même pas à Auteuil mais en train de les regarder courir devant la télé." En effet, dans les années 2000 et même jusqu'au début des années 2010, François Nicolle n'avait pas de chevaux de Gr.1 dans ses boxes, voire de chevaux de Groupe tout court et était encore très loin de se présenter comme le rival officiel de Guillaume Macaire au titre de meilleur entraîneur d'obstacle en France.

 


François Nicolle, sous son éternel chapeau, tout sourire au retour d'Alex de Larredya (photo APRH)

 

Jusqu'alors, François Nicolle faisait une carrière tout à fait honorable de bon entraîneur de province, installé dans la région de Royan mais largement écrasé par l'ombre des Macaire et Chaillé-Chaillé. Il a d'ailleurs mis des années à faire comprendre qu'il n'était pas installé sur l'hippodrome de la Palmyre, mais dans ses propres installations, au lieu-dit L'Ilot dont il a hérité, dans la commune voisine de saint-Augustin. Son destin était tracé pour les courses...ou l'agriculture. En effet, son grand-père, marin voyageur haut en couleurs, a tout simplement créé la station balnéaire de La Palmyre à partir de rien, à l'époque de l'explosion populaire des loisirs d'été. Dans ce cadre, il a également créé l'hippodrome. Avec son père, dans sa jeunesse, François Nicolle a continué de vivre avec les chevaux de course, mais d'un côté plutôt amateur. " Quand je herse ma piste, je me rappelle qu'à certains endroits, je cultivais des patates et des carottes avec mon père." François Nicolle monte en course en gentleman-rider, sans laisser de grands souvenirs, puis s'installe jeune entraîneur. Pendant une vingtaine d'années, il rame, il trime, il gratte, passe sa vie au boulot, fait tous les métiers de cavalier, soigneur, cureur de boxe, chauffeur, lad. Remarqué avec sa 1ère bonne jument Quina du Soleil, gagnant de 8 courses dont 2 à Pau à la fin des années 80, c'est un bon entraîneur dit de "province", qui gagne des courses et sa vie, sans plus, avec son effectif d'une trentaine de chevaux de location. Tandis que ses voisins Macaire et Chaillé-Chaillé trustent les grands prix à Auteuil, Nicolle ne monte guère dans la grande capitale, il gagne des cross avec des ancêtres comme son cher duo Sun Blue et Soliman V, lauréats tous les 2 à l'âge canonique de 15 ans à Royan et à Pompadour.

 

 

A la bascule de la fin des années 2000 et de la nouvelle décennie, l'homme de l'Ilot souffle le chaud et le froid. En même temps, il commence à titiller l'élite avec Queen des Places, placée des Prix Ferdinand Dufaure (Gr.1) et Maurice Gillois (Gr.1) en 2008 à 4 ans. Il pense même avoir gagné son 1er Groupe avec elle dans le Prix Jean Stern, le 26 avril 2008, et descend les gradins d'Auteuil fou de joie quand un funeste coup de téléphone lui apprend qu'en réalité, il n'est que 3ème, battu du plus court des écarts par Santa Bamba et Tell No One. Il lui faudra donc attendre 2011 pour enfin franchir ce cap avec Quart Monde dans le Prix Montgomery. mais pendant cette période, d'autres chevaux de son écurie sont malades et ses résultats sont en dents de scie.

 

 

C'est alors qu'à l'âge où de nombreux hommes visent la pré-retraite, François Nicolle décide de prendre tous les risques pour changer de dimensions. Il construit des boxes et des infrastructures, agrandit considérablement sa piste, embauche du personnel et se met à chercher une nouvelle clientèle extérieure. En 2013, tout s'emballe. Il débute l'année avec 2 victoires de Groupe à Auteuil pour Farlow des Mottes et termine son excercice en franchissant pour la 1ère fois le cap des 100 victoires. Le téléphone sonne et les sollicitations pleuvent. En janvier 2014, il reçoit dans ses boxes un certain Alex de Larredya, acquis par Simon Munir et Isaac Souède, ses tout premiers clients étrangers, qui arrive de chez Jean-Luc Laval, son éleveur mais aussi entraîneur qui vient de fermer sa cour à Pau. L'année suivante, Jacques Détré, qui lui avait déjà confié Bipolaire en 2013, lui envoie la pouliche la mieux née de tout son effectif, issue du croisement de ses 2 champions Vision d'Etat et Santa Bamba, la future crack nommée De Bon Coeur !

 

Alex de Larredya à l'entraînement
 

A quelques jours des 48H de l'obstacle 2018, François Nicolle est 2ème du classement des entraîneurs en France aux gains, devancé par Guillaume Macaire par 260.000 €. Avec les allocations offertes pendant ce week-end fastueux, et même s'il ne pourra pas compter cette année ni sur Alex de Larredya ni sur De Bon Coeur sur la touche, François Nicolle détient une chance d'accomplir ce qui était encore complètement fou il y a peu : prendre l'avantage sur le monument Macaire, inamovible leader national depuis plus de 20 ans !

 


François Nicolle.