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L'histoire de DNA : Ribot, cheval de rêve et de cauchemar

12/10/2019 - Grands destins
 Avant Sea-Bird sinon Peintre Célèbre, Ribot a été considéré comme le cheval du 20ème siècle. Resté invaincu en 15 sorties après le décès de son éleveur itaien Frédérico Tésio, ce double gagnant d'Arc de Triomphe 1955 et 1956 est pourtant devenu fou dangereux au haras. Thierry Grandsir (DNA) vous en compte l'étrange destin.

 

  Le Dimanche 2 octobre 1955, un poulain de 3 ans invaincu en huit tentatives en Italie se présente au départ du Prix de l’Arc de Triomphe (Gr.1). Il se nomme Ribot (en hommage à l’artiste français Théodule-Augustin Ribot), et si ses origines semblent obscures aux sportsmen de l’époque, le nom de son éleveur Federico Tesio, disparu en mai de l’année précédente avant que son cheval ne foule un gazon, l’est beaucoup moins. Le triomphe de son élève Nearco dans le Grand Prix de Paris (Gr.1) 1938 à Longchamp est resté gravé dans les mémoires…

Troisième favori de la course, on reproche à Ribot de n’avoir pas disputé les grands classiques de son pays. Et pour cause, le cheval était si petit à l’âge yearling que son éleveur ne le jugea pas digne d’être engagé dans le Derby Italiano, épreuve qu’il avait pourtant remporté à 21 reprises.

 


RIBOT (GB) (m. b. 1952 - 1972), par TENERANI et ROMANELLA (EL GRECO)

 

 

Au milieu des vingt-trois partants de l’épreuve, le public parisien découvre un poulain fort élégant et bien équilibré sans être spectaculaire, avec un poitrail si large et profond qu’une sangle avait dû être spécialement conçue pour lui. En course, Ribot déploie une foulée très atypique, poussant avec force de ses postérieurs bien groupés. Une action qui, alliée à une volonté de vaincre inébranlable, lui permit de dominer le lot avec désinvolture, malgré la gêne occasionnée par un cheval en liberté.

 


La foulée atypique de RIBOT, poussant avec force de ses postérieurs regroupés
 

 

De retour sur ses terres pour remporter le Gran Premio del Jockey Club (Gr.1) par 15 longueurs, Ribot conserva son invincibilité à 4 ans en s’adjugeant successivement le GranPremio di Milano (Gr.1 – par 8 longueurs), les King George VI & Queen Elizabeth St. (Gr.1 - par 5 longueurs), et à nouveau le Prix de l’Arc de Triomphe (Gr.1), officiellement par 6 longueurs (plus de 8 longueurs en réalité, soit l’avance la plus large jamais enregistrée dans l’Histoire de la course). Un performer de rêve ! Le rating de 142 que lui attribua Timeform est tout simplement l’un des plus élevés jamais accordé à un Champion. Invaincu en 16 sorties publiques de 2 à 4 ans, de 1000 à 3000 m et dans tous les terrains, Ribot est considéré par beaucoup comme le Cheval du Siècle en Europe !
 

 
Prix de l’Arc de Triomphe 1955 : RIBOT l’emporte avec désinvolture...© APRH


Prix de l’Arc de Triomphe 1956 : RIBOT s’envole, sans opposition...© APRH

 
La personnalité de Ribot prit une tournure ombrageuse avec les années au haras. D’abord stationné une saison en Angleterre, son pays natal, puis trois ans en Italie, il fut exporté aux USA où il séjourna jusqu’à sa disparition en 1972, à l’âge de 20 ans. Initialement loué pour 5 saisons par les américains, Ribot était devenu si ingérable que le projet de le renvoyer en Europe fut abandonné, aucune compagnie d’assurance n’ayant accepté de couvrir les risques de son voyage...

Au box, Ribot se cabrait régulièrement et ruait dans les murs, passant le reste de son temps à machonner les chevrons de la charpente. Au paddock, il lui arrivait de s’attaquer aux arbres, dressé sur ses postérieurs pour les paletter avant de dévorer leur écorce.Escalader les haies ou se mettre à califourchon dessus en refusant obstinément de bouger était une autre de ses excentricités notables. Son dernier étalonnier,Olin Gentry, déclara un jour : « Ribot est un cheval complètement dingue, et il a bien failli me tuer une fois. Un vrai cauchemar à manipuler ! ».

 


Au Haras, Ribot est devenu complètement fou et méchant, à l'attaque des arbres et d'ennemis invisibles au paddock.

Descendant direct de St Simon (présent à 13 reprises dans son pedigre),Ribot a amplement transmis sa classe pure, sa tenue,la solidité héritée de son père Teneraniet les gènes caractériels de sa mère Romanella. Trois fois tête de liste des pères de gagnants en GB, il a conçu de nombreux vainqueurs classiques des deux côtés de l’Atlantique et deux lauréats du Prix de l’Arc de Triomphe (Molvedoen 1961 et Prince Royal II en 1964). Une course que remporta en 1977 et en 1978 son arrière-petit-fils Alleged

L’inbreeding sur le Chef de Race Ribot n’a guère fait recette, bien que présent chez les gagnants de Gr.1 en plat Astarabad et Midway Lady et chez le sauteur gagnant du Prix Maurice Gillois König Ulrich (en 3x3). Son legs est toutefois récurrent dans les grands pedigrees (tels ceux de Enable, Frankel, Miesque, Winx, Zenyatta), véhiculé par des étalons de la trempe de Alleged, Broad Brush, Danehill, Dynaformer, Kingmambo, Machiavellian, Shamardal et bien d’autres !