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Corée du Sud : Pourquoi le Japon s'est envolé quand l'Europe y a coulé en 2018

11/09/2018 - Evénements
 Face à 45.000 coréens, le Japon a de nouveau triomphé à Séoul dans les Korea Sprint et Cup tandis que tant le français de Thierry Lemer King Malpic que l’irlandais de Willie Mullins Riven Light ont sombré. Comment faire pour renverser la tendance ? Avec les analyses de Johan Victoire et même Ruby Walsh ! Revoir tous les vidéos et les photos.

 
 
Pour sa 3ème édition, la Korea Cup, la toute première grande course internationale créée en 2016 avec un million de dollars d’allocation, a été gagnée par le Japon. Vainqueur l’an dernier, London Town, qui n’avait pourtant pas fait grand-chose depuis son pays, a conservé son titre en atomisant ses adversaires dès le départ, malgré son n°14 dans les stalles.  C’était le seul à ne pas porter de grille anti-projection au rond. Pour lui, ce n’est pas nécessaire puisqu’il ne voit jamais ses adversaires «  Il nous a tous tué dès les premiers mètres de course » reconnaît Johan Victoire, très bon jockey français installé à Séoul depuis un peu plus d’un an, et qui termine 6ème en selle sur Cheonji Storm (Admire Don), le meilleur cheval né et élevé en Corée du Sud, et le premier du genre à obtenir un tel classement dans cette course. «  Même s’il a 5 ans, mon cheval est encore un peu tendre pour ce genre de combat. C’est très dommage que nous perdions la 4ème place dans les dernières foulées. Avec une course normale, j’aurais pu garder cette place, mais là c’était trop dur, d’autant plus que Manuel Nunes, qui montait notre champion Cheongdam Dokki, a voulu résister au japonais dans la ligne d’en face. Ce n’était pas raisonnable ».
 
 
 
 
 
Avec son grand talent, Cheongdam Dokki (To Honor and Serve), bien que décroché par London Town dès l’entrée du tournant final, a conservé héroïquement la 4ème place, derrière Dolkong (Afleet Alex) et Clean Up Joy (Purge), deux très bons sujets coréens partants dans les stalles 2 et 15, qui s’étaient montrés beaucoup plus prudents. L’anglais de Richard Fahey Forest Ranger (Lawman), double gagnant de Gr.1 à Newmarket et Kempton au printemps, termine 5ème. En revanche, le solide 8 ans de Willie Mullins, Riven Light très chuchoté bien que ne présentant pas trop le physique de l’emploi au rond, a sombré dès la mi-parcours. Il avait été confié à Jo Song Gon, leader au classement des jockeys de Busan, Willie Mullins avait au préalable contacté Johan Victoire, mais ce dernier ne pouvait pas laisser tomber Cheonji Storm sur lequel il était engagé de longue date, avec lequel il prépare le grand championnat des « Korean Bred » le mois prochain. «  J’ai demandé conseil à Peter Hills, un ami irlandais qui est installé entraîneur en Corée depuis 23 ans, avec plusieurs titres de champion » explique Mullins. « Car je pense que dans ce type d’endroit, il vaut mieux privilégier la connaissance du terrain avec un bon professionnel local plutôt que de faire venir un jockey international mais qui ne maitrise pas les particularités d’ici »
 
 
 Malgré cette stratégie, Willie Mullins, venu en compagnie de son propriétaire, le pétulant milliardaire américain Rich Ricci, et même son crack jockey d’obstacle Ruby Walsh, a subi un échec retentissant. Car Riven Light, plutôt bien sorti des stalles, n’est pas parvenu à rentrer dans le rythme, décrochant définitivement au bout de la ligne d’en face pour finir ralenti en dernière position. Avant la course, Ruby Walsh avait déjà analysé. « La grande particularité ici, pour nos chevaux, n’est pas tant la piste en sable, car ils s’entraînent tous les jours sur cette surface, ni même les projections, mais c’est surtout les 200 premiers mètres de course. Ils partent tellement vite qu’ils nous mettent dans le rouge. ».
 
 
 
 
C’est un peu ce qui s’est passé dans la Korea Sprint sur 1200 m. Ayant giclé des stalles, monté par un Antoine Werlé qui est un spécialiste des départs volants, King Malpic a dû forcer sa nature puis ne pas se laisser enfermer avant le tournant, mais il a vite rendu les armes ensuite. Les robustes sprinters américains Chublicious (Hey Chub), lauréat de Listed dernièrement, et Wild Dude (Wildcat Heir), double gagnant de Gr.1 désormais à Meydan, ont sauvé l’honneur occidental en terminant respectivement 4ème et 6ème. Devant, c’est encore le Japon qui s’est imposé, avec Moanin (n°9), gagnant de Gr.1 en février 2016, et plus récemment d’une Listed.
 
 
VOIR LA COURSE DE LA KOREA SPRINT
 
 
Ce fils d’Henny Hugues né aux Etats-Unis et acheté 355.000 $ aux Breeze Up, a pris l’avantage à l’entrée de la ligne droite puis a résisté à l’excellent retour de Fight Hero (n°13), un ancien français entraîné à Hong Kong, où on maitrise très bien la discipline du sprint. Agé aujourd'hui de 7 ans, ce fils de Footstepsinthesand était passé par la vente de yearlings d'octobre d'Arqana en 2012. Alors tout jeune entraineur, Philippe Decouz l'avait acquis pour 5000 € à l'amiable pour le compte de l'Ecurie Seyssel. Nommé initialement Imperiator, il avait gagné le Prix Monténica (Listed) sur les 1300 m de Chantilly à 3 ans en 2014. 
 Le meilleur sprinter coréen, Doraonpogyeonseon, un US bred par Kantharos, termine bon 3e. On note à la lecture des arrivées que contrairement aux idées reçues, les places à la corde n’ont aucune influence sur le résultat.
 
 
 
 
De son côté, Johan Victoire corrobore : « La question ne tient pas qu’à la qualité des chevaux, même si je pense que les européens sous-estiment le niveau nécessaire pour venir disputer les très grosses allocations de ces 2 courses internationales. Nos chevaux coréens restent bien sûr moins que les européens, surtout les «  Korean Bred » car l’élevage local est très récent et manque encore de savoir faire. Mais tous les chevaux entrainés ici, les importés des USA ou les locaux, sont tellement endurcis au travail qu’ils sont capables de partir à fond et de tenir 1700 m sans respirer. » On note d’ailleurs que les chevaux de 4 voire 5 ans sont encore considérés comme jeunes et tendres en Corée ! Mais alors pourquoi ne pas faire comme de nombreux jockeys américains, qui sont capables d’attendre que leur cheval trouve son rythme, quitte à perdre de nombreuses longueurs en début de parcours, avant d’accélérer en progression et refaire le champ de course. «  On peut aussi le faire ici, car en fait on arrive à revenir de derrière sur des leaders fatigués. L’idéal pour cela est d’avoir un vieux guerrier qui ne se préoccupe pas des projections, et de revenir gagner du terrain où il y a toujours de la place. Mais il ne faut se tromper car les entraineurs d’ici n’aiment pas trop ce genre de tactique. »

 

Johan Victoire, installé depuis juillet 2017 à Séoul, est devenu un très bon analyste des courses coréennes.
 
 
 
La Corée du Sud, un petit pays sorti des guerres à l’état de ruine voici 60 ans, encore totalement inconnue du grand monde des courses avant la création des courses internationales, est donc très instructive car elle impose un choc des cultures brutal eu égard à nos a priori européens. Cela fait penser à Hong Kong il y a 20 ans. Le pays est très riche et les courses le sont aussi. Avec seulement 3 hippodromes dont un pour les poneys à Jeju, et 6 réunions au total dans la semaine, les enjeux annuels dépassent les 6 milliards d’euros, soit à peine moins que la France, alors qu’on peut jouer qu’en se rendant dans l’enceinte des hippodromes, l’off course et digital betting étant interdits !
 
 

La réunion improbable de Thierry Lemer et Willie Mullins à l'autre bout du monde.
 

Crack jockey d'obstacle, l'irlandais Ruby Walsh a fait un voyage de découverte.
 
 
Malgré les échecs de King Malpic et Riven Light cette année, il ne faut pas croire que les français n’ont aucune chance de briller à Séoul. En effet, en 2016, Pascal Bary a terminé 5ème de la Cup avec et en 2017, Julien Phelippon a conclu tout proche 6ème avec Nimr. Mais ces deux concurrents étaient des vrais durs à cuire, le premier ayant appris à courir sur les pistes en sable en son début de carrière au Maroc, le 2ème s'étant aguerri dans les gros handicaps sur les all-weathers d’Angleterre. Les deux chevaux s’en sont bien sortis sans avoir le niveau des Groupes en France. Il faut donc y retourner, plutôt dans la Cup que dans le Sprint (même avec un cheval de vitesse), qui soit très endurci, un guerrier très vite sur jambe et avec un niveau Groupe. Les allocations restent mirifiques.
 
 
 

Le vainqueur de la Korea Cup, le japonais London Town
 
 
Enfin, en conclusion de ce voyage en Corée, on ne peut que rester pantois devant le niveau des concurrents japonais, déjà les plus beaux au rond et qui pulvérisent toutes oppositions malgré des tirages au sort très défavorables dans les stalles.
Bien qu’ils ne parviennent pas à remporter cet Arc de Triomphe après plus de 30 ans d’essais infructueux, soldés par quelques courtes défaites mais aussi d’absolus bérézinas, le Japon impressionne par le talent et la combativité de ses pur-sang. D’une part, richissime, l’industrie des courses nippones s’est permis d’importer des courants de sangs extraordinaires sur toutes les places du monde pour améliorer son élevage. Et d’autre part, l’entrainement y est si exigeant dès le plus jeune âge que ceux qui résistent deviennent des guerriers capables de faire feu dans toutes les conditions, toutes les distances et toutes les surfaces. Tous les matins à l’entrainement, au Japon ou avant les courses internationales, on voit les chevaux japonais se prendre des « bourres »…puis gagner quand même le dimanche !
 
Kanichiro Fujii commentait en toute simplicité : «  j’adore Séoul car j’y avais déjà gagné la 1e édition de la Korea Cup en 2016 avec Chrysolite. Aujourd’hui, j’avais peur que mon cheval n’arrive pas à suivre car il n’avait jamais couru sur une distance aussi courte que 1200 m. Mais en fait, il a pris un bon départ, puis nous avons gardé le rythme avant de bien accélérer pour gagner. » Ca fait rêver…
 
GALERIE PHOTOS
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

King Malpic monté par Antoine Werlé avec son entraineur Thierry Lemer
 

Belle arrivée serrée dans la Korea Sprint. Au centre, le japonais Monanin résistera de justesse au retour de l'ancien français Impériator (n°13)
 

 
 


 
 
 
 
 

Riven Light, le pensionnaire de Willie Mullins.
 

Johann Victoire, en selle sur Cheonji Storm
 

Dès la mi-tournant finale, London Town a décroché son rival Cheongdam Dokki. 
 

Dans la ligne droite, London Town laisse l'opposition dans le lointain.
 



 
 
 
 
 
 
 

 



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