Breeders' Cup Classic : City of Troy boit la tasse mais Coolmore se console avec Sierra Leone

03/11/2024 - Actualités
Alors qu’il tentait de dominer les américains sur le dirt dans le Breeders’ Cup Classic, le O’Brien City of Troy a pris l’eau. Les associés de Coolmore ont toutefois soulevé le trophée puisque leur autre représentant Sierra Leone, entraîné aux US par Chad Brown a réalisé une performance XXL pour l’emporter.

 Sierra Leone remporte une Breeders' Cup Classic d'un très grand niveau


Depuis 24 ans, Aidan O’Brien, le futur plus grand entraîneur de tous les temps, court désespérément après une course qui se refuse à lui : la Breeders’ Cup Classic. Cette course aux étoiles voit s’affronter les meilleurs 3 ans et chevaux d’âge sur le dirt. Le challenge est évidemment immense pour des chevaux européens, habitués à courir sur les gazons européens des courses à la physionomie radicalement différente de leurs pendants américaines. A 17 reprises, O’Brien a amené des véritables cracks au US pour tenter de battre les colosses locaux. Giant’s Causeway, Henrythenavigator se sont classés 2e, tandis des champions du calibre de Galileo, So You Think ou Gleneagles avaient radicalement échoué.
 
 
Giant's Cuaseway avait échoué de peu face à Tiznow dans la Classic 
 
 
Mais cette année la donne devait être différente. Aidan O’Brien en était persuadé : il tenait enfin LE cheval taillé pour l’emporter. Fils du gagnant de la Triple Couronne américaine Justify, le monstre City of Troy semblait sur le papier détenir les qualités requises pour briller sur le dirt. Vitesse de croisière impressionnante, classe, endurance, pedigree. O’Brien avait même organisé un galop sur le sable anglais de Southwell où une mini course « à l’américaine » avait eu lieu. Le suspens et l’excitation d’avant course ont rapidement laissé place au doute puis à la déception.
 
 
 City of Troy (bleu) n'a pas du tout aimé les projections. Sierra Leone (rose) a quant à lui été capable de remonter tout le peloton pour l'emporter
 
 
Sans surprise cette Classic avec 14 concurrents au départ a été menée sur un rythme infernal. Dépassé et visiblement contrarié par le kickback, à savoir les projections de sable, City of Troy n’a jamais pris le mors et semblait battu dès l’entrée de la ligne droite opposée. Positionné à l’extérieur de City of Troy en début de parcours, Sierra Leone, a quant à lui été capable de changer de rythme et au prix d’une extraordinaire remontée est allé dominer le favori américain Fierceness. Le japonais Forever Young qui s’était classé troisième du Kentucky Derby (à un nez de Sierra Leone) monte de nouveau sur le podium d’une course d’élite face aux meilleurs américains.
 
 
 
 
Pour Coolmore, après la course, deux sensations devaient se mélanger. D’une part l’immense déception de voir City of Troy sombrer, et de l’autre l’extase de voir leur autre poulain Sierra Leone leur offrir leur première Classic. Les lads irlandais avaient sorti le chéquier, déboursant 2,3 millions de dollars pour s’offrir Sierra Leone à la vente de yearlings Fasig-Tipton. Placé chez Chad Brown, longtemps catalogué avec l’étiquette d’entraîneur de turf, Sierra Leone était battu d’un tout petit nez dans le Kentucky Derby. Par la suite, ce cheval qui n’a pas la vitesse initiale pour suivre le train d’enfer a souvent été piégé à l’arrière-garde dans les Grs.1 de l’été. Ce samedi à Del Mar, le déroulé de course a parfaitement servi ses intérêts, et ce splendide cheval a pu démontrer l’étendue de son immense talent.
 
 
 Sierra Leone tenu à sa gauche par l'un de ses propriétaires Michael Tabor
 
 
Si l’entraîneur est américain, les propriétaires irlandais (et aussi américains), le jockey est quant à lui français. Cocorico ! Parti tenter l’aventure aux USA il y a 9 ans, Flavien Prat, qui nous avait accordé une interview début septembre à retrouver ici, s’est imposé comme l’un des – si ce n’est le - meilleurs pilotes du pays. Avec ce succès dans la Classic (son deuxième après celui de 2022 avec l’avion de chasse Flightline), cumulé avec celui acquis dans la Breeders’ Cup Mile, Prat a sans doute acquis une avance décisive sur Irad Ortiz Jr. dans la course à la Cravache d’Or américaine, qui se calcule sur les gains.
 
 
 Flavien Prat au firmament
 
 
Sierra Leone permet également à son père Gun Runner de signer son plus grand succès en tant que reproducteur. Lui-même lauréat de la Classic en 2017 sous la selle d’un autre frenchie, Florent Géroux, le génial alezan a démarré en trombe sa seconde carrière au haras. Avec seulement 4 générations en âge de courir, le sire qui officie à 250 000$ à Three Chimneys dans le Kentucky regarde déjà dans les yeux les grands Into Mischief, Tapit ou Curlin. Déjà père de 10 lauréats de Gr.1, dont deux de Breeders’ Cup et un de Preakness Stakes, l’alezan est actuellement deuxième au classement des étalons aux US. Et le meilleur reste encore sûrement à venir !
 
 
 Gun Runner continue de s'affirmer parmi l'élite des étalons

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