Calandagan, encore un crack interdit de courir dans l'Arc de Triomphe !

30/11/2025 - Actualités
La France veut continuer à clamer que le Qatar Prix de l'Arc de Triomphe est la plus grande course du monde, sauf qu'elle se tire une balle dans le pied en interdisant la participation de certains des meilleurs chevaux de la planète sous prétexte qu'ils sont hongres. Le succès de Calandagan dans la Japan Cup est une nouvelle preuve de cette hérésie nationale, dans un pays qui a le don de faire fuire ses talents et de ruiner son héritage à force de conservatisme idéologique.


Les turfistes peuvent applaudir le crack français Calandagan, mais pas les spectateurs de l'Arc de Triomphe...

 

La création du Prix de l'Arc de Triomphe en 1920 était un coup de génie précurseur. Le choix de sa distance de 2400 m et surtout son placement début octobre lui permit de s'installer rapidement et pendant des décennies comme la plus grande course du monde, c'est à dire la plus prestigieuse car ayant la capacité d'attirer des champions venus du monde entier, plus que n'importe quelle autre épreuve y compris outre-Manche. Ainsi, la France avait réussi à organiser cette course exceptionnelle au nez et à la barbe des anglais, alors que ceux-ci ont toujours eu des effectifs plus nombreux, plus riches, plus qualiteux, etc... Depuis le début des années 80, l'explosion des courses internationales commencée à la Breeders'Cup et poursuivie en Asie et au Moyen-Orient, de Hong Hong à Dubaï en passant par le Japon et l'Arabie Saoudite, voire maintenant jusqu'à l'Australie, ont ébranlé l'Arc sans le faire tomber malgré les déversements de pétrodollars face auxquels notre douce France ne peut pas lutter.

 

 

Mais le plus incroyable dans cette lutte internationale dont l'enjeu est aussi multiple que majeur, réside dans le fait que la France continue à se complaire d'un handicap qu'elle s'est elle-même attribué, et qui n'a aucune valeur marchande. A cause de l'interdiction de la participation des hongres, la France des courses s'empêche elle-même de lutter pour conserver un titre qu'elle a perdu plus chaque année.

La victoire de Calandagan sur les 2400 m de Tokyo, où il bat d'ailleurs le record du monde de la distance classique, est une nouvelle preuve éclatante de cette hérésie. Comment peut-on ainsi concevoir qu'on interdise à notre star de participer à l'Arc de Triomphe, qui n'aura finalement couru qu'une seule fois dans son pays cette année, pour une victoire dans le Grand Prix de Saint-Cloud. Alors qu'il est bardé de sacre et de titres, celui qui a été jugé meilleur cheval du monde dernièrement n'a pas le droit de courir, dans son propre pays, l'épreuve présentée comme la plus grande course de la planète !

On veut bien croire que les épreuves dites de sélection de la race, c'est à dire les classiques du printemps pour les 3 ans (Poules, Diane, Jockey-Clup, Grand Prix de Paris) peuvent rester fermées au hongres, mais l'Arc de Triomphe ne rentre en rien dans ce cadre. Et encore, on pourrait reparler de la notion de sélection de la race, qui était le prétexte d'origine pour obtenir de l'Etat le droit d'organiser des jeux d'argent pour, à la base, financer un système de courses ayant pour vocation d'améliorer les chevaux de l'armée française. Or, la dernière charge de cavalerie a eu lieu pendant la triste guerre de 1870, en Meurthe et Moselle... Mais cela fera l'objet d'un autre débat.

 


Cirrus des Aigles à Epsom

 

A cause d'une règle qui ne coûterait strictement rien à modifier, l'Arc de Triomphe se prive de champions et contraint beaucoup de ses meilleurs enfants à partir chercher la gloire à l'étranger. Sans même remonter jusqu'au célèbre Cirrus des Aigles, il suffit de regarder le palmarès des grandes courses internationales depuis 2020. La France a donc interdit d'avance l'accès au Qatar Prix de l'Arc de Triomphe à 3 vainqueurs de la Breeders'Cup Turf (Ethical Diamond, Rebel's Romance et Yibir), pourtant irlandais et anglais, se passe aussi du crack de Hong Kong Romantic Warrior, envoie au bout du monde le populaire français d'André Fabre Junko, ainsi que Goliath, également entrainé par Graffard.  Et cette liste pleine d'oublis n'est évidemment pas exhaustive, n'incluant même pas les australiens ou les chevaux d'Amérique du Sud.

 


Rebel's Romance

 

Or, pour les raisons naturelles évidentes, les chevaux hongres sont plus faciles à faire voyager et surtout ont des carrières plus longues que les mâles, qui sont envoyés au haras souvent le plus vite possible à 4 ans (à l'exception notable de Daryz, gagnant de l'Arc 2025). Comme tous les autres sports, les courses de chevaux de galop ont absolument besoin de stars qui durent auxquelles le public peut s'attacher, comme cela fonctionne si bien au trot ou en obstacle en Angleterre et en Irlande. 

Il y a bien des débats d'arrière-garde, des maronniers ou des arlésiennes, qui occupent l'esprit des débatteurs de salons feutrés pendant que le maison brûle. Ce sujet n'en est pas un. Bien au contraire. Tout comme la délirante limitation des black types en obstacle, l'interdiction de l'Arc aux hongres est un règle d'outre tombe dont l'enjeu est majeur dans le monde tel que les nouvelles répartitions financières le dessinent. Et tout cela pour un coup pécunier qui se réduirait à .... des frais de dossier !

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