Gazi en Turquie : le BEST OF VIDEO du Derby le plus riche d'Europe gagné par Halis Karatas, 53 ans, avec Bay Nalcakan

05/07/2026 - Evénements
Devant une foule de 80.000 personnes rassemblées sur l'hippodrome de Veliefendi à Istanbul en Turquie, la 100e édition du Gazi Derby, une course créée par le père de la nation Ataturk, a été remportée par le jockey vétéran Halis Karatas, 53 ans, en selle sur l'un des favoris Bay Nalçakan, un petit neveu de Khalkevi ! Avec plus de 2,66 millions d'euros au vainqueur, ce Gazi Derby est le Derby le plus riche d'Europe en 2026 !

Partout sur l'hippodrome de Veliefendi, dépassant de la foule immense de 80.000 personnes de tous horizons et de toutes conditions venues assister au Gazi Derby à Instanbul, des portraits géants, des sculptures et des statues de Mustafa Kemal Ataturf trônent en majesté. En effet, c'est à lui, le père de la Turquie moderne que toute une nation pas seulement hippique rend hommage le jour de la 100e édition de la plus grande course de chevaux du pays.

 


Le portrait de Mustafa Kemal Ataturk, le père de la nation Turque, et créateur du Gazi Derby en 1927 en affirmant : " Les courses hippiques sont un besoin social pour les sociétés modernes."

 

Certes méconnu du grand public, outre l'aspect touristique d'Istanbul avec son mythique Bosphore, de ses hôtels all inclusive le long de la mer Egée ou de ses parcours de golf réputé comme les plus beaux du monde par les spécialistes, la Turquie est un très grand pays riche, avec 84 millions d'habitants sur un territoire de 1,5 fois la France. Son économie revendique le 11e PIB du monde, juste derrière la France et le Royaume Uni, et devant l'Italie ! Le régime politique autoritaire d'Erdogan est annoncé comme touchant à sa fin, mais l'homme qui est litteralement adulé par tous, celui qui représente à lui seul tout le pays dans son histoire moderne, est Mustafa Kemal Ataturk, le créateur lui-même du Gazi Derby en 1927.

 


Bay Nalçakan, vainqueur du 100e Gazi Derby sous la selle du vétéran Halis Karatas, 53 ans.

 

Sorte de mélange savant entre un Napoléon serein et un Charles de Gaulle débarrassé des gauchistes, Ataturk a même donné son surnom à la course, puisque le fondateur de la République de Turquie en 1922 était appelé le Gazi, c'est à dire le victorieux. Héros de guerre, vainqueur contre Churchill de la bataille des Dardanelles en plein effondrement de l'Empire Ottoman, il a mis en fuite le Sultan et contraint les alliés (dont les français et les grecs) à quitter le pays qu'ils occupaient après la 1ère guerre mondiale. Dans la foulée, Ataturk a réformé profondément le pays en prenant modèle sur l'occident, luttant avec acharnement contre l'islamisme archaïque qui avait ruiné l'empire, imposant la laïcité officielle, annulant la charia, offrant le droit de votes aux femmes, dont pas une ne porte le voile aujourd'hui, etc...Grand amateur de chevaux et de courses, il avait dit cette phrase restées dans les mémoires : " Les courses hippiques sont un besoin social pour les sociétés modernes." Alléluia ? Hosanna ? Inch Allah ? Rien de toutes ces balivernes pour le grand homme : Ataturk.

 

 

Bref, on sent bien que les turcs apprennent avec abnégation leur histoire à l'école, et en point d'orgue celle d'un dirigeant qui a remplacé l'alphabet arabe par le latin, mais sans écriture inclusive ! Les courses sont un sport très populaire en Turquie. Et pour l'occasion, cette réunion de gala qui attire en moyenne 60.000 personnes, a dépassé ses records pour flirter avec les 80 spectateurs. Il y a du monde partout, de toutes les sortes et conditions. D'innombrables familles à 3 générations viennent pique niquer et profiter des multiples jeux et animations pour les enfants. C'est aussi le rendez-vous le plus chic de l'année pour toute la plus haute société turque, qui est riche, très riche.

 

 

Pour ce 100e anniversaire, le Jockey-Club Turc a mis le paquet en doublant le prix de base pour le vainqueur, de 1 à 2 millions d'euros, auquel est ajouté la totalité des poules propriétaires. Ainsi, le Gazi Derby a atteint l'allocation mirobolante au lauréat de 2,66 millions d'euros, c'est à dire le Derby le plus riche d'Europe, devant le Derby d'Epsom (2,5) et le Prix du Jockey-Club (1,5) ! Réservé aux nés et élevés en Turquie, la course a fait le plein avec 22 partants, le nombre maximal sur la grande piste de 2000 m de tour, et il a même fallu en éliminer.

 

 

Réservé donc aux poulains nés et élevés en Turquie, cette édition historique du 100e Gazi Derby a rassemblé un lot de 22 partants en quête d’une allocation record et de gloire séculaire. Jockey vainqueur de 7 des 10 dernières éditions, le jockkey vedette Ahmet Celik montait le favori Rabovo, fils de Kiraacli (Big Brown) sous la casaque rouge de Fedai Karhaman, éleveur propriétaire bien connu en France d’ailleurs puisque vainqueur à Deauville la veille avec le poulain turc nommé Canadian.

 


Le favori Rabavo, portant la casaque de Fedai Karhaman, éleveur propriétaire bien connu en France.

 

Face à lui, les 2 challengers désignés étaient le 19 Upamecano, fils d’Epaulette nommé en l’honneur du footballer français, et champion des 2 ans en 2025, ainsi que le 5 Bay Nalçakan. Appartenant à un jeune propriétaire, Emrah Nalçakan, entré dans le monde des courses depuis 2 ans seulement, et présentant son 1er partant dans le Gazi Derby, ce poulain doué reste délicat puisqu’il doit être emmené à pied vers le départ des 2400 m qui se situe devant des tribunes chauffées à blanc. 

 


Bay Nalçakan, emmené à pied au départ

 

Au terme d’une épreuve menée grand train, Bay Nalçakan a imposé une très nette domination en se détachant dès la mi-ligne droite du favori Rabovo, 2e. Fils de Torok, étalon turc issu de Singpiel et ancienne vedette des pistes dans le pays avant de s’installer étalon dans la région d’Izmir, Bay Nalçakan a été élevé par Gencay Dilek Emirsoy. Ce dernier avait acheté sa mère Kassama (Nayef) soeur de Kesampour (Prix Greffulhe, Gr.2), pour seulement 2000 Guineas à la December Mare Sale de Tattersalls en 2021 ! Née de la souche Aga Khan de Khalkevi, cette lauréate à Longchamp pour Mikel Delzangles avait ensuite échoué en Australie tant en course qu'au haras, avant de revenir en Europe, pour être présentée pleine de National Defense.

 

 

Entrainé par Hikmet Turan, installé depuis 20 ans sur l'hippodrome de Veliefendi, Bay Nalçakan permet à son jockey vétéran Halis Karatas de remporter à 53 ans le 7e Derby de sa longue et riche carrière, 30 ans après son 1er succès en 1996 en selle sur Bold Pilot, un cheval tellement célèbre que son destin avait fait l'objet d'un film pour le cinéma turc. Chouchou du public, Karatas est revenu cette année pour une ultime saison après avoir subi un grave acccident qui l’a éloigné des pistes pendant toute l’année 2025.

 


Bay Nalçakan

 

Interviewé pour l'hippodrome pendant sa parade triomphale devant les tribunes, il a déclaré à un public conquis " Tout d'abord je remercie tous les fans qui sont venus si nombreux sur l'hippodrome et qui regardent la course à la télé.
Vous me connaissez en tant que jockey je dis les choses franchement et j'avais prévenu que j'étais très confiant. C'est une victoire très spéciale car c'est le centenaire du Derby. Ca fait 36 ans que je suis jockey maintenant. Même pendant mon service militaire j'ai pu monter en course. Et je remercie les autorités de m'avoir redonner ma licence après mon grave accident de l'an dernier. Cette année, c'est sûrement ma toute dernière saison en tant que jockey.
"

 

GALERIE PHOTOS

 

 

L'ALBUM PHOTOS DU GAZI DERBY


L'entraineur Mehmet Demer, leader en Turquie.


Le futur vainqueur Bay Nalçakan, à pied vers le départ


22 partants s'élançent vers la gloire. L'expérimenté Halis Karatas donne un parcours de rêve à son pensionnaire Bay Nalçakan, tout de suite 2e dans le sillage du leader à la corde.


Bay Nalçakan, sans opposition.

 

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