Les deux Critériums de Saint-Cloud pour des fils de Wootton Bassett, le messie que Coolmore attendait tant

27/10/2024 - Zoom Etalon
Intenable en cette fin d’année, Wootton Bassett a vu ses fils Tennessee Stud et Twain remporter les deux Critériums de Saint-Cloud. Coolmore qui avait décidé de miser sur le fils d’Iffraaj pour sortir de l’omniprésence de Galileo, voit son investissement porter ses fruits.

 Wootton Bassett le tube de cette fin de saison


Ce dimanche avait lieu la dernière grande réunion de plat de la saison avec un programme riche de trois Grs.1, les Critériums - l’International et celui de Saint-Cloud - ainsi que le Prix Royal Oak. Comme souvent dans les épreuves phares réservées aux 2 ans de notre calendrier, les Critériums avaient un très fort parfum anglais. Pour cause, parmi les neuf partants au départ de ces deux courses, seul Maranoa Charlie était entraîné en France. Malheureusement, si Christopher Head avait grandement aidé la France à ne pas prendre une déculotté face aux visiteurs lors du week-end de l’Arc, le jeune cantilien a été impuissant face à la force de frappe irlandaise prénommée Coolmore.
 
 
   La Team O'Brien-Coolmore a remporté les deux Critériums à Saint-Cloud ©APRH
 
 
Dans le Critérium de Saint-Cloud, disputé sur 2000 mètres, ils n’étaient que 3 à prendre le départ après le forfait du protégé d’Aidan O’Brien Ballet. Malgré cette absence, la Team Coolmore a pu compter sur son autre représentant, Tennessee Stud, entraîné quant à lui par le fils d’Aidan, Joseph. En dépit du très faible nombre de chevaux dans la course, celle-ci fut toutefois très régulière, Green Storm imprimant un train soutenu en tête, avant de devoir s’avouer vaincu face à Tennessee Stud. Dans l’autre Critérium, l’International disputé sur le mile, le Français Maranoa Charlie a comme à son habitude laissé parler sa grosse vitesse de croisière. Toutefois, le poulain s’est sans doute montré plus tendu et contracté et n’a pas pu repartir lorsqu’il fut attaqué par les deux chevaux d’Aidan O’Brien Mount Kilimanjaro et Twain. Ce dernier a su se montrer le plus fort alors qu’il n’avait couru qu’une seule fois, il y a 8 jours dans un Maiden à Leopardstown.
 
 
 Twain a remporté le Critérium International seulement 8 jours après avoir débuté ©APRH
 
 
Ces deux Grs.1 auront donc été marqués du sceau du géant irlandais Coolmore et surtout un par celui de leur étalon Wootton Bassett. Le sire réalise une fin d’année 2024 absolument stratosphérique, notamment avec les 2 ans. Pour cause, les deux vainqueurs des Critériums, ainsi que le 3e et le 4 de l’International sont issus de sa première génération conçue en Irlande. Il faut à cela ajouter les sacres de Camille Pissarro dans le Jean-Luc Lagardère le jour de l’Arc, de Topgear dans un Gr.2 à Newmarket, sans oublier le yearling mâle le plus cher de l’histoire des ventes européennes, adjugé 4,3 millions de Guinées à Tattersalls.
 
 
   Lui aussi issu de la première génération irlandaise de Wootton Bassett, Camille Pissarro a remporté le Jean-Luc Lagardère ©APRH
 
 
Pendant de nombreuses saisons, Coolmore a mis la main sur la grande majorité des poulains mâles de Galileo en espérant ainsi trouver le successeur du meilleur étalon de l’histoire moderne. Malheureusement, son meilleur fils Frankel fait la monte à Juddmonte et la majorité des fils de Galileo que Coolmore a lancé au haras ont déçu. Dès lors, les lads (surnom donné aux fameux Tabor/Magnier/Smith) ont choisi de trouver des alternatives aux sangs de Galileo et Sadler’s Wells. Ainsi ils ont notamment acquis en cours de carrière deux phénomènes américains issus du regretté Scat Daddy, à savoir No Nay Never, Caravaggio et plus tard Justify. Les deux se sont avérés être des grandes réussites au haras. Depuis, Coolmore a également misé sur les produits de Siyouni avec St Mark’s Basilica et Paddington. Alors que tous ces étalons avaient couru sous bannière Coolmore ou avaient été acquis en cours de carrière, Wootton Bassett fait figure d’exception dans le parc étalon de la superpuissance irlandaise. 
 
 
 Wootton Bassett aura peut être un jour sa statue à Coolmore comme la légende Galileo
 
 
Après avoir été invaincu à 2 ans, s’adjugeant notamment le Prix Jean-Luc Lagardère, Wootton Bassett avait été acquis en fin d’année de 3 ans par le Haras d’Etreham. Loin de faire l’unanimité de par son allure physique post-entraînement, et son pedigree, le fils d’Iffraaj a vu son prix descendre jusqu’à 4000€ lors de sa quatrième saison. Mis en lumière par les exploits de son premier champion Almanzor, Wootton Bassett a logiquement attiré l’intérêt de Coolmore dans sa démarche de diversification de l’offre. Pour l’une des premières fois de sa riche histoire, Coolmore a cassé sa tirelire pour se porter acquéreur d’un étalon de plat (en obstacle Coolmore est coutumier du fait avec dernièrement des étalons comme Crystal Ocean, Pyledriver, etc.). Le gros investissement consenti à l’époque a depuis porté ses fruits puisque Wootton Bassett a sailli cette année 223 juments à un tarif de 200 000 €. Au vu des résultats acquis en piste par la première génération conçue à 100 000 €, il y a fort à parier que nous ne soyons encore qu’au début d’une véritable déferlante Wootton Bassett. 

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