Almanzor et l'hémisphère Sud : quand le talent s'exprime loin de l'Europe

06/01/2026 - Zoom Etalon
Longtemps attendu en Europe, Almanzor révèle finalement toute la mesure de son potentiel dans l’hémisphère Sud. Entre terrains fermes, affinité génétique et résultats de haut niveau, le champion trouve aux antipodes un terrain d’expression idéal.

 Désormais installé à l'année en Nouvelle-Zélande, Almanzor performe dans l'hémisphère sud


Vainqueur du Prix du Jockey Club, puis des Champion Stakes dans leur version anglaise et irlandaise, Almanzor a assurément été l’un des chevaux français les plus marquants de la décennie 2010. Doté en outre d’une conformation quasi parfaite, le fils de Wootton Bassett a logiquement suscité de très grandes attentes pour son entrée au haras. Après plusieurs saisons de monte, force est de constater qu’en Europe, les résultats n’ont pas été à la hauteur de ce que les éleveurs espéraient. Ainsi, en fin d’année 2024, le Haras d’Etreham a annoncé que son élève n’allait pas revenir en Europe, Cambridge Stud, le haras néo-zélandais chez qui il effectuait la double saison, s’en étant porté acquéreur.
 
 
Almanzor lors de son sacre dans les Champion Stakes
 
 
En effet, aux antipodes, les résultats obtenus par sa production sont très bons. Un premier élément pouvant expliquer cet écart de performance pourrait être la capacité de ses fils et filles à performer en bon terrain, ou plutôt leur tendance à sous-performer lorsque les pistes s’assouplissent. Dans les faits, si l’on se penche sur ses meilleurs performeurs européens, on remarque qu’ils se sont tous illustrés en bon terrain. Gezora a brillé dans le Diane et dans la Breeders’ Cup sur des pistes très roulantes, Lassaut avait remporté le Prix Nureyev (L.) et s’était classé deuxième du Niel derrière Simca Mille en période estivale, Castle Way avait gagné un Gr.3 pour Godolphin sur un terrain annoncé « Good to Firm » ; et Molveno s’est adjugé un Gr.2 en Italie dans des conditions similaires. Dès lors, à la lumière de ces éléments, il paraît logique de le voir réussir aux antipodes, là où la pluie se fait rare.
 
 
Gezora dans la Breeders' Cup Turf
 
 
Lorsque l’on s’intéresse aux statistiques détaillées des performances de la production d’Almanzor, il apparaît que ses descendants sont très performants sur les distances comprises entre 1 200 et 1 600 mètres, alors qu’en Europe on l’a davantage vu produire des chevaux de distance intermédiaire, voire classique. À l’image d’Erupt (relire l’article sur Erupt ici), cheval vainqueur au plus haut niveau sur 2 400 mètres et qui réussit très bien en Afrique du Sud, le croisement entre Almanzor et les juments très véloces de l’hémisphère sud semble particulièrement efficace, notamment avec les filles du légendaire Savabeel. Ce croisement a, pour le moment, donné 11 vainqueurs, dont trois au niveau Stakes.
 
Lors du premier week-end de courses de l’année en Australie, Almanzor a été mis en lumière par son fils First Five. Ce dernier s’est imposé dans le Telegraph, un Gr.1 disputé sur 1 200 mètres. Après un creux lors des saisons 2023 et 2024, la cote commerciale des produits d’Almanzor est repartie à la hausse l’an passé lors des ventes de yearlings australiennes et néo-zélandaises, atteignant à chaque fois trois fois le prix de saillie. Actuellement troisième du classement des étalons en Nouvelle-Zélande et premier au nombre de vainqueurs de Stakes, nul doute que les éleveurs locaux devraient continuer à lui faire confiance dans les années qui arrivent.
 
 
First Five, un sprinter signé Almanzor

 

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