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Prix Cléopâtre : comme Zarkava, Shamkala descend de la célèbre Mumtaz Mahal

16/05/2014 - Grands destins
Il n’y a pas eu besoin du nez de Cléopâtre pour départager les candidates à l’arrivée de l’une des préparatoires au Prix de Diane. Shamkala, une descendante de la matrone de l’élevage Aga Khan, a fait un galop, que dis-je une promenade publique, par Xavier Bougon.
Le style de la victoire de Shamkala le dirigera sur le Prix de Diane, course dans laquelle son propriétaire S.A. Aga Khan est le recordman des victoires grâce à 7 succès (Photo APRH)
 
Encore une monte des plus inspirées
Je ne suis pas assez fin connaisseur pour juger, mais force est de constater qu’avec la monte de Christophe Soumillon les chevaux ne tirent jamais et sont toujours à l’aise dans un parcours. Shamkala a pointé le bout de son nez dès le départ (puisque personne ne voulait prendre le train à son compte) et il aurait été moins long (le nez) cela n’aurait pas changé la phase du monde (référence à César et Cléopâtre) ou de la course.....Pas un coup de « bâton », à peine aux bras, le duo s’est imposé plaisamment. C’est donc fort logiquement que la protégée d’Alain de Royer-Dupré et de S.A. Aga Khan va prendre le chemin de Chantilly pour un Prix de Diane où sa cousine, Zarkava, était arrivée invaincue, comme l’est Shamkala.
 
Zarkava, Shamkala, même aïeule, Mumtaz Mahal
L’élevage Aga Khan vient de remporter pour la 6ème fois le Prix Cléopâtre. Trois des victoires proviennent des familles Lagardère (dont celles des deux sœurs, Vadapolina et Vadawina) et parmi les trois autres victoires, deux l’ont été par des pouliches issues de la même famille : Khalisa (en 1996) et Shamkala. Elles proviennent toutes les deux, comme Zarkava, d’une matrone achetée après la 1ère guerre mondiale, Mumtaz Mahal.
 
Née en 1921 dans le Yorkshire, Mumtaz Mahal fut achetée à la vente de yearlings de Doncaster par le conseiller et entraineur de S.A. Aga Khan III, George Lambton (L'honorable Geroge Lambton en photo ci-contre) et payée 9.100 Guinées (le second top-price pour un yearling à l’époque). Il lui donna le nom de Mumtaz Mahal (1593-1691), l’impératrice moghole, pour qui Shah Jahan, son époux, construisit le Taj Mahal.
 
Envoyée à l’entrainement chez Richard Cecil (« Dick ») Dawson à Whatcombe Stables (à Wantage dans l’Oxforshire), la pouliche est surnommée ‘The Flying Filly’ (la pouliche volante) par les journaux de l’époque du fait de ses 7 victoires sur 10 sorties : elle avait débuté victorieusement le 16 mai de ses 2 ans à Newmarket dans les Spring Two-Year Old St. (1.000 mètres dans un temps record, 57’’80 devançant de 3 longueurs, Strailace, la gagnante l’année suivante des Oaks), puis les Queen Mary St. (1.000 mètres à Royal Ascot par 10 longueurs), suivi des National Breeders’ Produce St. (1.000 mètres à Sandown par 4 longueurs), les Molecomb St. (1. 200 m. à Goodwood par 10 longueurs), les Champagne St. (1. 200 m. à Doncaster par 3 longueurs). Après un hiver passé à Highclere, elle s’impose dans les Nunthorpe St. (à York par 6 longueurs) et dans les King George St. (à Goodwood) mais finira seconde de Plack dans les 1000 Guinées, tout en devançant, une pouliche élevée par Lady Sykes, Straitlace (la future gagnante des Oaks et des Coronation St.). A chacune de ses sorties, elle était montée par George Hulme, un jockey qui avait été apprenti chez Dawson. Chouchoutée à l’écurie, le personnel avait fini par lui donner un autre surnom, «Mumty».
 
Elle entre au Haras à Sheshoon Stud dans le Comté de Kildare en Irlande, un haras récemment acheté. Elle donnera naissance à 9 foals dont Mah Mahal (mère de Mahmoud, de Mah Iran, d’où Migoli, Petite Etoile), Rustom Mahal (mère d’Abernant), Mumtaz Begum (mère de Nasrullah, grand-mère de Diableretta, d’où Ginetta, Shergar)....la liste est trop longue pour vous énumérer tous les black-types, mais évidemment, les dernières se nomment Zarkava et Shamkala....
 
S.A. Aga Khan l’importera en France en 1930 au Haras de Marly la Ville (près de Louvres, qu’il avait acheté en 1926). Le haras est envahi par l’ennemi en 1940, ennemi qui confisque la plupart des chevaux à l’exception de Mumtaz Mahal. Elle y séjournera jusqu’à son décès en février 1945.
 
Notes :
- A propos de l’achat de Mumtaz Mahal, George Lambton aurait dit n’avoir jamais vu un «animal» aussi beau et qu’elle «frisait» la perfection (grise, mouchetée de blanc, robe qu’elle avait hérité de son père ; sa tête était marquée par une étoile étirée), mais il n’était pas le seul à le penser. Les enchères débutent à 2.000 Guinées, déjà une énorme somme à l’époque, et arrive bientôt à 9.000 Guinées, une enchère de Percy Bewick. On sait ce qu’il est advenu. Après la vente George demande à Percy pour quel client il avait monté....pour moi, lui réponds t’il.....mais tu n’as pas cette coquette somme !
Mumtaz Mahal a réalisé le second top-price de l’époque devancé par les 10.000 Guinées de Sceptre (Persimmon et Ornament, sœur d’Ormonde),vendue en 1900 par Hugh Lupus Grosvenor (1er Duc de Westminster) à Robert Standish Sievier (bookmaker, gros joueur, journaliste au Winning Post et écrivain). Entrainée à 3 ans par lui-même, elle remportera 13 de ses sorties : 1000 Guinées, Oaks St. et St Leger (la triple couronne), les 2000 Guinées et se classe même 4ème du Derby. Son propriétaire est endetté et se trouve dans l’obligation de s’en séparer (£ 25.000 à Sir William Bass). Sous la coupe d’Alec Taylor Jr, (surnommé « The Wizard of Manton », 21 classiques à son palmarès), elle s’adjuge les Champion St. et se classe 3ème de la Gold Cup.
 
Sceptre, le yearling ci-dessus fut le plus cher de l'époque devant Mumtaz Mahal, le second top price
 
Mumtaz Mahal ou l’élevage de la famille Sykes à Sledmere Stud
Mumtaz Mahal (en peinture ci-contre à Goodwood) a été achetée, donc, par S.A. Aga Khan III à Lady Sykes, son éleveur, installée à Sledmere StudSledmere élève des chevaux depuis 1761, mais le haras actuel (même si il a été quelque peu reconstruit suite à l’incendie de l’Orangerie), près de Malton dans le Yorkshire, date de 1801, créé par Sir Tatton Sykes, 4ème du nom.
Les lieux remontent au milieu du 18ème siècle lorsque Sir Mark Sykes (1711-1783) hérite de Sledmere House de son frère aîné Richard qui n’a pas eu de descendance. Sir Mark épouse, en 1735, Decima Woodham avec qui il n’aura qu’un seul fils, Christopher, le second maillon de la baronnie.
Christopher Sykes (1749-1801) est marié avec Elizabeth Tatton (fille de William) avec qui il aura 2 filles et 3 garçons, Mark et Tatton.
Mark hérite du titre (1771-1823), se marie à deux reprises sans postérité et laisse donc la baronnie à son frère cadet, Tatton (né en1772, décédé en 1863 à Sledmere). A la mort de son frère aîné, il s’installe à Sledmere House où il créé le haras en 1801.
 
Sir Tatton Sykes, le précurseur de l’élevage
C’est de ce 4ème baron que provient la réputation de l’élevage. Comme beaucoup de propriétaires terriens des iles britanniques, il élève tout d’abord des moutons, en nombre conséquent.
Avec le produit de cet élevage, il achète des chevaux, de chasse tout d’abord comme tous les anglais, puis de courses ensuite. Il va compter jusqu’à une centaine d’individus et au plus fort, une centaine de poulinières. Il devient l’un des plus grands éleveurs du Royaume et ses pensionnaires portaient la casaque familiale, orange, manches et toque violettes.
 
L’un des ses premiers élèves classiques, Grey Mornus, s’impose dans les 2000 Guinées 1838, dans l’Ascot Gold Cup (à 3 ans) et se classe troisième du Derby d’Epsom pour les couleurs du parlementaire Lord George-Cavendish Bentinck. Il deviendra l’un des premiers étalons installés à Sledmere avant qu’il ne soit vendu pour l’Allemagne.
En 1844, il vend un yearling à William Scott, un entraineur renommé, qui le nommera Sir Tatton Sykes en reconnaissance de la popularité du personnage dans le Yorkshire.
A 74 ans, Sir Tatton Sykes (l’éleveur), assiste à la victoire de son Sir Tatton Sykes (le cheval) dans les 2000 Guinées, le St Leger et à sa seconde place dans le Derby. Il était monté par le frère de William Bill, un célèbre jockey, titulaire de 19 « classics » à la fin de sa carrière.
Sir Tatton Sykes décède en 1863 après avoir été marié à Mary-Ann Foulis (décédée en 1861) qui lui donnera 6 filles et 2 garçons, Tatton (né en mars 1826) et Christopher (né en 1831, politicien, membre du Parlement, ami du Prince de Galles, Edward VII, il décédera en 1898, sans progéniture).
 
Sir Tatton Sykes, 5ème du nom
Sir Tatton (5ème du nom), continue l’œuvre de son père. Par ailleurs et pour l’anecdote, il est même bâtisseur d’églises. A 48 ans, il épouse une jeune fille de 26 ans plus jeune que lui, Christina Anne Jessica Cavendish-Bentinck.
Sir Tatton élèvera 4 vainqueurs classiques : Doncaster (Derby 1873, 2ème St-Leger, Ascot Gold Cup de Boiard, 3e Grand Prix de Paris), Mimi (1000 Guinées et Oaks 1891, future mère de St Maclou, Lincolnshire H. 1902), Disraeli (2000 Guinées 1898), Spearmint (Derby et Grand Prix de Paris 1906 après l’avoir vendu 300 Guinées au Major Eustace Loder, le propriétaire par ailleurs de Pretty Polly).
Le 5ème classique aurait pu être Craganour (Desmond), qui s’adjuge le Derby 1913, mais est ensuite rétrogradé pour avoir bousculé ses adversaires. Second des 2000 Guinées, il sera vendu 5 jours après à Edouard Martinez de Hoz pour £ 30.000 qui l’expédie en son haras argentin, Chapadmatal Stud où il sera tête de liste des étalons. Sa mère, Veneration, élevée par Eustace Loder, n’était autre que la soeur utérine de Pretty Polly.
 
Sir Tatton fait don à James Snarry (le stud-groom du haras, décédé en 1877) d’une pouliche, nommée Polly Agnes, née en 1865, sous prétexte qu’elle était «vilaine». Elle deviendra la mère de Lily Agnes (élevée à Sledmere Stud). Le Duc de Westminster se rend en visite au haras et achète Lily Agnes, encore maiden au haras, pour £ 2.500. Quelques temps après naîtront Ormonde etOrnament (restée inédite mais mère de Sceptre).
A son tableau de chasse et à celui de son épouse, il faut ajouter le fils de la célèbre La Flèche, un certain John O’Gaunt, second du Derby et des 2000 Guinées 1904 puis étalon de renommée.
Avant le décès des époux (elle en 1912 et lui en 1913), ils avaient élevé un fils de Desmond, Hapsburg, vainqueur, à titre posthume, des Champion St. 1914, des Eclipse St. et s’était classé second du Derby de Durbar.
 
Notes sur les incidents du Derby 1913
 
Derby d'Epsom 1913, Craganour et Aboyeur se gênent
 
L’édition du Derby 1913 restera dans les annales mais pas pour le côté sportif, loin de là. Craganour, (monté par William Saxby) avait déjà été volé de sa victoire dans les 2000 Guinées dans lequel une tête le sépare de Louvois (finissant de l’autre côté de la piste). Dans le Derby, une tête le sépare de son second, Aboyeur (Desmond) (à 100/1) et une encolure du troisième Louvois (monté par W. Saxby). Les commissaires ont jugé qu’il n’avait été en droite ligne. L’appel du propriétaire n’aurait pas été recevable !
Pour l’anecdote, la presse et certaines langues diront que la propriété du cheval, la monte du français Johnny Reiff (pas très apprécié en Angleterre), la côte du second, n’étaient pas étrangères au distancement. En effet, le poulain appartient à Charles Bower Ismay, frère cadet du patron de la White Star Line, la compagnie qui avait affrété le Titanic, un an plus tôt. Johnny Reiff, qui faisait carrière en France, avait été appelé pour monter Craganour en lieu et place de William Saxby, pas très content d’être débarqué. Cet imbroglio restera dans les mémoires d’autant plus qu’aucune rétrogradation n’avait plus été enregistrée dans le Derby depuis 1844.
Autre incident ou drame, à Tattenham Corner, une militante du droit des femmes, Emily Davison se jette sur le poulain du Roi (Anmer), faisant chuter le jockey (voir la photo ci-dessous) et mettant à terre la suffragette qui décédera quelques jours après.
 
 
Sir Mark Sykes, 6ème du nom et son épouse, l’éleveur de Mumtaz Mahal
Le couple Tatton et Jessica n’a jamais été au beau fixe (il se dit qu’elle avait même sombrée dans l’alcool) mais ils ont tout de même donné naissance à un fils, Mark, surnommé, Mark Tatton Benvenuto Sykes, qui deviendra le 6ème Baron (ou Sir).
 
Né en 1879, Sir Mark se marie en 1903 à Edith Gorst avec qui il aura 6 enfants (de 1904 à 1916). Lieutenant-Colonel dans l’armée britannique et conseiller diplomatique en charge des affaires du Moyen-Orient, il n’aura pas le temps ni le loisir de voir ses élèves s’imposer au plus niveau puisqu’il décède de la grippe, dite espagnole, en février 1919 à Paris, lors d’une conférence sur la paix, à l’âge de 39 ans. Mais avant cette fin navrante, il a quand même élevé et vendu un certain Lemonora, vainqueur ensuite du Grand de Paris 1921 après s’être classé second des 2000 Guinées (de Craig An Eran, son camarade d’écurie, petit-fils de Sceptre) et 3ème du Derby d’Epsom (de Humorist, l’élève de Childwick Bury Stud, décédé 18 jours après sa victoire).
 
Entre 1920 et 1922, le haras va se faire une sacrée renommée. La veuve de Sir Mark, Lady Sykes, va se séparer de 4 pouliches qui marqueront certains élevages dont celui de la famille Aga Khan.
 
-Lady Juror (née en 1919, fille de Son In Law et premier produit de sa mère, Lady Josephine), vendue à John-Arthur Dewar (la marque de whisky écossais) qui va s’imposer dans le Jockey Club St. Elle va surtout faire carrière au haras en mettant au monde, pour le fils de J.A.Dewar (décédé en 1929), notamment Fair Trial, Sansonnet (la future mère de Neolight et surtout de Tudor Minstrel), Riot (mère de Commotion, Oaks 1941).....
Pour l’anecdote, Sansonnet est une fille de Sansovino, petit-fils de John O’Gaunt, élevé par Sledmere Stud.
 
-Teresina (née en 1920, fille de Tracery) que S.A. Aga Khan III va s’offrir pour 7.700 Guinées à Doncaster. Gagnante à 4 ans des Jockey Club St. à Newmarket (devançant Papyrus, le vainqueur du Derby 1923 et Parth, le vainqueur de l’Arc l’année précédente) et de la Goodwood Cup, elle n’avait pu jouer les premiers rôles dans les classiques terminant 3ème des Oaks et du St Leger et seconde des Coronation St. (de Paola, sa compagne de couleurs) et des Eclipse St.
Au haras, son premier produit, n’est autre que Theresina (fille d’un étalon maison, Diophon, acheté lors des mêmes ventes que Mumtaz Mahal etvainqueur des 2000 Guinées 1924), gagnante des Oaks irlandaises 1930 et future mère de Turkhan (St Leger et Irish Derby 1940), de Ujiji (Gold Cup 1943 après avoir été vendu), de Tambara (Coronation St. 1947). Teresina a aussi donné naissance à Alibhai (Hyperion), qui, malgré être resté inédit sur la piste, est devenu un étalon reconnu aux USA.
 
-Straitlace (née en 1921, fille de Son In Law et vendue au magnat de la presse, Sir Edward Hulton, également propriétaire, quelques années plus tôt, de Fifinella, l’une des seules pouliches gagnantes du Derby), gagnante des Oaks, des Coronation St., des Nassau St. et 3ème des 1000 Guinées, juste derrière Mumtaz Mahal.
Sir Edward Hulton décède peu de temps après et lors de la vente de dispersion de son effectif à Newmarket (vente de juillet 1925 dont les résultats seront supérieurs à ceux, pourtant historiques, enregistrés en 1884, lors de la liquidation de l’élevage de Lord Falmouth), Edward Esmond se porte acquéreur de Straitlace pour un prix record, 17.000 Guinées et 9.000 Guinées pour Shrove (seconde des Oaks 1923 devant Teresina et 3ème des 1000 Guinées).
Straitlace donnera naissance à Lovelace (Prix de la Forêt, d’Ispahan, 2ème Prix du Jockey Club, Lupin, Ganay, Harcourt pour James Hennessy) et à Necklace (Prix Morny et Robert Papin pour son éleveur et future grand-mère de Pidget, Irish 1000 Guinées).
 
-Mumtaz Mahal (née en 1921, fille de The Tetrarch et de Lady Josephine, donc sœur de Lady Juror), a été élevée donc par Sledmere Stud également et vendue à S.A. Aga Khan III.
 
Lady Edith Sykes décédera en juillet 1930, juste après la naissance de Chatelaine (fille de Phalaris et de Herself, 3e 1000 Guinées 1918). Vendue par ses héritiers à E. Thornton-Smith, elle va s’imposer dans les Oaks et dans les Champion St. dont l’arrivée donne lieu à un dead-heat avec Dastur qui portait les couleurs de S.A. Aga Khan III.
 
Notes :
Avec l’accord de ses six neveux encore vivants, Sir Mark sera exhumé pour des recherches médicales, en septembre 2008 soit 90 ans après son décès. En effet, il est mort de la grippe et fut enterré dans un cercueil de plomb ce qui garantissait une bonne conservation du virus (H1N1, proche de la grippe aviaire). Cependant, l’exhumation ne donnera pas les résultats escomptés, le cercueil ayant été brisé par le poids de la terre au-dessus de lui.
 
Pawneese a pris pension à Sledmere Stud
Sir Mark et Edith Gorst avaient donc 6 enfants et l’ainé des garçons, Richard (né en 1905, le 7ème du nom, en photo ci-contre) va reprendre les commandes du haras après le décès de sa mère en 1930. Pour l’anecdote, il a eu des chevaux en pension en France chez Charles Bartholomew Jr. Ses couleurs, orange, manches violettes, brassards orange, toque violette, se sont imposées en 1968 avec une pouliche, nommée Hugger Mugger, gagnante du Prix de Royaumont après une victoire dans le Prix Cléopâtre (amusant non !).
 
Sous l’ère de Richard, quelques noms sont sortis de l’élevage, outre Chatelaine qui était née en 1930, sous l’ère de Lady Sykes (relatée plus haut).
L’année suivante, le haras vend pour 520 Guinées, Kyloe (une fille de Blandford et de Tabaris), qui enlèvera les Irish 1000 Guineas 1934 pour Sir Percy Loraine et se classera 3ème des Irish 2000 Guinées. Sir Percy Loraine, ambassadeur sous l’ère de Churchill, sera le propriétaire, 20 ans plus tard, d’un certain Darius.
Son demi-frère, Admiral’s Walk (1936 Hyperion) s’impose dans les St James’s Palace St. 1939 après s’être classé second des 2000 Guinées (de Blue Peter). Il s’avérera être un excellent étalon ensuite.
Scottish Union, acheté 3.000 Gns par James Voase Rank (frère du producteur de cinéma), remporte une épreuve de la Triple Couronne, le St Leger 1938 après s’être classé second des 2000 Guinées et du Derby d’Epsom (de Bois Roussel, l’élève de Mme Volterra). A 4 ans, il remporte la Coronation Cup et s’octroie la 3ème place de l’Ascot Gold Cup avant de rentrer au haras.
 
Quelques 10 ans plus tard, Sledmere Stud sort Three Weeks (Prince of Wales’s St. 1949) et son fils, Pardao, 3ème du Derby d’Epsom 1961 (celui de Psidium et du français Dicta Drake), avant une carrière d’étalon (père, entre autres, de Moulton).
Ridge Wood (fils de Bois Roussel qui avait battu Scottish Union dans le Derby) s’impose dans le St Leger 1949 devant un élève de l’Aga Khan, Dust Devil.
Courth Harwell s’incline, pour les couleurs de J.R. Mullion, dans le St Leger 1957 face à Ballymoss. Il deviendra un excellent étalon, père, entre autres de Meadow Court, vainqueur de l’Irish derby, des King George, secon du Derby. Il aura eu la malchance de naître la même année que Sea Bird.
 
Au cours de la décennie 60, Sir Richard réduit la voilure et le haras ne compte plus qu’une douzaine de poulinières. Mais le succès est toujours présent grâce, entre autres, à Palatch, vendue au Docteur Carlo Vittadini pour 2.000 Gns. Elle remporte les Yorkshire Oaks 1967. Elle deviendra la mère de Patch, second, de Val de l’Orne, dans le Prix du Jockey Club 1975, une année exceptionnelle pour le Docteur, puisqu’il remporte 4 classiques, le Derby anglais et irlandais, les Irish 2000 Guinées avec Grundy (payé 11.000 Gns) et le Derby italien avec Orange Bay.
 
Sir Richard décède en 1978 et c’est son fils aîné, Sir Tatton Christopher Mark (né en 1943, 8ème du nom) qui continue l’œuvre de ses ancêtres. Mais pas pour longtemps puisque, sur les conseils du manager, David Cecil (avec qui Tatton avait usé ses fonds de culottes sur les bancs de l’école), il décide de vendre la totalité des effectifs et de se consacrer à la clientèle extérieure.
C’est ainsi que Charles Engelhard (le propriétaire de Nijinsky), Jack Swift (Mount Rosa Stud, éleveur, entre autres de Never So Bold), la Mise de Moratalla (avant d’acheter en 1993 Childwick Bury Stud) et Daniel Wildenstein mettent quelques élèves en pension sur les terres de Sledmere. Quelques étalons ont également débarqué tels que Insan qui est venu rejoindre Claude Monet et Waki River, suivront Prince Sabo, Superpower, Ardkinglass Factual et River Falls.
 
"En mémoire de Sir Richard Sykes, un bon et généreux proriétaire"
 
C’est lors de cette période qu’une certaine Pawneese a été hébergée un temps à Sledmere après son extraordinaire carrière. Rappelons que Pawneese avait fait le doublé Oaks et Prix de Diane après s’être imposée dans le Prix Cléopâtre. Elle est la dernière avoir fait le doublé Cléopâtre-Diane, c’était en 1976.
 
Pour Lady Caroline Legard, Sir Tatton, fait naître en 2000 à Sledmere un fils de Pivotal, Somnus. Il investi quelques livres pour devenir co-propriétaire du sprinter, vainqueur du Prix de la Forêt, Maurice de Gheest et Sprint Cup.
 
En septembre 2002, le haras est de nouveau fermé aux «visiteurs» et redevient un haras privé. Le haras, avec ses briques rouges est, sans doute, le plus pittoresque et le plus important historiquement parlant dans le Comté du Yorkshire.