Grand des Landes : le dernier Sleeping Car

05/10/2017 - Grand Destin
 Un des rares produits et pour l'instant le seul vainqueur de l'ultime génération du grand étalon d'obstacle Sleeping Car, Grand des Landes a laissé une énorme impression en gagnant le Prix Bayonnet pour son 1e essai à Auteuil. Le pensionnaire de François Nicolle se dirige droit vers le Prix Maurice Gillois.

 
Grand des Landes survole la rivière des tribunes, monté par Mathieu Delage. (PHOTOS APRH)

 " Arrête de chercher les palombes ! " Lui qui a le sens de la formule, François Nicolle essaie de faire baisser la tête à son sauteur lorsque celui-ci, toujours aussi lunaire, s'en va benoîtement franchir pour sauter les haies et le steeple du centre d'entrainement de l'Ilot, entre Royan et La Palmyre. En effet, Grand des Landes, possède un modèle bien à lui. Immense, dépassant largement les 1,70m, il a longtemps semblé vivre sur une autre planète. Préparé patiemment, il n'était pas précoce du tout mais a quand même terminé 2 fois 5e en tout d'ébut d'année, dans 2 bons lots à Pau et Angers. Mis au vert au printemps, il est revenu par une victoire sur le très charmant hippodrome de Rochefort/Loire.

 


Grand des Landes après sa 1e victoire à Rochefort/Loire, avec son jockey Gaëtan Masure,
son copropriétaire Arnaud Poirier avec sa fille Alice et sa femme Nadia, l'éleveur Dominique Bourgeais,
Lise Hallopé avec sa fille Anouck et Anne-Lise Legorgeu.

 

Mais les haies n'était pas assez grosse et Grand des Landes s'est montré négligeant, manquant même de perdre une course a priori imperdable. La fois d'après, à Bordeaux, sur un parcours de steeple qui est très exigeant, la méthode a changé. Parti devant, bien concentré, Grand des Landes a pulvérisé l'opposition, gagnant de 20 longueurs après avoir dominé dès le départ. Dans la foulée, il a tenté sa chance dans le Prix Bayonnet, sur 4300 m, avec au programme rivière des tribunes et gros open-ditch. Pas perturbé une seule seconde, Grand des Landes a gambadé, gagnant sans effort apparent...

 


Grand des Landes lorsqu'il était foal, avec sa mère Grandchampenoise.

 

Autant dire que son entourage était fou de joie, ayant chacun cassé une chaise devant la télé, même si seul l'éleveur et co-propriétaire Dominique Bourgeais avait fait le déplacement à Auteuil. Ce dernier, jeune retraité, ancien commercial en batîments agricoles, habite à 2 pas du Lion d'Angers. Frère de l'ancien jockey et entraineur Philippe Bourgeais, mentor de Prince Philippe, Dominique Bourgeais, passionné de courses, est typiquement le petit éleveur angevin, avec une seule jument à la maison, depuis plus de 30 ans. Membre actif de la Société Hippique Rurale (SHR) du coin, il monte à cheval toutes les semaines.

 


Grand des Landes, cheval lunaire.

 

Lui qui a connu Philippe Peltier depuis sa naissance, il a récupéré auprès de celui-ci une certaine Grandchampenoise, fille d'Evening World, cheval qui n'a pas marqué l'histoire, à la fin d'une carrière où elle avait gagné 3 toutes petites courses, en plat à Maure-de-Bretagne et Seiches/Loir puis en obstacle à Sille-le-Guillaume. Ce premier produit de Ty Mat (Panoramic), bonne lauréate en plat dans l'ouest chez Bernard Bohan, tiquait à l'appui.

Dominique Bourgeais s'est rendu compte qu'il avait eu la main heureuse quand les jeunes frères et soeurs de Grandchampenoise, ont accumulé les exploits : Saint Mat (Saint des Saints) remporte le Prix Pride of Kildare à Auteuil. Saint Macaire devient un champion du cross avec 12 victoires, puis Sleeping Mat (Sleeping Car) remporte le Prix de Maisons-Laffitte (Gr.3) en 2011.

 


Grand des Landes capable de se transformer en course.

 

En revanche, l'histoire des 2 premiers de Grandchampenoise a tourné au vinaigre. Mister des Landes était fait pour tout sauf la compétition, très typé de son père Mister Sacha. Il emmène aujourd'hui son éleveur en promenade, et a tout de même parcouru 80 kms la semaine dernière ! Quant à Calvi des Landes (Khalkevi), qui tiquait, il a fini par disparaître en Lybie...Heureusement, François Nicolle, André Quesny et Arnaud Poirier n'en avaient pas idée lorsqu'ils ont acheté le 3e produit foal, Magique des Landes, un fils de Maresca Sorrento doté d'une remarquable distinction. Très doué par nature, ce Magique des Landes a débuté 2e dans le Prix Rush dès le mois de mars de ses 3 ans. Vendu à Isaac Souede et Simon Munir, il gagne dans la foulée à Enghien puis n'est devancé que de peu par Bonito du Berlais dans le Prix Aguado (Listed). Malheureusement, en octobre, pour ses débuts en steeple à Enghien, il se brise une épaule...sur le plat, et meurt sur l'hippodrome.

 


Sleeping Car

 

La même équipe, toujours associé à l'éleveur qui conserve 25%, acquiert les poduits suivants, Grand des Landes (Sleeping Car), Sceaux des Landes (Maresca Sorrento), âgée de 2 ans, et la yearling Magie des Landes (Maresca Sorrento). Dominique Bourgeais a logiquement ramené la jument au regretté Maresca Sorrento après la sortie de Magique des Landes.

Auparavant, il avait aussi choisi Sleeping Car pour refaire le croisement avec Sleeping Mat. Il était temps car Sleeping Car vieillissait. Ancien pensionnaire du Haras de Saint-Voir, puis du Haras National du Pin, il terminait sa carrière d'étalon en 2012 au Haras des Cruchettes chez Pierre Julienne. Frère de deux vedettes d'Auteuil, Sarh et Force Atlantique, par Dunphy, Sleeping Car a fait carrière en plat, lauréat du Prix du Conseil de Paris (Gr.2). Mais c'est bien en obstacle qu'il a eu une grande carrière, père notamment de Sleeping Jack, Sleeping Night ou autre Double Car. Il avait toutefois de donner des femelles généralement inaptes à la compétition.

La dernière génération de Sleeping Car, née en 2013, ne comporte que 9 produits, dont Grand des Landes. L'étalon est mort en 2016, à 28 ans. Tandis que Grand des Landes va se préparer au Prix Maurice Gillois, son jeune frère de 2 ans est au pré-entrainement, et sa soeur yearling grandit dans les prés d'André Quesny dans l'Allier. Grandchampenoise a coulé de Sinndar pendant l'hiver dernier, mais elle est pleine au printemps de Voiladenuo.

 


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