Breeders'Cup 2019 : Enebish Ganbat, l'ambassadeur de la Mongolie hippique

01/11/2019 - Actualités
 Quatre ans après la victoire sensationnelle de Mongolian Saturday dans le Turf Sprint, l'équipe de Mongolie revient pour disputer cette fois la plus belle de toute, la Breeders'Cup Classic. Fabien Cailler a rencontré sur place, à Santa Anita en Californie, l'entraîneur Enebish Ganbat, ancien ingénieur à Oulan Bator et spécialiste des courses d'endurance...
Toute l'équipe mongole avec Florent Géroux le jour du triomphe de Mongolian Saturday dans la Breeders'Cup Turf Sprint.
 
 

31 octobre 2015. Hippodrome de Keeneland. Les couleurs chatoyantes de costumes traditionnels viennent clasher avec les costumes gris en plein coeur du rond de présentation du Kentucky. Les propriétaires de Mongolian Saturday, entraîné par le Mongole Enebish Ganbat, attirent tous les regards. Tout d’abord amusés, avant la course, puis médusés quand le hongre de 5 ans, confié au Français Florent Géroux, s’adjuge la Breeders’ Cup Turf Sprint. Si la course n’est pas la plus prestigieuse de l’affiche US, les photos du podium vainqueur feront littéralement le tour du monde. La Mongolie a fait son entrée dans le Breeders’ Cup circus.
 
 
 
 

Enebish Ganbat
 
 
Quatre ans plus tard, jour pour jour, Enebish Ganbat est de retour. Avec cette fois Mongolian Groom, annoncé au départ de la course aux 6 millions de dollars, la Classic : « Je pense qu’on peut dire que ma vie a changé depuis le succès de Mongolian Saturday, les choses allant dans le bon sens. Et j’ai à présent plus d’expérience et je peux mieux gérer les situations. Je me rappelle avec plaisir de l’enthousiasme qu'avait généré la victoire de Mongolian Saturday et le fait pour les Américains de voir une délégation mongole au cœur du rond de présentation de Keeneland y était forcément pour quelque chose. Et j’étais particulièrement heureux de pouvoir contribuer à présenter au monde entier la Mongolie sous son meilleur angle. Vous savez, les Mongoles vivent pour et avec les chevaux et tout ce qui concerne le cheval revêt une grande importance à nos yeux
 
 

Mongolian Groom
 
 
 
Il a beau être homme de cheval, EnebishGanbat ne se cache pas pour autant derrière un romantisme d’apparat : « Je suis là pour gagner des courses, gagner de l’argent et si possible un jour une course de la Triple Couronne et surtout le Kentucky Derby. C’est ça l’objectif suprême. » Enebish Ganbat a même déclaré un jour qu’il pourrait rentrer au pays quand il aurait réalisé ce rêve aux allures de Graal. Arrivé aux États-Unis en 2010, cet ancien ingénieur, qui s’ennuyait dans son métier, a dans un premier temps élu domicile à Chicago avant de migrer récemment vers le soleil de la Californie. C’est à Del Mar que la team des Mongolian (tous ces chevaux portent cet affixe) a aujourd’hui posé ses valises et c’est donc en voisin qu’Enebish Ganbat vient à Santa Anita.
 
 
 
 
Mais la participation à la Classic de son « Groom » n’avait rien d’évident avant le coup. Bon ouvrier habitué à prendre des places, Groom n’avait jusqu’au 28 septembre dernier su gagner que deux fois en quinze tentatives. Et plutôt au niveau course à conditions que Stakes. Un pur-sang honnête mais que rien ne prédisposait à envisager une candidature à la Breeders’ Cup, son étalon de père n’étant même pas nominé parmi les reproducteurs labellisés Breeders’ Cup. Et ni son pedigree, si son modèle n’avait soulevé les foules lors de son passage sur le ring : « On l’a acheté aux ventes en Floride 12 000$ quand il avait 2 ans. Sa façon de marcher m’avait beaucoup séduit et quand bien même son rapport vétérinaire n’était pas parfait, j’ai décidé de l’acheter, surtout à ce prix. »
 
 
 

Il y a un mois donc ce fils de Hightail et Bourbonesque par Dynaformer a pourtant remporté sa plus belle course, le San Diego Handicap, un Groupe 1 doté de 300 000 $ en dominant McKinzie et Higher Power désignés comme deux des trois favoris de la Classic. Boum. La Mongolie is back. Ou presque. Le cheval n’est en effet pas engagé puisque non éligible via son père et il faut donc dépenser quelques 200 000$ pour s’offrir une place sur le dirt de Santa Anita. Qu’à cela ne tienne. Les propositions d’association temporaire (paiement de la supplémentation contre pourcentage de l’allocation décrochée) sont refusées et Mongolian Stable casse sa tirelire : Groom vendra chèrement sa peau samedi loin des plaines de steppes mongoles accueillant ses traditionnelles courses d’endurance à plus de 700 partants (!) et qu’Enebish Ganbat compte aussi à son palmarès. Son dernier vainqueur de ce genre de compétition avait laissé son premier adversaire à… un kilomètre. Samedi, il se contenterait sans problème d’une courte tête.

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