Bella Fever, la victoire d'une Uruguayenne à Dubaï !

07/02/2020 - Focus divers
En s'imposant hier soir sur l'hippodrome de Meydan, Bella Fever a marqué l'histoire de son pays natal. En effet, elle est devenue le premier cheval né et élevé en Uruguay à s'imposer à Dubaï. Très peu connu sur la scène internationale, ce pays vibre pourtant pour les courses, et son élevage traverse peu à peu les frontières, après des années difficiles. 

Bella Fever, a marqué d'une pierre blanche dans l'histoire l'élevage Uruguayen !

 

Mais qui est Bella Fever, la belle Uruguayenne qui a marqué l'histoire hier à Meydan ? Une encolure hier dans le Meydan Classic Trial, dôté de 100 000 $, a permis à la jument de 4 ans d'entrer à jamais dans les livres de son pays natal. C'était tout simplement la toute première fois qu'un cheval né et élevé en Uruguay s'imposait sur le sol Dubaïote. Championne invaincue dans son pays, avec 3 victoires en autant de courses, Bella Fever avait notamment remporté le Premio Benigno Paiva Irisarri, une des épreuves très importantes du programme, sur l'hippodrome de Maronas. Ses propriétaires, Jorge Wagner et Victor Azambullo, ont alors décidé de l'envoyer à l'entraînement chez Mike De Kock, célèbre pour ses grands succès à Dubai. Après quasiment un an d'absence, Bella Fever a gagné hier une course très importante pour son pays, qui après avoir connu des moments durs, essaye de se relancer vers l'excellence. 

 

Le Haras El Santo, où a grandi Bella Fever

 

Bella Fever est née au Haras El Santo, entreprise familiale tenue par Ariel Leonardi, au nord de Montevideo, la capitale du pays. La pouliche est une fille de Texas Fever, un cheval américain qui a été exporté en 2010 en Uruguay au Haras N.A, un autre gros établissement du pays. C'est là bas que Bella Fever a été conçue, issue d'une mère par le très connu Unbridled's Song, Passionbypassion, qui a été mauvaise en course, puisque nulle part en 3 sorties. Texas Fever a depuis été transféré au Haras El Santo, en 2018, et est l'un, si ce n'est l'étalon leader du pays. Aux Etats-Unis, il avait remporté les Kentucky Juvenile Stakes (Gr.3) sur le dirt, monté par Julien Leparoux ! Il était très bien né puisque sa mère, bien qu'inédite, était une soeur du champion Fusaichi Pegasus, gagnant du Kentucky Derby.

 

Texas Fever, un des étalons stars en Uruguay

 

Texas Fever est le père d'un des meilleurs chevaux Uruguayens des dernières années, Sir Fever. Invaincu en 10 tentatives dans son pays, il y avait notamment remporté la Triple Couronne, composée de 3 courses qui représente en quelque sorte la Poule d'Essai, le Jockey Club et le Grand Prix de l'Uruguay, qui se dispute à la mi-novembre. Sir Fever avait réalisé un tryptique plus accompli depuis un certain Invasor. Né en Argentine, ce crack avait fait carrière en Uruguay, avant de partir aux Etats-Unis, où il avait été invaincu en 5 tentatives dans les Gr.1, dont la Breeder's Cup Classic, étant sacré cheval de l'année en 2006. Loin de s'arrêter là, Invasor avait remporté ensuite la Dubai World Cup, une fierté pour les courses Uruguayennes d'avoir formé un tel champion, mais qui malheureusement n'était pas né et élevé au pays.... Sir Fever était lui paré du suffixe "URU", et était donc un enfant du pays. Suite à ses grandes performances, il était passé chez Charlie Appleby sous bannière Godolphin, terminant 2ème de Listed à Dubaï, tout proche de l'exploit. Bella Fever l'a supplée hier....

 

Invasor, une légende en Uruguay

 

C'est une grande fierté pour l'Uruguay d'accomplir un tel exploit, comme l'a souligné Ariel Leonardi sur la page facebook du Haras El Santo. En effet, après une grande crise au début des années 2000, l'élevage Uruguayen s'est peu à peu relevé en essayant d'importer des courants de sang différents dans le pays, aux accents très américains. Tout petit pays avec 3,5 M d'habitants, dont plus de 1M à la capitale, l'Uruguay vibre pourtant très fort pour les courses, notamment sur le mythique hippodrome de Maronas, réouvert en 2003. L'élevage quant à lui représente entre 2500 et 3500 naissances par an, une petite quantité qui arrive à sortir des cracks de temps à autre ! Les politiques sont très impliqués dans les courses locales, et beaucoup de propriétaires viennent de l'étranger désormais, profitant d'un programme très riche en courses, avec des coûts d'entraînement très faibles à côté de ça...Sur la voie de la reconstruction, l'élevage Uruguayen a fait un grand pas hier en s'exportant à Dubai lors d'un des plus gros meeting au monde...Ne reste plus qu'à conquérir le reste de la planète courses...

 

L'hippodrome de Maronas !