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Triple Couronne US (suite) : Whirlaway le fou et Citation le guerrier pour Calumet Farm

06/06/2014 - Grands destins
Le fameux haras Calumet Farm, qui a connu la plus grande réussite dans le Kentucky Derby avec 9 victoires notamment grâce aux cracks Whirlaway et Citation, deux lauréats de Triple Couronne, a ponctué son histoire glorieuse dans un énorme scandale suite à la morte douteuse d'Alydar, le rival malheureux d'Affirmed qui reste d'ailleurs à ce jour le dernier Triple Crown winnner en 1978. Par Xavier BOUGON

 

La casaque de Calmuet Farm (portée ici par le crack jockey Eddie Arcaro) a remporté 9 Kentucky Derby et 2 triple couronne avec Whirlaway et Citation. Arcaro et la casaque rouge sont donc les éléments principaux de a grande fresque réalisée par le fameux caricaturiste PEB sur toute l'histoire du Derby. (voir le reportae exclusif)

 

Les classiques américains étaient une des spécialités de la famille Wright, fondateur de l’un des plus grands haras d’outre-atlantique, Calumet Farm, vainqueur de la triple couronne à deux reprises avec Whirlaway et Citation mais aussi de neuf Kentucky Derby, un record.

 
Whirlaway, le cheval complètement fou !
 
 
Whirlaway est né en avril 1938 à Calumet Farm, de la première production américaine de Blenheim (vainqueur de l’Epsom Derby pour S.A. Aga Khan III) et de Dustwhirl (par Sweep, étalon tête de liste aux USA en 1818 et 1925) qui était la propriété de Joseph Widener puis de Claiborne Farm qui l’a revendu $ 12.000 à Warren Wright (Calumet Farm.)
 
Whirlaway est entrainé par Benjamin (Ben) Allyn Jones qui le trouvait fantasque et stupide. Jimmy Jones (le fils de Ben), l’a qualifié de créature, hors du commun avec qui il fallait sans arrêt ruser. A 2 ans, dans le Saratoga Special, il tourne si large qu’il touche même la lice extérieure, mais va tout de même s’imposer. Imprévisible, il aura connu au moins 8 jockeys différents dont Albert Robertson dans les Belmont Futurity. Avec ses 7 victoires à 2 ans (sur 16 sorties), il décroche le titre de meilleur poulain.
 
A 3 ans, seulement second des Blue Grass S. et du Derby Trial, préparatoires au Derby, Ben Jones fait appel à Eddie Arcaro, pourtant lié avec Greentree Stable, qui refuse de monter ce fou. Mme Joan Whitney-Payson, fille du propriétaire de Greentree, est ami avec les Wright et Arcaro se sent « obligé » de céder.
 
 
Whirlaway après sa victoire dans le Kentucky Derby. C'est un cheval réputé stupide, fou et dangereux...mais terriblement doué qui remporte la course par 8 longueurs !
 
 
En préparation au Kentucky Derby, Ben Jones lui fait porter une œillère fermé sur l’œil droit seulement. La veille de la course de Churchill Downs, Jones fait un dernier essai avec l’œillère ouverte de façon à ce qu’il n’est qu’un minuscule champ de vision afin de tourner dans le dernier virage. La stratégie a marché et Whirlaway, le favori, s’impose de 8 longueurs en un temps record, 2’01’’40, le 3 mai. Une semaine plus tard, dans les Preakness S., il devance King Cole de 5 longueurs et ne fait qu’une bouchée de ses adversaires, le 7 juin dans les Belmont S. Il reste dans la légende en étant le seul Triple-Crown à s’être imposé ensuite dans les Travers S. de Saratoga (réservé aux 3 ans). Au palmarès, depuis 1864, figurent d’innombrables champions.
 
En septembre 1942, le triple-crown 1941, Whirlaway, défie dans un match-race, le second du Derby 1942, Alsab. Un nez sépare les deux protagonistes, en faveur du plus jeune (par ailleurs, Alsab est entré dans la liste des 100 meilleurs chevaux du siècle, publiée par Blood-Horse Magazine). Le 12 décembre, Whirlaway est invité par la Thoroughbred Racing Association (tout nouvellement créé) pour la première édition du Louisiana H. à Fair Grounds. 20.000 personnes assistent à son succès.
 
Whirlaway aura eu une carrière bien remplie sur la piste puisqu’il va courir jusqu’à l’âge de 5 ans avec 60 sorties pour 32 victoires et 24 places et $ 561.161. Il va obtenir cinq titres : celui de meilleur 2 ans, celui de meilleur 3 ans, le titre de meilleur cheval de l’année en 1941 et 1942 (devant Alsab, meilleur 3 ans en étant vainqueur des Preakness S., second du Kentucky Derby et des Belmont S.) et meilleur cheval d’âge en 1942.
 
 
 
Voir le portrait de Whirlaway et sa victoire incroyable dans le Kentucky Derby.
 
 Notes :
 
  • Whirlaway laisse son second à 8 longueurs dans le Kentucky Derby. Il rejoint Old Rosebud (1914) et Johnstown (1939) qui détenait le plus grand et même écart à l’arrivée. Assault en fera de même en 1946, et depuis, aucun vainqueur ne s’est imposé par autant de longueurs.
     
  • En 1942, Eddie Arcaro est pénalisé d’une longue suspension et c’est son remplaçant, George Woolf qui palie à cette absence. Il avait été le pilote de Seabiscuit, lors du match-race contre War Admiral en 1938. Là encore, il remplaçait son jockey habituel, Red Pollard, qui était sur la touche. Il a aussi été associé à Challedon (cheval de l’année à 3 et 4 ans) lors dans un match-race en 1940 à Pimlico.
     
  • Le 27 juin 1942, à l’issue de la victoire de Whirlaway dans les Brooklyn H., couru à Aqueduct, seront redistribués $ 100.000 pour « l’effort de guerre » après la Bataille de Midway (opposant le Japon et les USA, la « revanche » de Pearl Harbour).
     

De gauche à droite, Warren Wright, le patron de Calumet Farm, Sam Cubertson, président de Churchill Downs, le jockey Wendall Eads et l'entraineur légendaire Ben Jones, qui a fait la fortune de Calumet.

 

Whirlaway est exporté à Fresnay le Buffard
 
Il entrera au haras, à Claiborne Farm, au printemps 1944, à 6 ans. Dès sa première production, il «sort» Scattered (CCA Oaks) (la sœur de Somethingroyal, la mère de Secretariat), Dart By, Whirling Girl (la fille de Nellie Flag et la sœur de Nellie L.) qui deviendra la 3ème mère de Forego. Viendra l’année suivante entre autres, Whirl Some (Selima S.).
Pourtant, Warren Wright est déçu par ses débuts au haras, il décide donc, en août 1950, de le louer à Marcel Boussac qui l’installera à Fresnay le Buffard. En septembre 1952, son locataire l’achète. De sa faible production française, en quantité, sortira, le fils d’Asmena (Oaks St.), Kurun, qui, pour Marcel Boussac, va remporter le Prix Daru.
 
Mais, Whirlaway ne fera pas de vieux os en France puisqu’il décède assez rapidement en Normandie le 6 avril 1953. Son corps sera ramené à Claiborne. En son honneur, il sera créé une épreuve à son nom sur la côte Est.
 
 
La plus grande course du monde pour son père, Blenheim

 

Blenheim, né en 1927, est le3e foal de sa mère, Malva,. Il a été élevé par Highclere Stud par Henry Herbert (6e Lord Carnarvon) et acheté yearling 4.100 Guinées (équivalent à $ 20.500 de l’époque). Malva donnera naissance également à King Salmon (né en 1930, vainqueur de la Coronation Cup et second des 2000 Guinées et du Derby d’Epsom 1933 puis étalon) et His Grace (né en 1933, Coronation Cup, puis étalon)

Blenheim débute victorieusement en avril de ses 2 ans à Newbury sous la coupe de Dick Dawson. Il conclut à la seconde place des Champagne St. (de Fair Diana) puis des Middle Park St. (de Press Gang).
A l’entame du printemps 1930, il a du mal à retrouver la forme et fini non placé des Greenham St. de Newbury. Il conclut quand même 4e des 2000 Guinées (de Diolite) puis s’impose ensuite, dans ce qui sera sa dernière sortie, le Derby, monté par l’excellent pilote, Harry Wragg. Devant un parterre royal, le Roi, la Reine, le Prince de Galles, le Duc d’York, il y devance d’une longueur, un poulain de Somerville Tattersall, Iliad, et Diolite. Il se prépare pour les Eclipse St. mais se blesse à un tendon. Le Derby sera donc sa dernière sortie après 5 victoires.
 
 
 
Blenheim, le 1e vainqueur du Derby d'Epsom pour la dynastie Aga Khan. Il sera acheté par les américains et deviendra le père de Whirlaway.
 
 
Le favori de S.A. Aga Khan dans ce Derby restait son élève, Rustom Pasha. Mais il ne tint pas la distance et Blenheim fera dire à son propriétaire : « Je n’arrive pas à croire que c’est réel, j’ai l’impression de rêver, il n’y pas de mots qui puissent exprimer mon bonheur d’avoir gagné la plus grande course du monde ».
 
Il entre donc au haras l’année suivante (1931) à Marly la Ville pour 400 Guinées la saillie, il débute immédiatement par les succès de Mumtaz Begum (issue de sa « first-crop), Mahmoud, le champion italien de Federico Tesio Donatello II, Wyndham, Drap d’Or (Poule d’Essai des Poulains1937 pour Jean Prat), Blue Bear (Poule d’Essai des Pouliches et future mère de Le Paillon), Pampeiro (Gd Critérium), Mirza (July St., Coventry St. puis étalon), Le Grand Duc (3e Derby St.), Stratosphere (Prix Robert Papin 1934 pour le baron Edouard de Rothschild)...
 
Blenheim rejoindra Sir Gallahad à Claiborne Farm à l’issue de son année de monte 1936, après avoir été vendu (une vente plutôt controversée) pour £ 45.000 ($ 225.000) à un syndicat américain composé de Claiborne Farm (Arthur B. Hancock), Calumet Farm (Warren Wright), Greentree Farm (J.H. Whitney), Stoner Creek (John D. Hertz), William DuPont, Mme Thomas H. Somerville (apparenté à la famille DuPont) et Robert A. Fairbairn (qui avait déjà fait partie du syndicat du premier étalon importé, Sir Gallahad)…
 
Mme John Hertz (Fannie) était la propriétaire du vainqueur du Kentucky Derby 1928 avec Reigh Count qui donnera naissance au Triple-Crown, Count Fleet (toujours pour la famille Hertz). Les exploits de Whirlaway firent de Blenheim, la Tête de liste des étalons aux USA en 1941. Il va produire 536 foals pour 61 stakes-winners en Europe et en Amérique du Nord. Citons, pêle-mêle, Jet Pilot (Kentucky Derby 1947), Nellie L. (Kentucky Oaks 1943 puis mère de Bold Forbes), propre sœur de Mar Kell (d’où Mark Ye Well), Bouillabaisse (d’où Foolish Pleasure), Wyndham (étalon).
 
Son fils, Free America, n’est pas un grand étalon, mais il figure dans les papiers maternels de Fappiano, de Ogygian.....Un autre de ses fils, Bryan G, va devenir le père de Cicada (élue trois fois championnes de 2 à 4 ans).
Il est également un bon père des mères des vainqueurs de Kentucky Derby, Ponder (1949), Hill Gail (1952), Kauai King (1966). Grand-père également de A Glitter (CCA Oaks 1958).
 
Blenheim décède en 1958 à 31 ans et repose à Claiborne Farm

Notes :

  • Cette victoire à Epsom était le premier des trois Derbies d’avant-guerre de S.A. Aga Khan III avant Mahmoud (fils de Blenheim) et Bahram (triple-couronne anglaise). Les trois seront ensuite vendus aux USA, Mahmoud, pour 20.000 Guinées à C.V. Whitney et Bahram, pour £ 40.000 ($ 160.000) à un syndicat composé d’éleveurs américains dont A.G. Vanderbilt. Pour information, l’Aga Khan III gagnera deux autres Derbies après-guerre, My Love (associé à Léon Volterra) et Tulyar.
     
  • Lors de sa première année de monte, il donne donc naissance à Mumtaz Begum, qui deviendra une matrone pour la famille Aga Khan. Elle estla mère, entre autres, de Nasrullah, étalon tête de liste en Angleterre en 1951 puis5 fois aux USA, 1955 et 1956, 1959 et 1960 et 1962. Son fils, Bold Ruler, n’est autre que le père de Secretariat (le cheval du siècle).

 

Avant de remporter la triple couronne 1948, Citation a déjà remporté 8 courses sur 9 sorties à 2 ans dont ici les Belmont Futurity, monté par Albert Snider. Victime d'une noyage au printemps suivant, Snider sera remplacé par Eddie Arcaro.

 
 
Citation, le 1e cheval millionnaire en dollars
 
Citation, le vainqueur de la triple couronne 1948 provient du même élevage que Whirlaway. Il est né à Calumet Farm en avril 1945, de Bull Lea (petit-fils de Teddy) et d’une mère, importée d’Angleterre, fille d’Hyperion d’où un pedigree franchement européen.
 
Entrainé par Ben Jones (comme Whirlaway), assisté de son fils, Horace, il a pour cavalier habituel, Albert Snider, Citation réalise une année de 2 ans presque parfaite, cumulant huit victoires en neuf sorties, après avoir débuté, comme Whirlaway, en avril à Havre de Grâce, un hippodrome au sud de New York. Il doit son unique défaite, dans le Washington Park Futurity, à sa compagne d’écurie et de couleurs, la meilleure pouliche de 2 ans de l'année, Bewitch, elle aussi fille de Bull Lea. Les Belmont Futurity S. et les Pimlico Futurity lui valent le titre de champion des 2 ans en 1947.
 
À 3 ans, il fait davantage que confirmer son leadership, puisqu'il débute son année (en février à Hialeah) en battant son compagnon de couleurs, Armed, cheval de l'année 1947 (il est pourtant rare d’affronter ses aînés si tôt dans la saison). Commence les préparatoires menant à la triple couronne. Mais, Albert Snider, le jockey du champion, se noie en Floride en mars, et il est remplacé par Eddie Arcaro. Cela ne change rien à la carrière triomphale de Citation, qui s'adjuge coup sur coup le Kentucky Derby (devant son compagnon de couleurs, fils de Bull Lea, également,  Coaltown qui arrivait invaincu), les Preakness Stakes et les Belmont Stakes, devenant le 8e vainqueur de la triple couronne de l'histoire. Mais il ne se limite pas à cet exploit, courant beaucoup, et toujours avec succès y compris celui dans le Jockey Club Gold Cup (laissant Phalanx à 7 longueurs) et dans le Pimlico Special (où aucun concurrent n’avait osé l’affronter).
 
 
Citation à l'entrainement...un cheval dur dans tous les sens du terme.
 
 
A la fin de son année de 3 ans, il possède une musique phénoménale : 27 victoires et deux secondes places en 29 apparitions. À la fin de l'année, il cumule naturellement le titre de meilleur 3 ans et celui de cheval de l'année. De plus, il avait aligné 15 victoires consécutives.
 
Mais une grave blessure au boulet le laisse sur la touche à 4 ans. Avec le palmarès qui est le sien, n'ayant plus rien à prouver, le cheval aurait pu rentrer au haras. Mais son entourage décide de lui faire faire un improbable come-back. Il fait une rentrée victorieuse à Santa Anita en février de ses 5 ans faisant de lui un recordman en Amérique du Nord : ses 16 victoires consécutives, ne seront égalés que 46 ans plus tard par le crack Cigar puis battue en 2008 par la pouliche Peppers Pride (mais aucune victoire de groupe) et la récente retraitée, Zenyatta avec ses 19 succès consécutifs (invaincu jusqu’au 2 octobre 2010). A un niveau bien inférieur, Rapid Redux a battu le record en janvier 2012 avec 22 victoires.
 
Alors que l'on veut faire de lui le premier cheval à dépasser la barre du million de dollars de gains, il doit baisser pavillon devant l'ancien anglais fils de Nasrullah, Noor (qui avait été vendu aux USA par S.A. Aga Khan), qui le devance à quatre reprises à Santa-Anita et Golden Gate. Toujours désireux de faire de lui le premier cheval millionnaire, ses propriétaires continuent à le faire courir en 1951, où il s'impose à trois reprises. Quand il se retire après un ultime succès (en juillet) dans la Hollywood Gold Cup (prenant sa revanche sur sa vieille rivale Bewitch), c'est avec un titre de cheval d'âge de l'année et des gains s'élevant à 1.085.760 million de dollars, pour un bilan final de 32 victoires et 12 places en 45 courses.
Il est le premier cheval de l’histoire à dépasser le million de dollars. Pour l’anecdote, l’actuel cheval le plus riche est Curlin ($ 10.501.800) et Cirrus des Aigles comptabilise (avant la Coronation Cup), environ 6.667.332 € soit plus de $ 9 M.
 
 
Revenu après un an d'arrêt suite à une grave blessure, Citation (à l'extérieur) remporte à 5 ans la Hollyowood Gold Cup, signant alors le nouveau record de 16 victoires consécutives.
 
 
Citation retrouve Calumet pour y fonctionner comme étalon. Il donnera, entre autres, la championne Silver Spoon (élue meilleure pouliche de 3 ans en 1959), Fabius, vainqueur des Preakness S. 1956. Il décède en août en 1970, à 25 ans, et repose à Calumet. Une course lui est dédiée et une statue, grandeur nature, est érigée à l’entrée de l’hippodrome floridien, Hialeah Park.  Citation figure au 3e rang des 100 meilleurs chevaux américains du 20e siècle (liste publiée par le magazine Blood-Horse) derrière Man O’War et Secretariat.
 
Son père, Bull Lea, petit-fils du français Teddy
 
Bull Lea est un fils de Bull Dog, le propre frère de Sir Gallahad.et de Rose Leaves (la tante de Nellie Morse). Bull Lea a été élevé par Elmer Dale Shaffer à Coldstream Stud à Lexington et acheté yearling, $ 14.000, par Warren Wright. Non placé dans le Kentucky Derby dont il était le favori, il ne fait pas mieux dans les Preakness S. C’est au haras qu’il fera parler de lui en étant étalon tête de liste aux USA de 1947 à 1949 et en 1952 et 1953 avec notamment deux représentants de Calumet, vainqueurs du Kentucky Derby, Hill Gail (1952) et Iron Liege (1957). Outre Armed, Citation, Coaltown et Bewitch, citons Faultless, Twilight Tear (élue quadruple championne), Two Lea, Bull Page, Mark Ye Well, …..Il est également tête de liste des pères de mères à 4 reprises, de 1958 à 1961 avec notamment, Tim Tam (Tom Fool) vainqueur du Kentucky Derby 1958 pour Calumet.
 
Note :

Coldstream Stud est le haras qui a fait naître le vainqueur de la première édition du Kentucky Derby, Aristides en 1875. Le haras est acheté en 1915 par Charles B. Shaffer qui importera Bull Dog (propriété de J.D. Cohn). Enterré à Coldstream, il sera donc le père de Bull Lea, le premier étalon de Calumet Farm.
 
 

Calumet Farm, une légende à l'américaine.

 

 

Calumet Farm, deux vainqueurs de la Triple couronne et neuf Kentucky Derby
 
William Monroe Wright, né en 1851,est le fils d’un meunier de l’Ohio et un petit-fils de tenancier de bar. Il va débuter comme représentant de commerce en sillonnant les routes du Midwest pour colporter sa marchandise. La vie de nomade ne lui convient pas et avec l’esprit inventif du clan Wright, il déménage à Chicago (Illinois) et échange son chapeau de commerçant contre celui d’inventeur. Avec ses économies, qui se montent à $ 3.500, il travaille jour et nuit, avec le chimiste George Rew, sur l’élaboration d’une poudre à pâte (bicarbonate de soude) qu’il baptisera Calumet en 1889 (sous une version quasi-identique, avec le profil d’un chef indien en coiffe, elle est encore, aujourd’hui, en vente de par le monde).
 
Le succès de son entreprise dépendra largement de son fils unique, un jeune ambitieux et intelligent, qui rejoindra son père à 15 ans. Ce fils, Warren Sr, naît en septembre 1875, 4 mois avant la première édition du Kentucky Derby (est-ce un présage ?). A la fin des années 1890, Warren Sr travaille à l’expansion de l’entreprise familiale et son père «prend sa retraite » qu’il consacre à l’élevage de trotteurs. Pour l’anecdote, il va enlever l’Hambletonian, la célèbre course pour trotteur, avec Calumet Butler. En 1919, Warren Sr, alors âgé de 42 ans, épouse Lucille Parker, une jeune fille du Kentucky de 23 ans. L’année suivante, il adopte un fils, Warren Wright Jr (qui deviendra le beau-père du sinistre J.T. Lundy, voir notes).
 
 
Citation, étalon à Calumet Farm.
 
 
Son père émigre en 1924 dans le Kentucky où il achète, à un magnat du charbon, Harry Schlesinger, un haras de 400 acres (161 ha) du nom de Fairland Farm, près de Lexington qu’il rebaptise Calumet Farm. Après avoir vendu l’entreprise basée à Chicago (voir notes), Warren Sr va prendre les commandes du haras en 1932 à la mort de son père. Il vendra les trotteurs et va « convertir » le haras en un élevage de pur-sang, bien déterminé à remporter le Derby. Son souhait sera exhaussé au-delà de ses espérances (supposition !).
 
Whirlaway et Citation étaient la propriété de leur éleveur, Calumet Farm, qui, avec neuf victoires dans le Kentucky Derby, détient le record devant John Madden (5). Les autres lauréats sont Pensive (1944), Ponder (1949), Hill Gail (1952), Iron Liege (1957), Tim Tam (1958), Forward Pass (qui bénéficie du distancement de Dancer’s Image en 1968), Strike the Gold, (en 1991, qui, vendu yearling, est le seul à ne pas porter les couleurs de Calumet). Les 4 premiers vainqueurs portaient les couleurs de Warren Wright puis en 1952, celles de sa veuve, Mme Lucilla Wright puis à partir de 1957, sous le nom de Mme Gene Markey. (voir ci-après le pourquoi) (Couleurs de la famille Wright : casaque rouge, brassards et toque bleue).
 
 
L’entraineur Ben A. Jones détient le record de victoires dans le Kentucky Derby avec 6 victoires, 5 pour Calumet Farm et celle de Lawrin, son tout premier en 1938 pour Woolford Farm (Herbert M. Woolf). Son fils, H.A. (Jimmy) Jones en a gagné deux, Iron Liege et Tim Tam pour Calumet. Le second meilleur score appartient à Darrell Wayne Lukas avec 5 victoires dont celle de la pouliche, Winning Colours, en 1988. Calumet va obtenir 14 fois le titre de meilleurs éleveurs et 12 fois celui des propriétaires.
 
Notes :
 
  • Calumet est le seul haras américain à avoir remporté une célèbre course pour trotteur et le Kentucky Derby.
     
  • L’entreprise que W.M. Wright avait fondée, la Calumet Baking Soda Company. Son fils, Warren Sr, en deviendra le patron en 1914. Elle est revendue $ 32 M. à l’été 1929, juste avant la grave crise économique, à la compagnie Postum qui deviendra la General Woods qui fusionne en 1990 avec Kraft. Calumet est un terme amérindien et une banlieue de Chicago.
 
La seconde génération prend les commandes de Calumet Farm
 
Les couleurs de Warren Wright seront portées pour la première fois le 30 mai 1932 et rentrera dans le rond des vainqueurs quelques jours après, à Arlington Park. Les Wright achètent un poulain, Hadagal, à son éleveur, Arthur Hancock (Claiborne Farm). Il sera le premier stakes-winner de Calumet Farm (nouvelle formule) en remportant les Champagne S. 1933 à Belmont. Fils de Sir Gallahad, il entrera au haras en tant qu’étalon.
 
L’élevage débute par un premier investissement, l’achat d’une pouliche en 1931, nommée Nellie Morse (élevée par la succession de James Keene, elle avait gagné en 1924 les Preakness S et les Pimlico Oaks). Pleine d’American Flag (War Admiral), elle donnera naissance en 1932 à Nellie Flag, première future championne élevée à Calumet puis matrone du haras. En 1936, ils achètent (dans le cadre d’un syndicat) l’étalon anglais, Blenheim à S.A. Aga Khan et un yearling à Saratoga, nommé Bull Lea, payé $ 14.000.
 
En 1939, ils «embauchent» le fameux entraineur, natif du Missouri, Benjamin (« Ben ») Allyn Jones (en provenance de Woolford Farm, éminent propriétaire-éleveur du Kansas). Son fils, Horace A. (« Jimmy ») rejoint bientôt l’équipe. En 1940, les premiers chevaux rejoignent les boxes de Jones qui avait remplacé le précédent mentor, Frank Keams.
 
L’élevage domine les années 40 et 50 avec, entre autres, des produits de Bull Lea : Twilight Tear (1941, pouliche de l’année à 3 ans), Armed (1941, élu meilleur cheval de l’année 1947), Coaltown (1945, vendu en 1955 à Marcel Boussac), Bewitch (1945, élu championne à 2 ans et à 4 ans) et surtout Citation (1945, vainqueur de la triple-crown). Coaltown, né la même année que Citation, terminera second du Derby, permettant à Calumet d’occuper les deux premières places.
 
En décembre 1950, Warren Wright, qui avait épousé Lucille Parker en 1919 décède. Deux ans après, sa veuve se remarie en Californie (à Hollywood en septembre 1952) avec l’Amiral Eugene Willford « Gene » Markey (qui décèdera en mai 1980 à Miami). Sous l’ère « Jones », Calumet est devenu l’un des plus grands propriétaires-éleveurs américains. En 1953, « Ben » prend sa retraite (il décède en juin 1961 à 78 ans) et son fils Jimmy continue mais décide de se retirer en 1964, l’année du décès de l’étalon Bull Lea.
 
 
 
 
La déchéance qui se termine par le scandale d'Alydar et la prison
 
De 1964 à 1977, Calumet donne seulement 20 stakes-winners, ce qui est, pour un haras de cette dimension, un grave déclin !
 
En 1976, Calumet embauche un jeune entraineur privé, John M. Veitch, fils de l’entraineur Sylvester Veitch (élu au Hall of Fame). C’est également l’année de la naissance de la future championne, Davona Dale, une descendante de Siena Way (Bull Lea), sœur de Citation.
 
En 1978, Alydar est le porte-drapeau du haras qui a eu la malchance d’être né la même année qu’un certain Affirmed (le dernier triple-crown).
 
En 1979, le couple Markey renonce peu à peu en raison de leur âge et de leur santé. En mai 1980, Gene Markey décède, suivi en juillet 1982 de son épouse, à l’âge de 93 ans, qui avait été la maitresse des lieux pendant 50 ans.
A son décès, le haras est transmis à ses héritiers mais la gestion «tombe» dans les mains de John-Thomas Lundy (VOIR PHOTO CI-CONTRE), époux de Lucille « Cindy » Wright, l’aînée d’une fratrie de 4 enfants.
 
Durant cette période de sérieux déclin, le moral remonte avec l’exploitation d’Alydar, étalon tête de liste en 1990 grâce à ses fils, nés à Calumet, Criminal Type et le vainqueur du Kentucky Derby 1991, Strike the Gold. Mais Alydar décède en 1990 et accélère la lente agonie. Peu de temps après, le haras est en faillite, les chevaux sont dispersés et les terres sont mises en ventes aux enchères en 1992. C’est la fin d’une époque.
 
 
Il se fait que la mort d'Alydar n'était pas vraiment naturelle...Warren Jr (décédé en 1978) avait épousé Bertha Cochran qui lui donnera 4 enfants dont deux filles, l’une, Lucille « Cindy » (homonyme de sa grand-mère) mariée à John-Thomas Lundy, alors qu’elle n’a que 17 ans et lui 22. La situation financière du haras est solide quand le gendre prend les commandes en 1982. Six ans après, après avoir dépensé sans compter, Calumet Farm est déclaré en faillite avec plus $ 100 M. de dettes (il perdait $ 1 M. par mois). La mort prématurée d'Alydar (novembre 1990) est suspecte (il était assuré pour $ 36 M.). Après quelques années de procédures, il est condamné, en 2000, à 4 ans et demi de prison (son directeur, Gary Matthews, en prend pour 21 mois). Son fils Robert A. Lundy a aussi été condamné en 2009 à $ 1,5 M., pour malversations et escroqueries pour des histoires malsaines d'étalons. L'affaire est d'autant plus présente dans les esprits que Calumet Farm se trouve juste à la sortie de Lexington, le long de la route qui mène à Keeneland. Le monde des courses dans son entièreté peut donc voir une image d'un ancien monument qui s'écroule peu à peu.
 
 
Alydar, le dernier champion à porter la casaque de Calumet Farm, et aussi son dernier grand étalon, qui a fini sa vie plus tôt que prévu dans une tombe où ses propriétaires l'ont poussé pour toucher une prime d'assurance de 36 millions de dollars...
 


Un canadien d'origine polonaise bat le libanais Issam Farès sur le poteau
 
 
L’homme d'affaires canadien (d’origine polonaise), Henryk de Kwiatkowski, apprend en 1992 que le haras est en vente et rapidement, il vole à Lexington, arrivant en moins d'une heure avant l'événement. Il emporte les enchères avec une offre finale de $ 17 millions face à l’underbidder, Issam Farès ($ 16,7 M.). Après son achat, Calumet reprend des couleurs et sa beauté d’antan, avec clôtures repeintes et pâturages luxuriants. Pour l’anecdote, il avait acheté, en sus, l’entité Calumet pour $ 210.000.
 

Le rachat en 2012 par Brad Kelley, déjà propriétaire de 650.000 hectares aux USA !
 
 
En 2003, Henryk de Kwiakowski (qui avait acheté en 1978, un yearling du nom de Danzig) décède et ses héritiers reprennent les commandes jusqu’en 2012, année où ils décident de vendre. Le milliardaire texan, Brad Maurice Kelley, connu pour faire partie des 10 plus riches propriétaires terriens aux USA (650.000 ha au Texas et en Floride) fait une offre officieuse de $ 36 M. Brad Kelley (né en 1956) qui avait fait fortune dans le tabac, était déjà propriétaire de Bluegrass Hall, pour rappeler l’ancien haras de N.B. Hunt, qu’il s’était offert. Le nouveau Calumet Farm s’adjuge les Preakness S. 2013 et la seconde place des Belmont S. avec Oxbow, entrainé par D. Wayne Lukas et monté par Gary Stevens. Bluegrass Hall, puis la nouvelle entité (Calumet) court avec une casaque noire et jaune, les couleurs de l’ancien Calumet (rouge et bleue) auraient été vendues en 1992 à un groupe brésilien.