Le facebook d'"And They're Off" : le printemps des champions

29/06/2013 - Actualités
Allison Nicolleau, alias " And They're off !" sur Facebook, un nom provenant de la fameuse expression des commentateurs américains, publie une nouvelle chronique qui souligne les plus grands champions du printemps 2013.

St Nicholas Abbey. Le grand, le magnifique, le sculptural St Nicholas Abbey. Une peinture. Légèreté suprême. Intemporel pur-sang irlandais.
Il n'a jamais attiré beaucoup de louanges. Et n'a jamais fait de ses déplacements un désireux événement.
Et pourtant c'est un phénomène. Un corps de jeune homme. Une tête de poulain. Une douceur de trait. Un appel à la caresse. Un regard de champion. Déterminé. Le regard du cheval qui a fait des courses sa vie. Et qui s'épanouit.
Cette année, St Nicholas Abbey a remporté son cinq-, et sixième groupe I. Le Dubai Sheema Classic et La Coronation Cup. Il s'y envolait, de ses battements d'ailes déchainés, laissant l'adversité à distance.
Il y battait les globe-trotters Gentildonna et Dunaden.
Devenant le crack des sans-frontières.

 

Photo : On a beau n'être qu'à l'aube d'un nouveau mois de juillet, encore bien loin ( et pourtant si près ) du Jacques le Marois, des Champion Stakes, des Foy et compagnie... De l'Arc, douce hégémonie... Et pourtant l'année est déjà si belle ! Déjà si suffisante ! Si pleine de souvenirs. Bienfaisance de plaisirs.Je ne tire pas de bilan, mais je rassemble tous ces moments de bonheur. Et autant que vous, je sens les déchainements de mon cœur.Chaque évènement hippique apporte son lot de ferveur. Et de crève-cœurs. Le dimanche devient jour saint. L'impatience se fait mienne. Et là, devant eux, devant leur déchaînement, je revis. Qui pourrait comprendre que ce sont eux, mes amis ? Un course de champion, c'est un rendez-vous entre potes. Pour le meilleur et pour le pire. Ces moments, je les ai vécu avec St Nicholas Abbey. Le grand, le magnifique, le sculptural St Nicholas Abbey. Une peinture. Légèreté suprême. Intemporel pur-sang irlandais. Il n'a jamais attiré beaucoup de louanges. Et n'a jamais fait de ses déplacements un désireux événement. Et pourtant c'est un phénomène. Un corps de jeune homme. Une tête de poulain. Une douceur de trait. Un appel à la caresse. Un regard de champion. Déterminé. Le regard du cheval qui a fait des courses sa vie. Et qui s'épanouit. Cette année, St Nicholas Abbey a remporté son cinq-, et sixième groupe I. Le Dubai Sheema Classic et La Coronation Cup. Il s'y envolait, de ses battements d'ailes déchainés, laissant l'adversité à distance. Il y battait les globe-trotters Gentildonna et Dunaden. Devenant le crack des sans-frontières.Des courageux comme lui, on en a vu deux cette année. L'australienne Shea Shea a voulu s'offrir à son pays. Mais ne s'appelle pas Black Caviar qui veut. Elle achève son parcours en seconde ligne, laissant les King's Stand Stakes au local Sole Power. Ils ont tous en commun ce lointain souvenir des premiers galops, de ces prestigieuses courses classiques et de ces premiers bonheurs de vainqueurs. Ils ont vécu deux fois plus. Sont adultes. Ils forment le club des champions voyageurs.Animal Kingdom ne les a que trop peu affronté. Mais en seulement deux courses a été adopté. C'est qu'il impose le respect, cet animal. Un américain aux veines européennes. Une rareté. Un bijoux. Un lauréat de Kentucky Derby. Animal Kingdom a remporté la prestigieuse Dubai World Cup, s'imposant comme un pur et dur. Prolongeant l'emprise régulière des américains sur la course.Mais il n'a pas voulu s'arrêter là. Motivé par l'adrénaline de l'exploit. Il a posé ses sabots tremblants sur le sol de ses aïeux, foulée la piste du plus grand champ de course du monde, imprimant ses pas sur ceux de Dancing Brave, cet ancêtre qu'il chérit, se révélant patriotique. Honorant la reine dans sa propre course mais chancelant littéralement sous la pression. Pas grave, il a tenté. Il rentre gagnant.Bien moins célèbre que les pur-sangs américains, les pur-sangs allemands ne se font pourtant pas des plus discrets. Et le présent fait écho au passé. Monsun est mort. Mais représente son pays plus que jamais. Le buveur de bières Novellist s'est senti bien léger dans le Grand Prix de Saint-Cloud. Succédant avec fermeté à Pastorius, lui aussi de voyage en France. A eux-deux, ils concluent les débats des trois ans européens. Car ce n'est pas Saônois et Camelot qui diront le contraire, le "Jockey-Club" de l'année 2012 est allemand. Ils en sont la preuve. S'ils venaient à s'imposer sur une belle pelouse anglaise, il serait alors impossible d'en douter.De l'autre côté de la Manche, les évènements n'ont pas manqué. Plus impressionnants que jamais.On y a vu de tout. Du spectacle à tous les étages.La petite Sky Lantern a adopté sa plus belle attitude féline pour s'imposer comme la plus brillante des princesses du royaume. Je la considère autant que nos précieuses. Estimate, l'autre femme de l'année, a supporté la pression comme personne, assumant avec fierté son rôle de souveraine. Elle apporte à la reine une de ses plus belles joies de sa vie. Et est unique pour cela.Les mâles ont fait le spectacle différemment. Exposant au yeux de tous leur rage et leur testostérone. Le magnifique bébé Dawn Approach a lutté comme un beau diable pour exorciser ce Derby d'Epsom manqué. Al Kazeem s'est refait une santé. Il laissa sur place un triste Camelot, s'imposant à la lutte avec Mukhadram, son surprenant adversaire du jour. Deux leaders. Deux duels de titans. Décidément, ces anglais ne font pas semblant !Outre ces évènements récents, il y eut le premier sacre de Farhh, ombre sculptée du grand dubai Millennium.La constance du révélé Dunaden. Le rêve éveillé de Les Beaufs. La reconversion tranquille de Last Train. Le courage de Tableaux. L'entreprenant Ocovango. L'adorable Anodin...Quel courage ! Quel amour !Ah, s'ils pouvaient tous recevoir une reconnaissance en retour...Je pense à Méandre et mon cœur se resserre. Courageux et splendide cheval à la casaque historique. Aujourd'hui rejeté tel un déchet chimique. Lui qui avait été l'ultime invention du regretté passionné Guy de Rothschild, est dorénavant, par le biais de son fils héritier, la marionnette de Satan. Portant, le cœur meurtris, les couleurs en sang du dictateur Ramzan Kadyrov. C'est là qu'on voit ceux qui ont l'honneur, et ceux qui finalement n'ont rien compris à la vie.La mort de Thomas Chippendale est encore sensible dans nos mémoires. Foudroyé dans un orgasme victorieux. Ces disparitions soudaines, ces moments douloureux entretiennent notre conscience. Car les pur-sangs sont fragiles. Car les courses sont des combats.Car la vie est ainsi faite. De hauts et de bas.Enfin, je ne pouvais achever ce bilan du second trimestre sans parler du retour du grand champion Cirrus des Aigles. Il est difficile aujourd'hui de trouver cheval plus beau sur cette terre. Le cheval d'une vie. Un réconfort au quotidien. Tout se sait, dans les yeux de Cirrus. Car ils sont le reflets de son âme. Cirrus est de nouveau fermement sur ses quatre pieds. La convalescence ayant abusé de sa patience, il s'est élancé sur la piste de Saint-Cloud comme si sa vie en dépendait. Prêt à fournir son lot de bonheur pour des années encore. Certes, il n'a pas gagné. Mais il est bien de retour. Et cette année encore, qu'importe les résultats, il nous apportera la chaleur. Vous l'aurez compris, de nouveaux bonheurs.

St Nicholas Abbey battant Dunaden dans la Coronation Cup.



Des courageux comme lui, on en a vu deux cette année. L'australienne Shea Shea a voulu s'offrir à son pays. Mais ne s'appelle pas Black Caviar qui veut. Elle achève son parcours en seconde ligne, laissant les King's Stand Stakes au local Sole Power.
Ils ont tous en commun ce lointain souvenir des premiers galops, de ces prestigieuses courses classiques et de ces premiers bonheurs de vainqueurs. Ils ont vécu deux fois plus. Sont adultes. Ils forment le club des champions voyageurs. Lire la suite....

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