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Hong Kong 2015 : Mouillés mais contents, une soirée à Happy Valley

09/12/2015 - Evénements
Et nous voilà de retour sur le petit bout de rocher brûlant de l'Asie du Sud-Est ! Enfin plutôt chaud et humide, voire très mouillé en cette soirée d'ouverture de la semaine internationale de Hong Kong, sur l'incroyable hippodrome d'Happy Valley en plein centre ville. Entre les sardines tombées du ciel, Loïc Stecher et Anne-Lise Legorgeu ont découvert pour vous ce lieu unique au monde où se disputait le championnat international des jockeys avec en lice le français Maxime Guyon.


Happy Valley sous la pluie battante, ça a son charme !

 

Disons le tout de suite, Maxime Guyon n'a pas gagné le championnat. Il n'avait aucune chance prépondérante dans les 4 épreuves du challenge, mais il s'est tout de même battu comme un diable, ne ratant que d'un souffle le succès dans une course sur 1000 m où son cheval, St Yazin, un vieux coucou de 7 ans avec une mère par Montjeu, était parti comme un fer à repasser (voir la course). Le Sud-Africain Gavin Lerena lui a conservé un nez d'avantage. Lauréat également de la 4ème épreuve du challenge, ce trentenaire longiligne qui fait partie de l'élite de son pays après avoir battu le record des apprentis longtemps détenu par Michael Roberts, a finalement décroché le championnat sponsorisé par Longines avec la belle montre en cadeau.

 

 

Gavin Lerena soulève son imposant trophée gagné dans le championnat des jockeys à Happy Valley

 

Mais là n'était pas le plus important, en fait. L'essentiel à Happy Valley, c'est Happy Valley. De l'avis de tous ceux qui ont eu la chance de le visiter parmi plein d'autres dans le monde, c'est le champ de course le plus incroyable de la planète. Il faut s'imaginer être au coeur de l'Asie ultra-urbaine, déambulant à travers un inextricable enchevêtrement de ruelles, de panneaux, de boutiques bigarrées ne fermant jamais, de gratte-ciel brillants de mille feux entourés de bouis-bouis, réparateurs de n'importe quoi, cuiseurs de canards laqués qui inondent toute la ville jusqu'aux portes de l'aéroport de cette permanente odeur de volaille marinée.

On passe devant deux magasins bien achalandés, celui qui vend des Rolls Royce, son voisin qui propose trois Mc Laren rutilantes derrière la vitrine. On manque de se faire écraser par l'un des antiques trolley bus, le 1er transport en commun de cette ville-Etat accrochée sur un ilot sauvage et escarpé, toujours en fonctionnement dans ce lieu magique, symbole du vrai autre monde, pas l'occidental donc, mais pas l'anti-occidental non plus, tout simplement l'Asie.

 


Le Hong Kong Jockey-Club pense décidément à tout, même aux parapluies pour les entourages des participants

 

 

 
Ce soir, il pleut. Et quand il pleut dans cet endroit, ce n'est pas pour rire. Il tombe des sardines. Alors on fonce, sans pour autant éviter les gouttes, se faufilant entre les parapluies. Soudain, encore plus de lumière qu'ailleurs dans le ciel, au pied d'un haut mur, long de plus de 500 m, un petite entrée indiquée B. Et là, la surprise éternellement renouvellée, on fait quelques pas et on arrive dans l'hippodrome d'Happy Valley ! C'est petit... La piste fait 1400 m de tour, mais 45.000 personnes s'amoncellent dans les tribunes qui font 9 étages de hauteur. Tout ici est pourtant fluide, pensé pour le client, c'est à dire le parieur ou le propriétaire, tous traités avec les plus grands égards par le Hong Kong Jockey Club, l'institution la plus puissante de tout le pays, qui finance à lui seul 10% du budget du gouvernement issus de son chiffres d'affaires à peine inférieur à celui du PMU français alors qu'il ne se réalise que sur 80 réunions dans l'année !
 
Les règles de vie pour les professionnels sont extrêmement strictes à Hong Kong. Lui qui passe tous ses hivers voire ses saisons entières en Chine depuis 25 ans, Gérald Mossé (VOIR CI-CONTRE) en a fait les frais, subissant près de 6 mois de mise à pied ! Et il va encore passer presque tout le mois prochain dans les tribunes pour monte jugée dangereuse...
 
Mais le système, organisé de A à Z par le Hong Kong Jockey-Club, rapporte beaucoup d'argent à ses acteurs, si bien que l'élite des jockeys du monde cherche à y décrocher une licence au moins provisoire, tandis que les 28 entraineurs autorisés, dont Richard Gibson, tiennent à leur place comme à la prunelle de leurs yeux. Actuellement, Vincent Cheminaud et Grégory Benoist ont décroché le sésame saisonnier à partir du 14 novembre. Cheminaud a gagné une course. Benoist a passé le poteau en tête à 2 reprises. Autant dire que la compétition est rude.

 

Quelle est votre Miss préférée ?

L'hippodrome de Happy Valley, un petit poumon au coeur d'une ville qui ne dort jamais 

 

Tous les mercredis, le gratin de la société hong kongaise se réunit donc dans les tribunes et les innombrables restaurants de l'hippodrome qui offrent cette vue époustouflante sur la piste entourée des buildings illuminés qui ont remplacé la jungle d'antan. Happy Valley a été créé en 1846 et à l'époque, cette "vallée heureuse" n'était qu'un marécage nauséabond, où une bonne partie de l'armée britannique venait de mourir de la malaria après s'y être installée pour tenter de profiter du seul endroit plat de l'île.
 

 

Ce cimetière a été transformé en hippodrome par les Anglais, qui, à l'époque des conquêtes, ont exporté leur passion des courses partout dans le monde, y compris sur les sites les plus incongrus et les moins appropriés comme Hong Kong. Aujourd'hui, si Sha Tin a été construit dans les années 60 pour développer les courses locales sur un terrain plus vaste et accueillir désormais toutes les plus grandes épreuves y compris le meeting international, Happy Valley reste le symbole d'un pays de courses les plus puissants du monde, mais surtout complètement hallucinant ! 

 

Les "garçons" de voyage français sont de sortie en attendant le grand jour ce dimanche

Maxime Guyon représentait la France dans le championnat des jockeys. Il n'a malheureusement pas pu s'imposer mais a pris une 2ème place battu d'un micro nez (celui de Cléopâtre), voir la photo ci-dessous

Le jockey sud-africain Douglas White est un habitué des hivers de Hong Kong

L'ancien top jockey puis maintenant top entraineur Tony Cruz est né à Hong Kong. Il fêtera ses 59 ans le 24 décembre prochain.

Ryan Moore