Marin et André-Jean Belloir, le duo père-fils à la tête du Haras de la Baie

22/01/2025 - Focus Elevage
Rendu célèbre auprès des turfistes grâce à son élève Hermès Baie devenu un champion d'Auteuil, le Haras de la Baie s'étend sur 130 hectares dans la Baie du Mont-Saint-Michel, sous la direction de Marin Belloir et son père André-Jean, associés depuis 10 ans. Ils ont recruté 2 nouveaux étalons en 2025 : le débutant Carlton du Berlais mais aussi le confirmé Sommerabend, avec une politique de recrutement bien spécifique.


Marin et André-Jean Belloir, le duo père fils à la tête du Haras de la Baie à Pontorson dans la Manche.

 

C'est fou comme le temps passe. A l'été 2009, quelques mois seulement après la création de France Sire, nous étions partis au Haras de la Baie dans la Manche à la rencontre d'André-Jean Belloir, un éleveur encore totalement inconnu du grand public alors qu'il détenait un effectif de 60 juments ! Un cas à part en l'occurrence. Notre homme s'était orienté vers les courses depuis 4 ans, à la faveur de la rencontre avec Yannick Fertillet. Installé sur l'exploitation familiale, une ancienne ferme céréalière et légumière étendue sur les polders de la Baie du Mont-Saint-Michel, André-Jean Belloir avait commencé sa carrière dans l'élevage de chevaux de CSO, une activité fréquente dans la Manche, ayant même décroché la médaille de bronze au Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 avec son élève Razzia du Poncel, associée à Hubert Bourdy.

 

 


Le Haras de la Baie, le long des Polders de la Baie du Mont-Saint-Michel.

 

Lors d'un doux après-midi estival, on avait aussi découvert la dernière recrue de ses étalons, Crillon, un fils de Saumarez dont personne d'autre ne voulait après une carrière de course terminée à 7 ans et des débuts d'étalons obscurs dans le Sud-Ouest. Il y avait aussi, dans le lot des 60 juments, une grande alezane nommé Ludmika, fille de Murmure née de l'élevage d'Hervé Robert à Chateauneuf/Sarthe. Le mâle et la femelle seront croisés à 7 reprises consécutives !

 


Crillon avec André-Jean Belloir en 2009.


Ludmika, la mère d'Hermès Baie en 2009.

 

Cela a donné 4 chevaux incapables de gagner une course (tout comme d'ailleurs les 4 premiers produits de la mère, par Pistolero et Louveteau, 2 autres étalons maison qui n'ont pas marqué les mémoires), mais aussi 3 vainqueurs dont un vrai crack : Hermès Baie. Entrainé par François Nicolle, ce représentant de la famille Papot a dépassé les 1,1 millions d'euros de gains à la faveur de 11 victoires dont 2 fois la Grande Course de Haies d'Auteuil, et le Prix Léon Olry Roederer le 8 décembre 2024 à Auteuil.

 


Hermès Baie lors de sa dernière victoire dans le Prix Léon Olry Roederer le 8 décembre 2024. (photo APRH)

 

Avant-même la naissance d'Hermès Baie, André-Jean Belloir, lui-même héritier de l'exploitation agricole de par son père qui fut éleveur bovins puis producteur de légumes, a été rejoint sur la ferme par son fils Marin en 2015. " J'ai commencé par construire un centre de débourrage et de pré-entrainement sur le haras, avec une piste de 600 m, un marcheur, un rond de débourrage et un rond d'havrincourt, dans le but de pouvoir amener à l'entrainement des chevaux de 3 ans clés en main, prêts à sauter et faire canter. Je travaille essentiellement avec la production du haras."

 

 

Marin Belloir s'est installé très jeune mais s'est fait son expérience extérieure au fur et à mesure. " J'ai rejoint mon père sur l'élevage très rapidement, après avoir fait une formation d'un an au côté d'Aurélien Khan, mais j'ai voyagé en parallèle, passant 2 mois par an à l'étranger. je suis allé surtout en Irlande, notamment chez Joseph O'Brien et Arthur Moore." Mais aussi, Marin Belloir, en association avec son père, s'est lancé dans le projet de construction d'une usine de méthanisation, qui fonctionne depuis 2020 et alimente en biogaz 1500 foyers des alentours.

 

 

Ces dernières années, la politique de gestion du haras a changé puisque le nombre de poulinières a été réduit par 3 et que les étalons sont recrutés différemment, avec une préférence sur les étalons confirmés mais hors mode, comme Martinborough et Kamsin, Tiger Groom, etc..." Au début, mon père achetait ses propres étalons. Mais si on a eu beaucoup de chance avec Crillon, qui saillissait nos juments et celles de quelques voisins, on s'est bien rendu compte tous les deux qu'une telle histoire ne se reproduirait certainement pas. Donc maintenant, on est plus concentrés sur la location d'étalons confirmés mais en 2e partie de carrière car ayant perdu leur cote commerciale. "

 

 

" L'aspect commercial nous importe peu. On choisit des étalons qui nous plaisent par leurs statistiques et qui nous permettrons de gagner des courses. Nous avons la chance de travailler avec Paola Beacco et Richard Venn, et c'est grâce à eux que nous avons recruté cette année Sommerabend, dont les statistiques sont incroyables. Par exemple, on constate qu'il a sailli autant de juments que Martinborough, mais qu'il avait donné 2 fois plus de produits ayant dépassé les 150.000 € de gains. C'est exactement le type de cheval qu'on recherche : pas commercial, mais efficace et pas cher." Sommerabend, fils de Shamardal sera proposé à 3500 €, ce qui n'est en effet par cher pour le père de Pistache Dorée, lauréate du Prix Alain du Breil (Gr.1) à Auteuil en 2024.

 


Carlton du Berlais

 

Cela n'empêche pas bien sûr de lancer un étalon. En 2025, Marin et André-Jean Belloir accueillent ainsi Carlton du Berlais ses grands débuts en tant que reproducteur. Ce fils de Zarak démarre lui aussi à un tarif très raisonnable de 3000 €.
 

VOIR LA FICHE COMPLETE ET LA JUMENTERIE DU HARAS DE LA BAIE

 

 

 

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