L'anglo-course lutte pour sa survie

08/08/2009 - Actualités
Le jour de la clôture de la grande semaine, Vichy a accueilli le tout 1e Critérium d'Auvergne des anglo-arabes. A cette occasion, l'association des anglo course a fait une conférence où son président Christian Bellot a lancé un pavé dans la mare.

 

En effet, pour que sa course existe, l'association a du la financer en partie elle-même, à hauteur de 5000 €, ce qui est plus qu'atypique dans la cadre des courses françaises, et surtout des courses PMU. Président de l'association, entouré à son bureau notamment par Paul Couderc et Jean Biraben, Christian Bellot n'hésite pas à s'attaquer à France Galop par la face nord. Ainsi la lettre ouverte du guide 2009 de l'Anglo Course (voir ci-dessous). Ainsi l'a-t-il répété à la conférence, le sentiment que les organes dirigeants les laissent tomber. Il faut dire que les anglo-arabes ont une situation assez paradoxale en France. En plat et en obstacle, les courses y sont fort bien dotées avec des prix de 16.000 à 20.000 € au vainqueur en moyenne pour les belles épreuves, sans compter des primes propriétaires très conséquentes qu'il faut y rajouter. Des chevaux anglo s'illustrent au meilleur niveau en obstacle en France (Sarako, Synaptique) et outre-Manche (Garde Champêtre). Pour autant, le marché de l'anglo est quasiment inexistant.

 

Christian Bellot (à gauche),Président de l'association Anglo Course, avec son hôte Roger Winkel, président de Vichy



Une race née en 1820

La race est historique, née en 1820 au Pin au Haras du croisement entre des arabes et des pur-sang anglais, poursuivie à Pompadour avec des 1e courses organisées en 1860 et des encouragements datant de 1874. Mais l'existence de la race tient aujourd'hui à une grosse poignée d'éleveurs passionnés depuis des générations dans le Grand Sud-Ouest qui portent à bout de bras une production d'Anglo Course ne dépassant guère les 400 naissances par an. D'un autre côté, les anglos, réputés capables de tout faire, rustiques, vieillissant bien et facilement adaptables, fleurissent dans le bassin méditerranéen. En Corse, en Sardaigne, en Toscane, plus de la moitié du programme de course et réservée aux AA. Au Maroc, les très nombreuses courses d'anglo sont support de pari mutuel et se portent fort bien.

Comment d’ouvrir à l’extérieur

Mais à l'intérieur même du pays d'origine, la France, l'anglo-arabe, seul et unique race d'hippodrome de création française, reste très méconnu du grand public. Craignant l'implosion, les principaux acteurs de la race cherchent à s'ouvrir sur l'extérieur, communiquer, se faire connaître. Dans cet esprit, alors que le système des courses était basé sur la distinction entre les anglo à 25% ou 50% depuis 1880, une programme des courses pour chevaux AA à 12,5% a été crée cette année. En effet, les souches commençaient à tourner en rond et il était nécessaire de ramener du sang neuf avec l'apport de chevaux pur-sang. Des gardes fou ont été mis en place en même temps pour que la race conserve ses spécificités et ne se rapprochent pas trop du PS. Ainsi, le programme fait que les meilleurs mâles de 12,5% en plat sont obligés d'aller rapidement sur les obstacles.

 

L'arrivée du Critérium d'Auvergne: Olzarte de Collongues devance France du Pécos



Garder quand même ses spécificités

En effet, les anglos veulent prendre garde à ne pas finir par fabriquer des "presqu'pur sang", copies du PS en version moins rapide, car le talent principal de l'Anglo réside sur le saut. Dans les courses plates ouvertes au 12,5% et plus comme le Critérium d'Auvergne, les sujets de moins de 25% portent des surcharges de façon à équilibrer les chances et donc motiver les éleveurs à fabriquer des chevaux à fort pourcentage d'arabe. D'ailleurs, le jumelé de Vichy a été formé par 2 chevaux à 25%, Olzarte de Collongues, élevé par Pierre Althabegoity, devant France du Pécos, élevée par Pierre Davezac et appartenant au Dr Yves Frémiot, du Haras d'Ayguemorte.

 

Introduction de la lettre ouverte dans le guide Anglo Course 2009, signée par Christian Bellot


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