Ezechiel de Kerser, le nouveau maire de la ville d’Ajaccio

08/06/2020 - Actualités
Vainqueur hier du Grand Prix d’Ajaccio, Ezechiel de Kerser poursuit ses bonnes sorties en Corse après avoir réalisé de belles choses sur le continent chez son entraîneur d’origine, François Nicolle. Une victoire qui met également à l’honneur son éleveuse, Christine Audoy, son père, le regretté Muhaymin, ainsi que sa partenaire, Sarah Callac, qui regoûte aux joies du succès après un an sans victoire. 
 
Ezechiel de Kerser, lauréat du Grand Prix d'Ajaccio 2020
(Crédit photo: Robert Polin)
 
 
Avec des tribunes d’ordinaire combles à chacune de ses réunions, l’hippodrome de Vignetta Ajaccio accueillait hier une nouvelle réunion dominicale sans public, Corona oblige, où pas moins de trois épreuves étaient réservées aux chevaux Anglo-Arabes dont le traditionnel Grand Prix d’Ajaccio, qui réunissait cette année un lot de six partants seulement, mais ayant déjà réalisé de belles choses aussi bien en plat qu’en obstacle. Et c’est Ezechiel de Kerser, un pensionnaire de Daniel Ferir, metteur au point installé sur la commune de Propriano (Corse-du-Sud), qui a décroché la palme, au prix d’un très bon effort final.
 
 
 
Sarah Callac, qui a mis fin à un an de disette grâce à sa victoire acquise hier avec Ezechiel de Kerser
(Crédit photo: Paris-Turf)
 
Rapidement aux avant-postes, le représentant d’Antoine Bardini s’est détaché en compagnie de quatre de ses rivaux au dernier passage en face et, bien empoigné par sa partenaire, Sarah Callac, a bien poursuivi son effort pour rallier le poteau en tête, juste devant Floride Arros (Benevolo de Paban), deuxième, et Ecrya Pontadour (Jebeland Pontadour), troisième. Une victoire qui doit faire énormément plaisir à la jeune Sarah Callac, qui a mis sa carrière entre parenthèses entre 2018 et 2019 pour endosser le rôle de maman, et qui n’avait plus passé le poteau en tête depuis le 12 mai de l’an dernier, sur ce même hippodrome d’Ajaccio.
 
 

 
Si François Nicolle est très attaché à l’île de Beauté, on le sait, pour avoir en ses boxes des chevaux ayant débuté leur carrière en Corse, comme les excellents Aragorn d’Alalia ou San Petrone Corso, c’est tout l’inverse qui s’est produit avec Ezechiel de Kerser. En effet, ce produit né en Gironde chez Christine Audoy a débuté sa carrière chez le maître de Saint-Augustin (Charente-Maritime). En plat tout d’abord, où il avait conclu troisième en débutant de l’extra-terrestre Paban de France dans le Prix de Valmy à Mont-de-Marsan, avant de terminer troisième du Critérium de Tarbes, toujours derrière le « Frankel des Anglo-Arabes ». Dressé sur les haies, celui qui avait débuté sa carrière paré de l’habit de lumière de Jean-Marie Lapoujade, la même portée par un certain Farlow des Mottes, a brillamment remporté le Prix Emile Lestorte à Pau, loin devant d’autres très bons éléments de l’Anglo-Arabie tels Edenn Blue (Critérium d’Auvergne) et Thirassia (Grand Steeple-Chase des Anglo-Arabes de 4 ans). Après avoir chuté dans le Prix du Tursan, et observé plus d’un an d’interruption de carrière, le fils de Muhaymin s’en est allé rejoindre les boxes de Daniel Ferir, en Corse, pour qui il a déjà remporté quatre courses plates et notamment le Grand Prix de Prunelli di Fiumorbo 2019 avec la cavalière Tracy Menuet, la fille de l’entraîneur William Menuet.
 
 
 
Ezechiel de Kerser, sur les obstacles de Pau
(Crédit photo: Robert Polin)
 
 
Côté origines, Ezechiel de Kerser est le dernier produit de Kamailya, lauréate en course et également troisième du Grand Prix des Pouliches à 50%. Cette dernière peut se targuer de compter neuf gagnants parmi ses onze produits. Parmi eux, on retrouve un certain Gozzo, lauréat de ses cinq courses en débutant, triomphant notamment dans les Prix Emile Lestorte et du Tursan à Pau, puis dans le Prix Louis-Alexandre Sers un peu plus tard, sans oublier une troisième place dans le Grand Steeple-Chase du Lion d’Angers (L.). Mais c’est bien le tracé de l’hippodrome béarnais qui a particulièrement réussi à cette famille puisque Muscade, la propre sœur de Gozzo, a notamment triomphé dans les Prix du Houga, dans la Coupe des Anglo-Arabes ainsi que dans le Prix du Jurançon pour la dernière sortie de sa carrière. On peut également citer la valeureuse Dame de Guerre, sextuple lauréate et placée à neuf reprises lors de ses dix-huit combats.
 
 
 
Muhaymin, le père d'Ezechiel de Kerser
 

Le père d’Ezechiel de Kerser, Muhaymin, est labellisé « Shadwell » puisqu’il est un rejeton d’A.P Indy, une référence parmi les étalons américains, et de Shadayid, invaincue à deux et brillante lauréate du Prix Marcel Boussac (Gr.1) avant d’enchaîner à 3 ans dans les 1.000 Guinées (Gr.1) de Newmarket, parée de la casaque du Cheikh Hamdan Al Maktoum. Ce lauréat en piste à deux ans, descendant de la légende US Seatlle Slew, a débuté sa carrière de reproducteur au Pays de l’Oncle Sam avant d’atterrir au Haras des Faunes d’Alain Chopard. Un étalon peu utilisé, aujourd’hui disparu, mais néanmoins père de plusieurs chevaux « black-type » comme Golden Chop, Skallet, Maxi Chop, Action Chope, Zuri Chop et autres Isti, et qui compte également quelques gagnants chez les Anglo-Arabes à l’instar de Geisha du Lac, titulaire de deux victoires et récemment cinquième derrière la reine Genmoss dans le Prix de la Fédération, Forban du Pécos, à créditer de trois victoires sur notre sol avant de répéter ses bonnes sorties chez Luigi Carli en Italie, ou encore Leo Malpic, vainqueur à cinq reprises et quatrième d’Ezechiel de Kerser ce dimanche à Ajaccio. 


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