Assemblée du syndicat de la Nièvre: pour comprendre le GIP des Haras Nationaux

02/02/2010 - Actualités
Vendredi 5 février en fin d'après-midi à Cercy-la-Tour, l'assemblée du syndicat de la Nièvre sera une occasion pour Jean Lesne, Président des Haras Nationaux, d'expliquer et de faire comprendre le futur fonctionnement des HN, auxquels les éleveurs locaux sont très attachés.

 

Depuis la création du cheval de course AQPS avant guerre, et son développement entamé il y a un demi-siècle notamment par Pierre Cyprès, les éleveurs parmi les plus notables de la race travaillent en très étroite relation avec les stations des Haras Nationaux. Les chefs de race, de Verdi à Vidéo Rock en passant par Pas de Quatre et Quart de Vin ont tous été des "fonctionnaires". Près de 400 juments sont situées à une trentaine de kilomètres à la ronde autour de la petite ville de cercy-la-Tour. Le syndicat de la Nièvre, présidé par Michel Bourgneuf (éleveur des "Thaix") a donc une influence considérable sur la vie de l'AQPS en France et la station de Cercy est son poumon névralgique.

 

Jean Lesne avec Jacques Cyprès lors de l'inauguration des nouvelles installations du Haras de Cercy en 2009

 

Autant dire que les acteurs locaux suivent au plus prêt l'évolution actuelle des Haras Nationaux. Or celle-ci est très difficile à comprendre, y compris de la part des acteurs eux-mêmes. Président des Haras Nationaux, Jean Lesne sera à la tribune avec la lourde charge d'expliquer "clairement" la situation. Ce type d'explication de texte a déjà eu lieu lors de divers assemblées, sans que personne n’y comprenne vraiment quelque chose. Mais pour mieux saisir le "comment" du futur système, il vaut mieux commencer par appréhender le "pourquoi".

 

Une assemblée d'éleveurs à Cercy-la-Tour réunit toujours un parterre nombreux



Pour résumer, les directives de l'Etat sont claires. On réorganise les Haras Nationaux. Cela se traduit par "on réduit la voilure". Pour coller avec l'époque, on désengage l'Etat, on diminue son omniprésence.

En fait, le principe de base est de faire cesser les activités directes des Haras Nationaux dans tous les domaines jugés concurrentiels. C'est le cas de l'étalonnage du cheval de course, de tous les services d'élevage classiques assurés par les haras (pension, poulinage, mise sous lumière etc...), ainsi que de l'identification réalisée par ailleurs par les vétérinaires. La solution la plus brutale aurait été de fermer boutique.

 

Verdi

 

 

Mais en France, non seulement tout se finit en chanson, mais aussi tout se discute. Ainsi, une solution juridique a été trouvée, sous la forme d'un G.I.P, qui signifie Groupement d'Intérêt Public. C'est le pendant d'un GIE, mais avec des fonds public, en l'occurence 51% des parts pour l'Etat. Bref, une telle structure sera créee, avec pour parties prenantes l'Etat et des représentants privés. Cette structure va récupérer les sites, les chevaux et le personnel. Elle pourra exercer dans les domaines de compétences cités plus haut. Ensuite, comment ce GIP sera-t-il géré, dirigé, financé, organisé, nous laissons à Jean Lesne le soin d'aller dans le détail...

 

Pas de Quatre

 

En bref, seuls les stations les plus performantes et les mieux placées stratégiquement seront conservées, toujours avec des étalons, des structures, du personnel et des services comme aujourd'hui. Dans la perspective la plus sombre, la Haras de Cercy la Tour serait quand même, avec celui du Lion d'Angers, le dernier des Mohicans hippiques. Cela d'autant plus que les représentants AQPS sont parvenus à faire considérer par l'Etat leur race comme "à protéger", à l'image de certains chevaux lourds et consorts.

 

Michel Blondeau, directeur du Haras de Cercy



En tout cas, Jean Lesne est sur de ne pas parler dans le vide car à l'assemblée de Cercy, les éleveurs, très concernés, ne viennent pas que pour l'apéritif. Ce sont près de 300 personnes qui se déplacent dès la fin de l'après-midi. Il y a des gens de la Nièvre bien sûr mais aussi des départements alentours comme Nicolas de Lageneste (Allier) ou Jean-Louis Berger (Saone-et-Loire), voisins mais quand même inscrits dans la Nièvre...Il faut s'y retrouver. En tout cas, ces derniers, éleveurs respectifs de Rendons Grâce et Rubi Ball, ponctueront ce qui est le clou de la soirée festive qui suit l'assemblée. Depuis 4 ans, Equidia fournit gracieusement un clip énergique et complet de 20 minutes qui retrace en image et en musique (du rock!) les plus grandes victoires remportées par les éleveurs du  syndicat de la Nièvre. Et elles sont nombreuses.
 


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