Première victoire de Charles Clayeux : l'obstacle dans la peau, mais les deux pieds dans le plat

06/08/2025 - Actualités
Depuis toujours, il n'a d'yeux que pour les courses d'obstacle... Mais c'est pourtant en plat que le jeune Charles Clayeux, 16 ans, est parvenu à décrocher la toute première victoire de sa carrière de jockey ! Passé par les courses des Poneys au Galop, il s'est en effet distingué le 04 août dernier, à Vichy, pour le compte de son patron, Mickaël Seror, en selle sur Rooster Crowing, un fils de Chanducoq beaucoup plus connu dans le registre... de l'obstacle ! Par Juliano Denion.  

Grâce à son patron, Mickaël Seror, le jeune Charles Clayeux, 16 ans, a eu l'immense bonheur de débloquer son compteur de victoires en tant que jockey, le 04 août dernier, en plat, à Vichy (© APRH, photo d'archives)

 

À 16 ans tout juste, Charles Clayeux vient de signer sa première victoire en tant que jockey. Le genre de moment qui va rester à jamais graver dans sa mémoire. Et son coeur. Même si vécue sans effusion. Mais avec tout de même une certaine émotion. En effet, cette dernière s'est jouée en plat. Une discipline... qu'il n'aime pas. Enfin... Pas trop, en comparaison avec l'obstacle. Car oui. Ce qu'il aime beaucoup. Passionnément. À la folie. C'est l'obstacle. Juste l'obstacle. Rien que l'obstacle. Les haies. Les fences. Les volpums. Les passages de route. Quand ça tourne. Quand ça saute. Quand ça relance. Et pourtant... Cette première "étoile", il l'a décrochée là où c'est tout lisse. Tout droit. Tout propre.

 

Charles Clayeux, un autre jeune jockey formé à la grande et belle école des Poneys au Galop (© APRH)

 

L'hippodrome de Vichy en l'occurence, où en début de soirée du lundi 04 août, il est parvenu à faire sien le Prix de Toury-Lurcy, en selle sur Rooster Crowing (Chanducoq), un cheval bien connu en obstacle et même placé de Groupe à Auteuil (!), pour le compte de son patron, Mickaël Seror. Très prompt à l'ouverture des boîtes de départ, ce représentant des couleurs et de l'élevage du Haras de la Haie Neuve a pu contrôler l'épreuve à sa guise, côté corde, avant de bien repartir sous les différentes attaques dans la dernière ligne droite, pour finalement s'imposer assez sûrement. La deuxième place a été prise par User Amistoso (Wootton Bassett), trois-quarts de longueur plus en retrait, et la troisième par Koelle (Make Believe), encore trois-quarts de longueur plus loin.

 

 

Ce premier succès, Charles Clayeux l'a obtenu après seulement onze tentatives dans les pelotons "officiels". Qui plus est sur "ses" terres de l'Allier. Là où il né. Là où il a grandi. Là où sa passion pour les courses et les chevaux est arrivée. Même si cette dernière ne s'est pas manifestée tout de suite. Pourtant, eu égard à son "pedigree", beaucoup auraient pu croire que c'était déjà écrit d'avance. C'est vrai. Quoi de plus normal avec un oncle comme Emmanuel Clayeux, propriétaire, éleveur et entraîneur renommé, un père, Thomas, ou encore un grand-père, Dominique, également très investis en tant qu'éleveurs-propriétaires ? Mais justement. Il n'en a rien été. Personne ne l'a poussé. Seul le temps a joué. Le temps. Et l'une de ses cousines. Grâce à laquelle il s'est véritablement décidé à mettre le pied à l'étrier. Pour finalement ne plus jamais l'enlever.

 

Charles Clayeux, ici lors de l'une de ses victoires lors du French Point-to-Point de Vaumas, en 2022, entouré notamment de ses parents, Catherine et Thomas, ainsi que de son oncle Emmanuel (tous sont à droite sur la photo)

 

Avant de rejoindre l'écurie de Mickaël Seror, non loin de Chantilly, dans l'Oise, Charles Clayeux a galopé de - très - nombreuses heures en province. Non seulement à Vaumas, sur les pistes d'entraînement familiales. Souvent accompagné, à vélo, de son grand-père et du petit chien de ce dernier. Mais aussi dans les forêts avoisinnantes, lors de diverses journées de chasse à courre. Ainsi que quatre années durant au sein de la grande famille des Poneys au Galop. Une véritable école de la vie, de laquelle ce grand fan des jockeys Matthieu Chailloleau et Pierre-Charles Boudot en est ressorti avec des souvenirs plein la tête. Et quand même pas mal de trophées sous les bras. Notamment en cross-country, au travers de victoires marquantes comme lors de l'édition 2022 du French Point-to-Point de Vaumas, ou via son titre de Champions de France FFE des Courses D Elite de Cross à Poneys décroché en 2024, à Pompadour, grâce à la bondissante Kaliope (Rianwyn Prince William), élève et représentante de Nicolas Lefebvre.

 

Charles Clayeux, dans ses oeuvres en course de cross à poneys, sur le dos de la très bonne Kaliope, lors des Champions de France FFE des Courses Elite de Cross à Poneys 2024, sur l'hippodrome de Pompadour

 

Grâce à cette parenthèse, on ne peut mieux encadrée, des courses de poneys, vécue aux côtés d'autres jeunes gens comme Pierre Remoué, Titouan Sporli, Thomas Poteaux, Jad Hondier ou encore Loeiza Hayères-Fouchard (pour ne citer qu'eux, ndlr), dont on parle on ne peut plus régulièrement dans les pelotons "officiels" désormais, Charles Clayeux a gagné. Beaucoup. Non seulement des courses. Mais aussi en expérience. En savoir-faire. En savoir-être. Et en soif d'apprendre. En effet, ce qui le caractérise aujourd'hui, c'est bel et bien cette rage d'apprendre. De faire mieux. Encore mieux. Toujours mieux. De vouloir mériter chaque monte. Chaque regard. Chaque chance. Pas forcément de briller. Mais assurément d'être à la hauteur. Il vient de le prouver en plat. Ne reste maintenant plus qu'à faire la même chose dans sa discipline de coeur : l'obstacle. À intervalles - très - réguliers. C'est à souhaiter.

 

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