Trois victoires de Groupe en trois heures : les frères Wertheimer voient la vie en rose

12/09/2025 - Actualités
Jeudi à ParisLongchamp, la casaque Wertheimer a frappé un grand coup en s’adjugeant les trois courses de Groupe au programme, confirmant son statut d’écurie numéro 1 en France.

  Les frères Wertheimer ont tout rafflé jeudi à ParisLonchamp ©APRH

 
Présent dans les programmes depuis 1911, le nom Wertheimer est, avec celui de l’Aga Khan, le plus important de l’histoire des courses françaises. La célèbre casaque bleu couture, manches et toque blanches, créée par Pierre, reprise par son fils Jacques, puis par ses petits-fils Alain et Gérard, est associée à tant de grands chevaux à travers les décennies. Après une période dorée entre 2008 et 2018, marquée par les succès de Goldikova, Solow, Intello, Solemia, Galikova ou Silasol, les propriétaires de Chanel ont connu une période plus creuse. En effet, il a fallu attendre plus de quatre ans et le sacre de Kelina dans le Prix de la Forêt pour qu’un de leurs représentants soit couronné au plus haut niveau.
 
 
 Alain et Gerard Wertheimer dominent les courses françaises ©APRH
 
 
Le succès de Frankel a assurément été le déclencheur d’un nouvel âge d’or pour la casaque. Dans les mois qui ont suivi, elle a été imitée par Double Major, Junko, Sosie ou encore Aventure. Après avoir battu le record de gains en une saison l’an passé, leurs représentants ont poursuivi sur leur lancée en 2025. Jeudi à ParisLongchamp, les trois courses de Groupe au programme sont tombées dans leur escarcelle. Le Prix La Rochette a été remporté par Nighttime. Ce dernier a été imité dans sa tâche par la pouliche Green Spirit, qui s’en est allée obtenir un quatrième succès en autant de sorties. Avec ces victoires dans les Prix La Rochette et d’Aumale, les frères Wertheimer seront bien armés dans les Prix Jean-Luc Lagardère et Marcel Boussac.
 
 
 Nighttime pose ses jalons en vu du prochain Prix Jean-Luc Lagardère ©APRH
 
 
Ces 2 ans défendent le même entraînement, à savoir celui de Christopher Head. La famille Head est indissociable de la réussite de la famille Wertheimer. Depuis les années 60, Alec, son fils Freddy et son petit-fils Christopher, auxquels on peut ajouter Carlos Laffon-Parias, le gendre d’Alec, entraînent les chevaux des Wertheimer. Contrairement au prince Aga Khan, les frères Wertheimer n’ont pas d’entraîneur attitré. Leur effectif est en effet réparti entre plusieurs metteurs au point. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à faire confiance à de jeunes entraîneurs, comme Christopher Head ou Édouard Monfort. Il y a plus de dix ans désormais, ils avaient confié des chevaux à Christophe Ferland, alors basé à La Teste. C’est d’ailleurs lui qui, avec 44 chevaux, veille sur le plus grand nombre de représentants de la casaque classique.
 
 
 Christopher Head entraîne pour la casaque, comme son père et son grand-père avant lui ©APRH
 
 
Celui qui est désormais installé à Chantilly a participé à la fête jeudi, en sellant victorieusement Double Major dans le Prix Gladiateur (Gr.3). Ce stayer de grand talent illustre parfaitement la stratégie d’élevage Wertheimer. Le modus operandi est souvent le même : plutôt que d’acheter des yearlings pour des sommes astronomiques comme le font Coolmore ou Godolphin, les milliardaires français misent sur l’élevage. Saison après saison, sous les conseils de leur manager Pierre-Yves Bureau, ils se sont portés acquéreurs de juments aux meilleurs pedigrees internationaux, n’hésitant pas à miser sur l’exotisme, avec par exemple des souches sud-américaines. Croisées avec l’élite des étalons mondiaux – Double Major étant le fils du japonais Daiwa Major – les juments maison produisent les futurs champions maison.
 
 
Maxime Guyon et Christophe Ferland, deux des hommes fort de l'écurie Wertheimer ©APRH

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