Heroine Smart, 7 ans après sa mère et la 1ère en tant qu'éleveur de Pascal Berthou

11/08/2020 - Focus Elevage
Propriétaire-éleveur bien connu dans le monde des courses de trot et de galop, et Président du think tank Equistratis, Pascal Berthou a eu la joie de voir l'un de ses produits, Heroine Smart, s'imposer sur les balais de Saint-Malo dimanche dernier, soit 7 ans après sa mère, Algrey Saintmartin, qui avait offert à l'homme de Montsûrs, en Mayenne, sa première victoire en tant qu'éleveur.

Heroine Smart et Geoffrey Ré, lauréats du Prix René Couétil sur l'hippodrome de Saint-Malo (© Facebook Mescam Racing)

 

Toujours en perpétuelle quête d'innovation et souvent à la conquête de terres encore inexplorées, l'affixe "globe-trotter" colle parfaitement à la peau de Pascal Berthou, revenu en France au début des années 2000 après avoir passé 35 années de sa vie sur le continent africain, étant le créateur-manager de plusieurs sociétés de construction de plateformes pétrolières, notamment au Nigeria. Passionné par les chevaux depuis toujours, ce véritable baroudeur a opté pour la calme et paisible Mayenne, s'installant sur la commune de Montsûrs, afin d'y lancer son activité d'élevage de chevaux de courses, et ce dans les deux disciplines.

 

Pascal Berthou, animateur de l'Écurie Smart, avec à sa droite son responsable d'élevage, Samuel Cornilleau

 

Un homme bien connu dans le monde du trot pour être le co-éleveur du crack aux neuf Gr.1 dont deux Prix d'Amérique, Ready Cash, devenu depuis un étalon exceptionnel pour être le père d'authentiques champions de la discipline comme Bold Eagle, Face Time Bourbon, Bird Parker, Brillantissime et autre Charly Du Noyer, mais également dans le monde du galop, où son élevage et la casaque mauve et grise de son Écurie Smart, issue de la contraction de Saint-Martin où il a élu domicile et installé son haras, ont brillé par le truchement de Barbarella Smart, meilleure AQPS de sa génération par les gains en 2014, lauréate de quatre courses plates dont deux Prix de l'Union des AQPS du Centre-Est à Vichy et à Moulins, et de Cracking Smart, gagnant de quatre épreuves en obstacle en Irlande, dont le Boyne Hurdle (Gr.2) à Navan, et deuxième de Gr.1 pour le compte de la Gigginstown House Stud et du maître entraîneur Gordon Elliott.

 

Cracking Smart, lors de son succès dans le Boyne Hurdle (Gr.2) de Navan, en février (© Patrick McCann)

 

Que de chemin parcouru donc depuis la première victoire de la casaque de Pascal Berthou, portée par Sultan Cyborg en 2010, sur l'hippodrome de Meral, et sa première en tant qu'éleveur, acquise sur les balais de Fontainebleau grâce à Algrey Saintmartin, en 2013, dont le premier produit, Heroine Smart, s'est imposée ce dimanche dans la Cité des Corsaires, à Saint-Malo, à l'occasion de sa deuxième sortie. Rapidement placée dans le dos des leaders par son partenaire, Geoffrey Ré, la pensionnaire du jeune entraîneur Mickaël Mescam a commencé à se rapprocher de l'animatrice, History de Choisel (Bathyrhon) au saut de l'avant-dernière difficulté, avant de très bien acclérer sitôt l'ultime haie franchie pour rallier le poteau en tête de six longueurs devant la bonne finisseuse, Hauteur d'Esprit (Diamond Boy), venue ajuster History de Choisel dans les dernières foulées.

 

La cause est entendue pour Heroine Smart et Geoffrey Ré, dans le Prix René Couétil, à Saint-Malo

 

Heroine Smart fait donc aussi bien que sa mère, sept ans après, cette dernière étant la soeur des triples gagnants Bellissimo Smart et Calamity Smart, la nièce du valeureux Tzar du Frêne, victorieux à onze reprises dont deux fois dans des handicaps Quinté, et une fille de la regrettée Indra du Frêne, dénichée à l'époque avec Maya du Frêne, la mère de Barbarella Smart et Cracking Smart cités plus haut, chez Marinette Avril, Pascal Berthou parcourant alors les prés avec le courtier au trot Christian Le Barbey à la recherche de juments pour constituer son élevage au galop.

 

Heroine Smart, foal, dans les prés de l'Écurie Smart de Pascal Berthou, en Mayenne

 

Une fois sa carrière de courses terminée, Pascal Berthou décida d'envoyer Algrey Saintmartin, issue du top étalon d'obstacle Saint des Saints, à une autre vedette du Haras d'Etreham, en Normandie, à savoir Elusive City, malheureusement décédé en mai 2019 des suites d'une crise cardiaque. Bien connu dans l'Hexagone pour y avoir officié dix saisons de monte durant, fils de l'améliorateur Elusive Quality, et étalon très plébiscité par les éleveurs français, Elusive City est à l'origine de nombreux gagnants dans les deux disciplines du galop, dont font partie notamment Elusive Wave en plat, lauréate de la Poule d'Essai des Pouliches (Gr.1) dans le vieux Longchamp, en 2009, ainsi que Theophilos, qui a fait ses armes en plat chez Peter Schiergen pour qui il a notamment remporté le Prix Manoir (handicap Quinté) à Maisons-Laffitte, avant de faire sien la dernière édition du Velka Pardubicka (L.), le célèbre cross-country steeple-chase de République Tchèque, épreuve fétiche de son entraîneur, Josef Vana

 

Elusive City, lors de la Route des Étalons 2015, au Haras d'Etreham

 

Un élevage en devenir, actuellement très en verve dans les deux disciplines des courses, qui n'hésite pas à présenter régulièrement ses produits lors des différents concours de modèle et allures, par lesquels sont passés Barbarella Smart et Cracking Smart, et dont la réussite repose sur une équipe jeune et soudée, incarnée par Samuel Cornilleau, responsable de l'élevage, mais également par la confiance accordée par Pascal Berthou envers quelques entraîneurs fraîchement installés dont fait notamment partie Mickaël Mescam, ayant sellé son premier partant en 2017 seulement mais dont les résultats aussi bien en plat qu'en obstacle parlent d'eux-mêmes cette année avec déjà 11 victoires au compteur. Le futur est en marche à l'Écurie Smart !

 

 


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