La Fureur de Vivre et de vaincre des produits de Gemix

18/06/2020 - Zoom Etalon
Après une entrée au haras quelque peu difficile, Gemix, le jeune étalon du Haras du Lion, continue de parfaire ses statistiques grâce aux résultats en course des produits de sa première génération. Après Le Berry, Fureur de Vivre, lui aussi paré de la casaque de Gemini Stud, a apporté à son patriarche un nouveau succès black-type, acquis ce jeudi dans le Prix Gérald de Rochefort à Compiègne.

Fureur de Vivre, dans les traces de son père, Gemix ? (©APRH)

 

David Cottin le dit lui-même: Fureur de Vivre lui fait beaucoup penser à Gemix, son père. Il faut dire que l'ancien crack-jockey est le mieux placé pour effectuer cette comparaison, lui qui a accompagné le représentant de Francis Teboul et Michel Haski lors de ses plus belles chevauchées en piste, notamment lors de ses deux envolées dans la Grande Course de Haies d'Auteuil (Gr.1). Outre la même couleur de robe, le pensionnaire de Gemini Stud adopte la même tactique que son père en course : devant et méchant. Un style qu'il a encore adopté ce jeudi en remportant avec désinvolture le Prix Gérald de Rochefort, une Listed pour 4 ans disputée sur l'hippodrome du Putois à Compiègne qui ne réunissait qu'un maigre lot de trois partants, restant chacun sur une victoire lors de leur précédente sortie.

Comme convenu, Fureur de Vivre s'est de suite porté aux avant-postes, suivi dans son sillage par Lost In Montmartre (Montmartre) alors que Gradee (Network) fermait la marche en retrait des deux premiers. Beaucoup plus appliqué dans ses sauts que lors de ses débuts victorieux ici-même à la reprise des courses en France, Fureur de Vivre a imprimé un rythme assez sélectif à l'épreuve, seul Lost In Montmartre ayant pu le suivre jusqu'au saut de la dernière haie avant de devoir se contenter de la deuxième place, le protégé de David Cottin remettant un bon coup d'accélérateur pour rallier le poteau en tête, détaché de 11 longueurs.

 

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À l'instar de son père, Fureur de Vivre a effectué ses débuts dans la discipline du plat, chez Bruno de Montzey, se classant troisième pour ses premiers pas en compétition avant d'offir sa première victoire à Gemix comme étalon, puis  d'enchaîner deux autres succès dans des Classe 1 et 2 de bonne facture. Après sa sixième place dans le Derby du Midi (L.), ce protégé de Roland Monnier, l'étalonnier de Gemix à l'époque, a rejoint les boxes de David Cottin pour y être dressé, sur les obstacles. Une discipline qui lui réussit bien puisqu'il reste invaincu à ce jour en deux tentatives sur les haies du Putois et vient de prime abord acquérir un peu de caractère gras, chose à prendre en considération quand on sait qu'il est encore entier...

Né dans les prés du Haras d'Ayguemorte, du côté de Bordeaux chez le Dr.Yves Frémiot, Gemix s'est tout de suite révélé en plat en remportant notamment deux courses à l'âge de 2 ans. Placé ensuite sous la responsabilité de Nicolas Bertran de Balanda, le bel alezan a persévéré dans cette vois à 3 ans en gagnant deux nouvelles épreuves avant de s'essayer sur les obstacles l'année suivante et de réaliser les exploits qu'on lui connait. Huit victoires, deux Grande Courses de Haies (Gr.1), un Prix Leon Rambaud (Gr.2), un Prix de Compiègne (Gr.3), un Prix Hypothese (Gr.3) et un Prix Melanos (L.), sans compter ses nombreux accessits au plus haut-niveau et une tirelire riche de plus d'un million d'euros de gains.

 

L'électrique Gemix n'a pas fini d'écrire sa légende avec ses produits entraînés par son ancien partenaire, David Cottin

(©APRH)

 

Mais, malgré cette carrière sportive tout bonnement fantastique, Gemix n'a pas su conquérir le coeur des éleveurs lors de sa toute première saison de monte, dont seulement 29 produits sont issus. On lui reprochait sa blondeur, son tempérament électrique et le fait qu'il soit un fils de Carlotamix. Soutenu à bout de bras par Francis Teboul, Michel Haski et Roland Monnier, qui ont joué le jeu de la communication et d'une politique commerciale audacieuse, et grâce à la réussite de Le Berry, Gemystory et Fureur de Vivre en piste, tous issus de sa première génération alors qu'il était encore stationné au Haras de Victot, Gemix s'est retrouvé de plus en plus dans les petits papiers d'éleveurs extérieurs, au point d'avoir sailli près de 100 juments pour sa première saison en Anjou, au Haras du Lion. Un magnifique pied-de-nez à tous les détracteurs de ce jeune étalon en devenir, transmettant à ses produits sa vitesse, sa dureté, sa fureur de vaincre... et de vivre !

Gemix, lors du Salon des Étalons du Lion d'Angers en janvier dernier

 


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