Shamalgan : le Rocky des courses

17/12/2018 - Zoom Etalon
 Alors qu'il a déjà connu plusieurs vies et fait de grands voyages,  à seulement 11 ans, Shamalgan a connu une saison de rêve en 2018. Pour son retour en France, il a sailli 73 juments dont certaines très bien vendues pleines dernièrement à Deauville et sorti son 1er gagnant de Groupe.  Apprécié de tous, ce puncher aussi inusable que le héros de cinéma, remonte toujours sur le ring où il exprime une combativité extraordinaire.


Shamalgan au Haras de Grandcamp

 

 Dans le monde, même les intellectuels de gauche connaissent Rocky et ont vibré en regardant l'un des films de cette série exceptionnelle série de 6 longs-métrages. Sur la planète course, Shamalgan détient lui aussi une cote de popularité aussi élevée que méritée. D'ailleurs, à Deauville, il est surnommé le vieux copain par la direction d'Arqana. En effet, Shamalgan détient le record de passage sur le ring, car il a été vendu 6 fois en l'espace de 10 ans ! Né en 2007 au Haras des Granges, le fils de Shamalgan et de Genevale (Unfuwain) avait été vendu 80.000€ yearling. Il est alors parti en République Tchèque. Gagnant à 2 ans, placé du Prix de Condé (Gr.3), Shamalgan est revenu en France à 3 ans pour se placer de la Poule d'Essai des Poulains (Gr.1), 3ème de Lope de Vega. Gagnant de Gr.2 à Baden pendant le meeting estival, Shamalgan a ensuite été acheté 200.000€ par Prime Equestrian qui l'a envoyé à Dubaï pour le carnaval 2012. L'expérience ne s'est pas bien conclue et hormis une place de Gr.3 dans la Porte Maillot, le cheval repasse sur le ring des ventes de l'Arc 2012 où il est acheté 64.000€ par Hubert Guy. Seulement un mois plus tard, Shamalgan repasse sur le ring pour être revendu 54.000€. En effet, Shamalgan était parti aux Etats-Unis, mais il est revenu " par retour de courrier" sans avoir pu quitter l'aéroport américain, étant positif à la pyroplasmose, cela a d'ailleurs été annoncé à la tribune en ce mardi de décembre 2017.

 


Shamalgan lors d'une victoire de Gr.2 à Baden-Baden

 

Contrairement à l'histoire de la plupart des chevaux, qui démarre souvent très haut, pleine d'espoir et qui s'étiole au fur et à mesure du temps, celle de Shamalgan connaît sans cesse des rebondissements. Ainsi, en 2013, à l'âge de 6 ans, arrivé chez Xavier Thomas-Demeaulte, il atteint son sommet sportif avec une victoire dans le Grand Prix de Bordeaux (Listed) au printemps puis un succès de Gr.1 dans le Premio Vittorio de Capua en Italie. Mais le plus incroyable reste que Shamalgan, à 9 ans, et après ses deux premières saisons de monte au Haras du Lion, d'où ses gagnants actuels, ait été remis à l'entraînement par son propriétaire en République Tchèque pour conclure sa carrière par un succès dans le Grand Prix de Prague !

 

 

En parralèle de ses multiples vies de cheval de course, Shamalgan a eu déjà 3 vies d'étalon. Il a donc commencé au Haras du Lion en 2014, année de la création de ce haras succédant au Haras National du même nom. Il a couvert 45 juments la 1ère année, mais seulement 19 la 2ème saison. Cette désafection s'expliquait tout simplement par une arrière-saison 2014 passée en pension en Normandie où le cheval avait perdu beaucoup d'état, et par conséquent une présentation décevante pour le public au Salon des Etalons 2015. Et si la 1ère génération de foals a beaucoup plu aux éleveurs, le mal était fait pour la saison de monte.

 


Shamalgan au paddock en janvier 2014...deux ans avant de reprendre l'entrainement !

 

A 10 ans en 2017, après avoir passé l'année 2016 en course, Shamalgan a repris la monte dans le haras Strelice, à l'est de la République Tchèque, à 2 heures de Pardubice. Pendant ce temps là, le 1er produit de 2 ans par Shamalgan en course, Anima Rock, a brisé la glace dès la fin avril 2017 à Angoulême, signant aussi la 1ère victoire d'un conçu au Haras du Lion. Cet élève du Haras des Granges, acquis 15.000 € à la vente de septembre 2016 Osarus à La Teste par Frédério Barberini (VOIR LE PEDIGREE) a ensuite décroché sa 1ère citation de black type en terminant 2ème du Critérium du Béquet à La Teste, puis il s'est imposé sur la piste ultra concurrentielle de Craon pendant les Trois Glorieuses. Au fil des semaines, Shamalgan a enchaîné si brillamment, avec aussi Aiyana Rose et Epic Adventure, que plusieurs étalonniers français ont cherché à le ramener de République Tchèque. Et finalement, il s'est présenté à Deauville à la vente d'élevage.

 

 
Fan of Sea, par Shamalgan, lauréat du Prix du Bourbonnais (Gr.2), ici avec Grégory Benoist et Etienne Leenders (PHOTO APRH)

 

Objet de tous les regards, Shamalgan a fait monter les enchères, notamment de la part de son éleveur et toujours premier supporter, Mathieu Daguzan-Garros. Mais celui-ci a dû s'incliner face à l'insistance de Daniel Haeser, le manager de Normandie Pur-Sang, c'est à dire l'allemand Simon Springer, également propriétaire de Dabirsim, qu'il a d'ailleurs rejoint au Haras de Grandcamp. L'équipe germanique avait été convaincu par les 1ères statistiques de production du cheval, l'annonçant comme un améliorateur. En 2018, Shamalgan s'est dinstigué chez les AQPS avec l'un des meilleurs 3 ans de sa génération en plat, Fan of Sea, lauréat du Prix du Bourbonnais (Gr.2) à Saint-Cloud chez Etienne et Grégoire Leenders. Proposé à 3000 €, Shamalgan a sailli plus de 70 juments au printemps 2018, un score rare pour un cheval en 4ème saison.

 


Daniel Haeser, manager de l'écurie Normandie Pur-Sang.

 

Daniel Heaser a ainsi conclu : " Tout comme pour notre autre étalon Dabirsim, Normandie Pur-Sang est très satisfait de l'actualité concernant Shamalgan. Nous l'avons acheté en décembre 2017 lors de la vente d'élevage Arqana car nous avons estimé qu'il fallait profiter de l'opportunité d'avoir un jeune étalon qui avait obtenu d'aussi bons résultats avec sa 1ère génération de 2 ans sans avoir sailli la jumenterie nombreuse et spécifique pour cela. La saison 2018 a confirmé son potentiel avec des éléments de niveau black type comme Fan of Sea ou Anima Rock. Au haras, on constate que c'est un cheval auquel les éleveurs français sont attachés, car après deux ans d'absence du pays, il a quand même sailli 73 juments au printemps 2018, ce dont nous sommes bien sûr ravis."

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