Tony Castanheira : Nouvelle vie et 1ère victoire

07/01/2020 - Actualités
Tony Castanheira, après une carrière d’entraîneur sur le sol français, ayant notamment eu, sous sa coupe, Louis d’Or (3ème du Jockey Club 2018) a pris la décision, en septembre 2019, de donner une nouvelle orientation à sa vie. Parti en Corée, à Séoul, il vient de signer son 1er gagnant… 

Tony Castanheira ©APRH 

 

Tony Castanheira, rouennais d’origine, s’était installé en tant qu’entraîneur depuis une dizaine d’année, en France, après une carrière de jockey riche d’environ 500 victoires à travers le monde (Macao principalement), dont, une centaine sur notre sol. Installé à Chantilly, Tony a pu faire valoir son savoir-faire de préparateur en ayant eu sous sa coupe les bons Murcielago (Spinning World), 3ème du Daniel Wildenstein (Gr. 2) et Louis d’Or (Intello), 3ème du Jockey Club (Gr. 1) de Study of Man (Deep Impact). Depuis septembre 2019, Tony a pris une autre direction en quittant la France et rejoignant un pays en plein développement « hippique », la Corée (Blue Chipper, entraîné en Corée, venant de finir 3ème de la dernière Breeder’s Cup Dirt Mile, associé à Flavien Prat).

 

Tony devient ainsi le 1er entraîneur français a exercé sur le sol coréen, où « nos » jockeys Johan Victoire et David Breux officient depuis quelques années maintenant.
 

The Gumpu (n°10) et Johan Victoire (casaque cerclée jaune et verte) offrent le 1er gagnant à Tony, ce dimanche

 

 
Ce dimanche, Tony remporte la 1ère victoire sur le sol coréen par le biais du 3 ans The Gumpu (Strong Mandate, gagnant au niveau Gr. 2 à 2 ans, 3ème de la Breeder’s Cup Juvenile, Gr. 1 et 2ème de Gr. 3 à l’âge de 3 ans et père d’un gagnant de Gr. 2), monté par Johan Victoire.

 

Louis d'Or, à l'entraînement, avec Tony Castanheira ©APRH

 

Revenons sur la décision que Tony a prise, à 45 ans :
 
 
 Après une belle année 2018, où, notamment, Louis d’Or faisait partie de son effectif, un virus est venu entacher son écurie. Les bonnes performances et les partants se faisant plus compliqués, « aidés » par une TVA augmentée auparavant, les propriétaires ne se permettant plus autant de chevaux que par le passé et les nouveaux se faisant rares, l’entreprise a commencé à rencontrer quelques difficultés, comme nombre dans le secteur, il ne faut pas se voiler la face. Alors, que faire ? Arrêter et reprendre une place de salarié, dans le milieu ou autre, ou alors, tenter l’aventure ailleurs ? Choix loin d’être évident, surtout quand une famille est à nourrir. Après mûre réflexion, Tony se lance. Ce sera la Corée, avec femme et enfants !
 
 
Tony, pourquoi ce choix ?
 
 
« Il fallait bien prendre une décision. J'ai eu quelques bons chevaux, mais cela ne m'a jamais apporté plus de propriétaires pour ce fait. La conjoncture difficile, le virus dans l'écurie ne m'ont pas aidé non plus. De par mes expériences étrangères passées en tant que jockey, étant en contact aussi avec Johan (Victoire), je me suis dit, pourquoi ne pas tenter l’aventure à Séoul, ma famille me suivant par la même occasion. Le pays est en plein développement et vient de prouver que les chevaux entraînés peuvent rivaliser avec les meilleurs (ndlr : Blue Chipper, 3ème de Breeder's Cup Mile), le challenge était tentant. »
 
Du coup, où entraîne-tu et combien de chevaux as-tu sous ta responsabilité ?
 
« J’entraîne sur l’hippodrome de Séoul. Il n’y a pas de centre d’entraînement comme en France, on travaille, à l’américaine. En ce moment, le 1er lot sort à 6h10 et le dernier, vers 10h30, dans le froid coréen. Début décembre, nous sommes descendus à -13°, la moyenne, actuellement, se situe aux alentours des -4°. Nous travaillons sur le sable, et les équipes d’entretien nous livrent une piste toujours impeccable, travaillée pour ne pas qu’elle gèle, avec salage et hersage. Cela nous permet de travailler sereinement nos chevaux. La 1ère année d’exercice, j’ai le droit à 18 chevaux à mon effectif, l’année suivante, je peux monter à 25 et nous ne pouvons dépasser les 38 chevaux. Tout ceci est régi par le Jockey Club Coréen, je suis salarié de ce dernier, à la façon d’Hong-Kong. »
 
Et les propriétaires, dans tout cela ?
 
« Les propriétaires ? Ici, nous sommes « protégés » par rapport à la France. Le Jockey Club gère cela, c’est lui qui dirige le propriétaire vers nous. Après, nous avons comme une sorte de contrat nous obligeant à travailler ensemble pendant 1 an minimum, en espérant que cela dure le plus longtemps possible, bien entendu. »
 
Et la saison de courses, comment se déroule-t-elle ?
 
« Nous avons des courses toute l’année, mis à part une trêve entre Noël et Jour de l’an. Nous ne courons que le week-end, là où nous entraînons. En Corée, nous disposons de 2 hippodromes, Séoul et Busan. Un autre site existe, Jeju, mais celui-ci est réservé aux poneys. »
 
Et la vie quotidienne, pas trop compliqué avec la barrière de la langue, pour la famille,… ?
 
« Le Jockey Club nous mets, à disposition, un interprète, cela facilite grandement les choses. Les enfants sont à l’école à plus d’1 heure et demi de la maison, mais tout le monde semble apprécier cette nouvelle vie. Johan Victoire étant, lui aussi à Séoul, nous ne sommes qu’un tout petit perdu, l’entraide française existe.»

Pour finir, parle nous de ton gagnant de ce dimanche :
 
« The Gumpu est un jeune cheval. Un 3 ans que j'ai a l'entraînement depuis 3 mois. C'est un bon cheval qui est en pleine évolution physique et mental. Je pense qu'il sera au top de son évolution physique milieu d'année. »
 
 
Et bien, merci Tony pour ce petit entretien que tu nous as accordé, et félicitations pour cette 1ère victoire. Le compteur est débloqué en ce début d'année, gageons qu’elle en engendre le plus possible, c'est ce que nous pouvons te souhaiter, à la période des voeux !
 
Les comptes, à ce jour, depuis son arrivée :
 
31 courses disputées
1 victoire
14 places (3x2nd – 3x3ème – 4x4ème et 4x5ème)
 

 

Avec 23% des partants dans les 3 premiers, le ratio est des plus corrects pour un 1er semestre écoulé !

 

Voir aussi...