Du Jockey-Club à la Saudi Cup, il n'y a qu'un pas avec Mishriff !

20/02/2021 - Actualités
Gagnant du Jockey-Club 2020, Mishriff a frappé très fort à Riyadh en s'adjugeant la Saudi Cup, dôtée de 20M$, en battant le favori américain Charlatan. C'est un coup de maître de John Gosden avec ce représentant du prince Faisal Bin Salman, petit cousin d'Invincible Spirit et Kodiac, et monté par le tout jeune David Egan (21 ans !). 

David Egan et Mishriff triomphent dans la Saudi Cup 2021 ! (©twitter)

 

 

 Cette 2e édition de la Saudi Cup a été surprenante en bien des aspects. Des victoires japonaises dans le Derby et le Dirt Sprint, à l'envolée d'une jument du maître de l'obstacle Willie Mullins avec Hollie Doyle dans un gros handicap, il y en avait pour tous les goûts. La course éponyme de la grande réunion, la Saudi Cup, a elle offert ses 20M de $ non pas à l'américain Charlatan, que la plupart ne voyait pas battu, mais à Mishriff, cheval que l'on connaît bien en France pour y avoir remporté le Jockey Club 2020 avec Ioritz Mendizabal. 

 

 

Mishriff avait l'avantage de connaître la piste en dirt de Riyadh, pour avoir terminé 2e du Saudi Derby l'an passé sur 1600m. Suite à cette performance, il avait pris quelques vacances et fait une rentrée en Angleterre avant de venir remporter le Jockey-Club pour John Gosden. Suite à cela, Mishriff avait gagné le Guillaume d'Ornano, mais sombré dans les Champion Stakes. Pour sa rentrée, il a été monté tout près de la tête, avant de se lancer à la poursuite de Charlatan, qu'il a dominé après une longue lutte, comme un vrai dur. Le cheval offre un succès de prestige au Prince Faisal Bin Salman sur ses terres. Il avait évidemment à coeur de remporter la course la plus riche du monde, créée de toutes pièces l'an passé, et qui avait attiré des chevaux venus des 4 coins du monde, du Japon à l'Angleterre en passant par les Emirats.

 

Le prince Faisal Bin Salman, éleveur et propriétaire de Mishriff, ainsi que de son père Make Believe !

 

Avant la course, Mishriff apparaissait tout de même comme un outsider. Cependant, nous avons vu un cheval transformé physiquement à Riyadh, qui a pris encore de la force depuis son année de 3 ans, mais galope toujours avec ce port de tête caractéristique vers le bas. Le cheval a été mené au succès par le talentueux David Egan, 21 ans, qui remporte ici son plus grand succès à ce jour. Champion apprenti en Angleterre, il se révèle comme l'un des talents les plus prometteurs outre-Manche, et a signé depuis 2020 un contrat de monte avec le Prince Faisal. Malheureusement, à cause du Covid et des contraintes sanitaires, il n'avait plus été associé à Mishriff depuis leur victoire de listed en juin dernier, précédant le Jockey Club. David Egan a appris à bonne école, puisque son père, John Egan, est aussi jockey. A 52 ans, ce visage bien connu qui avait gagné la July Cup avec l'américain Les Arcs monte encore et voit son fils s'élever peu à peu son niveau. La mère de David Egan, Sandra Hughes, est entraîneur, et avait gagné le Grand National Irlandais en obstacle avec Thunder And Roses. Sandra Hughes est elle-même la soeur de l'ancien crack jockey et entraîneur classique Richard Hughes. Bref, David Egan était destiné à tout cela !

 

David Egan avec son père John il y a quelques années. Le jeune jockey l'a aujourd'hui remercié après la course pour tout ce qu'il lui a appris ! 

 

La victoire de Mishriff parachève un grand week-end dans les pays du Golfe pour un ancien étalon français, Makfi. Le gagnant des 2000 Guinées et du Jacques le Marois sous les couleurs de Mathieu Offenstadt et l'entraînement de Mikel Delzangles est aujourd'hui parti au Japon, mais connaît un vrai renouveau au niveau de sa production. Il est en effet le père de Noor Al Hawa, qui a gagné l'Amir Trophy à Doha, et le grand-père de Mishriff. Ce dernier est un fils de Make Believe, gagnant sous les mêmes couleurs que son fils de la Poule d'Essai des Poulains et du prix de la Forêt chez André Fabre. Premier champion par Makfi, il est rentré étalon à Ballylinch Stud en Irlande, qui a encore dégoté le gros lot. En effet, Mishriff lui avait apporté un premier classique dès sa première génération, et continue de le porter très haut. Il n'est pas un cas isolé, puisque la production de Make Believe compte de nombreux autres black-types et des gagnants réguliers.  

 

Make Believe en 2016 à Ballylinch Stud, année durant laquelle il effectuait ses débuts au Haras

 

Au delà d'être son propriétaire Faisal Bin Salman est aussi l'éleveur de Mishriff. Sa mère Contradict n'était gagnante que d'une petite course, mais a remarquablement produit, avec le gagnant de listed Orbaan, puis le multiple placé de groupe Momkin, et Mishriff, qui a été nommé en l'honneur d'un ami du Prince Faisal, Mishref Bin Mutlaq, qui fut jockey, entraîneur, et éleveur. Ce triomphe aujourd'hui est une leçon d'élevage, puisque le Prince Faisal possède la souche depuis des générations, et elle lui a apporté bien des satisfactions. La 3e mère de Mishriff est en effet la championne Rafha, gagnante du Diane en 1990 sous la même casaque que son arrière petit-fils. Elle est ensuite devenue une grande poulinière, en donnant pas moins de 7 black-types dont le gagnant de Gr.1 et top étalon Invincible Spirit, mais aussi le non moins grandiose Kodiac, et Acts Of Grace, la grand-mère de Mishriff, qui avait gagné le prix des Tourelles en France. Son fils était revenu sur les terres de ses exploits pour le Jockey Club, et a maintenant conquis l'Arabie Saoudite ! Mais où s'arrêtera-t-il ?

 

Gagnante du prix de Diane 1990, Rafha continue de marquer l'élevage européen avec ses descendants Invincible Spirit, Kodiac...et Mishriff !

 


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Disputée les 19 et 20 février prochains à Riyad, la richissime réunion de la Saudi Cup sera ponctuée par la course du même nom, dôtée de 20 M$. On retrouve le gagnant du Jockey Club Mishriff dans la grande épreuve avec notamment Max Player, le frère de l'étalon Seahenge. Côté français, Call The Wind et Freddy Head remettent leur titre en jeu sur la longue distance, accompagnés par des pensionnaires de Francis Henri Graffard, Elisabeth Bernard et Didier Guillemin. VOIR LA LISTE.