Manon Scandella-Lacaille, l'étoile montante de Calas

09/09/2022 - Actualités
Hier, Manon Scandella-Lacaille a signé un joli doublé à Marseille-Borély avec Palerma et Una Stonda. De quoi rêver aux belles courses avec ces deux femelles de 2 ans ! En plein boom avec ses pensionnaires, la jeune femme de 34 ans fait partie des révélations chez les entraîneurs cette année et ne devrait pas en rester là.

Manon Scandella-Lacaille

Installée entraîneur à Calas depuis décembre 2020, Manon Scandella-Lacaille est en passe de réaliser une superbe deuxième année d’exercice avec déjà 20 victoires, contre 10 l’an passé. Déjà auteure d’un coup de trois le 21 août à Cavaillon, elle a signé un coup de deux hier à domicile avec Palerma (Alex the Winner) et Una Stonda (Gleneagles). C’est Palerma qui a ouvert le bal en triomphant très facilement pour ses débuts, dans le Prix Mireille (Maiden) : « Palerma montrait de réelles capacités le matin ; elle l’a confirmé hier en s’imposant d’emblée face à des concurrents plus expérimentés, ce qui rehausse sa performance. Je pense qu’elle est vraiment bonne ! La deuxième, qui est entraînée par ma mère (Brigitte Ré-Scandella, ndlr), est également estimée. Palerma sera probablement rallongée à l’avenir, même si rien n’a été décidé pour la suite. J’avais envisagé de la faire débuter à Longchamp la semaine dernière, mais j’ai choisi de rester à domicile. Elle a bien encaissé sa course et a tout mangé ce matin, donc c’est de bon augure ! »
 
Palerma entourée par Édouard Lacaille, sa lad, Antonio Orani et Manon Scandella, après ses débuts victorieux © Jean-Michel Tempier
 
Palerma porte la casaque de son éleveur, Jean-Pierre Dubois, qui l’a placée chez Manon lors d’un concours de circonstances : « Mr Dubois m’avait envoyé en début d’année un cheval qui s’appelle Cleveland (Manduro). Ce dernier a malheureusement eu un souci de jambe, et lorsque j’ai appelé son éleveur pour lui demander de venir le récupérer, il m’a dit qu’il avait une 2 ans à m’amener en échange. C’est comme ça que j’ai récupéré Palerma qui était dans un état magnifique, un peu trop grosse même ! Mais elle s’est très vite mise au travail, elle a une facilité de compréhension peu commune. »
 
Une demi-heure après le succès de Palerma, bis repetita pour Manon avec Una Stonda … mais cette fois-ci avec Guillaume Millet en selle ! © Jean-Michel Tempier
 
Quant à Una Stonda, qui avait débuté victorieusement à Vichy, elle est restée invaincue dans le Prix des Cadets (Classe 2) en deux sorties. Cette représentante de Jean-Paul Folacci et du Groupe KR va être dirigée vers le Prix Delahante (L.), qui aura lieu le 24 octobre sur le même tracé : « Nous voulions prendre la température avec Una Stonda en vue du Prix Delahante, et elle a répondu à nos attentes. C’est une pouliche qui a été achetée à la breeze up de La Teste par Florent Fonteyne, en association avec Jean-Paul Folacci et le Groupe KR (Ronan Kerdraon, ndlr). Nous l’avons laissée tranquille pendant une semaine après la breeze up pour la faire décompresser. Au début, elle était très difficile et a même envoyé deux gars à l’hôpital ! Tout était à refaire, et nous étions à deux doigts de l’envoyer chez Nicolas Blondeau. Édouard (son mari, ndlr) a pris le relais sur son dos, et nous lui avons laissé un leader pendant plusieurs semaines. Il a fait un super boulot avec la pouliche. Elle a d’ailleurs beaucoup mieux encaissé sa deuxième course que la première, alors qu’hier, elle a dû lutter pour la première fois ! »
 
C'est Florent Fonteyne (Trotting Bloodstock) qui a déniché Una Stonda à la breeze up Osarus, un achat à 17.000 € seulement !
 
Manon a également dans ses boxes une 3 ans intéressante, Wild Sweetheart (Bobby’s Kitten), qui reste sur deux succès de suite dont une Classe 2 à Vichy : « C’est une pouliche qui a bien évolué de 2 ans à 3 ans, et je ne sais pas où elle va s’arrêter. Nous allons tenter un gros handicap avec elle, avant d’essayer de lui faire décrocher du black type en fin d’année. Les pistes souples ne vont pas la déranger. J’ai une 4 ans qui va suivre le même type de programme, Mama Imelda (Buratino). Elle a gagné trois handicaps de suite cet été et vient de se classer cinquième à Compiègne, pour son premier essai au niveau Quinté. »
 
Une équipe heureuse réunie autour de Wild Sweetheart, après sa dernière victoire à Vichy © APRH
 
À la tête d’un effectif de 42 chevaux, Manon est bien épaulée par Édouard Lacaille au quotidien, avec lequel elle est mariée depuis neuf ans. Cet ex-jockey aux 130 victoires, qui a passé sa licence d’entraîneur en même temps qu’elle, ne va pas tarder à s’associer avec sa femme : « Nous allons probablement fusionner nos écuries en début d’année prochaine. Ce sera plus facile ainsi, car on se complète ! Édouard m’aide dans tous les domaines, y compris celui des enfants. Nous en avons trois et bientôt deux de plus, car j’attends des jumeaux pour le 25 décembre ! La charge de travail peut paraître énorme mais c’est une question d’organisation, et la machine est bien huilée. À l’écurie, l’effectif s’est beaucoup agrandi et nous avons reçu énormément de 2 ans, ce qui n’était pas prévu. Certains sont précoces, d’autres beaucoup moins. Nos clients ont investi et nous ont fait confiance, donc nous nous sommes adaptés. Mais quoi qu’il en soit, nous ne voulons pas dépasser la cinquantaine de pensionnaires, car nous préférons faire du travail à la carte. »
 
Manon Scandella et son mari, Édouard Lacaille : une association qui marche à merveille, dans le privé comme dans le professionnel !
 
Manon peut compter sur une vingtaine de propriétaires différents dont Jean-Paul Folacci, qui possède un permis d’entraîner. Ce grand passionné a d’ailleurs gagné quatre courses cette année en Corse avec ses pensionnaires, notamment trois avec Jocker Vergoignan (Scalo), un anglo-arabe de 3 ans. Chez la jeune Marseillaise, il a 15 chevaux en pleine propriété ou en association : « Jean-Paul Folacci est mon plus gros propriétaire. Il est Corse et parfois, nous amenons quelques-uns de ses chevaux là-bas pour courir, ce qui lui fait plaisir ! Il a beaucoup joué le jeu en investissant non seulement chez les anglos, mais aussi chez les yearlings et les 2 ans. Il nous fait confiance aveuglément, donc c’est vraiment sympa de travailler dans ces conditions. Nous avons aussi récupéré sept chevaux du Haras Assiro (Giuseppina Siciliano, ndlr), qui nous a rejoints il y a cinq ou six mois. »
 
Jean-Paul Folacci, un propriétaire prédominant dans l’écurie de Manon
 
Malgré un faible nombre de sauteurs, Manon s’illustre également dans la discipline de l’obstacle, une spécialité qu’elle affectionne depuis toujours. Elle a gagné deux courses sur les haies de Nîmes cette année, avec Cleveland et Oulalah (Birchwood) : « Malheureusement, à part Nîmes, nous n’avons plus d’hippodromes dédiés à cette discipline dans le coin. Si on veut essayer de survivre à Marseille, il vaut mieux essayer d’avoir une vraie écurie de plat. Les pistes ont été refaites il y a deux ou trois ans, et nous avons la chance de pouvoir bénéficier d’un super outil de travail. Néanmoins, j’adore l’obstacle et je compte bien continuer à entraîner des sauteurs ! J’en ai seulement deux ou trois actuellement dont Senna (Galiway), qui a débuté à Auteuil par une troisième place dans le Prix Wild Monarch (L.) chez Mickaël Seror. J’avais un bon cheval d’obstacle l’année dernière, Balkeo (Galiway), qui a couru deux fois à Auteuil pour deux deuxièmes places. C’est le meilleur que j’ai entraîné dans cette discipline, mais j’ai reçu une proposition d’outre-Manche et je l’ai vendu. »
 
Sunseat à gauche, paré de la casaque rose à épaulettes bleues de Manon, lors de sa deuxième sortie à Auteuil © APRH
 
Manon a été à bonne école puisqu’elle a longtemps travaillé au côté de son père, Christian Scandella, qui a cessé d’entraîner il y a deux ans après avoir fait partie des meilleurs professionnels de la région. Elle possède également une solide expérience de la course : après avoir fait ses armes dans les rangs des amateurs avec 17 succès, elle était passée professionnelle avec une belle réussite puisqu’elle a décroché 77 victoires avant de raccrocher les bottes, en novembre 2015. L’ex-Cravache d’Or féminine nous a expliqué : « Plusieurs personnes ont donné un tournant à mon évolution. Mon père bien sûr, qui est notre premier supporter ! Mais aussi Yves de Nicolay, que je porte vraiment dans mon cœur, Jean-Claude Rouget, qui m’a donné ma chance en tant que jockey et Carole Dufrèche, avec qui tout s’est décanté. Mon passé de jockey est loin derrière moi maintenant, et mon but final a toujours été de devenir entraîneur … en espérant que les résultats continuent à suivre ! » C’est tout le mal qu’on te souhaite, Manon !
 
Manon aux ordres avec son père Christian, du temps où elle était jockey ... et lui entraîneur ! © APRH

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