Constitution River et Coolmore terrassent l'opposition dans le Prix du Jockey Club

31/05/2026 - Actualités
 Favori au départ du Prix du Jockey Club, Constitution River a confirmé la très haute estime dans laquelle il est tenu à Ballydoyle. Le fils de Wootton Bassett a offert un triplé historique à Coolmore tout en mettant en lumière le savoir-faire de l’élevage français.

 Consitution River devance ses compagnons de box Hawk Mountain et Montreal ©APRH
 

Titulaire d’une seule sortie au compteur, Daryzan tentait de réussir l’exploit de remporter le Jockey Club dès sa deuxième course. Il fallait remonter à 1939 et à Pharis pour trouver le dernier auteur d’une telle performance. Un temps favori, le représentant de l’écurie Aga Khan s’était vu confisquer ce statut par Constitution River dans les minutes précédant le départ. Dominateur pour sa rentrée à Chester, le puissant poulain entraîné par Aidan O’Brien n’avait pas été gâté par le tirage au sort, héritant du numéro 15 dans les stalles. Dans ce cas de figure, deux options s’offraient à Ryan Moore : avancer ou reprendre. Quand on connaît les méthodes de Ballydoyle, il était évident que la tactique offensive serait privilégiée.
 
 
 
 
À l’image de ce qu’avait fait Frankie Dettori dans l’Arc 2015 avec Golden Horn, le crack-jockey anglais a laissé son partenaire galoper seul en pleine piste avant de venir se caler aux côtés des autres chevaux de l’écurie en tête de course. À 350 mètres du poteau, les trois poulains de la team Coolmore ont creusé l’écart sur leurs rivaux et se sont expliqués pour la victoire. Un instant pris de vitesse au démarrage, Constitution River s’est finalement montré souverain dans les 100 derniers mètres.
 
Toujours tenu en très haute estime à Ballydoyle, ce poulain avait remporté les Futurity Stakes (Gr.2) en août de ses 2 ans avant de connaître quelques pépins de santé. Également engagé dans le Derby d’Epsom, Constitution River avait vu sa cote fondre jusqu’à 2,5/1 ces derniers jours, preuve que des échos très flatteurs étaient parvenus aux oreilles des parieurs les mieux informés outre-Manche. Finalement, Aidan O’Brien avait considéré que les 2.100 mètres du Derby français convenaient davantage à son protégé que les 2.400 mètres de son pendant anglais. Lorsqu’on entend Ryan Moore déclarer après la course que son partenaire est encore immature et qu’il possède une importante marge de progression, cela laisse rêveur pour la suite de la saison.
 
 
   Ryan Moore et son fameux salut d'après victoire ©APRH
 
 
Si l’Irlande, via sa superpuissance Coolmore, a mis à mal l’opposition en réalisant un spectaculaire triplé, la France est tout de même mise à l’honneur grâce aux éleveurs du vainqueur. En effet, Constitution River a grandi à Gouffern-en-Auge, dans l’Orne, au haras du Cadran. Il est un élève de Gérard Laboureau, figure du turf français depuis de nombreuses années. Ce dernier faisait courir sous ses couleurs Chuppy, la mère de Constitution River. Cette fille de Le Havre - lui aussi lauréat du Jockey Club - avait pris deux cinquièmes places en autant de sorties avant d’être orientée vers le haras au début de sa quatrième année. Gérard Laboureau avait décidé de présenter cette sœur d’une gagnante de Gr.1 à Wootton Bassett, qui officiait alors au tarif de 150.000 euros en 2022.
 
 
       Le gros bisou de Pierre Talvard à son champion ©APRH
 
 
Présenté à la vente d’août Arqana, Constitution River a immédiatement retenu l’attention de Paul Shanahan, l’un des hommes chargés de dénicher les futurs cracks de Coolmore aux ventes. Contre un chèque de 400.000 euros, le poulain a été acquis par les associés irlandais. Ce nouveau succès classique ne peut que renforcer les regrets suscités par la disparition soudaine de Wootton Bassett. Après la course, Pierre Talvard est même allé jusqu’à déclarer que le sire bai foncé était encore meilleur que Galileo. S’il n’établira sans doute pas les mêmes records que son illustre rival, Wootton Bassett aura assurément marqué l’histoire contemporaine de l’élevage européen et devrait continuer à le faire à travers ses fils et ses filles.
 
 
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