Derby d'Epsom : John Leeper, au bon souvenir de Snow Fairy et John Dunlop

01/06/2021 - Grand Destin
En plus d'être une bonne chance pour un succès dans le Derby d'Epsom, John Leeper a une très belle histoire. Le pensionnaire d' Ed Dunlop porte les mêmes couleurs que sa mère Snow Fairy, grande championne de la famille Patiño. Son fils par Frankel a été nommé en l'hommage de John "Leeper" Dunlop, grand entraîneur et père de Ed, et s'aligne pour la gloire éternelle ce samedi...

John Leeper, un prétendant pas comme les autres pour le Derby d'Epsom (© Hugh Routledge)

 

Le conte de fées continue avec Snow Fairy 

Installé à Newmarket, Ed Dunlop est l'entraîneur de John Leeper, qui sera parmi les concurrents en vue samedi dans le Derby d'Epsom. 4e pour ses débuts à 2 ans, le poulain a enchaîné 2 succès impressionnants cette année, le dernier en date dans une listed, les Fairway Stakes. Sa mère n'est autre que la phénoménale Snow Fairy, et il porte la même casaque, celle de Doña Cristina Patiño, qui en est également l'éleveuse. Elle est la fille d' Antenor Patiño, héritier d'une grande famille bolivienne, et qui était  surnommé "le roi de l'étain". Il avait en effet des mines en Bolivie. Cristina Patiño a des chevaux depuis assez longtemps en Angleterre et en Irlande, et une dizaine de poulinières, et travaille de longue date avec la famille Dunlop. Le fleuron de son élevage est Snow Fairy, fille d'Intikhab, qui était pourtant passée aux ventes en décembre 2008 à Tattersalls. Manquant de papier maternel, et subissant un marché très fermé à cause de la crise économique, elle n'avait pas attiré une seule enchère, et était rachetée 1800 €...

 

Snow Fairy, une véritable phénomène qui peut devenir une grande poulinière (©racingfotos)

 

Elle est confiée à Ed Dunlop, qui sort alors d'une période faste, puisqu'il fut l'entraîneur durant les années 2000 de la crack Ouija Board. Cette incroyable championne fut la gagnante de 7 Gr.1 entre 2004 et 2006, dont les Oaks d'Epsom à 3 ans. Elle est devenue la mère d'un "Derby Winner" que l'on connaît tous : Australia. Snow Fairy pourrait donc tenter de l'imiter ! En effet, elle s'est complètement déclenchée à 3 ans, gagnant les Oaks anglaises et irlandaises après une victoire de listed... tiens donc ! Snow Fairy, en plus de ces deux classiques, remportera 4 Gr.1 dont deux éditions de la Hong Kong Cup, et les Irish Champion Stakes devant Nathaniel et St Nicholas Abbey. Elle avait été disqualifiée de sa victoire dans le prix Jean Romanet... Bref, une vraie championne ! 

Au Haras, Snow Fairy a d'abord été croisée à Elusive Pimpernel. Ce double gagnant de groupe, également placé du Racing Post Trophy, appartient à Mrs. Patiño, et fait la monte à l'Irish National Stud. Il est toutefois plus connu en obstacle. Snow Fairy a ensuite eu une pouliche de Gleneagles, Virgin Snow, placée de plusieurs courses black-types sous la coupe d' Ed Dunlop. Son 3e produit, John Leeper, poursuit le rêve classique entamé avec sa crack de mère, qui aurait pu connaître un tout autre destin...

 

Doña Cristina Patiño rendant visite à Snow Fairy chez Ed Dunlop (©Ed Dunlop Racing)

 

En hommage au grand John "Leeper" Dunlop

Père des entraîneurs Harry Dunlop (cf: Robin Of Navan), et donc Ed Dunlop, John "Leeper" Dunlop fut l'un des meilleurs metteurs au point de son époque, jusqu'à son départ à la retraite en 2012. Prenant sa licence en 1966, il atteint la consécration un peu moins de 30 ans plus tard, lorsqu'il est couronné tête de liste des entraîneurs anglais en 1995. Il a gagné plus de 3000 courses, dont 74 Gr.1, et 10 classiques anglais. Ils les a tous gagnés, sauf les 2.000 Guinées. Associé durant de nombreuses années à la casaque de Sheikh Hamdan Al Maktoum, il entraîne pour lui la phénoménale Salsabil, auteure du remarquable triplé Guinées, Oaks et Irish Derby, face aux mâles ! On peut également citer les noms de Shadayid, Elnadim, Marju, Mehthaaf, et bien sûr Invincible Spirit pour compléter la liste des champions qu'il a eus sous sa responsabilité. 

 

Ed Dunlop aux côtés de son père, le regretté John "Leeper" Dunlop (©Edward Whitaker)

 

John Dunlop a gagné deux fois le Derby d'Epsom, dont un pour Shadwell, en 1994 avec Erhaab. Son premier titre dans la course date de 1978, année durant laquelle il fit faire le doublé des classiques d'Epsom et du Curragh à Shirley Heights, devenu ensuite un grand reproducteur. Ed Dunlop n'a lui gagné des classiques qu'avec des femelles, et tentera avec le fameux John Leeper d'inscrire pour la première fois son nom au palmarès du plus grand du genre, le Derby d'Epsom. Né en 2018, année de la mort de John Dunlop, John Leeper a été nommé ainsi en hommage de la part de la famille Patiño, très proche des Dunlop. 3 ans après, l'histoire est toujours aussi belle, et le poulain pourrait rendre l'instant encore plus mémorable s'il venait à s'imposer. 

 

John Dunlop (à droite) avec son 2e "Derby Winner", Erhaab, en 1994

 

Un grand tournant potentiel pour Frankel, le Derby d' Urban Sea 

Comme chaque année, l'influence d'Urban Sea et de sa lignée se traduit en lettres capitales dans le Derby. Avant les derniers forfaits, ils sont encore 19 dans la course, dont 16 qui descendent en ligne directe de la grande matronne. 3 sont des fils de Sea The Stars, et les 12 autres des fils ou petit-fils de Galileo. Quant à Sir Lamorak, il est un fils de Camelot certes, mais surtout un petit fils de Cherry Hinton, elle même fille de Green Desert et Urban Sea. Reste Van Gogh,  par American Pharoah et une mère Sadler's Wells, One Ruler par Dubawi et une mère Shamardal, et Youth Spirit un fils de Camelot avec une mère Fastnet Rock. A part ces 3 là (qui ont une chance d'ailleurs!), il faut toujours remonter à la grande Urban Sea...

 

Le roi Frankel étend peu à peu son empire...(©Juddmonte Farms)

 

Cette domination est marquée par Galileo et ses fils. 3 d'entres eux, à savoir New Approach, Teofilo et Frankel, sont susceptibles d'avoir un partant. Ce n'est pas certain pour Teofilo, car Gear Up pourrait décliner la lutte au dernier moment. Le champion Frankel est par ailleurs représenté par 4 poulains ! Un temps critiqué à ses débuts au haras, le meilleur cheval de l'histoire réalise une année exceptionnelle, avec des gagnants de Gr.1 en Australie et au Japon, et de multiples chevaux de groupe à travers toute l'Europe. Malgré son profil de miler, voire cheval de 2000m à ses grandes heures, Frankel transmet énormément de tenue. Il est ainsi à l'origine des classiques Logician (St Leger de Doncaster), Anapurna (Oaks d'Epsom), sans oublier aux antipodes Hungry Heart (Australasian Oaks) et Soul Stirring (Japanese Oaks). Cracksman avait lui terminé 3e du Derby de Wings Of Eagles, n'étant pas encore le crack qu'on a connu. 

Frankel trouve ici une excellente opportunité d'asseoir définitivement son statut de star au haras, lui qui, même s'il a sailli la crème mondiale, a des statistiques très flatteuses, notamment au niveau "stakes". Il a atteint les 40 gagnants de groupe dans l'hémisphère nord plus vite qu'aucun autre étalon européen de l'histoire, et tourne à un ratio de 10% de gagnants de groupe par partant, et 15% de gagnants black types. On lui doit déjà 13 vainqueurs de Gr.1. Le Derby est encore une étape au dessus, celle qui forge un grand étalon. Il peut donc compter sur le fameux John Leeper, mais aussi sur Adayar, un Godolphin qui reste sur des 2e places dans des préparatoires, Mohaafeth, qui vient de se balader dans une listed, et bien sûr Hurricane Lane. Ce poulain de la team "Godolphin" est invaincu en 3 sorties et reste sur son succès dans les Dantes Stakes (Gr.2) à York, connue comme "THE préparatoire" pour Epsom. Voilà de quoi s'imposer comme un très grand samedi. 

 

Ed Dunlop et John Leeper, un duo en quête d'une victoire qui serait riches en émotions...(©tote uk)


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