Préparatoires de Longchamp : Les rois de la variété !

17/09/2012 - Stats étalons
On connaissait Michel Drucker, Patrick Sébastien ou encore les époux Carpentier comme les rois de la variété. Mais il y a aussi Longchamp et sa journée des préparatoires. Car il y en a eu pour tous, mais alors vraiment tous les goûts.

Orfèvre : l’invité d’honneur

La première recette d’une bonne émission de variétoche, c’est son invité d’honneur : celui auquel on déroule le tapis rouge, pour lequel certains auraient payé cher leur place dans le public, dont les jeunes fans en fleur hurlent le nom à son arrivée dans le studio d’enregistrement. A Longchamp, la guest star avait pour nom Orfevre. Le nouveau phénomène nippon est en effet attendu depuis des mois sur notre sol et son entourage semble avoir particulièrement bien appris des récentes expériences (malheureuses) des japonais de l’Arc : cette fois, le champion titulaire de la Triple Couronne nipponne, est venu accompagné d’un sparring-partner, ne joue pas l’isolement complet au cœur de Chantilly et, surtout, a choisi un crack jockey européen pour monter l’idole. Côté ambiance et sans parler d’hystérie (faut pas pousser non plus, il faudra attendre le 7 octobre pour voir les supporters investir les tribunes du Bois de Boulogne), on s’est contenté de la forte présence médiatique japonaise pour couvrir l’exploit tant espéré d’Orfevre.

 

Orfevre était l'invité d'honneur japonais de la journée des préparatoires. Il a fait le boulot dans le Prix Foy. Avec Christophe Soumillon, il partira parmi les favoris du Prix de l'Arc de Triomphe. (PHOTOS APRH)

 

Et l’invité d’honneur a bien eu son heure de gloire : premier à entrer sur scène dans le Prix Foy (Gr.2), le beau blond profite d’une course idéale, parfaitement orchestrée par Christophe Soumillon et remporte sa course avec un grand sérieux, à défaut d’un éclair de classe. Les médias japonais sont heureux, la mission est accomplie, Orfevre fait aussi bien qu’El Condor Pasa pour ses débuts en France. L’honneur (valeur qui veut dire quelque chose au pays du Soleil Levant) est sauf. Mais bon, heureusement qu’on est au cœur d’une belle émission de variété, car à l’épreuve des votes du public ou d’un jury impitoyable, rien n’indique que l’invité d’honneur eut été crédité de la meilleure note du jour : il ne pouvait pas rêver d’un meilleur parcours, sa longue accélération a certes été efficace mais vraiment pas spectaculaire et il devance d’une longueur Méandre et d’une longueur un quart Joshua Tree. Si ce dernier doit être la valeur étalon, il est impossible de donner une première chance à la star dans trois semaines. Oui mais voilà, il reste justement trois semaines et cette course pourrait bien faire le plus grand bien au chouchou de la famille Yoshida.

 

Saonois, le petit français, ravi l'assemblée dans le Prix Niel et cloue le bec des mauvais coucheurs.

 

Saonois : le bon gars de chez nous...avec une voiture en panne et une boulangerie ouverte
 
Si la star internationale n’a pas totalement enthousiasmé, pour relancer le show, il faut très vite faire appel à une valeur sûre, une vedette plus modeste, qui sent bon le terroir et dont le manager se montre moins exigeant sur la taille de la loge, la marque du champagne et le nombre de petits fours mis à disposition. Un bon gars de chez nous comme « notre » Saônois national. Le vainqueur d’un si décrié Prix du Jockey-Club 2012 arrive décomplexé dans le rond de présentation du Prix Niel (Gr.2) malgré quelques kilos de trop (« il mange bien à la cantine », comme votre humble serviteur). Son entourage n’a rien à voir avec tous les autres présents ce dimanche. Et pour cause, deux des quatre auteurs de ce chef d’œuvre made in France sont absents : l’éleveur Olivier Corbière n’a pas pu rejoindre Longchamp à cause d’une panne de voiture…alors que le propriétaire Pascal Treyve n’a pas pu fermer sa boulangerie pour l’occasion et est donc resté les mains dans le pétrin ! Avouez que ça change comme topo !
 
 
Toujours frais après la course, Saonois dépose son jockey Antoine Hamelin !
 
 
Et pour ne rien gâcher, notre petite vedette locale fait monter l’audimat : son tour de chant se finit comme toujours, haut dans les décibels et dans des octaves rarement atteints (c’est lui qui affiche le meilleur chrono sur les 600 derniers mètres). Saônois et Antoine Hamelin gagnent le Prix Niel au prix d’une superbe accélération et sans que le fils de Chichicastenango ne soit vraiment prêt. Pour participer à la Grande Emission du 7 octobre, il faudra débourser 100 000 euros de supplémentation. Avec une telle prestation, Jean-Pierre Gauvin, son génial entraîneur et Pascal Treyve le boulanger n’ont plus le choix : il va falloir payer. Mais pour mémoire, l’affiche promet 2 285 600 euros à son vainqueur et comme, sur les 20 dernières années, cette préparatoire a donné 10 vainqueurs d’Arc… Alors tirlalipimpon sur le chi-oua-oua…
 
 
Trois jours avant le Prix Niel, Jean-Pierre Gauvin a acheté 3 yearlings à la vente de La Teste et parlait de la rentrée de son champion Saonois.
 
 
Shareta : la jolie môme
 
Dany Brillant, c’est bien mignon, mais une bonne émission de variété se doit d’avoir sa jolie môme jalousée par ces dames, désirée par ces messieurs. Dans ce casting parfait, faisons donc entrer la toute belle Shareta dans le Prix Vermeille (Gr.1). La pouliche princière a conquis l’Europe en gagnant à York les Yorshire Oaks. Elle a tout pour elle : son éleveur-propriétaire a réussi à rejoindre l’hippodrome sans encombre, son chauffeur ayant bien fait la révision du véhicule (lui), son entraîneur Alain de Royer Dupré a la précision d’un horloger suisse et détient le record du nombre de victoires dans le « Vermeille » et son pilote Christophe Lemaire a tout du gendre parfait.
 
 
Shareta, sublime gagnante du Prix Vermeille, sous la selle de Christophe Lemaire.
 
 
Avec tant d’atouts dans son jeu, Shareta joue les divas et réalise une réelle démonstration. Comme en réponse et en écho aux concerts répétés de Danedream (King George et Grand Prix de Baden) qui l’avait devancée dans l’Arc 2011, la belle Shareta pousse aussi la voix et offre son meilleur récital : celui d’une rockeuse endiablée, mettant ses distances avec les autres tout au long de la ligne droite. Elle sera forte, très forte le 7 octobre prochain même si les esprits chagrins diront qu’elle a brillé au milieu des petits chanteurs à la croix de bois plutôt que Tina Turner. Peut-être…mais quel style !
 
Bref, le spectacle fut superbe et la répétition générale a laissé entrevoir un grand spectacle à venir, dans la plus grande tradition de la variété française!

Voir aussi...