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Ervedya et Make Believe : "Roule mes poules" chez l'Aga Khan

11/05/2015 - Grands destins
Dimanche soir 10 mai 2015, vers 18H00 au Haras de Bonneval chez l'Aga Khan, l'étalonnier a soigné les pères des 2 lauréats des Poule d'Essai des Poulains (Makfi) et des Pouliches (Siyouni), qui y sont tous les 2 stationnés. Un triomphe pour le Prince, et pour le parc étalon français dans son ensemble.

Fou de joie, l'Aga Khan étreint Christophe Soumillon après le succès dans le Poule d'Essaid des Pouliches d'Ervedya, son élève, fille de son étalon Siyouni, dont le voisin de boxe à Bonneval Makfi a quant à lui enlevé version pour les mâles avec son fils Make Believe. (Photo APRH)
 

Jamais grand dieu jamais, en tout cas pas depuis l'an zéro de l'époque moderne (1968, la fondation de Led Zeppelin), la cour d'étalon normande de l'Aga Khan (à différencier de l'irlandaise qui a toujours eu le faveur des sires les plus chers), et en même temps le parc étalon français n'avait connu une telle forme. Non seulement la France a enfin retrouvé un trio commercial (Le Havre, Kendargent, Siyouni), mais elle commence à attirer des poids lourds débutant comme Olympic Glory mais en plus elle décroche des vrais "classics" avec ce doublé dans les Poules d'Essai. Ainsi, une heure après la victoire de bout en bout (Peslier est vraiment un phénomène...) de Make Believe chez les Poulains, qui offre son 1e gagnant de Gr.1 en Europe à son père Makfi, le pouliche Ervedya a fait une magnifique démonstration pour donner le même cadeau à son auteur Siyouni, jeune étalon qui a sa 1e génération de 3 ans en 2015 avec des débuts époustouflants en 2014.
 

Make Believe gagne de bout en bout la Poule d'Essai des Poulains, sous la selle d'Olivier Peslier, toujours aussi génial.

 

De plus, les 2 chevaux en question avaient fait leur carrière en France. Makfi, entrainé par Mikel Delzangles qui l'avait récupéré à 2 ans après qu'il fut acheté à l'entrainement en Angleterre, avait préféré courir les 2000 Guinées que la Poule. Jour de Gloire à Newmarket pour l'ancien assistant d'Alain de Royer-Dupré et son jockey Christophe Lemaire. Egalement tombeur de Goldikova dans le Jacques le Marois, il avait débuté la monte en Angleterre à Tweehills Farm, chez David Redvers, homme de confiance de Cheif Fahad Al Thani qui l'avait acquis. Mais les anglais, cruels, impitoyables, ou exigeants, avaient jeté l'opprobe sur le fils de Dubawi l'an dernier car il n'avait pas fait de black type chez eux avec sa 1e génération de 2 ans. Le cheval avait certes donné beaucoup de vainqueurs en France, dont déjà Make Believe, ainsi que le gagnant de Listed Cornwallville, mais de cela les rosbifs s'en secouent la gelée.

 

Makfi avait attiré de nombreux regards à la Route des Etalons 2015.

 

Makfi est arrivé en France, chez l'Aga Khan, habile diplomate, irréprochable, qui se situe pile poile entre les 2 féroces ennemis de Coolmore et de la famille Maktoum. A Gilltown en Irlande, il avait déjà récupéré ainsi Sea The Stars après de la chinoise Mme Tsui. Il a pu "dealer" Redoute's Choice après de l'australien John Messara (Arrowfield), rival de Darley sur place et ennemi juré de ses anciens associés de Coolmore depuis qu'il s'est fait dépouillé de ses terres et de Danehill. Vu que Redoute's Choice, prenant de l'âge, restait dans l'hémisphère Sud après 2 doubles saisons à Bonneval, il y avait justement un boxe libre entre Sinndar et Siyouni pour trouver un accord avec les Qataris, dont on ne connait pas d'accointance particulière avec les irlandais, et qui ne sont pas nés pour serrer les mains des dubaïotes. L'affaire de Makfi fut faite. Et là c'est un énorme bingo, d'autant plus favorable pour l'Aga Khan qui parvient ainsi à méler son image traditionnelle sinon eternelle d'une teinte moderne et ouverte sur un vaste monde qui a quelque peu changé depuis la création de l'écurie par le grand-père il y a un siècle.

 


Il y a sur cette photo une ancienne gloire éphémère et donc oubliée. Ce n'est pas Loïc Stecher bien sûr, mais Suave Dancer, statufié à Longchamp, grand-père maternel de Make Believe.


La mère payée 2200 "boules" en liquide

Une parenthèse quand même sur Make Believe, qui appartient au Prince Faisal, un membre de la très haute aristocratie de l'Arabie Saoudite, donc étroitement lié à Khaled Abdullah, et dont le manager est l'anglais Ted Voute, acheteur du produit foal pour la belle somme de 180.000 guinees à Tattersalls. A l'époque, en novembre 2012, il était le jeune frère de la championne Dubawi Heights (Dubawi), triple gagnante de Gr.1 sur le gazon américain. Depuis, ses éleveurs, SR Hope (Aston Mullins Stud), ont revendu la mère Rosie's Posy (Suave Dancer) pleine d'Oasis Dream pour 400.000 guinées en décembre 2012 à Blandford, qui a ensuite cédé le yearling pour la même somme à Shadwell en octobre 2014, toujours à Tattersalls. Et dire que tout cela provient de l'achat de la mère Rosie's Posy en 2002, sortant de l'entrainement après une victoire dans le bled thermal de Bath...pour 2200 guinnées...payés en liquide ! il faut dire que sa soeur n'était pas encore sortie, et surtout qu'elle souffrait de la sinistre réputation de son père Suave Dancer. En effet, ce vainqueur caractériel de l'Arc de Triomphe 1991, fils de Green Dancer déniché aux Etats-Unis par le père de Cash Asmussen pour Henri Chalhoub, a été un étalon calamiteux, dont l'arbre Volvoreta n'a pas caché la forêt de misères qu'il a engendré. Il est mort par la foudre dans son paddock en Australie, encore jeune à 10 ans, puis est tombé dans l'oubli. Il a sa statue à Longchamp, un délire de son propriétaire, rêvant de gloire éternelle, qui a du insister très lourdement pour pratiquer cette hérésie.

 

Ervedya, une femelle mais un monstre de puissance.

 

Siyouni, oh que oui !

 

En ce qui concerne Ervedya, elle couvre de gloire son jeune père Siyouni, un neveu de Slickly par Pivotal, dont la famille provient donc de l'achat de la succession Lagardère qui nourrit depuis 10 ans en grand nombre le palmarès des Haras de Bonneval et de Saint-Crespin, les 2 entités historiques de l'Aga Khan qui sont voisines à Mesnil Mauger, près de Lisieux. Super 2 ans, vainqueur du Prix Jean-Luc Lagardère, Siyouni a réussi des débuts extraordinaires avec ses 1e 2 ans en 2014, cumulant quantité et qualité. Car en plus d'Evrediya, lauréate de Gr.3 dès l'été de ses 2 ans dans le Prix de Cabourg, Siyouni a sorti 3 autres gagnants de black-type (Souvenir Delondres, Bourrée, Mocklershill), ainsi que les placés à ce niveau Finsbury Square, Passiflore, Lehaim, Svoul. Passé à 20.000 € la saillie, sa liste est évidemment pleine pour 2015 avec environ 150 juments. On peut tout imaginer pour l'an prochain.

 

Siyouni au Haras de Bonneval.

 

La souche maternelle d'Ervedya provient d'une famille Boussac. Tout a déjà expliqué en détail dans l'article réalisé par Xavier Bougon à l'issue de son succès dans le Prix Imprudence, survenue en même temps que celui de Dolniya à Dubaï. Lire l'article sur la famille d'Ervedya.

 


Au centre avec sa liste en tête, Elva, la mère d'Ervedya, accompagnée de sa pouliche par Elusive City née en février 2015. Elle est resaillie par Siyouni.

Les Aga Khanes promises à Siyouni ou Makfi

Chez les Aga Khan Studs, on met rarement plus d'une dizaine de juments aux étalons maisons. Vu les circonstances, Siyouni et Makfi recoivent donc un choix très sélectif :

SIYOUNI :

  • Shivana, issue d'une sœur de Shareta
  • Darenjana, une sœur gagnante de Darjina
  • Karamaya, une sœur de Karaktar (une retrouve le croisement avec King's Best, comme elle issue d'une de ses filles)
  • Shareen, gagnante de Gr.3, sœur de deux gagnants de Stakes
  • Vadapolina, gagnante de Gr.3, mère de Veda
  • Daryaba, gagnante du Prix de Diane

MAKFI :

  • Khadima, placée de Listed à deux ans
  • Ashalanda, placée de Gr.1, gagnante de Gr.2, mère d'Ashlan
  • Sayana, sœur de Sarafina
  • Darinska, mère de Darjina
     

 

 


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