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Centenaire du Jockey-Club Ă  Moulins (Episode 2) Teddy, une influence mondiale

26/02/2016 - Grands destins
Dans le premier épisode, Xavier BOUGON est revenu sur la genèse d'un fils d'Ajax et Rondeau nommé Teddy qui, en 1916, a remporté le Prix des 3 ans à Moulins, autrement dit le Prix du Jockey-Club. La société de courses présidée par Roger Winkel fêtera le 16 avril 2016 le centenaire de l'édition du Prix du Jockey-Club délocalisé. Découvrez désormais l'influence mondiale de Teddy dans ce second épisode.
Teddy, un Français, chef de race mondial ©DR
 
 
En 1918, Teddy entre au Haras de Chamant (près de Senlis dans l’Oise) où Jefferson-Davis Cohn avait également «entreposé» quelques poulinières achetées à une réduction d’effectif d’Edmond Blanc et à la liquidation de l’élevage français de Léon Mantacheff. Faisait aussi partie de son effectif, une jeune poulinière susceptible d’être croisée avec Teddy, une certaine Plucky Liege (ex Lucky Liege), que son propriétaire-éleveur (Herbert Stern, 1er Lord Michelham) lui avait donnée pour services rendus (JDC était son manager), avant même la naissance de son premier foal (Marguerite de Valois, une fille de la première production de Teddy). JDC se rendait-il compte de la mine d’or qu’il venait d’acquérir.
Teddy et ses compagnes ne resteront pas longtemps sur le domaine (château et haras) de Chamant qui est la propriété de la veuve d’Albert Menier (mariée ensuite au baron de Forest) puisque Jefferson Davis Cohn s’installe au Haras de Fitz-James (près de Clermont dans l’Oise) en 1919. C’est à Fitz-James que naîtront, de la seconde production de Teddy, Sir Gallahad (Poule d’Essai des Poulains, Prix Jacques Le Marois, 3ème Prix du Jockey Club et vainqueur d’un match-race contre Epinard) et Anna Bolena (Poule d’Essai des Pouliches).
 
 
A la sortie du rond de présentation à Saint-Cloud, Epinard devance Sir Gallahad pour un match-race d'anthologie... ©DR
 
....mais au passage du disque final, c'est Sir Gallahad, le fils de Teddy, qui devance Epinard ©DR
 
 
Quant à Plucky Liege, considérée aujourd’hui comme l’une des matrones du XXème siècle, elle mettra au monde sept foals issus de Teddy, dont Marguerite de Valois, Noor Jahan, Sir Gallahad et Bull Dog....., deux foals issus d’Aethelstan (un étalon-maison, fils de Teddy), un fils de Vatout (un autre étalon maison) nommé Bois Roussel (Derby d’Epsom pour l’élevage Volterra), le dernier né de la fratrie.
Son autre fils, Admiral Drake (Grand Prix de Paris, 3ème Prix du Jockey Club), est issu de Craig an Eran. Son sang figure dans deux gagnants d’Arc par son fils Phil Drake (grand-père maternel de Bon Mot) et sa fille La Fougueuse (la grand-mère de Topyo).
La descendance de Marguerite de Valois est majoritairement américaine (Cequillo, Fappiano, Ogygian, Quiet Charm, Quiet American, Partygoer, poulinière Wertheimer). Parmi la descendance de Noor Jahan, on compte les Européens, Pia, Sanctus, Le Marmot...).
 
Les effectifs de Jefferson-Davis Cohn (en photo ci-contre ©DR) resteront à Fitz-James jusqu’à la fin de la saison de monte 1924 puis seront transférés au Haras de Bois Roussel que l’Anglo-Américain va louer pour un bail de 24 ans. Avec l’accord du propriétaire du domaine, le comte Gérald de Rochefort (marié à Régine Roederer qui a reçu le haras en dot de son père, le comte Louis), il va effectuer pour 1,5 M. de Francs d’aménagements. Son écurie devient l’une des plus importantes entre 1918 et 1931.
 
En décembre 1929, il achète encore deux pouliches (Quick Change et Pride of Hainault) à Newmarket pour une somme modique (1000 Guinées les deux) qui seront ses deux derniers achats puisqu’il est l’une des principales victimes de la crise économique de 1929. Pour l’anecdote, aucun produit des deux achats ne portera la casaque de JDC.
En 1930, il se voit contraint, successivement, d’envoyer quelques yearlings à vendre à Deauville et de vendre Teddy. En juin 1932, il doit liquider une partie de son effectif chez Chéri à Neuilly et de gager tous les meilleurs éléments de son élevage auprès d’une banque qui trouve rapidement preneur en la personne de Léon Volterra qui reprend en bloc l’écurie et l’élevage au cours de l’été suivant. Dans le lot, figure le fils de Plucky Liege, Admiral Drake, et la fille d’Anna Bolena, Mary Tudor. C’est en partie grâce aux gains engrangés par Admiral Drake dans le Grand Prix de Paris et par Mary Tudor dans le Prix Vermeille et dans la Poule d’Essai et du produit de sa vente comme poulinière que Léon Volterra peut faire face au rachat des effectifs de JDC. Il reprendra également le bail de location du Haras du Bois Roussel.
 
 
Après avoir été tête de liste en France en 1923 (et cinq fois sur le podium les années suivantes), Teddy est acheté en 1931 (suite aux déboires financiers de son propriétaire) par deux Américains, Fréderick. Wallis Armstrong et Kenneth (Ken) Newcomer Gilpin (futur acheteur, par ailleurs, de Fasig Tipton Sales Company) pour continuer sa carrière de reproducteur à Kentmere Farm en Virginie.
Arrivé le 28 juillet 1931 dans sa nouvelle patrie à l’âge de 18 ans, il va débuter la monte à $ 2.500 et effectuer sa carrière américaine pendant cinq ans avant de décéder en 1936, victimes de troubles intestinaux (en un mot de coliques).
 
 
 
Léon Volterra avec Duplex, lauréat du Prix du Jockey-Club en 1934. La même année, le célèbre éleveur-propriétaire remporte le Grand-Prix de Paris avec Admiral Drake, la Poule d'Essai et le Prix Vermeille avec Mary Tudor provenant de l'effectif de J-D Cohn repris par lui en 1933 ©DR 
 
 
L’influence de Teddy aux USA mais aussi en Europe
Le premier des étalons français exportés aux USA qui allait marquer l’élevage américain fut Sir Gallahad. Ensuite, ils importèrent son propre frère, Bull Dog, puis leur père, Teddy. Avant la seconde guerre mondiale, Migoli (fils de Bois Roussel), Tulyar (petit-fils de Bois Roussel) et Princequillo allaient, à leur tour, les rejoindre. Après la guerre, le flot d’exportation continua avec Ambiorix, My Babu, Djeddah (tous de la lignée de Tourbillon), puis Herbager, Sea Bird, Le Fabuleux et Blushing Groom.
De toutes ces exportations, la plus marquante pour l’élevage américain reste indéniablement celle de Teddy et de ses deux fils, Sir Gallahad et Bull Dog.
 
Sir Gallahad est l’un des tous premiers étalons syndiqués. Tête de liste aux USA en 1930, 31, 33, 34 et 1940, il est considéré comme un «Chef de Race». Il est le père de Gallant Fox (Triple Couronne US), issu de sa première production américaine. Lui-même est père, dès sa 1ère production, d’un autre «US Triple Crown winner» Omaha. Il fait également partie du pedigree de Dan Cupid. Pour l’anecdote, Sir Gallahad, est à l’origine de la naissance de l’avant-dernier vainqueur de la Triple Couronne, Affirmed.
 
 
 
Sir Gallahad alors étalon ©DR
 
 
Mais il a eu également une influence capitale sur l’élevage américain surtout par ses filles, 12 fois tête de liste des pères de mères dont 10 années consécutives (de 1943 à 1952 et 1939 et 1955). Deux de ses filles, True Bearing et Galla Colors, sont impliquées dans les pedigrees de San San et de Hail To Reason (père de Priceless Gem). L’un des ses fils, Roman, s’est également distingué par ses filles (d’où Tom Rolfe, Chieftain....) tout comme ses petits-fils Hasty Road (d’où Forego, Gay Matelda, Nonoalco, Arctic Tern, etc....) et Crafty Admiral (d’où Affirmed).
Notons que lors de sa première et unique saison à Bois Roussel (aux côtés de son père, Teddy), Sir Gallahad a engendré quelques pouliches dont Fête Royale (dont descend, entre autres, Floripedes, mère de Montjeu). Il sera vendu ensuite pour $125.000 aux USA à un syndicat composé entre autres d’Arthur Hancock et de William Woodward. Il fera carrière à Claiborne Farm.
 
Bull Dog rejoint les USA à l’issue de son année de 3 ans après un succès dans le Prix Daphnis. Il prend ses quartiers à Coldstream Stud (élevage de la famille Shaffer, situé dans le Kentucky). Sa production est aussi recherchée que celle de son frère avec principalement Occupy mais surtout Bull Lea (vendu yearling à Calumet Farm, il a été ensuite cinq fois tête de liste), d’où Citation (triple couronne US), Matriarch (grand-mère de All Along). Tête de liste en 1943, tête de liste des pères de mères en 1953, 1954, 1956 et 1958, Bull Dog est impliqué également dans les pedigrees de Tom Fool et surtout de Mr Prospector, lequel est à l’origine du père du dernier vainqueur de l’US Triple Crown, American Pharoah.
 
 
Bull Dog, le propre frère de Sir Gallahad ©DR 
 
 
Case Ace, père de Pavot (Belmont S.) et de Raise You, la mère de Raise a Native (père de Mr Prospector)
 
Sun Teddy, père principalement de Sun Again, le grand-père de Sword Dancer (le père de Damascus, top-étalon). Sun Teddy est également le père d’Azalea, la 3ème mère d’un certain Riverman, le père de Detroit et de Gold River.
 
En Europe
Astérus, Poule d’Essai des Poulains, Champion St. pour les couleurs de Marcel Boussac qui l’avait acheté à son éleveur, le baron Maurice de Rothschild. Stationné au Haras de Fresnay le Buffard, il est tête de liste en 1934 et truste également le classement des pères de mères de 1943 à 1948. Père d’Astronomie, de Sanaa, d’Abjer, d’Astrophel et de Jock d’où Caracalla, Coronation, Oroso, Sica Boy, Puissant Chef et Detroit, six vainqueurs du Prix de l’Arc de Triomphe. Il est également le père d’Adargatis (Prix de Diane, mère ensuite d’Ardan, Prix du Jockey Club). Plus près de nous, Sanaa est une aïeule d’Ervedya.
 
 
Asterus fut un lauréat de Gr.1 en Angleterre et en France ©DR
 
 
Ortello, champion en Italie, son pays natal, où il remporte à 3 ans, le Derby, le GP de Milan, le GP d’Italie, avant de s’imposer dans le Prix de l’Arc de Triomphe 1929. Tête de liste à six reprises dans son pays, il est le père de 3 vainqueurs du Derby italien et de nombreux vainqueurs classiques dont Macherio (père de Stigliano), puis à 20 ans rejoint la Californie.
 
Aethelstan a été le voisin de box de son père à Bois Roussel pendant quelques temps. Il est le père, entre autres, de Maurepas (d’où Sicalade et Sea Bird et même Allez France), de Deiri, lequel compte parmi sa production, Deux Pour Cent (père de Tantième, vainqueur de deux Arcs de Triomphe). Sa meilleure production est donc française avant qu'il soit exporté aux USA en 1937.
 
Brumeux, né chez le Duc Decazes, il est considéré comme l’un des meilleurs stayers de Teddy en Angleterre et en France. Il deviendra le père, entre autres, de Borealis, lui-même à l’origine de Schonbrunn (d’où Sagace).
 
Ptolemy, second de la Poule d’Essai, 3ème Prix de l’Arc de Triomphe. Un de ses fils, Symbole, est vainqueur du Grand Steeple-Chase de Paris 1942.
  
Père des femelles
Anna Bolena, Poule d’Essai des Pouliches pour JDC puis mère de Mary Tudor (Poule d’Essai, Prix Vermeille, 2e Prix de Diane, elle-même mère d’Owen Tudor)
 
Anne de Bretagne (élevée par JDC), l’une des juments-bases de l’élevage français de l’Américain Ralph Strassburger.
 
La Troienne (née en 1926, élevée par Marcel Boussac, exportée aux USA en 1931), est une des juments-bases de l’élevage américain, la famille 1-s (pour les connaisseurs) dont descend une certaine Allez France, via Big Hurry et Searching.
 
 
La Troienne en peinture ©DR
 
 
puis par ordre alphabérique :
Assignation qui deviendra la 4ème mère d’un certain Secretariat
 
- Boxeuse, grand-mère de Flagette, d’où Herbager
 
Cœur à Cœur, issue de sa 3ème année de production, elle est la grand-mère de Djebel, le père de Coronation et le grand-père de Puissant Chef, trois vainqueurs d’Arc. Djebel est également le père de Djeddah (grand-père de Never Bend), de Djébé (d’où Gold River).
 
Crisa, Prix Vermeille pour Léon Volterra en 1935
 
Lady Elinor, issue de sa première production puis mère de Vatellor, le père de Vaneuse (d’où Detroit) et de Nikellora.
 
La Moqueuse (élevée par Marcel Boussac, gagnante du Prix de la Forêt, 2e Poule d’Essai) est la mère de La Circe (Prix Vermeille) et de l’inédite Pretty Lady, une des juments bases de son élevage d’où Abdos, père de mère d’Akiyda puis celui de S.A. Aga Khan d’où Daryaba, Darjina, Darsi.....
 
Mercia, mère de Le Petit Prince (Prix du Jockey Club 1954)
 
Philippa of Hainault (fille de Pride of Hainault, dernier achat de JDC), la grand-mère de Phil Drake.
 
Polly Flinders, mère de Mistress Ford (Prix de Diane 1936)
 
Queen Iseult, mère de Le Ksar (2000 Guinées pour Evremond de Saint-Alary)
 
- Rose of England, Oaks 1930, le premier classique anglais pour son jockey, Gordon Richards. Elle est la mère du vainqueur du Saint-Leger, Chulmleigh (puis maintes fois tête de liste en Argentine), de Coastal Traffic (d’où Agujita, la mère d’All Along).
 
Tara est la grand-mère de Worden mais aussi de Miss Barberie, d’où Detroit.
 
Notes :
Le domaine de Chamant (Plessis-Chamant) aurait servi, dans les années 30, de centre d’entrainement pour trotteurs. C’est ainsi, qu’après la seconde guerre mondiale, les lieux sont occupés par une célébrité parmi les trotteurs appelée le « Sorcier de Chamant ». C’est là que Charley Mills entrainait la championne Gélinotte (qui revient sur le devant de la scène avec la tentative de Triple couronne de Bold Eagle).