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Tribune de Loïc Malivet (Syndicat des Eleveurs) : " notre voix porte"

13/05/2016 - Focus divers
 Président du Syndicat des Eleveurs, Loïc Malivet livre ci-dessus une tribune où il dresse le bilan des actions du syndicat et surtout explique la portée de celles-ci aux niveaux politiques et institutionnels.
 
 
par Loïc Malivet
 
Une des priorités des courses aujourd’hui est de renouer des liens avec la classe politique, comme en témoigne ce sentiment diffus de manque d’écoute et de considération de la part de nos décideurs. Pour cela, deux efforts sont nécessaires : il faut structurer notre filière pour la rendre plus compréhensible ; il importe aussi de sensibiliser nos élus aux opportunités que comporte notre industrie, notamment en termes d’emploi, de développement rural et de rayonnement à l’international.  
 
Le Syndicat des Eleveurs peut se féliciter d’avoir été visionnaire en créant dès 1994 la Fédération Européenne des Eleveurs de Pur Sang anglais (EFTBA) dont il assure aujourd’hui la présidence et qui compte 18 pays membres. Elle permet aux éleveurs européens de parler d’une voix forte et unie. Membre fondateur de l’European Horse Network (EHN), le réseau européen des acteurs du cheval, l’EFTBA y est représentée par Tim Richardson. Les membres de l’EHN se sont réunis plusieurs fois depuis le début de l’année, pour évoquer des thématiques importantes comme le transport, le bien-être des équidés ou l’avenir de la PAC en 2020, et mettre en place un groupe d’experts destiné à collecter des statistiques fiables sur l’industrie du cheval en Europe. L’EFTBA et le Syndicat des Eleveurs travaillent aussi à rapprocher les représentants de l’élevage des autorités hippiques, en initiant dès l’automne dernier un dialogue qui devrait porter ses fruits lors de l’Assemblée générale de l’EFTBA le 15 mai prochain où seront présents Louis Romanet, président de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques (FIAH) et Brian Kavanagh, président de la Fédération Européenne et Méditerranéenne des Courses Hippiques (EMHF).
 
En parallèle de ces démarches, le Syndicat des Eleveurs continue de rencontrer à échéances régulières des politiques qui peuvent porter les intérêts des socioprofessionnels du cheval auprès de leurs collègues. Pierre Méhaignerie, ancien ministre de l’Agriculture, nous a ainsi fait l’honneur de sa présence lors de l’Assemblée Générale de l’ASSELCO tandis que j’ai rencontré la sénatrice Anne-Catherine Loisier, présidente du groupe Cheval au Sénat, lors du weekend de l’Arc de Triomphe, et ai été reçu en janvier dernier à l’Assemblée nationale par la députée d’Ille-et-Vilaine Isabelle Le Callenec. Depuis quelques années déjà, avec Hubert Honoré et Tim Richardson, nous rencontrons des eurodéputés, dont régulièrement M. Michel Dantin, M. Eric Andrieu, Mme Françoise Grossetête et M. Jean Arthuis. Ce dernier, avec qui nous entretenons des liens privilégiés, est d’ailleurs à l’initiative de la mise en place d’un groupe d’amitiés « Cheval » au Parlement européen qui devrait organiser en septembre prochain sa première conférence sur le thème d’une politique européenne de la filière équine, dont l’EFTBA sera bien entendu partenaire. Enfin, pour mieux faire comprendre notre quotidien et la réalité de notre métier, nous avons accueilli en décembre dernier M. Amand Choquet, assistant de l’eurodéputé Jean Arthuis, lors des ventes d’élevage d’Arqana et avons lancé cette année une série de « Matinées au haras » qui débute le 10 juin au Haras du Saz et réunira des élus et décideurs locaux, nationaux et européens.
 
Ces différentes actions ont conduit à des résultats concrets, et il y a encore aujourd’hui matière à avancer. Une des plus belles réussites de nos actions de lobbying est d’avoir permis de faire évoluer le texte du règlement européen dit « Zootechnique » qui constituait une véritable menace pour nos Stud-books, en imposant l’ouverture à l’insémination artificielle chez les galopeurs et en excluant les hongres de l’inscription aux livres généalogiques. La question du manque d’accessibilité des médicaments vétérinaires à l’usage des équidés et de la pénurie de certains vaccins est également régulièrement abordée par nos représentants, aussi bien auprès des législateurs que des laboratoires. Ce sujet devrait être une nouvelle fois sur le devant de la scène lors de l’Assemblée générale de l’EFTBA en mai où sera présent un responsable de Zoetis. Cette problématique s’inscrit dans une thématique plus large, qui est celle du bien-être des chevaux. Pour parer aux attaques incessantes des lobbies de protection animale, le monde des courses se doit d’être proactif en la matière. C’est pourquoi il a renouvelé sa proposition à l’eurodéputée britannique Mrs Julie Girling d’aider à la réalisation de son rapport d’initiative parlementaire sur le propriétariat responsable en mars dernier et qu’il continue de participer activement aux travaux de l’EHN, qui devrait prendre des positions fortes sur le sujet lors de sa prochaine Assemblée générale. Autre sujet d’actualité, le génotype du cheval, maintenant déterminable, s’il constitue une avancée scientifique évidente, risque de bouleverser les ventes de chevaux en proposant un nouveau critère de sélection qui pourrait mettre à mal les traditionnelles appréciations basées sur le pedigree, la conformation et les radios. C’est donc un sujet de réflexion majeur pour les syndicats d’éleveurs et leur fédération. Un groupe d’études sur cette question a été mis en place l’an dernier, qui devrait rendre ses premières conclusions le 15 mai à Deauville.
 
Enfin, un point sur la TVA s’impose. Le Syndicat a obtenu en 2013 que le taux réduit, aujourd’hui de 10%, continue à s’appliquer aux juments, étalons et saillies malgré la condamnation de la Cour de Justice Européenne qui n’a épargné aucun pays. Aujourd’hui nous poursuivons deux objectifs : 1. Convaincre nos ministères (Agriculture et Budget) que le jeune cheval ne devient cheval de loisir, selon la Cour de justice, que lors de sa mise à l’entraînement. Avant, il est encore « intrant agricole » et reste donc éligible au taux réduit au même titre que les juments et étalons. 2. Exploiter au maximum la toute récente position de l’Union Européenne qui envisage comme option possible de laisser chaque pays décider lui-même de ses taux réduits, ce qui autoriserait la réinscription du cheval à ce taux, quelque soit son utilisation.