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Une future maman, Silver Rainbow, gagnante du Prix du Cercle

05/08/2016 - Grands destins
On ne devrait plus revoir en piste la gagnante du Prix du Cercle, Silver Rainbow, puisqu’elle porte en elle les fruits des amours avec l’étalon Cable Bay. Le «dernier service» aurait eu lieu le 2 mai dernier. Par Xavier BOURGON.

Silver Rainbow, montée par Christophe Soumillon dans le Prix du Cercle 2016 (Listed) porte dans ses flancs son premier foal ©APRH

 

En France, les juments pleines doivent entrer au haras

 

Le code des courses français stipule qu’une pouliche ayant été saillie ne peut plus participer à une course après 120 jours suivants le dernier saut. On ne devrait donc plus revoir Silver Rainbow (Starspangledbanner), la pensionnaire de Charlie Hills, entraineur près de Lambourn. Elle a donc été saillie en mai par un ancien pensionnaire de Charles, Cable Bay, un fils d’Invincible Spirit

Avant de traverser le Channel, Silver Rainbow s’était imposée par quatre fois depuis l’âge de 2 ans, mais n’avait jamais participé à des courses black-type. Montée par Christophe Soumillon, elle a devancé, sur la ligne droite de Deauville, un autre anglais, plus huppé, un hongre de 9 ans, Monsieur Joe.

Silver Rainbow n’a pas connu que la piste puisqu’elle est montée par trois fois sur un ring de ventes ; quand elle était encore foal (vendue 10.000 € chez Goffs), quand elle était yearling (10.000 € en décembre 2013 à Newmarket, achetée par John Hills) et à la fin de son année de 3 ans à Newmarket. Elle est rachetée 30.000 Guinées par ses propriétaires qui décide de la rentrer au haras. Saillie en mai suivant, elle est inscrite au mois de juillet dernier aux July Sale de Tattersalls pour une vente « fourre-tout » mais elle n’est pas présente. 

Cable Bay, un petit-fils d’une gagnante du Prix Maurice de Gheest

Après une carrière auréolée de trois victoires, Cable Bay officie à Highclere Stud pour 6.500 Livres. Cable Bay a été élevé par l’Irish National Stud puis acheté pour 130.000 Euros par la BBA Ireland pour Julie et David Martin.

A l’entrainement chez Charles Hills, il avait enlevé les Challenge St. (Gr.2) à Newmarket et les John of Gaunt St. (Gr.3) à Haydock. Il avait dû se contenter des secondes places des Dewhurst St. (Gr.1) de War Command, des Richmond St. (Gr.2), des Sommerville Tattersall St. (Gr.3) et de la troisième des Champagne St. (Gr.2).

 

Cable Bay et Jamie Spencer à Haydock ©DR

 

Sa sœur, May Rose (Lawman), âgée de 3 ans, avait été achetée yearling 520.000 Guinées. Leur grand-mère n’est autre, Cherokee Rose (Dancing Brave), gagnante, à l’âge de 4 ans, de la première édition du Prix Maurice de Gheest, promue Gr.1, montée par Cash Asmussen sous l’entrainement de John Hammond et les couleurs de Cheik Moh.

 

Notes :

Charles Hills n’est autre que le fils d’un second mariage de son père Barry (de son vrai prénom, Barrington-William). Il est donc le demi-frère des jumeaux, Richard-James et Michael-John, tous les deux cracks jockeys et de l’ainé, John (décédé en juin 2014), gentleman puis entraineur à Manton, entre autres, chez Robert Sangster.

Charlie a donné au Qatar Racing Ltd son premier classique avec Just The Judge, gagnante des Irish 1000 Guinées 2013. Il est également l’entraineur du bolide Muhaarar que l’on a vu l’an dernier à Deauville dominer le Prix Maurice de Gheest pour les couleurs d’Hamdan Al Maktoum.

 

Charlie Hills et Just The Judge ©DR

 

Silver Rainbow, une descendante de Goofed, la mère de Lyphard

Au premier coup d’œil, on retiendra de son pedigree, l’excellente poulinière, Goofed (par Court Martial, vainqueur des 2000 Guinées, 3ème du Derby d’Epsom de Dante), gagnante de groupe 1 aux USA puis mère de Lyphard (Northern Dancer), Nobiliary (Vaguely Noble), Barcas (Sailor) et grand-mère de Seeking The Pearl (Seeking The Gold) et aïeule du nouvel étalon japonais, Spielberg (Deep Impact).

 

Goofed, au centre, gagnante sur cette image du Ladies Handicap, est la sixième mère de Silver Rainbow ©DR

 

On se souvient que Lyphard avait été acheté par Alec Head à l’amiable après avoir été retiré aux ventes de Newmarket 1970. Il faisait partie de la quatrième génération de son père, Northern Dancer, dont les rejetons les plus âgés à l’époque n’avaient que 3 ans.

 

Lyphard ©DR

 

Elevé en Pennsylvanie par Joseph Burgwin, il était passé aux ventes de décembre 1969 à Keeneland où Tim Rogers s’en est porté acquéreur pour $ 35.000. Il devait s’en séparer pour seulement 15.000 Guinées. Ce ne fut pas une très belle affaire pour lui, mais un remarquable achat pour Mme Pierre Wertheimer.

« Il était petit, a remarqué le maitre entraineur pour expliquer son coup de génie et beaucoup de gens n’ont pas voulu de lui à cause de cela. Mais je connaissais bien sa grand-mère, Barra, puisque je l’avais entrainée. Elle avait gagné en plat et en obstacles. Cà ne les empêche pas d’aller bien, vous savez. Sea Bird aussi avait une grand-mère gagnante en obstacles ». Mme Pierre Wertheimer l’avait ainsi baptisé en hommage au danseur Serge Lifar.

 

Le petit poulain est devenu, à 3 ans, l’un des meilleurs milers européen de sa génération. Et pourtant, il avait débuté son année par deux victoires sur 2.100 m., le Prix Lagrange et le Prix Daru. Suite à ce succès, Lyphard est dirigé vers le Derby d’Epsom où dans le terrible tournant final (Tattenham Corner) il rate complètement son virage et perd ainsi toute chance. «Il était monorchide, a révélé Alec, et cela pouvait le gêner pour courir. Son testicule est descendu lorsqu’il est arrivé au haras ».

A la suite de cette performance, il sera raccourci pour enlever d’un nez (devant High Top, lauréat des 2000 Guinées) le Prix Jacques Le Marois en août suivant et le Prix de la Forêt en octobre et n’être battu, entre temps, que par Sallust dans le Moulin de Longchamp.

Retraité en 1996 à 27 ans, il avait reçu une dernière visite de son ancien entraineur un mois avant sa mort, en juin 2005. « Je lui ai donné du sucre et des carottes », se souvient Alec. « Il ne voyait plus bien, mais n’allait pas mal pour un vieillard de 150 ans ».Il s’est éteint à 36 ans à Gainesway Farm, soit un âge canonique pour un cheval. Selon les chroniqueurs américains, c’était même « probablement un des chevaux les plus âgés au monde ».

 

Notes :

Barra (par Formor, fils de Ksar), vendue en 1957 aux States où elle donnera naissance à Goofed en 1960, avait couru sous les couleurs de son éleveur, Mme Jacques Luzé (blanche, Croix de Saint-Andrée bleue) qui l’avait confiée à Alec Head, alors entraineur encore à Maisons-Laffitte. Sa mère, La Favorite, avait été la propriété du comte Alain Foucher de Careil (l’éleveur de Le Paillon) qui avait couvert, pendant l’occupation, les intérêts d’André Schwob.