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Kestila : quel rapport entre Kaldoun, Karly Flight, Linarès et Kosciusko-Morizet ?

13/10/2016 - Grands destins
Fille de Siyouni, Kestila fait partie des effectifs du prince Karim Aga Khan. Son aïeule maternelle avait été achetée par son grand-père, il y a près d’un siècle. Cette pensionnaire paloise vient d’aligner trois succès consécutifs dont la dernière en date, la Coupe des Pouliches à Toulouse. Une étude signée Xavier BOUGON.

Kestila, lors de ses débuts à Deauville ©APRH

 

La Coupe des Pouliches ne fait pas recette

 

Réservée aux 2 ans, elle n’attire pas les foules puisqu’un total de 54 pouliches se sont confrontées lors de la dernière décennie (avec un pic à 8 partantes en 2007). Cette Coupe, qui ne semble pas trouver sa place dans le calendrier, est ballotée de septembre à novembre (même en décembre en 1992) avec un retour en octobre cette année sur 1.400 m. alors qu’elle se disputait sur 1.600 mètres depuis 1982. Il est vrai que la seule présence des pouliches de Jean-Claude Rouget incite plutôt à aller courir ailleurs. Cette année, sa pensionnaire, portant les couleurs de S.A. Aga Khan, lui a permis de garder son titre et lui a donné un 14ème succès depuis 1988. A la lecture du palmarès, quelques pouliches gagnantes feront parler d’elles ensuite comme Tamarinda, Tie Black, Lily America et Crisolles sur la piste et Canaletto au haras. Tout le mal que l’on souhaite à la fille de Siyouni, c’est d’être aussi talentueuse qu’une autre protégée de JCR, propriété de la marquise de Moratalla, Star of Akkar, seconde du Prix de Diane, entre autres.

 

Le Prince Aga Khan III, l'acheteur de Lindos Ojos, la 9ème mère de Kestila ©DR

 

Tout a commencé en 1931

Lindos Ojos est née en 1928 outre-manche, élevée par le Major Dermot McCalmont. Pour ses couleurs, elle va prendre la seconde place des Nassau St., la 3ème des Queen Mary St., des 1000 Guinées de Four Course (également seconde des Oaks de la française, Brûlette) et des Coronation St. Son Altesse Aga Khan III s’entiche de cette pouliche qui rejoindra la jumenterie stationnée soit à Sheshoon Stud, son premier haras où est déjà présent Mumtaz Mahal, soit en France à Marly la Ville ou Saint Crespin.

 

L’entourage de Lindos Ojos fait appel à Apelle (l’étalon de Federico Tesio) pour sa première maternité. Naîtra Jennie (1936) gagnante outre-manche pour le Prince Aly Khan. Celle-ci ira à la rencontre d’un étalon de la maison, stationné à Marly la Ville, Mirza (Blenheim et Mumtaz Mahal), second des 2000 Guinées 1938. Le résultat est la naissance en 1947 de Skylarking, gagnante, pour les couleurs (rouge, manches vertes, toque rouge) de la toute jeune mariée, la Princesse Aly Khan (Rita Hayworth), des Prix Maurice de Gheest, du Gros-Chêne, de la Poule des Foals, 3e King’s Stand St., 4e Poule d’Essai des Pouliches. Au haras, elle va donner la gagnante de la Poule d’Essai 1958, Yla (Migoli), entrainée par Alec Head.

 

En 1959, Skylarking part pour le Kentucky pour y rencontrer le gagnant du Kentucky Derby, Swaps que John Galbreath vient d’acquérir. Ce dernier s’associe au Prince Aly Khan et va naître Soaring (1960). Mais le Prince Aly Khan meurt dans un accident de la circulation à Paris et sa jument restera outre-atlantique. Son premier foal, Miss Swapsco (1965 Cohoes) sera vendue yearling. Elle donnera naissance à Ballade, future mère, pour l’élevage d’Edward-Plunkett Taylor, de Devil’s Bag, de Glorious Song (mère entre autres, de Rahy et Singspiel).

 

Turkhan (Bahram et Theresina), vainqueur de l’Irish Derby et second du Derby anglais, sera le prétendant de Lindos Ojos en 1942 d’où la naissance de Linaria, gagnante des Irish Oaks, pour l’entrainement de Dick Mc Cormick (également celui de The Tetrarch quelques décennies plus tôt).

 

 

Notes :

- Pour l’anecdote, le père de Lindos Ojos, Buen Ojo, (par Craganour, fils de Desmond) est né d’une mère anglaise exportée en Argentine. Il y sera vainqueur de deux classiques puis lauréat de courses principales en Uruguay. Il débute sa carrière d’étalon en Argentine puis sera le premier sud-américain exporté en Grande-Bretagne pour y faire la monte, tout d’abord en Irlande, à Adare (C° Limerick) à Fort Union Stud (un haras qui avait également accueilli son grand-père Desmond) puis à Cheveley Park Stud (chez les McCalmont) puis à Overtown Stud (de 1930 à 1939).

- Dermot Mc Calmont est propriétaire de Cheveley Park Stud près de Newmarket, reçu en héritage de son cousin, le colonel Harry, sans descendance. Dermot est également propriétaire en Irlande de Ballylinch Stud où est né et décédé The Tetrarch (père notamment de Tetratema et Mumtaz Mahal).

- John Galbreath est également à l’origine des importations de Sea Bird et Ribot.

 

Joan, à l’origine de Kaldoun et Karly Flight

Un an après la naissance de Jennie, Lindos Ojos mettra au monde une fille de Blenheim (premier vainqueur du Derby d’Epsom pour S.A Aga Khan III) nommée Joan que Frank Butters fera gagner à 2 ans en Angleterre. Elle rejoint le haras pour donner naissance à, entre autres, Amina (1945 Solario), But Beautiful (1947 Tehran), Jithaka (1953 Souverain).

 

- Amina terminera seconde des Irish Oaks, 3e des Yorkshire Oaks pour le prince Aly Khan. A son tour, elle deviendra poulinière et donnera naissance à La Venturosa (achetée à réclamer par Jacques Bouchara pour son beau-père Guy Weisweiller) et à Spoutnik (vendu yearling à Anatole Saint-Jean qui en fera un étalon).

 

Amina ©DR

 

- Jithaka, à l’entrainement chez Richard Carver, remporte le Prix du Lys et La Coupe et se classe au pied du podium du Grand Prix de Paris et du Grand Prix de Deauville. Il sera vendu en Afrique du Sud pour une carrière d’étalon. Un an après, S.A. Aga Khan décède.

 

- But Beautiful est entrainée par Frank Butters à Newmarket. Outre ses victoires dans des courses principales, elle se classe cinquième des Queen Mary St. de Diableretta, sa compagne de couleurs et d’entrainement et future mère de Ginetta (d’où Shergar).

Au haras, elle deviendra la mère de But Lovely (1955 Sayajirao), gagnante du Prix Vanteaux pour le prince Aly Khan et l’entrainement d’Alec Head.

 

A son tour, But Lovely rentre au haras où elle mettra au monde une fille d’un des étalons de la maison Venture. Nommée Embellie (1962), elle va enlever le Prix du Rond-Point (1.400 m.) et se classer 3ème des Prix du Gros-Chêne et de Seine et Oise pour le compte de l’entrainement de François Mathet et les couleurs de Karim. Embellie va mettre au monde quelques femelles dont Katana (Le Haar), Karmisyn (Baldric II) et Kermiya (Vienna)

 

- Katana, mère d’un certain Kaldoun

Gagnante à Saint-Cloud puis seconde des Prix Joubert à Evry et de Saint-Cyr à Longchamp, Katana devra sa notoriété à son premier produit, un certain Kaldoun (Caro et Katana). A l’issue de sa carrière sur la piste, en pension chez François Mathet, celui-ci débutera sa carrière d’étalon en Anjou au Haras de l’Aulnière, chez François de Linarès.

 

Kaldoun ©DR

 

 

- Karmisyn, une Aga Khan achetée par Jean-Luc Lagardère

Karmisyn, élevée par S.A. Aga Khan, n’a pas couru. Vide de Kalamoun la première année, elle sera vendue à François de Linarès (Haras de l’Aulnière) qui la présente aux ventes d’élevage de Deauville en 1979, pleine de Pure Flight. L’Agence Darley en fait l’acquisition pour 90.000 F. pour le compte d’Henri Griffon associé à Mme Pierre Guilguet. Le foal va s’appeler Karmyn Flight, que ses acquéreurs vendront yearling 59.000 F. à l’Ecurie Euro-Atlantique.

Celle-ci va perdre son statut de maiden à Clairefontaine en août de ses 2 ans dans un réclamer. Elle prendra le chemin du Sud-Ouest, réclamée par Bernard Moretti pour le compte de Francis Montauban qui signe un chèque de 46.480 F. Elle ne gagnera pas un «kopeck» et sera dirigée illico vers le haras. Pleine de Johnny O’Day, Karmyn Flight est achetée par Patrick Boiteau aux ventes d’élevage 1984 à Deauville pour 30.000 F. Elle est la première poulinière achetée par le mayennais du Haras dit de la Pierre aux Fées près de Bierné, qui l'avait alors acheté alors qu'il était tout jeune, pour la bonne et simple raison qu'il aimait bien son père Pure Flight. Elle deviendra la mère de Sunday Flight (mère de Sunny Flight, Golden Flight) et d’une certaine Karly Flight.

 

Kalry Flight et son fidèle jockey Philippe Sourzac ©DR

 

Revenons à Karmisyn qui après la naissance de son premier produit (Karmisyn) restera vide de Margouillat deux années consécutives. Saillie par Pure Flight à nouveau, elle est testée pleine. Toujours présentée par François de Linarès, elle est adjugée  80.000 F à Gérard Larrieu agissant pour le compte de Jean-Luc Lagardère. Le foal s’appellera Karpa, une pouliche vendue à la fin de son année de 3 ans à Claude Rouget, 26.000 F. 

Viendra ensuite la naissance de Karmiska, fille de la première production de l’étalon-maison, Bikala. A l’entrainement chez François Boutin, elle va enlever le Prix de la Nonette 1987. Au haras, Karmiska mettra au monde avec Soviet Star, Kart Star (vendue yearling à Mme Wylie Tuttle) et avec Always Fair (étalon-maison), Karmifira, 2e Poule d’Essai des Pouliches pour son acheteur, Fabien Ouaki.

Karmisyn ira ensuite à des étalons en majorité de la maison : River River, Nice Havrais (père de Karmichah), Bikala (père de Karmisyk), Always Fair, Linamix (père de Kalimisik, 2e Prix Lupin). Avec Fabulous Dancer, elle donnera Kartabula (grand-mère de Leaupartie)

 

Kermiya, une fille de Vienna, à l’origine de Kalanisi mais aussi de Kestila

Comme les deux précédentes, Kermiya est une fille d’Embellie suite à sa rencontre avec Vienna. A l’entrainement chez François Mathet, elle va enlever le Prix Belle de Nuit (pas encore Listed) mais va aussi prendre plusieurs places de première dauphine devancée par de futures bonnes poulinières, telles que Denia (aïeule de Daylami et Dalakhani) dans le Prix de la Thève (Listed) et Pollenka. Au haras, elle va donner naissance à quatre gagnants :

 

- Kareena (Riverman), à l’entrainement chez R.F. Johnston-Houghton. Elle deviendra la grand-mère de Kalanisi (Doyoun), vainqueur de la Breeders’Cup Turf, des Champion St..

- Kalaman (Desert Prince), 2e des St James’s Palace St. (Gr.1), 3e Eclipse St. (Gr.1) (deux pensionnaires de Sir Michael Stoute).

- Kaloura (Sinndar), gagnante du Prix Joubert et Mélisande mais aussi seconde du Prix de Malleret (Gr.2) pour l’entrainement d’André Fabre.

 

Kaloura ©AgaKhanStuds

 

- Kerita (Formidable) était à l’entrainement en Angleterre chez Richard-Fulke Johnson-Houghton. Elle est gagnante des Supreme St. (Gr.3) à Goodwood avant de prendre le chemin du Kentucky à la rencontre d’un fils de Northern Dancer, en l’occurrence, Storm Bird. Nommée Keraka, elle enlèvera les Anglesey St. sous la férule de John Oxx. A 3 ans, rien ne va plus ; elle prend donc la direction du haras où elle deviendra la mère de Kerasha.

 

Kestila, fille de Kerasha et sœur de trois black-types

Gagnante en débutant à 2 ans à Saint-Cloud, Kerasha, fille de Daylami, avait dû, lors de sa sortie suivante, subir la loi de Mirabilis (sœur de Nebraska Tornado). Après deux petits podiums à 3 ans, elle entre au haras où ses trois premiers produits s’écrivent en gras : Kermiyan (Green Desert), second du Critérium de l’Ouest, Keratiya (Iron Mask), gagnante du Prix du Bois, sans lendemain et Kerasona (Oasis Dream), gagnante du Prix Hampton (Listed).

 

Kerasha, la mère de Kestila ©AgaKhanStuds

 

Kerasha ira, pour ses trois naissances suivantes, à Acclamation, Invincible Spirit (Kerman, 3e Prix Saraca) et Makfi avant sa rencontre avec l’étalon-maison, Siyouni. Toute sa production en âge de courir, soit sept foals, s’est imposée. Sa yearling est née des amours avec Exceed and Excel.

 

Notes

- Propriété de Sir Winston Churchill pour sa carrière sur la piste, Vienna vient d’inscrire son nom au palmarès du Prix de l’Arc de Triomphe grâce à son fils Vaguely Noble. En provenance d’Angleterre, Vienna est installé à Méru (Seine et Oise) au Haras de Messelan (propriété de la famille Gugenheim) pendant quatre ans avant son départ pour le Japon.

 - Après avoir été occupé par François de Linarès, le Haras de l’Aulnière situé à Fougéré près de Baugé est devenu le site de la famille Sourdeau de Beauregard dont l’un des membres, Donatien, est entraineur. Ce dernier est le fils de François, ancien colonel en chef du Cadre Noir de Saumur, et de Martine, née Kosciusko-Morizet, cavalière de concours hippique et première cavalière à être montée en course à obstacles (à Fontainebleau). Pharmacienne à Saumur, elle est président de la Sciété des Courses de Verrie-Saumur. Son fils Donatien est le frère cadet de Sophie, mariée à Arnaud Lemaire, officier à Saumur. Sophie Lemaire est directrice du Haras du Pin, la 1e femme à ce genre de poste.

 

Martine, née Kosciusko-Morizet, la mère de Donatien de Beauregard. En avril 1972, elle fut la première cavalière à avoir monté en obstacles ©APRH

 


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