Aujourd'hui : Deauville
Vente d'Elevage
Ascot - le 09/12/2019
Ascot December Sale
Timonium, Maryland - le 10/12/2019
Midlantic December Mixed & Horses of Racing Age
Kill - du 11/12/2019 au 12/12/2019
December National Hunt Sale
Cheltenham - le 13/12/2019
Cheltenham December Sale

Gorvello et Macaire conquièrent Angers en fête : non les courses ne sont pas mortes

12/11/2016 - Focus divers
 A peine descendu du sulky, Guilaume Macaire a remis son plus habituel costume de top entraineur (pantalon coloré, veste matelassée) pour remporter le Grand Steeple-Chase d'Angers face avec Gorvello face à des tribunes combles dans une ambiance qui tranche totalement avec le désespoir ambiant. Mais pourquoi ? 


Guillaume Macaire en driver avant la course

 

Gorvello, fils de Poliglote élevé dans le Maine-et-Loire par Jacky Thomas, entrainé par Guillaume Macaire pour le compte de la famille Papot, vient de remporter très facilement le Grand Steeple-Chase d'Angers, une listed, au dépend de Sam (Maresca Sorrento) et Unzo du Bara (Network), tandis que le favori Vieux Morvan termine 5e après une mauvaise faute dans le dernier tournant. La scène se passe dans le rond de présentation.

 
Arnaud Poirier : " Bravo Guillaume, tu t'es baladé ! "
Guillaume Macaire : " C'est vrai. Je suis très content mais j'aurais quand même aimé gagner la course de trot. Il me manque une victoire en tant qu'amateur pour avoir mon permis d'entrainer. "
A.P., interloqué : " Ah bon ?! Mais tu as combien de gagnantsau trot pour l'instant ?"
G.M., toujours très précis : " J'ai gagné une course, mais il en faut deux pour avoir sa licence ! "
 
Ainsi, Guillaume Macaire, grand maître de l'obstacle en Fance, travailleur stakhanoviste qui domine la discipline en France depuis une 20aine d'années, rêve en plus...d'avoir une licence de permis d'entraineur de trotteurs ! Cela n'est finalement pas étonnant vu son amitié avec Joël Hallais avec qui il a déjà gagné de belles courses à Vincennes en tant que propriétaire. Hors, à Angers le jour du Grand Steeple, les gens comme Macaire ont pu méler leur deux passions.
 
 

 

Pas facile se grimper sur un road car


Arrivée très disputée à la course de road car pour le public
 
 
L'hippodrome d'Eventard, champ de course de ville, n'est pourtant pas réputé pour attirer les plus grandes foules au quotidien. Mais il peut le faire. Au moins une fois par an, en l'occurrence le 11 novembre, les tribunes sont combles, les parkings débordent. Et mon Dieu que ça fait du bien. Des vieux, des jeunes, des femmes, des poussettes, d'évidents néophytes (ça se voit), et des professionnels qui sont présents et qui ne font pas la gueule comme presque tous les jours désormais en France.
 
Pour arriver à cela, les organisteurs ne comptent bien sûr pas sur les grands penseurs de Paris, mais uniquement sur eux, avec leurs petits mains, leurs petits moyens et leur petite agence de com. Une campagne d'affichage partout en ville, un champ de course propre nickel, tous les bars et guichets ouverts, des animations, un événement sportif, de la pluri-disciplinarité (sans le Marketing commun des courses) et le tour est joué.
 
 

Guy Denuault


Grégoire Leenders


Arnaud Duchene


Eric Leray, qui a besoin d'aide...
 

Mais à la finale, c'est Philippe Peltier s'envole !


 
 


La photo de famille



Car juste avant le Grand Steeple-Chase d'Angers, se sont déroulées deux courses de trot. Une en road car pour 8 personnes du public qui ont connu les grandes sensations en casaque avec des drivers professionnels, mais aussi une course de trot d'amateurs aussi officielle qu'atypique. Ainsi, le Prix de la Société YOU (cuisine et salles de bains) mettait aux prises 14 concurrents drivés par des entraineurs et jockeys...d'obstacle. Il fallait les voir au rond de présentation, certains très à l'aise comme Guy Denuault (dont le frère Marcel a été entraineur de trot), d'autres plus avides de conseils...
 
  Il y avait un cheval nerveux avant la course, le 5 Ugo des Yolais, le favori, dont heureusement le driver restait parfaitement zen et concentré : Guilaume Macaire. La lutte a été âpre à mi-ligne droite, mais finalement, c'est Philippe Peltier qui s'est imposé aisément au sulky Ulf Haie Neuve, un des moins riches de la course qui a eu le mérite de revenir de la 2e ligne. Il a devancé Arnaud Duchêne, drivé par Alexis Jisce, et donc Guillaume Macaire. A l'ancienne, ce dernier criait au retour sur la piste sur Philippe Peltier, ancien très bon jockey d'obstacle, reprochant de lui avoir sèchement fermé la porte à la corde. Peltier, plié de rire " c'est de bonne guerre non ?". Et encore, alors qu'il avait laché une rêne à mi-ligne droite, Macaire a échappé aux commissaires : " on avait peur se se faire engueuler !". Réjouissant.
 
 

Gorvello avec Bertrand Lestrade au rond avant la course.


Vieux Morvan avec Jonathan Plouganou.


La facile victoire de Gorvello devant Sam dans le Grand Steeple-Chase d'Angers 2016.


Guillaume Macaire avec Bertrand Lestrade.


La 2e photo de famille.
 
 
 
Moins d'un demi-heure plus tard, Guillaume Macaire, tout sourire, court vers son jockey Bertrand Lestrade pour le féliciter chaleureusement avec des bravos et des mercis " Tu m'as fait peur quand tu as décroché en face mais il n'y a que le résultat qui compte." Le jockey répond " c'est vrai que je les ai laissé partir, mais j'ai trouvé qu'ils avaient mis un "kick" trop
brutal car ça monte quand même dur en face. " On est en famille, c'est "madame Macaire", Barbara Guenet, qui tient le cheval.
 
L'éleveur, Jacky Thomas, est aux anges évidemment. " Je suis viticulteur à Tigné (NDLR; il est donc voisin de Gérard Depardieu). J'étais en livraison en Bretagne et je suis revenu vite fait pour la course. Là, j'y retourne ! J'ai acheté la grand-mère Tarah Rederie (Cadoudal) aux ventes de Deauville, puis j'ai gardé comme poulinière la mère Rolandale (Mansonnien) qui avait gagné à Auteuil. C'est Claude Ventrou qui m'avait acheté Gorvello foal pour la famille Papot. Gorvello a gagné listed à Enghien, mais il a claqué début 2015. Xavier Papot m'a contacté pour savoir si je souhaitais le soigner. Je l'ai repris à la maison pendant un an pour réparer sa tendinite puis il est reparti au travail.  J'ai toujours la mère, qui n'a malheureusement pas été pleine de Poliglote cette année, et qui ira à Martaline l'année prochaine."
 
 

Jacky Thomas, viticulteur, éleveur de Gorvello
 
 
Cette réunion d'Angers fait beaucoup de bien, au lendemain d'une assemblée de l'Asselco où les discours de morosité en rajoute au désespoir, faisant suite à des séries de rassemblements de ce genre où on compte les défaites en cherchant les raisons de l'échec plutôt que d'en trouver les solutions. On y accuse le méchant gouvernement, le méchant Bruxelles, le méchant Française des Jeux, bref, le méchant monde qui nous entoure, mais sans présenter la moindre perspective, ce qui tendrait à faire croire que France Galop n'en a aucune de concrète. Les seules mises à mort publiques qui soulagent ou réjouissent l'assemblée sont celles de l'Epiq, déjà fustigé par le Président Rothschild lors du débat de la Fédération des Eleveurs en août, et clairement identifiée par la tribune de l'Asselco comme totalement inadaptée au monde du galop. Ca fera quand même cher la boulette.
 
Le PMU et les courses sont-ils incompatibles ?
 
Le problème, finalement, l'énorme problème est que cette réunion s'est déroulée en dehors du cadre du PMU et donc auss sans les caméras d'Equidia. C'est à dire qu'il n'a pas été montré au public potentiel des courses ce que les courses sont capables de faire en dehors d'unise d'animaux  de série qui courent en rond sous les coups de cravaches pour faire afficher des numéros. Et que d'autre part l'investissement dans les généreuses allocations distribuées ne remportent pas un centime à l'institution.
 
Le fossé déjà énorme entre la sociologie des courses (son essence et son succès) et le mode de pensée du PMU sépare deux mondes qui ne se comprennent plus du tout alors qu'ils sont fait pour travailler ensemble, voire en ont l'absolue nécessité pour survivre. De l'avis de tous les organisateurs de courses lucides, du public qui n'y vient plus et des propriétaires qui fuient notre sport, les programmations du PMU avec entre autres leurs fameuses réunions du mardi à 11H, ont réussi l'exploit de détruire le tissu social des courses en moins de 10 ans. La machine à cash alimentée par les gentils parieurs vaches à lait, qui justifiait l'incroyable aboutissement de faire des spectacles sans spectateurs, ne fonctionne plus. Autant dire qu'il est urgent de retrouver une entente entre le PMU de la vraie vie des courses, avec un peu de psychologie et de bon sens plus que d'analyses de chiffres et de comptabilité de batailles perdues.