Aujourd'hui : La Teste
Grand Show Anglo
Fairyhouse - du 24/09/2019 au 25/09/2019
September Yearling Sale
Arcadia, Californie - le 25/09/2019
Santa Anita Fall Yearlings
Fairyhouse - le 26/09/2019
September Yearling Sale Part II
Timonium, Maryland - du 30/09/2019 au 01/10/2019
Midlantic Fall Yearlings
Kill - du 01/10/2019 au 02/10/2019
Orby Sale
Saint-Cloud - le 03/10/2019
Vente de Pur-Sang Arabes
Kill - le 03/10/2019
Sportsman's Sale

Prix de Diane japonais : Soul Stirring imite sa mère Stacelita, toujours avec Christophe Lemaire.

27/05/2017 - Grands destins
Il fallait être à Auteuil le week-end du grand steeple. Mais pendant ce temps, l’autre actualité, passée sous silence, était à Tokyo où Soul Stirring enlève le Yushun Himba faisant aussi bien que sa maman Stacelita. Xavier BOUGON retrace le destin des gagnantes d'Oaks sur 2 générations.

 
 
Le matin du dimanche 21 mai, la France hippique se réveille afin de se préparer à rejoindre l’hippodrome d’Auteuil. La victoire de Soul Stirring est donc passée presque inaperçue tant les aficionados français étaient occupés sur la Butte Mortemart. Lorsque So French rentre au rond, il y a bien longtemps que la fille de Stacelita est rentrée au box satisfaite du travail accompli.
 
Allemagne, France, Etats-Unis, Angleterre, Japon.
 
Voyager entre 5 grandes nations des courses : c’est le parcours de Stacelita (Monsun) depuis sa plus tendre enfance à la naissance de Soul Stirring, son second foal, la gagnante du Prix de Diane au pays du Soleil Levant.
 
Stacelita (Monsun) s’était donc adjugée les French Oaks en 2009. Grande voyageuse, elle avait terminé sa carrière aux States pour Martin Schwartz, grand acheteur de femelles, clés en mains. Mais il n’est pas à proprement parler féru d’élevage. C’est ainsi qu’après une transaction privée, elle atterrit dans les mains de Shadai Farm. Teruya Yoshida la laisse aux USA après son échec dans la Breeders’Cup Filly and Mare Turf, le 4 novembre 2011. Elle ira à la rencontre de Smart Strike (Mr Prospector), le père par ailleurs de Curlin et ancienne tête de liste des pères de vainqueurs aux USA. Pleine, Stacelita retraverse l’Atlantique pour mettre au monde une pouliche, née en Angleterre, tout près de son futur nouveau «prétendant », un certain Frankel. Elle repart pleine, direction le haras japonais où va naître le 13 février 2014, la fameuse future classique.
 
 

Stacelita dans le Prix de Diane sous la selle de Christophe Lemaire.
 

Stacelita, à Shadaï Farm.
 
 
 
Soul Stirring, Buena Vista, deux origines allemandes, gagnantes du Prix de Diane nippon.
 
La Gestüt Schlenderhan est fortement impliquée dans le succès de la fille de Stacelita et de Buena Vista puisque leurs aïeules communes n’est autre que la championne allemande, Schwarzgold (1937 Alchimist), gagnante des Guinées, du Prix de Diane et du Derby d’outre-rhin.
 
Sa fille, Schwarzblaurot (1947 Magnat) est la mère de Scheherezade (1952 Ticino) et de Suleika (1954 Ticino), entre autres. La première donnera naissance à Schonbrunn (1966 Pantheon), gagnante du Prix de Diane allemand puis vendue à Daniel Wildenstein à l’automne 1969. C’est d’elle que descend Stacelita. Quant à la seconde, elle deviendra la mère de Santa Luciana (1973 Luciano) d’où Slip Anchor (Derby d’Epsom), Manhattan Café (1998 Sunday Silence) et Biwa Heidi (1993 Caerleon), la mère de Buena Vista.
 
 

Soul Stirring, alors qu'elle était foal, en novembre 2014 à Shadaï Farm.

 
 
Faire aussi bien que Maman
 
Les Oaks japonaises ont été courues pour la première fois en 1938. Au palmarès de ce Yushun Himba, seulement deux gagnantes ont, ensuite, mis au monde une fille ayant fait aussi bien que sa maman au Japon.
 
En 1943, Kurifuji (par l’étalon anglais, cinq fois tête de liste, Tournesol, fils de Gainsborough) est la gagnante non seulement des Oaks japonaises mais aussi du Derby et du St-Leger. Elle donnera naissance à Yamaichi (Toshishiro), gagnante des 1000 Guinées et des Oaks en 1954. Kurufuji avait pour aïeule, Astonishment, une jument anglaise, importée en 1909.
 
Dyna Carle (Northern Taste), gagnante en 1983, est née d’une mère anglaise, propriété de Robin Scully, Peroxide (1959 Never Say Die), importée durant l’hiver 1968 par la famille Yoshida (déjà). Elle donnera naissance à Air Groove (Tony Bin), gagnante du Prix de Diane japonais en 1996. Pour l’anecdote, Air Groove a ensuite donné naissance à Rulership (King Kamehameha), un champion lauréat à Hong Kong, et surtout à la championne Admire Groove (Sunday Silence), elle-même mère de Duramente (2000 Guinées et Derby japonais).
 
 

Sinhalite, la gagnante des Oaks 2016.
 
 
 
Une mère gagnante des Oaks :
 
 
Au palmarès, Soul Stirring succède à Sinhalite (Deep Impact), gagnante l’an dernier. Elle est issue d’une gagnante des Oaks....de Del Mar, nommée Singhalese (Singspiel), achetée, pleine de Rahy, à Keeneland par Katsumi Yoshida, $ 1.900.000. Depuis l’après-guerre, seules Soul Stirring et Sinhalite ont pour mère une gagnante des Oaks disputées de par le monde.
 
Les origines françaises omniprésentes dans le Diane japonais
 
La gagnante 2017 est issue d’une mère française. Avant Stacelita, il y avait eu :
 
En 2015, le succès de Mikki Queen (Deep Impact), fille de la française Musical Way (Gold Away), née au Haras du Taillis, gagnante pour l’entrainement de Philippe van de Poële, du Prix Dollar, de La Coupe de Maisons-Laffitte et deux fois sur le podium du Premio Lydia Tesio et de la Hong-Kong Cup. C’est la famille de Nonoalco, mais aussi celle de Cinq a Sept, gagnante des Irish Oaks 1927.
 
En 2011, celui d’Erin Court (Durandal) alors que sa mère, Erin Bird (par Blue Bird, élevée par Stavros Niarchos) s’adjuge les Guinées italiennes (Premio Regina Elena) pour la Scuderia Siba (E. Balzarini).
 
En 2010, celui de Saint Emilion (Zenno Rob Roy) qui avait dû partager la victoire avec Apapane (gagnante des 1000 Guinées également). Elle est la fille de la française Moteck (Last Tycoon), élevée par Claude Cohen pour qui elle avait enlevé le Prix de Flore.
 
 

Yves Saint-Martin peut pousser un ouf de soulagement après le Prix de Diane 1977, qu'elle remporte d'une tête face à Trillion, mais la championne invaincue, victime d'une fracture, quittera la scène invaincue en 4 sorties, après son triplé Poule d'Essai - Saint-Alary - Diane.
 
 
 
 
En 2008, celui de Tall Poppy (Jungle Pocket, fils de Tony Bin) qui a pour grand-mère la championne de Daniel Wildenstein, Madelia, gagnante du Prix de Diane et de la Poule 1977.
 
En 2001, celui de Lady Pastel (Tony Bin), une fille d’une seconde du Prix Vermeille, Pink Turtle (Blushing Groom), née aux USA mais élevée par Maylands Farm (famille de Moussac).
 
En 1986, celui de Mejiro Ramonu (Mogami, né en France de Lyphard). Elle enlève également les deux autres levées de la triple couronne japonaise (Oka Sho – 1000 Gns - et les Queen Elizabeth II Commemorative Cup, future Shuka Sho). Son aïeule, Celerina (Teddy) était née chez le baron Maurice de Rothschild qui l’avait vendue à Ralph-Beaver Strassburger, récemment installé au Haras des Monceaux. C’est pour cet américain qu’elle enlève le Grand Prix de Deauville, trois mois après s’être classée 3e du Prix de Diane, celui de Pearl Cap. La mère de Celerina, Diavolezza (Le Sagittaire) avait gagné la Poule d’Essai.
 
En 1985, celui de Noah No Hakobune qui a pour grand-mère une jument Boussac, Dalama (Djebel et Pretty Lady), 3e du Prix Vermeille.
 
En 1978, celui de Five Hope, une fille d’un étalon Boussac (Atrax, fils de Pharis). Sa mère, Jutifa (White Label) est née en France pour Matsumi Fujita. Elle avait gagné à Ecommoy pour l’entrainement d’Etienne Fil. Sa grand-mère, Tudela (Vieux Manoir), élevée par le comte Pierre de Montesson, associé à Jean de Castilla, avait gagné à...Calais dans une course pour gentleman-rider.
 
En 1970, celui  de Jupique (Tropique), la fille de Judella (Niccolo dell’Arca), élevée par Mme Léon Volterra, vendue après une troisième place dans le Prix Fille de l’Air.
 
 
 

Revoir la victoire de Midway Lady dans les Oaks 1986, montée par Ray Cochrane.

 
 
 
Quelles sont les doubles gagnantes du classique pour pouliches ?
 
En France :
 
-Surprise (gagnante du Diane 1860 pour le baron Léon Nivière), mère de Sornette (gagnante en 1870 pour l’association Nivière-Charles Laffitte sous le nom de Major Fridolin)
 
-Deliane (en 1865 pour Auguste Lupin), mère de La Jonchère (Diane 1877) et d’Enguerrande (Oaks 1876 pour Auguste Lupin).
 
-Brie (en 1878), sœur de Kilt (Prix du Jockey Club 1876) et mère de Brisk (en 1894) pour le baron Alphonse de Rothschild.
 
-Kasbah (en 1895 pour Henry Delamarre) mère de Kizil Kourgan (en 1902 pour Evremond de Saint-Alary), future mère de Ksar.
 
-Uganda (en 1924 pour Edouard Kann), mère de Ukrania (en 1929 pour le comte Olivier de Rivaud) et de Udaipur (Oaks 1932 pour S.A. Aga Khan III).
 
-Fairy Legend (en 1927 pour Sir Mortimer Davis), sœur de Mary Legend (Diane 1928), et mère de Féérie (en 1938 pour le baron Maurice de Rothschild)
 
 
En Angleterre:
 
-Cyprian (gagnante des Oaks 1836 pour John Scott), mère de Songstress (Oaks 1852).
 
-Industry (en 1838 pour Lord Chesterfield), mère de Lady Evelyn (en 1849).
 
-Queen Bertha (en 1863 pour Lord Falmouth), mère de Wheel of Fortune (en 1879) et de Spinaway (en 1875), elle-même mère de Busybody (en 1884 pour Lord Abington).
 
-Fille de l'Air (Oaks et Prix de Diane 1864 pour le comte Frédéric de Lagrange), mère de Reine (en 1872 pour Claude-Joachim Lefèvre).
 
-Musa (en 1899 pour Douglas Baird), mère de Mirska (en 1912 pour Jean Prat).
 
-Midway Lady (en 1986 pour Harry H. Ranier), mère d’Eswarah (en 2005 pour son éleveur, Hamdan Al Maktoum).
 
En Irlande: 
 
-Sabine Queen (Irish Oaks 1898), mère de Queen of Peace (Irish Oaks 1908).
 
-Majideh (Irish Oaks 1942 pour S.A. Aga Khan III), mère de Masaka (Oaks anglaises 1948)
 
En Allemagne :
 
-Hut Ab (Preis der Diana 1899), mère de Hochzeit (Preis der Diana 1907).
 
-Adresse (en 1916 pour la Gestüt Graditz, ex Haras Royal), mère de Antonia (en 1929)
 
-Lechnsherrin (en 1934 pour Paul Mulhens), mère de Leibwache (en 1942)
 
-Liebeslied (en 1956 pour la Gestüt Rosler), mère de Lis (en 1963)
 
-Ivresse (FR) (en 1958 pour la Stall Wolkenstein), mère de Ipanema (en 1968 pour la Gestüt Waldfried, élevée par la comtesse Batthyany).
 
-Loisach (en 1974 pour la Stall Gamshof) mère de Las Vegas (en 1984).
 
-Night Petticoat (en 1996 pour la Gestüt Wittekindshof), mère de Next Gina (en 2003).
 
En Italie :
 
-La Cadette (fille de Le Pacha) gagnante des Oaks italiennes 1950), mère de La Canea (fille de Vatellor, en 1956)
 
-Feira de Rio (en 1954), mère de Feria (en 1959 pour la Razza La Ginggiola)
 
Si Holy Moon (Hernando) n’a pas gagné le Prix de Diane italien, elle a, par contre, donné trois gagnantes des Oaks de Milan consécutives de 2012 à 2014 avec trois pères différents. Deux des lauréates (Final Score et Charity Line) ont ensuite été achetées par la famille Yoshida.
 
Aux USA :
 
- Blue Delight (1938 Blue Larkspur) a donné trois gagnantes des Kentucky Oaks : Real Delight (Bull Lea) (d’où Alydar).
 
- Bubbley (Bull Lea) et Princess Turia (Heliopolis). Cette dernière est la mère de Forward Lass (Kentucky Derby).
 
- Quaze (1957 Quibu), seconde des Kentucky Oaks a donné deux gagnantes, Quaze Quilt (en 1974) et Susan’s Girl (en 1972).