Le Grand Prix de la Riviera pour Spotify : carton plein pour Gwenseb, la mère

12/02/2018 - Focus divers
Spotify est le 4ème produit de sa mère Gwenseb à avoir couru. Il est également le 4ème black-type de la fratrie suite à sa victoire dans une Listed à Cagnes sur Mer, le Grand Prix de la Riviera. Quelle matrone déjà ! Par Xavier BOUGON.
Gwenseb et Olivier Peslier à Longchamp ©APRH
 
 
Gwenseb, une yearling achetée à Deauville
Gwenseb a rejoint les effectifs des Wertheimer à l’âge de 18 mois après avoir été achetée yearling pour 40.000 €. Sa mère, La Popesse (St Jovite), avait été achetée aux ventes d’élevage 2002 pour 14.000 €, pleine de Green Tune par la famille Geffrelot. Elle débutera victorieusement au mois de mai de ses 2 ans à Longchamp.
 
Trois ans après, le 3 janvier 2008, Gwenseb (fille de Green Tune, étalon de la maison Wertheimer) entraînée par Carlos Laffon-Parias, quitte la scène hippique après avoir participé au Prix Miss Satamixa à Deauville sur la fibrée, une Listed qui permet aux femelles de prendre du «gras» avant leur départ pour une nouvelle aventure, le haras. Elle venait de «prendre» 5 ans.
 
Le «gras», Gwenseb en avait déjà ramassé lors de ses performances à 2 ans notamment dans le Prix La Flèche (Listed) tout d’abord puis dans le Prix du Bois (Gr.3) en fin de premier semestre. Puis à Maisons-Laffitte, elle complète le trio du Prix Robert Papin (Gr.2), celui de New Girlfriend. Elle devra, en fin d’année, se contenter de la seconde place du Critérium de Maisons-Laffitte (Gr.2), terminant, dans un temps record, à une encolure du gagnant. A 3 ans, elle enlève, ce qui sera son dernier succès, le Prix de Lieurey (encore Listed) au mois d’août à Deauville.
 
Spotify et Maxime Guyon remportent le Grand Prix de la Riviera à Cagnes
 
Le 27 janvier 2009, soit un an après sa dernière sortie, elle mettait au monde Foreign Tune, une fille du sprinter Invincible Spirit, un prétendant qu’elle retrouvera trois ans plus tard pour, à nouveau, la naissance d’une pouliche, Impassable. L’année suivante, elle «enfante» d’un poulain d’Acclamation, nommé Attendu. Les trois sont entraînés par Carlos Laffon-Parias à Chantilly.
Le quatrième élément né en 2014, Spotify est un fils de l’australien Redoute’s Choice stationné alors au Haras de Bonneval. Il rejoindra l’écurie de Christophe Ferland à La Teste.
Il vient donc de remporter le Grand Prix de la Riviera sur le sable de Cagnes après avoir enlevé la préparatoire, le Prix du Docteur Gazagnaire le 22 janvier. A cette occasion, il faisait sa rentrée après sa seconde place du Prix Daphnis (Gr.3) du 28 juin 2017. Auparavant, il avait subi, comme d’autres, la domination de Brametot dans la Poule d’Essai (4ème) et dans le Prix de Fontainebleau (Gr.3) (3ème).
 
Le cinquième produit est une pouliche née en 2016 d’Oasis Dream nommée Gwendola. Elle fait le voyage dans l’Oise rejoignant ainsi les effectifs du gendre de Criquette. Oasis Dream est aussi le père de l’actuel yearling, nommé Thirsty.
 
Notes
- Lors de la même session des ventes d’août de Deauville 2004, les Wertheimer avaient acheté une autre yearling, Wandering Spirit (petite-fille de Sadler’s Wells et nièce de Hernando) pour 260.000 €. Placée chez Carlos Laffon-Parias, elle avait gagné son maiden à Fontainebleau à 3 ans puis avait rejoint le haras où elle est mère notamment de Wanderina (Manduro), gagnante du Prix Coronation (Listed). Elle est aussi la mère d’une 2 ans par Sea The Moon nommée Boca Poca, à l’entraînement chez Christophe Ferland.
 
- Toujours en 2004 mais en novembre à Keeneland, Soldera (fille de Polish Numbers et d’une mère descendante de la canadienne Fanfreluche), jument maiden de 4 ans, est achetée pour $ 600.000. Elle deviendra la grand-mère d’Alignement (Pivotal), gagnant du Prix Pelleas (Listed) en 2016 puis castré en octobre dernier. Lors de la même session, la casaque bleue et blanche achète une sœur de Leroidesanimaux, issue de la même famille que Hasili une brésilienne de 5 ans nommée Zaragoza Girl, pleine de Grand Slam, pour $ 500.000. Elle s’avérera être une piètre poulinière pour les bleues.
 
Foreign Tune a enlevé le Prix Coronation (Listed) et s’est classée 2ème du Prix de Lieurey (Gr.3) à une tête de la gagnante, Sarkiyla.
Impassable a enlevé deux groupes 2, les Prix de Sandringham et Daniel Wildenstein devant Miss France.
- Attendu est entré cette année au Haras du Quesnay comme étalon après ses trois victoires de Groupe 3, les Prix La Rochette (Gr.3), Quincey (Gr.3), du Palais Royal. En outre, il avait terminé second du Prix Djebel et troisième du Critérium International (Gr.1) de Johannes Vermeer.
 
Attendu, le nouvel étalon du Haras du Quesnay en 2018 ©APRH
 
Les effectifs Wertheimer en France
Avec comme source, France Galop, le nombre de pensionnaires des Wertheimer au 31 janvier dernier est de 139 élèves dont 64 deux ans et 60 trois ans (dont 31 inédits) et 10 quatre ans.
Ils sont répartis chez 5 entraîneurs différents, trois à Chantilly, André Fabre (24), Freddy Head (34) et Carlos Laffon-Parias (41) et deux à La Teste, Yann Durepaire (13) et Christophe Ferland (27).
Quatre trois ans, tous issus de Intello, ont été achetés lors des ventes dont un comme foal à Newmarket (Virtuel). Trois deux ans, tous issus de Anodin, proviennent des ventes publiques.
Une 5 ans est déclarée à l’entraînement chez Carlos Laffon-Parias provenant de chez Henri-François Devin, une certaine Haggle (Pivotal), gagnante en novembre du Prix Fille de l’Air (Gr.3) et payée 1.300.000 Euros aux dernières ventes de Deauville.
 
Des achats commencés au début du siècle dernier
Les 130 autres éléments proviennent tous de mères achetées soit foal, soit yearling soit sortant de l’entraînement soit déjà poulinière. Ces familles maternelles représentent 50 des achats Wertheimer depuis 1932. Ainsi, la plus vieille famille encore présente est celle de Polydream (gagnante du Prix du Calvados l’an dernier). Une petite dizaine de ses collègues descendent de Mammee (Bruleur), demi-sœur de Mesa, achetée à l’amiable en 1932. Elle fera carrière au sein de l’élevage par son arrière petite-fille Midget (1953) etsa fille, Mige (1966 Saint Crespin).
La famille maternelle de Goldikova au sein des Wertheimer remonte à 1960 quand Glamour est achetée foal à Newmarket pour 2.100 Guinées.
La famille de Soustraction (Prix d’Aumale 2017) remonte à 1968 quand Green Valley est achetée yearling à Deauville pour 410.000 F. La même année aux mêmes ventes, Sirya rejoint la jumenterie Wertheimer pour 140.000 F. C’est la souche de Reine de Saba et d’Egyptband, souche encore présente par trois pensionnaires.
La famille de Plumatic (fils de Plumania) remonte à Featherhill, achetée en 1989 aux USA pour $ 1.300.000 après les performances de deux de ses fils, Groom Dancer et Tagel. Dix-huit de ses descendants sont à l’entraînement en 2018.
 
Avant Mammee et autres consoeurs, Pierre Wertheimer, le grand-père des actuels détenteurs de la casaque bleue et blanche, avait acheté en 1912, Sukey (Grey Plume), sa première poulinière, provenant de l’élevage d’Ouilly appartenant au Comte de Pracomtal. En novembre 1918 à Neuilly, il achète à l’américain August Belmont (éleveur au Haras de Villers), une fille de Rock Sand (le père de la gagnante du Prix de Diane de l’année puis le grand-père de Man O’War), une certaine Epine Blanche, payée 8.400 F. (l’équivalent aujourd’hui de $ 400). Saillie par Badajoz (étalon stationné au Haras d’Auteuil et propriété de Michel Lazard) dont la saillie coûte 3.000 F., elle mettra au monde un certain Epinard après avoir refusé de la vendre à moins de 24.000 F. Epinard sera le seul produit vivant de sa mère.
 
Afin de soutenir le nouvel étalon Epinard, il est acheté en 1925, une jument de 6 ans, Lady Kroon pour 31.000 F. Elle deviendra la grand-mère d’un certain Lavandin (Derby d’Epsom) et la mère d’une gagnante du Prix Vermeille, Kiddie.
Queenly (1915) est également un achat et elle a pour mission d’être présentée à Epinard, naîtra en 1927 Democratie.
 
L’embryon d’élevage de Pierre Wertheimer était alors basé au Haras du Bel Ebat à La Celle Saint-Cloud. Ses pensionnaires seront transférés à Bessan (dans le Médoc) en 1921 puis à St Leonard des Parcs en 1929, dont il est locataire dans un premier temps puis propriétaire après la guerre.

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