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Hubert Honoré candidat à la présidence de la Fédération des Eleveurs

11/04/2019 - Focus éleveurs
 Eleveur normand bien connu au Haras d'Omméel, Hubert Honoré se présente face au sortant Loïc Malivet à la présidence de la Fédération des Eleveurs, dont l'élection a lieu mardi prochain 16 avril. Il mise beaucoup sur la jeunesse et souhaite des changements importants au sein d'une association dont il est membre depuis 8 ans. A commencer par une prime à l'éleveur unique, et une véritable action dans la communication au grand public et dans le bien-être animal.


Hubert Honoré

 

" Je ne reproche rien à l'équipe sortante qui a très bien géré la Fédération des Eleveurs, mais aujourd'hui la "maison courses" brûle et il s'agit désormais d'être visionnaire en réalisant des changements immédiats et concrets". Hubert Honoré a déjà montré son sens créatif à travers des campagnes promotionnnelles décalées pour les produits de son Haras d'Omméel dans l'Orne. Cette fois, il met, comme qui dirait, les pieds dans le plat. " Je prépare ma candidature depuis un an et demi et vu que je réduis mon activité professionnelle au haras, j'aurais beaucoup plus de disponibilté. Je l'ai déclaré suite à l'élection du comité qui a eu lieu dernièrement, et à la lumière des nombreux jeunes qui ont été élus, même si j'aurais aimé en voir encore plus eu égard au nombre de nouvelles candidatures. En effet, on doit s'appuyer sur des compétences nouvelles et par ailleurs, externaliser certains travaux à réaliser plutôt que de tout faire en interne. Je suis convaincu que cela nous fera gagner en originalité, en efficacité et surtout en réactivité. Aujourd'hui, la réactivité est la clé du succès notamment sur les réseaux sociaux. Par exemple, il faut changer de méthodologie sur le travail des commissions qui ne se réunissent finalement jamais, ou presque. Je veux des conférences call avec un compte-rendu livré le soir-même par le personnel de la Fédération. On doit aussi faire un lobbying très vif sur le sujet du bien-être animal et de la qualité bio de nos élevages, afin de contrer au quotidien des associations terribles comme L214 qui nous font beaucoup de mal. Et surtout, toute cette communication doit sortir du microcosme et de l'autosatisfaction."  

 

 

Plus puissant syndicat national, qui rassemble aussi les éleveurs des associations régionales (Ouest, Sud-Ouest, Centre-Est, Sud-Est), et deux associations de race (arabes, anglo), la Fédération des Eleveurs a une influence naturelle au sein de France Galop, qui dépend toutefois des résultats des élections de la société-mère, en l'occurrence programmées fin 2019. Autant dire que le Président des Eleveurs élu mardi devra se positionner clairement dans la perspective nationale. Hubert Honoré n'est pas le soutien le plus enthousiaste de l'actuel Président Edouard de Rothshchild, et encore moins du fameux système des cooptés, accusé par à peu près tout le monde d'immobilisme. " La fédération des éleveurs doit être une force de proposition pour France Galop, mais pas son larbin. C'est pourquoi, par exemple, je refuserais un poste de vice-président de France Galop. Quant aux cooptés, il faut mettre un terme à cette situation de népotisme. Sans aller jusqu'à un comité composé à 100% de socioprofessionnels, car dans ce cas il est difficile d'avoir une vision globale dans l'unique but de l'intérêt général, mais un nouvel équilibre doit être trouvé."

 

Pour une nouvelle prime à l'éleveur unique à 13,5%

 

Et la fameuse prime à l'éleveur ? Ses modalités d'attributions ont toujours été l'objets de guerres picrocholines, et son annulation pour les chevaux d'âge a eu un effet dévastateur chez les petits éleveurs en France. Hubert Honoré a fait ses calculs et propose un taux unique de 13,5%, quellles que soient l'âge, la race et la discipline, qui permettrait d'enfin clarifier la situation pour tout le monde tout en restant dans une enveloppe équivalente. " La prime a l'éleveur doit être une récompense à laquelle tout le monde à droit en cas de succès, et non une subvention aux conditions d'attributions changeantes et jugés préférentielles par certains."

  

 PROGRAMME DETAILLE :

 
  • Le sanitaire : Les actions menées doivent se poursuivre en accentuant notamment la relation avec l’association des entraineurs afin d’harmoniser un maximum les règles sanitaires. Encore trop de différence subsistent entre les chevaux à l’entrainement et les chevaux à l'élevage. La fédération doit également être force de proposition auprès des agences de ventes afin de garantir la bonne tenue des vacations et la santé de nos chevaux.
     
  • Etalonnage : La commission doit aller encore plus loin dans ses réflexions sur le sanitaire afin de garantir efficacité et sécurité. Elle devrait également faire pression sur France Galop pour ouvrir ses bases de données afin que nos étalons puissent figurer plus facilement dans les statistiques internationales et par ce biais en valoriser leur production.
     
  • Prime : Une vraie réflexion doit être menée pour que la prime à l'éleveur retrouve sa vocation première de récompense. Elle ne doit pas être un levier pour favoriser tel ou tel étalons ou tel ou tel catégories de chevaux, elle doit récompenser le travail de l’éleveur tout au long de la carrière de son cheval. Cette réflexion doit s’accompagner d’une simplification des taux afin d’apporter plus de lisibilité et d’efficacité au systême.
  • Bien être animal : La fédération doit continuer de peser sur France Galop afin que l’ensemble de la filière participe au financement de la conversion et de la retraite de nos chevaux de course.
     
  • Communication : La fédération doit profiter de sa bonne santé financière pour investir d’avantage dans la promotion de nos élevages. Nous devons raconter notre métier, nos belles histoires et les mettre en avant auprès du grand public en dehors de notre microcosme habituel. Réactivité sur les réseaux sociaux. Les journées portes ouvertes des haras en sont un bon exemple.
     
  • Sur le programme : Il est indispensable que la fédération soit force de proposition en matière de programme. Nous devons travailler en accord avec le PMU mais plus jamais en position de fournisseur de courses et de partants. Deux axes de réflexion avec à la fois le renforcement du programme de se?lection mais aussi la création de Grand Prix de province autour du Défi du Galop afin de créeer des débouchés pour les plus petites catégories de chevaux et de donner de la visibilité aux hippodromes de province. Notre nouveau directeur Luc Kronus , très expérimenté dans ce domaine sera notre aide la plus précieuse pour concrétiser nos propositions auprès de France Galop.
     
  • L’emploi : Même si notre métier, en zone rurale, permet à des apprentis sans qualification de commencer dès leur plus jeune age . Il faut les former et les inciter à persévérer car le manque de personnel de qualité fait cruellement défaut dans certains secteurs comme l’entrainement.
  • Consensus : La fédération doit tout mettre en œuvre pour que des actions similaires soient menées avec les entraineurs : mise en place de livrets digitalisés , annuaire commun à nos deux professions, agir sur le protocole sanitaire conjointement.
     
  • International :
    •  Brexit : L’équipe sanitaire et internationale a planché depuis des mois sur le sujet. Elle est bien au fait de la crise du Brexit des conséquences qui affecteront les déplacements de nos juments entre la France , l’Irlande et la Grande Bretagne. Nous aurons besoin de techniciens experts en matière fiscale et juridique pour gérer l’après Brexit.... s’il a effectivement lieu.
       
    • Sanitaire : Nous devons inverser le rapport de force par rapport aux Anglais en harmonisant nos règles sanitaires. La qualité de nos élevages et de nos étalons nous donne aujourd’hui le levier pour le faire. Nous ne pouvons pas accepter de subir leurs règles contraignantes alors que nous les laissons dans le même temps venir saillir leurs juments chez nous sur la journée.