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L'histoire de DNA : les désastres des ex-futur cracks américains

06/09/2019 - Grands destins
 Thierry Grandsir aime à nous raconter de bien belles histoires. Mais comme toujours, en face des montées, il y a des descentes parfois jusqu'aux enfers comme les désastres spectaculaires de certains chevaux achetés les plus chers sur les rings américains. S'il n'est pas bien de se moquer du malheur des autres, c'est rigolo quand même alors on en profite !!!


Canadian Bound (1975), le 1er yearling millionnaire en dollars

 

Rien de tel qu’un cheval pour vous faire passer pour un imbécile. Ce célèbre adage se vérifie si souvent qu’aucune Femme ou Homme de Cheval qui se respecte ne peut longtemps s’écarter de l’humilité qui sied à leur qualité. Si nos petites histoires regorgent d’exemples de foals quasiment condamnés à la naissance avant de croiser la gloire sur les pistes, nous aborderons cette fois le cas inverse : de ces poulains qui ont tout pour eux au départ, avant de connaître un implacable anonymat…

Canadian Bound fut de ceux-là. Présenté aux ventes de yearlings de Keeneland en 1976, il cochait toutes les cases pour générer les plus folles convoitises. Conçu lors de la première saison de monte de l’immense Champion Secrétariat, auréolé d’une gloire encore intacte, il avait pour mère la jument Charming Alibi dont le premier foal, une pouliche alezane répondant au nom de Dahlia, venait tout juste de remporter sa onzième course de Gr.1 pour un total de gains frôlant les $1,500,000. Et c’est précisément la somme qu’il fallut débourser pour acquérir Canadian Bound, premier yearling à 7 chiffres de l’Histoire des ventes américaines. L'élève de Nelson Bunker Hunt fut acheté par Ted Burnett et John Sikura Jr, qui l'ont envoyé à l'entraînement...en France chez Maurice Zilber. Ce dernier était réputé comme un génie, mais personne n'est magicien. Vous devinez la suite ? Canadian Bound ne put mieux faire que de se placer 2 fois en 4 sorties à 2 et 3 ans,pour $1,050 de gains. Pas mieux au haras, où il conçut 106 foals dont pas même un gagnant de Listed… 

 


Snaafi Dancer, le 1er yearling vendu plus de 10 millions de dollars.

 

Il ne fallut pas attendre plus de sept ans pour que la folie des années 1980 ne fasse tomber un nouveau record : le premier yearling à plus de 8 chiffres en dollars… Il cochait lui aussi toutes les cases, ce fils du légendaire Northern Dancer et frère utérin de la Championne My Juliet au modèle splendide répondant au nom de Snaafi Dancer. Enchère gagnante à $10,200,000, que le tableau d’affichage de Keeneland ne put d’ailleurs indiquer en entier car trop petit pour un si gros montant !!!

Acquis par Cheikh Mohammed Al Maktoum, Snaafi Dancer fut envoyé à l’entraînement mais demeura inédit. Son mentor déclara : « le cheval est tellement atteint de lenteur le matin que j’aurais trop honte de souscrire le moindre engagement pour lui dans une course, même de seconde zone… ». Envoyé rapidement au haras, Snaafi Dancer se révéla quasi-stérile. Un foal sur 27 juments saillies en première saison, aucun foal en deuxième année, et une production totale comptant seulement quatre produits, trois nommés ayant couru, une modeste gagnante…

 


The Green, le cheval le plus cher de l'histoire, acquis 16 millions de dollars.

 

L’enchère la plus élevée jamais engagée sur un pur-sang est de $16,000,000, engagé par les associés de Coolmore (Derk Smith et Micheal Tabor) pour un poulain de deux ans par Forestry présenté aux ventes Breeze up de Fasig-Tipton (USA) en 2006 où il avait fait un chrono extraordinaire. En effet, il avait parcouru un furlong (200 m) en 9,4 secondes, c'est à dire qu'il avait galopé à la vitesse incroyable de 77 km/h !

Baptisé The Green Monkey par ses acquéreurs (du nom d’un parcours de golf dépendant du plus grand hôtel de luxe de la Barbade dont ils se partageaient la propriété), le poulain demeura maiden en trois sorties pulbliques chez Todd Pletcher ($10,240 de gains) avant une carrière très modeste au haras. Au moins, il aura assuré la publicité de l’hôtel !

 


Seattle Dancer, acquis 13 millions de dollars, fut un très bon cheval de course et un étalon respecté.


Il ne faudrait certes pas généraliser sur la foi de ces trois exceptions, car de nombreux yearlings records ont positivement répondu aux espoirs mis en eux, tel Seattle Dancer ($13,100,000) pour ne citer que celui-là. Ceci étant dit, la malédiction qui semble s’acharner sur les plus riches n’aura pas non plus épargné le Champion américain Cigar (1990 - Palace Music) qui, fort de 12 victoires au plus haut niveau, avait établi le nouveau record mondial de gains en son temps avec un compte en banque de $9,999,815.

Totalement stérile au haras, Cigar trouva refuge au Kentucky Horse Park de Lexington (KY) aux côtés du hongre John Henry, un précédent détenteur du record avec $6,600,000. Et ce pour le plus grand plaisir des visiteurs de cette institution d’utilité publique qui n’a, malheureusement, pas (encore) d’équivalent en France…