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La Head-mania (2e partie) : William, le grand-père dit le Bison !

01/12/2013 - Grand Destin
Si les Jennings ont débarqué en France en provenance d’Angleterre, William Head, le grand-père de Criquette et de Freddy, est né à Saint-Germain en Laye et leur père, Alec, au Mesnil Le Roi, commune jumelée à son homologue anglaise, Newmarket. C’est donc dans le département de Seine et Oise que tout débuta.

William-Henri-Georges Head (initiales à ses débuts : W.H.G.) est né le 21 janvier 1890 à Saint-Germain en Laye (ses parents habitaient dans la commune, rue de Paris au N°56). Sa mère a dû assumer seule les souffrances de l’accouchement, son mari William Senior, étant en déplacement (rappelons qu’il était jockey et qu’il y avait courses à Nice et Cannes, le meeting de Cagnes actuel). Il est déclaré à la mairie par la sage-femme en présence de deux témoins, un épicier et un marchand de vins. A 14 ans, il est déjà à cheval chez son maître d’apprentissage, Jean des Forts sur les pistes de St Germain-Achères.C’est pour son employeur suivant, Urbain David, que William Jr empoche son premier succès le 19 juin 1909 à St Ouen (une course de haies pour 3 ans) suivi de six autres dans l’année. A l’issue de la saison 1922, après dix années en selle (rappelons qu’il n’y avait pas eu de courses de 1915 à 1918), il raccroche les bottes le 13 décembre à Enghien après la victoire de Le Renfort, un pensionnaire du grand propriétaire, Arthur-Veil-Picard, entraîné par Roch Filippi, la 538e de sa carrière. Sa réussite était d’autant plus méritoire qu’il était de grande taille, ce qui ne l’empêcha pas d’être leader de sa profession en 1912 et 1914 et même en 1919 et 1920, les années où il avait comme adversaires Alec Carter et George Parfrement. Il aura remporté toutes les grandes épreuves d’Auteuil : 


 - Le Grand Steeple Chase de Paris 1920 avec un pensionnaire de Jean Lieux, Coq Gaulois devant 98.575 spectateurs payants (!).

- Le Prix La Haye-Jousselin avec une pouliche du mansonnien Emile Duffourc, Magicienne.

- La Grande Course Course de Haies d’Auteuil 1921 avec Forearm, un pensionnaire de Charles Liénart, entrainé par Jean Lieux..
William Head, un crack jockey d'obstacle malgré sa taille.

 
Willy a aussi pris la seconde place du Grand National en1919 en selle sur l’irlandais Ballybogann devancé par le crack Poethlyn (monté au poids de 79 k. par Ernest-Ernie- Piggott, le grand-père de Lester et entraîné par Harry Escott, un personnage évoqué dans le premier épisode).
 
LIRE LE 1e EPISODE DE LA SAGA HISTORIQUE DES HEAD

 
Notes :

  • Pour l’anecdote, son petit-fils, Freddy, mettra fin à sa carrière de jockey sur un succès, également, celui de Marathon, le 12 août 1997 à Deauville.
     
  • Le 23 juillet 1916, William Head est le jockey de la première victoire du roi espagnol Alphonse XIII (qui courait sous le nom de Duc de Tolède) en selle sur Botticelli dans la Grande Course de Haies de Saint-Sébastien, entrainé par Jean Lieux.
     
  • Coq Gaulois et Forearm, tous deux montés par William Head, seront les derniers grands vainqueurs de son propriétaire belge, Charles Liénart, (un banquier) qui décèdera en novembre 1921 à 74 ans. Il avait eu une très importante écurie de chevaux d’obstacles. La totalité de son effectif sera acheté par le Duc Decazes.

  • Propriété d’Evelyn-Wentworth Hope Johnstone (9e Comte de Annandale) (1879-1964) (Mauve, manches mi-mauve-mi-rouge, toque rouge), Ballyboggan avait remporté, en 1918, l’Irish Grand National.

 

Entraineur au Mesnil le Roi
 
Le «Bison» (en raison de sa stature à cheval) débute l’année suivante avec une licence d’entraineur rue de la République (rebaptisé rue Jules Rein peu de temps après en 1926) au Mesnil le Roi avec un premier pensionnaire qui courra en plat sous les couleurs de son épouse, Henrietta. Il s’agit d’une pouliche de 3 ans, Florule, achetée à réclamer, le 27 mars 1923 à Saint-Cloud, à Frank Carter pour 20.800 F. Elle lui gagnera un faux-maiden (victoires à réclamer exceptées) le 9 mai au Tremblay, montée par Marcel Allemand. Ce sera le seul succès de Willy cette année-là en plat. Il faudra attendre plus de 12 mois pour revoir, en plat, un pensionnaire de Willy franchir le poteau en vainqueur. C’était à domicile à Maisons avec Aramis.
 
C’est Proizy (As d’Atout), propriété de Louis  de Chatelperron (bleue, manches mi-bleues, mi-blanches, toque blanche), qui lui donnera son premier succès en obstacles, le 12 juin 1923 à Enghien. Monté par son frère Robert Head, Proizy sera vendu au Mis de Ganay, puisqu’il s’agissait d’un réclamer. Cinq de ses huit gagnants de l’année seront montés par son frère dont Le Glaive (pour les couleurs Chatelperron), Gribouille (un ancien pensionnaire de Charles Liénart) et Patrocle, deux élèves de Pierre Baudin.
 
En 1924, il ne tardera pas à inscrire son nom dans les palmarès de la Côte d’Azur avec une première victoire, dès l’ouverture du meeting le 3 janvier, à Nice avec Se Souvenir (!) au Duc Decazes (tête de liste des propriétaires en 1922 et 1923) monté par Léon Barré (qui finira l’année tête de liste). Cinq jours plus tard, il s’impose à nouveau avec un pensionnaire de Pierre Baudin, Lis, monté par son frère Robert. A l’issue du meeting de Nice-Cannes, il compte 9 victoires (seulement devancé par Georges Batchelor et Henri Count). A la rentrée parisienne, Boabdil (propriété de James Schwob) lui donnera son premier groupe (même si les Patterns n’interviendront que 75 ans plus tard, en 1999), le Prix Juigné. Il terminera l’année avec 20 victoires en obstacles et 4 en plat dont deux succès de 2 ans dont un à Deauville (Foliage), tout près des terres du Quesnay qui deviendront siennes quelques 30 ans plus tard.
 
 
A Maisons-Laffitte, sur son hack gris, William Head surveille ses pensionnaires dont la vedette en 1964 est Le Fabuleux. A la fin de l'année, il s'installera à Chantilly. Photo APRH (propos de Guy Thibault)
 
 
L’écurie grossit et William «embauche» des apprentis dont le premier en 1925, Thomas (Tommy) Dunn. Viendra s’ajouter en 1940 sur la liste des apprentis, un certain Alec Head, son fils. Entre temps, Willy avait déménagé ses pensionnaires du Mesnil Le Roi pour le Parc de Maisons au 14 avenue Béranger, où il louait une écurie, tout près du champ de courses. C’est plus tard qu’il achètera la superbe écurie de l’avenue Marengo.
 
En plat, c’est dans le Prix du Petit-Couvert, le 21 octobre 1926, que Willy signera son premier groupe avec une 2 ans de James Schwob. C’est en 1937 qu’il remporte son premier Groupe 1 avec aussi une pouliche de 2 ans, Blue Star (monté par Fernand Rochetti et appartenant à Mme Claude Sampieri) dans le Prix de la Forêt. Blue Star avait pour grand-mère une certaine Saperlipopette (famille maternelle de Sicambre, Lagunette et autres champions…).
 
Le Prix du Prince d’Orange 1971 sera sa dernière victoire de groupe avec les couleurs de Mme Guy Weisweiller portées par Hallez (un poulain qu’elle avait élevé). Daring Display lui donnera son dernier Gr.1, le Prix Morny pour Lady Granard. Willy terminera sa carrière en novembre suivant avec un dernier vainqueur à Saint-Cloud, Tarpan, (monté par son petit-fils) après plus de 1.200 victoires en plat et 700 en obstacles. Quant à Daring Display, c’est pour son fils, Peter, qu’il terminera 3e de Riverman l’année suivante dans la Poule d’Essai.
 

Evohe II, double vainqueur de la Grande Course de Haies d'Auteuil, monté par Thomas Dunn, formé en tant qu'apprenti par William Head.

 
Notes
 
  • Le premier vainqueur de William Head en obstacles appartenait à Louis Collas de Chatelperron (son nom patronymique) qui est le père de Guy. Ce dernier épousera Françoise du Vivier de Fay-Solignac (la famille de l’ancien président de la Société des Steeple-Chases) pour qui une certaine Rêve d’Oscar a gagné le Prix Saint-Alary 2000, entraînée par Mme Myriam Bollack.
     
  • Willy Head gagnera 8 fois la Grande Course de Haies d’Auteuil (toujours un record à l’heure actuelle) dont les éditions 1946 et 1947 avec Vatelys (appartenant à son épouse et monté par son fils Alec) et Le Paillon (devant Vatelys) qui créera un précédent en enlevant 5 mois plus tard le Prix de l’Arc de Triomphe (un fait encore unique à ce jour, qui risque de le rester). Il enlève également 5 fois le Prix La Haye-Jousselin dont 3 avec Meli Melo (seul Al Capone fera mieux).
     
  • Les pensionnaires de William Head portaient, à partir 1923 et pour quelques années, les couleurs rouge toque orange en plat et rouge toque bleue en obstacles. Elles deviendront rouge toque rouge un peu plus tard, les anciennes couleurs du propriétaire belge, Charles Lienart qui lui avait été léguées par testament en témoignage de la fidélité de son «pilote» d’obstacles.
     
Pour l’anecdote, la casaque rouge et la toque rouge étaient portées, avant la Révolution, par les chevaux du comte de Lauraguais puis de 1839 à 1857 et par ceux du prince Marc de Beauvau, premier propriétaire d’Henry Jennings. Ces couleurs connaîtront donc la gloire avec Charles Liénart (9 titres de propriétaires entre 1899 et 1921). Ce dernier portait au revers de sa veste le ruban rouge de la Légion d’Honneur. Mais c’est une casaque rouge qui sera déposée sur son cercueil lors de son décès à l’automne 1921.
 
Tommy Dunn, le premier apprenti de William Head, s’avérera être l’un des meilleurs jockeys d’obstacles de sa génération. Il s’est forgé un beau palmarès grâce, entre autres, aux pensionnaires de son « patron », Meli Melo, Evohe II, Symbole…D’autres apprentis feront parler d’eux tels que Théodore Nador (d’origine hongroise), Robert Winkfield (une année seulement, puis futur entraîneur, maître d’apprentissage de Michel Chirol et Gérard Charia et époux de Janine Lefèvre, la cavalière, fille de l’acteur René), Claude Deleuze et l’un des derniers, Elie Lellouche, qui avait signé un premier contrat d’apprentissage en 1968 avant la fin de carrière de son patron.

Charles Liénart, grand propriétaire d'obstacle.

 
Willy Head, après avoir loué une écurie au 14 avenue Béranger, achètera l’écurie du 8 avenue Marengo à Maisons-Laffitte. Il quitte en 1964 les lieux pour le centre d’entraînement de Chantilly après la victoire de Le Fabuleux (propriété de Mme Guy Weisweiller, belle-mère de Jacques Bouchara) dans le Prix du Jockey Club. Avant de quitter le Parc de Maisons, Willy Head, posté place Napoléon,aurait donné l’ordre de faire tourner les chevaux au pas autour de la statue de l’Empereur, en ajoutant à l’adresse de ses cavaliers et avec une pointe d’humour : « Nous allons faire prisonnier Napoléon, une fois encore»
 
L’écurie de l’avenue Marengo avait été construite avant la Première guerre mondiale (1906) pour le baron Maurice de Waldner (40 boxes et une maison d’habitation). Elle est vendue en 1920 à Marcel Boussac dont les chevaux occuperont les lieux jusqu’en 1927 (entraînés par André Gottlieb, entre autres). Après avoir été louée à plusieurs entraineurs, elle devient la propriété, en décembre 1949 de la Société Immobilière Napoléon (William Head et ses fils). L’écurie sera revendue à la Société des Steeple-Chases en mars 1966 (Kendor et Raymond Touflan ont occupé les lieux quelques temps après)..
 

L'écurie Marengo avait été construite par Raquin, l'architecte de l'hippodrome du Tremblay.

 
Willy Head quittera les siens le 30 mars 1984 à 94 ans. Il avait gardé une fraicheur extraordinaire qui lui aura permis de vivre sa passion pour le cheval jusqu’à la fin de sa vie. Il l’a transmise à toute la famille, enfants comme petits-enfants.

 

La descendance de William et d’Henrietta

William et Henrietta auront 3 enfants : l’ainé, né en 1917, Gérald, mort pour la France en juin 1940 à St-Valéry en Caux et ses frères Pierre et Jacques Alexandre (dit Alec). Pierre n’ayant pas eu d’enfant, seul Jacques-Alexandre transmettra la passion à sa descendance.
 
Pierre, dit Peter, malgré son palmarès, est resté dans l’ombre de son frère

Pierre (dit Peter né en janvier 1920) «enfilera», comme son père et son frère, le breeches de courses. Il n’a monté que 3 ou 4 années avec quelques victoires. Comme entraîneur, il a débuté au Mesnil le Roi (5, rue Jules Rein, l’ex rue de la République) en 1948 (avec comme premier propriétaire André Magnus). Il faudra attendre le 9 décembre pour voir, à Auteuil, la première victoire de l’écurie avec une pouliche de 3 ans, Séduction, remportée une course de haies, montée par Claudius Lalanne. Elle rééditera le 21 décembre suivant, toujours à Auteuil.
 
C’est à Longchamp que Peter inscrira sa première victoire «plate» avec Figaro, un hongre de 10 ans appartenant à Mme Lucienne Freuchet et monté par Roger Wojtowiez au poids de 48 k. (encore apprenti) dans l’important Prix Rieussec, déjà un handicap. Peter totalisera 221 succès en obstacles et 240 en plat jusqu’en 1971, deux décennies pendant lesquelles deux de ses pensionnaires enlèveront le Grand Steeple-Chase de Paris : Necor en 1956 pour un propriétaire du Sud-Ouest, Jean Etchepare et Kingcraft en 1960 pour Jean de Marcilly.
 

Peter Head (à droite), remporte le Grand Prix de Paris 1973 avec Tennyson, monté par Alfred Gibert.

 
 
Après cela, il rejoindra son frère Alec à Chantilly (reprenant le tapis de selle N°91 de son père qui mettait un terme à sa carrière). A peine installé, il s’impose dans le Grand Prix de Paris avec Tennyson (à F.W. Burmann, propriétaire plus tôt de Bon Mot, en y reviendra plus tard). Une fois dans l’Oise, son palmarès s’est étoffé de 202 victoires supplémentaires dont celle de Ranimer dans les Sun Chariot St. en 1976. Peter sellera son dernier partant le 6 décembre 1981 à Auteuil. Cette dernière partante Khadidja, est aussi son dernier vainqueur appartenant au comte Bernard de Salverte et montée par André Pommier. En cette dernière année, Astonished (pour Sir Robin Mc Alpine) lui offrira un dernier podium d’une course de groupe, en l’occurrence celui du Prix de Royallieu. Après avoir pris sa retraite en 1982 en Normandie, il vient de nous quitter (avril dernier) quelques années après son épouse (décembre 2008).
 
Notes
 
Necor est vainqueur le 11 décembre 1955 du Prix Daniel Guestier à Auteuil. Rien d’exceptionnel, me direz-vous, si ce n’est qu’il est l’un des 6 gagnants sur les 6 montes de Pierre Delfarguiel ce jour là (ce score reste encore un record si l’on excepte les courses de plat).
L’écurie de la rue de la République au Mesnil le Roi (5, rue Jules Rein) située sur la route permettant de relier St-Germain en Laye à Maisons-Laffitte, a été occupée pendant quelques années, après le départ de Peter Head, par l’entraineur Robert Goudon avant qu’il ne s’installe dans le Parc.

 Le 3e fils, Alec, fera l’objet du troisieme volet

 


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