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La chronique Facebook d'And They're Off : Ce soir, le rêve américain de "Chromie"

17/05/2014 - Grands destins
Je pourrais commencer mon récit par n'importe quelle étape de sa vie que cela en resterait toujours aussi magique, toujours aussi surprenant. L'existence même de California Chrome relève du délire, de la folie de deux hommes. Du génie. De l'audace. Du rêve, sans réalité possible. Et pourtant, il suffisait d'y croire. Par And They're off (suivre sur Facebook)


Février 2009 à Golden Gate Fields, près de San Francisco. L'hippodrome ouvre ses portes pour une journée de compétition. Le niveau est faible. Les allocations aussi. Pour 8000 dollars, Love The Chase entre dans les stalles. Et remporte la course.

A son retour, les poignées de main sont silencieuses, presque distantes. Les sourires invisibles. La pouliche vient d'être vendue, aussi peu cher que ce qu'elle venait de gagner. Elle avait plu à Steve Coburn et à Perry Martin, membres d'une assemblée de propriétaires californiens. Les deux hommes ne se connaissaient pas, mais ils s'associèrent avec confiance dans l'aventure. Incrédules, les lads de l'écurie regardèrent partir la jument, la désignant alors familièrement comme un âne.


"Dumb Ass Partners" était lancé. Steve et Perry annoncent leur casaque : T-shirt violet, toque verte. Un âne placardé sur le torse du cavalier. La pouliche courut encore à deux reprises, sans délivrer le moindre talent. On propose une vente à 1000 dollars. Ils ont mieux pour elle : la reproduction. Love The Chase est présentée à Lucky Pulpit, pour 2000 dollars. L'étalon n'est pas de première zone. Tant mieux, la pouliche non plus.

Quelques semaines avant la naissance du fruit de cette union futile, Steve Coburn se réveille d'une nuit de doux rêves. Le frêle poulain était alezan, inconfortable sur ses quatre jambes blanches, la tête caractérisée par une large liste.
Le travail de la jument commence alors. Le poulain que les hommes découvrent allongé sur la paille est en tous points identique à l'imaginaire de Steve. En un instant, ils se découvrent un destin.

Passent quelques jours. Attablés au restaurant, les deux amis et leurs épouses cherchent à se mettre d'accord sur un nom. Chacun y va de sa proposition, transposée sur un bout de papier déposé au fond d'un chapeau. La serveuse est mise à contribution. D'un geste sûr, elle déplie de ses doigts ce choix irréversible. Et d'une voix détachée, annonce l'appellation du destin : "California Chrome".

Lorsque le poulain fut en âge de courir, les deux hommes s'attelèrent à la recherche de celui qui le sublimera. Art Sherman, efficace entraîneur aux nombreuses victoires et à la réputation solide, leur est présenté. L'homme, malgré une vie consacrée au cheval, n'a jamais eu de talent digne du Kentucky Derby. Âgé alors de 76 ans, il cumule les emplois et s'occupe d'une poignée de chevaux. Bien qu'ayant un passé houleux, collectionnant les amendes pour médications illégales, il est intégré à l'équipe pour sa patience reconnue.

Fin avril 2013, le poulain débute en course par une deuxième place à Hollywood Park. Il remporte la suivante aisément, sur la même piste. Ces deux premières mises en jambes furent sur 900 m, lui apportant d'emblée vélocité et concentration.
Progressivement, "Chromie" apprend son métier, et augmente la distance. Il gagne à Del Mar sur le sprint, accuse ses efforts par deux fois dans de bonnes compétitions, puis s'enclenche enfin, pour ne plus jamais rien lâcher.

De retour à Hollywood Park, le poulain s'envole. Il dépasse le mile dans le California Cup Derby à Santa Anita, et termine ralenti. Sur le même parcours, il fait sien le groupe 2 San Felipe Stakes, et pour cent mètres de plus, son premier groupe 1, le Santa Anita Derby. La concurrence lui est très en dessous. Le poulain s'allonge, et naturellement, se retrouve seul au poteau.

Le 03 mai dernier, California Chrome s'élançait favori du Kentucky Derby, première étape de la légendaire triple couronne. La course visée, le jour de gloire. Le rêve transposé en une si belle réalité. Sur son dos, Victor Espinoza, son jockey fétiche. Lui qui, dans sa jeunesse à Mexico, avait appris le métier penché sur l'encolure d'ânes entêtés.
Né pour le sacre, "Chromie" s'envole. Certes, pas aussi facilement que précédemment. Mais il est insaisissable, malgré une concurrence au complet. Malgré la distance, de 2000 mètres. Le poulain alezan aux œillères violettes surmontées d'un âne vert, d’ors et déjà près de la tête, s'annonce à l'amorce du tournant et foulées après foulées, se rapproche de l'impossible. Les roses rouges sont faites siennes. L’Amérique exulte.

Perry et Steve refusèrent une offre de six millions de dollars pour le poulain avant la course, ainsi que celle de 750.000 dollars pour Love The Chase, cette pouliche qui ne valait autrefois qu'une poignée de milles.

Steve Coburn, qui avait rêvé du poulain étalé près des flancs de sa mère, l'a vu naître un 18 février. Trente-six années, précisément, après la mort de sa sœur. Trente-six années, après Affirmed, et la dernière triple couronne.

Ce soir, ce sont les Preakness Stakes à Pimlico. La concurrence est peu nombreuse, et semble moins qualitative.

Ce soir, California Chrome a rendez-vous avec le destin.

Ce soir sera le retour du rêve américain.



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