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Avenir Certain : une famille très internationale, spectaculaire et musicale

25/06/2014 - Grands destins
Un anglo-américain, un Parisien, un suédois, un normand, voilà de quoi faire un pedigree international. Voir les photos d'archives. Par Xavier BOUGON.
Une famille maternelle introduite en France en 1930
L’histoire de cette famille, tout d’abord anglaise, débute bien avant-guerre avec l’achat de l’aïeule d’Avenir Certain, Quick Change (Hurry On), par un anglo-américain amoureux de la France, Jefferson-Davis Cohn. Suite à la crise économique de 1929, il est obligé de vendre son patrimoine équin, ce qui fait « les affaires » de certains gros propriétaires dont Léon Volterra, un homme de spectacle parisien, le patron du Casino de Paris, du Théâtre Réjane (rebaptisé plus tard Théâtre Michel), du Théatre Marigny mais aussi de l’Olympia, où s’est produit récemment le groupe musical, Puggy (un groupe créé en 2005, l’année suivant la naissance de la mère d’Avenir Certain, Puggy).
 
Avenir Certain est née des amours de Le Havre (élevé par une franco-suédoise) et de Puggy (née en Irlande, élevée par un dubaïote et propriété d’un suédois). Elevée en Normandie au Haras de la Cauvinière chez Sylvain Vidal (né dans le Cher) et son épouse, Elisabeth (née à Lisieux), elle est entraînée à Pau pour une association hispano-normande, voilà un amalgame très international.
 
 
Rien de tel qu'une bonne douche après l'effort d'Avenir Certain dans le Prix de Diane (Photo APRH)
 
Puggy, anglo-irlandaise puis scandinave
Née en 2004, la fille de Mark of Esteem, Puggy, a été élevée par l’un des membres du clan Maktoum sous l’entité Darley. Elle est inscrite lors des ventes de septembre pour « Tattersalls Ireland » et trouve preneur pour 16.000 € en la personne du pinhooker irlandais, Willie Browne (Mocklershill). L’année suivante, lors de la Breeze-Up de Doncaster, il la remet en vente (n’est-ce pas le principe du pinhooking !). L’acheteur, Roy-Arne Kvisla, entraineur suédois tout récemment installé en Angleterre, va signer le bon de £ 75.000 pour son propriétaire Hans-Raoul Troedsson (sous l’entité, tantôt Investment AB Rustningen, tantôt Stall Rio).
 
Installé dans l’ancienne cour de Brian Meehan, dans le Lambourn, Roy Kvisla va la faire débuter victorieusement (fin août face à 15 adversaires) sur 1.400 m. à Salisbury, montée par son compatriote suédois, Fredrik Johansson. Elle va ensuite conclure à la seconde place des Oh So Sharp St. (Listed sur 1.400 m. à Newmarket) puis à la  place, toujours à Newmarket, des Rockfel St. (Gr.2) de Finsceal Beo et de Rahiyah (future 3ème de la Poule d’Essai française de Darjina). A la suite de sa superbe saison, son avenir est tout tracé, mais son entourage ne retrouve pas la pouliche prometteuse.
 
A l’occasion de toutes ses sorties à 3 ans, elle va terminer loin du podium : dernière dans la préparatoire aux 1000 Guinées dans lesquelles elle va accrocher une 8ème place, montée par Stéphane Pasquier. Puis viendront les Princess Elizabeth St. (Christophe Soumillon) et les Coronation St. (Lanfranco Dettori). Elle finira sa saison au mois d’août par une place au pied du podium d’une Listed à Pontefract (peut-être pas le plus glamour des hippodromes)  sur 1.200 m.
 
Durant l’hiver suivant, elle va regagner ses pénates en Suède et ne fera sa réapparition qu’à l’été 2008 en prenant la 3ème place de la Taby Varsprint (Listed sur 1.150 m.), montée et entraînée par Yvonne Durant. Puis viendront cinq autres places dont la seconde du Bloomer’s Vase (Listed à Taby sur 1.600 m.) et la troisième de la Polar Cup (Gr.3 à Ovrevoll-Norvège sur 1.350 m.). L’avenir immédiat de Puggy, c’est certain, est donc désormais le haras.
 
Notes :
- Né en 1993, Mark of Esteem avait enlevé les Guinées anglaises et les Queen Elizabeth II pour les couleurs de Godolphin. Ce fils de Darshaan, qui faisait la monte à Dalham Stud, venait de remporter le Derby 2006 avec son fils Sir Percy, l’année précédant la naissance de Puggy.
 
- Né en 1968 en Norvège, Roy-Arne Kvisla va embrasser la carrière de jockey d’obstacles (pilote de Serafin, Grand National de Baden-Baden et d’Ovrevoll) avant de se former au métier d’entraineur en Australie et en Norvège auprès de Wido Neuroth et de Knut Rimstad. Il prend donc sa licence en 1999 et va s’installer à Taby, en Suède. A la suite de son titre de meilleur professionnel en 2005 (45 victoires), il fait ses bagages (avec femme et enfants) pour l’Angleterre et le Lambourn (plutôt que Newmarket) avec le soutien de son principal « client », la Stall Rio (Troedsson). Son effectif d’une quinzaine de chevaux, dont la majorité faisait déjà partie de l’écurie suédoise, est rejoint par l’achat de Puggy. Mais Roy ne restera finalement en Angleterre que 3 ans.
 
Puggy entre au haras
Puggy est saillie pour la première fois en 2009 par Vita Rosa, un fils de Sunday Silence, faisant la monte chez Kirsten Rausing (Lanwades Stud) au prix de £ 3.000. Puis son propriétaire suédois, Hans-Raoul Troedsson, décide de réduire son effectif de courses et d’élevage, c’est ainsi que Puggy va rejoindre le Haras de la Cauvinière à l’issue d’une vente à l’amiable.
 
Adjudant Chef, le premier foal, castré de bonne heure, va s’imposer à 3 ans à Argentan pour les couleurs (verte, un chevron rouge) d’Elisabeth Vidal (en photo à droite). Il quittera, deux mois plus tard, les effectifs deauvillais de Yann Barberot à l’issue d’un réclamer à Longchamp.
 
Avenir Certain, son second produit, fille de Le Havre, est la gagnante du Prix de Diane après avoir enlevé la Poule d’Essai. Invaincue en 5 sorties, elle avait débuté à Bordeaux-Le Bouscat dans le Prix Vermout en octobre de ses 2 ans.
Elevée donc par les époux Vidal, elle avait été présentée aux ventes de yearlings Arqana du mois d’octobre par Coulonces Consignment (Haras du Grand Chêne). Jean-Claude Rouget n’avait d’yeux que pour elle et c’est tout naturellement qu’il signe le bon de sortie de 45.000 € pour son « client » espagnol, Antonio Caro (conseiller par Hervé Bunel de la FIPS), propriétaire chez lui depuis plus 25 ans.
 
 
Le naisseur et l'éleveur d'Avenir Certain Sylvain Vidal à gauche, Mathieu Alex du Haras de la Cauvinière et Anna & Etienne Drion de Coulonces Consignment, les vendeurs d'Avenir Certain aux ventes de février 2013 (Photo APRH)
 
-En 2013, Puggy va mettre au monde son 3ème produit (après avoir pris du repos en 2012), une pouliche de Rock of Gibraltar, nommée Taaoa (une évocation tahitienne) (qui ressemblerait comme deux gouttes d’eau à sa grande sœur). Elle n’a pas pouliné cette année mais a été testée pleine de l’étalon maison, Rajsaman (Linamix).
 
Notes :
- Les terres du Haras de la Cauvinière, situées sur la commune de Notre Dame de Courson, près de Livarot, sommeillaient depuis une vingtaine d’années quand le couple Vidal a repris l’exploitation sur un domaine appartenant à la famille Ribard depuis quatre générations. Guy Ribard, le père d’Elisabeth, qui était plutôt spécialisé dans les chevaux de sport, n’en aimait pas moins les courses. Titulaire d’un permis d’entraineur, il a «offert » à un certain André Fabre, alors gentleman-rider, sa première victoire en obstacles (24 mai 1970 à Argentan sur Pickle). Pour l’anecdote, André Fabre a été stagiaire à La Cauvinière, à une époque où Elisabeth n’était pas encore de ce monde.
 
- Le Haras du Grand Chêne (une ancienne ferme sans box ni clôture) a été créé de toutes pièces en décembre 2009 par les époux Drion, Etienne et Anna, fille de Maja et Jan Sundström, un couple de suédois qui avait acheté à proximité, le haras de Coulonces en 2004, près de Trun (Orne). C’est dans ces lieux qu’a été élevé, par l’entité Team Hogdala (du nom de leur propriété suédoise), le père d’Avenir Certain, Le Havre qu’ils vendront yearling 100.000 €.
 
Etienne Drion (né à Dublin en 1973) et Sylvain Vidal (également né en 1973) faisaient partie de la même génération de stagiaires, il y a une vingtaine d’années, chez Coolmore, une entité pour laquelle Anna Sundström a été leur stagiaire également avant d’autres expériences professionnelles notamment chez Christophe Clément sur la côte Est des USA et Emmanuel de Seroux en Californie.
 
-Hans R. Troedsson (né en 1931) est un homme d’affaires exerçant en Suède mais aussi à Londres. Jusqu’en 2011, il a eu des chevaux en France en pension chez sa compatriote, Mme Pia Brandt. C’est chez elle, en Suède puis à Gouvieux, qu’avait débarqué un excellent poulain né en France, nommé Farouge (Stockholm Cup, St Leger suédois, 2ème de la Scandinavian Open Championship, du Derby suédois, 3ème du Derby et des 2000 Guinées norvégiennes). Les relations franco-suédoises ont amené Anna Sundström-Drion puis Sylvain Vidal à faire la connaissance de notre homme et de conclure ainsi l’achat de Puggy.
 
Jefferson-Davis Cohn, un éleveur anglo-américain avisé
La famille maternelle de Puggy est donc arrivée en France à la fin de l’année 1929 suite aux achats du londonien, en partie installé en France, Jefferson-Davis Cohn (en photo ci-contre), bien connu pour avoir acheté à Edmond Blanc en 1915, « une bouchée de pain » Teddy qui deviendra le leader de sa génération et un étalon remarquable tout d’abord au Haras de Fitz-James puis au Haras de Bois Roussel, pour finir aux USA. L’homme d’affaires et accessoirement manager de Lord Michelham (naisseur de Plucky Liege) avait été le propriétaire-éleveur du fils de Teddy, Sir Gallahad (né au Haras de Bois Roussel, il a été l’un des tous premiers étalons exportés aux USA) (article sur la Triple-Couronne – Gallant Fox)
 
Aux ventes de Newmarket, en décembre 1929, sont inscrites deux juments de 5 ans pleines, Quick Change (Hurry On) et Pride of Hainault (Hainault). J.D. Cohn en fait l’acquisition, la première pour 550 Guinées et la seconde pour 450 Guinées. De ces deux juments descendront une kyrielle de chevaux classiques :
- de Quick Change descendent Mistral (Poule d’Essai), Steady Aim (Oaks), Topyo (Arc de Triomphe), Luigi (Deutsches Derby)....et maintenant, Avenir Certain.
- de Pride of Hainault descendent Le Petit Prince (Jockey Club), Phil Drake (Derby), Belle Sicambre (Diane), Pardallo (Ascot Gold Cup)....
 
Mais aucun de ces champions ne portera les couleurs (cerise, toque noire, gland or) de J.D. Cohn car il est l’une des principales victimes, parmi le monde du turf, du krach de Wall Street en octobre 1929. Ces deux juments seront les dernières de sa carrière de sportsman avisé. Il se voit contraint successivement d’envoyer en 1930 à Deauville quelques yearlings, de vendre aux USA, Teddy et Bull Dog (propre frère de Sir Gallahad) et de liquider aux enchères, en juin 1932, quelques 37 chevaux à l’entrainement et 17 yearlings. Il gage tous ses meilleurs éléments de son élevage et de son écurie auprès d’une banque qui trouve rapidement un repreneur en la personne de Léon Volterra.
 
Notes :
Quick Change, qui n’avait pour seules performances que 3 sorties en Angleterre, est arrivée en France deux ans après sa mère, Broderie, importée par Henri Corbière (Haras de Nonant le Pin où a été élevé Imprudence et plus près de nous, Saonois et Storm of Saintly).
 
- Dans la transaction auprès des banques se serait trouvé également une écurie à Chantilly, le 32 avenue du Général Leclerc qui deviendra par la suite, celle des Wertheimer puis celle d’Alec Head et maintenant de sa fille.
 
J.D. Cohn, filleul de Jefferson Davis, l’unique Président des Etats confédérés durant la guerre de sécession, était né à Londres en 1881 et décèdera en 1951 au 79th Street à Manhattan. Il avait épousé, en secondes noces, une célèbre actrice française de l’époque, Marcelle Jenny Favrel, plus connue sous le pseudonyme de Marcelle Chantal.
 
L'Arc de Triomphe était la seule grande course manquante au palmarès de la casaque cerclée blanc et rouge. Chose faite grâce à Topyo (à 82/1) pour la plus grande joie de Mme Léon Volterra et de Bill Pyers
 
Léon Volterra, l’homme de spectacle, entre en scène
Léon Volterra qui venait de se faire remarquer en achetant 24 yearlings aux ventes de Deauville, prend donc en bloc l’écurie et l’élevage de J.D. Cohn lors de l’été 1933. Au haras du Bois Roussel, avaient pris pension, pour JDC, plus de 70 poulinières (dont une vingtaine de filles de Teddy dont les produits sont rarement mis en vente), plus de 40 yearlings, 6 étalons dont Teddy, Ptolemy et Aethelstan.
 
Il serait fastidieux pour le lecteur de toutes les énumérer mais sachez que grâce à cette « folie » (un achat comparable à celui de S.A. Aga Khan lors des dispersions Boussac, Dupré et Lagardère), Léon Volterra a mis une touche finale à la construction de ses lignées maternelles que sa seconde épouse, Suzy, fera fructifier par la suite. Dans ce lot de juments figurent, entre autres :
 
- la matrone Plucky Liege, son fils, âgé de 2 ans, Admiral Drake (lauréat ensuite du Grand Prix de Paris, second de la Poule d’Essai et 3ème du Prix du Jockey Club) et son foal de l’année par l’étalon maison Aethelstan, Bel Aethel (Prix Daru). Plucky Liege donnera naissance en 1935 à son dernier produit, un certain Bois Roussel (du nom de son haras natal, que Léon Volterra avait repris en location), vainqueur, après avoir été vendu en mai de ses 3 ans à Peter Beatty (£ 8.000, plus de 3,7 M. de Francs d’hier) du Derby d’Epsom, entrainé par Fred Darling.
 
- une autre matrone, une fille de Teddy, Anna Bolena, future mère pour l’élevage Volterra de Jumbo (Prix Royal-Oak) et surtout de sa sœur Mary Tudor, meilleure pouliche de sa génération (Poule d’Essai, Vermeille, seconde du Prix de Diane). Après avoir été vendue en Angleterre, elle donnera naissance à Owen Tudor (Derby d’Epsom 1941).
 
Aurora (née en 1925 par Teddy), la mère d’Amour Drake (Coronation Cup, Poule d’Essai, Prix Morny, 2e Derby d’Epsom). Elle deviendra également une des figures de son élevage dont descendent Lypheor, L’Ensorceleur, Kebah....pour la casaque cerclée blanc et rouge et sa sœur Caretta, la mère d’Al Nasr.
 
Our Liz, (née en 1917, donc déjà âgée), qu’il revendra en novembre suivant. Elle venait de mettre au monde, l’année précédente, une fille de Teddy, Anne de Bretagne qui était incluse dans la transaction. Elle deviendra, après s’en être séparé à la fin de son année de 3 ans, une jument base de l’élevage Strassburger.
 
Léon Volterra se trouve donc à la tête d’une trentaine de poulinières, sous la coupe de William Hayton (un anglais débarqué en France en 1914), toujours en pension au haras de Bois Roussel, puisqu’il continuera de le louer aux époux Rochefort-Roederer (en lieu et place de JDC) pendant plus de 15 ans. Outre la descendance de Quick Change et Pride of Hainault, viendront s’ajouter des noms tels que Val Drake, Crisa, Vatellor, Vamos, Bozet, Vattel, Edellic, Vamour, Tello, Cariellor, j’en passe et des meilleurs...
 
 
Notes :
L’homme de spectacle qu’était Léon Volterra se voit confier, par la Société d’Encouragement, l’organisation artistique de la 1ère nuit de Longchamp, le samedi 30 juin 1934 (départ de la 1ère course à 20 h. 30). Autour d’un programme de 6 courses de plat (et une course au trot attelé pour finir) attractions foraines, rings de boxe, danses, ballets, illuminations et feu d’artifice (à 1 h.30 du matin). Il en sera de même tous les ans, le samedi suivant le Grand Prix de Paris, jusqu’en 1939. Deux mois plus tôt (le 2 mai), Léon Volterra prête son Théâtre, le Marigny (proche de la rue du Cirque), pour la revue du Centenaire de la Société d’Encouragement organisée par Jean Stern.
 
Quick Change, l’aïeule franco-anglaise d’Avenir Certain
Entrée dans le cheptel de Léon Volterra, Quick Change va lui donner 6 foals enregistrés, deux mâles (l’un, élevé par J.D. Cohn, par Teddy, l’autre par l’étalon de la maison Cohn, Vatout) qui deviendront tous les deux étalons et quatre femelles (dont deux par Vatellor, étalon Volterra, qui seront vendues).
 
- La plus jeune, Quick Arrow, née en 1937, fille de Casterari (acheté yearling, il avait conclu second du Prix de l’Arc de Triomphe et 3ème du Prix du Jockey Club pour la maison rouge et blanc) va s’imposer à 2 ans à Vichy avant d’être vendue en Angleterre, pour 700 Guinées à Sir Alfred Butt qui utilise ensuite les services du Derby-winner, Felstead. Le foal née en 1943 s’appellera Steady Aim qui va non seulement remporter les Oaks mais aussi devenir la 3ème mère d’un certain Danzig.
La sœur cadette de Steady Aim, Arca (Nearco)va devenir la grand-mère de St Pauli Girl (2ème des Oaks et des 1000 Guinées 1967) et de Lovely Lady (d’où Luigi, Deutches Derby 1988). Son autre sœur, Fair Amazon, est à l’origine du vainqueur du Prix La Haye-Jousselin 1973, Klavier, pensionnaire de Georges Pelat.
 
Vatout, un ex-réclamer devenu vainqueur classique
 
La Foux, une des deux filles de Quick Change
C’est donc de l’aînée des pouliches, La Foux(du nom d’une station de sport d’hiver dans la vallée du Mercantour), fille de Vatout (Poule d’Essai pour J.D. Cohn), que descend notre classique 2014, Avenir Certain.
La Foux n’a pas couru et ne va connaître (à une exception près) que les amours de l’étalon maison, Admiral Drake (le fils de Plucky Liege, acheté à 2 ans, voir plus haut). Dès son entrée au haras, elle va donner Mistral, vainqueur, pour la casaque Volterra et l’entrainement mansonnien de John Swaine, de la Poule d’Essai 1945, du Prix Lupin, second du Prix Morny, 3ème du Grand Prix de Paris et du Prix Jacques Le Marois. Il débutera sa carrière d’étalon en France puis sera exporté en Argentine.
Son propre frère donc, Parisien, né deux ans plus tard, va remporter le Prix Juigné à Longchamp, une Listed d’inédits de 3 ans, très prisée à l’époque, pour l’entraînement d’Henry Count puis va se classer au pied du podium des 2000 Guinées de Tudor Minstrel.
 
Son autre frère, King Admiral, va terminer, le 29 mai 1949, 3ème d’Ambiorix dans le Prix Lupin, portant les couleurs de Léon Volterra et l’entrainement de Richard Carver. Le 10 juillet suivant, il va s’imposer à St-Cloud pour sa veuve, Suzy Volterra. En effet, son mari est décédé le 5 juin, un jour du Prix de Diane, un lendemain de Derby d’Epsom dans lequel son pensionnaire, Amour Drake (monté par Rae Johnstone) avait échoué à une tête de Nimbus.
 
Notes :
- Rappelons qu’Amour Drake provenait d’une mère achetée à Jefferson-Davis Cohn.
- Léon Volterra et Richard Carver avait formé le jumelé à l’arrivée du Derby 1948 avec ses deux élèves, My Love (vendu pour moitié à S.A. Aga Khan III) et Royal Drake. L’élevage aura donné trois vainqueurs de Derby d’Epsom (Bois Roussel, My Love et plus tard, en 1955, Phil Drake).
 
- Pour l’anecdote, le 4 juin à Paris, Mme Volterra (en photo ci-contre) est au chevet de son mari qui est mourant. Par la radio, elle apprend le résultat du Derby d’Epsom : Amour Drake est battu d’une tête. Son mari lui demande : Ai-je gagné ?. Elle répond par l’affirmative. Ce pieux mensonge procure une ultime satisfaction à Léon qui décède le lendemain à 71 ans (extrait d’Un Siècle de Galop par Guy Thibault).
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La Fougueuse, grand-mère de Topyo
Née en 1950, la fille d’Admiral Drake et de La Foux, La Fougueuse, a peu couru sous l’entrainement du cantilien Jean Hyde, mais elle a, par contre, été bien meilleure dans sa seconde carrière grâce à deux de ses filles, Lilya et Deliriosa et un poulain de Vatellor, Eranhild (3ème du Grand Prix de Paris de Charlottesville), tous élèves de François Mathet (en photo ci-contre).
 
Lilya
Son premier produit, née en 1955, Lilya (Clarion) s’est imposée dans la seconde édition du Prix du Moulin de Longchamp devant un certain Orsini (monté par Lester Piggott), propriété de la Gestut Erlenhof (famille Thyssen).
Sa fille, Nimbya (par Nimbus, le poulain qui avait battu Amour Drake dans le Derby) va donner Nymbio (Le Haar) qui, encore maiden (sous l’entraînement de Ch. Bartholomew Jr), ne va s’incliner que face à Rheffic dans le Prix du Jockey Club. Elle est la mère également de Blue Diamond (Diatome), vainqueur du Prix du Lys sous la coupe de Maurice Zilber. Il fera la monte ensuite en Argentine.
Une autre fille de Lilya, Valya (née en 1965 par Vandale) va remporter les Prix de Pomone et Minerve avant de finir au pied du podium du Prix Vermeille (finissant derrière Roselière, Pola Bella, La Lagune, excusez du peu). Nombre de black-types descendent de Valya, Lafontaine (étalon), Sasuru (étalon), entre autres.
 
Lilya va donner naissance à Sweet and Lovely (Tanerko) dont le compteur affiche deux victoires ce qui pousse l’association Head-Chambure à l’acquérir. Elle leur donnera Savora (mère de Solaro), Super Dan (vendu yearling à Charles Giraudon), Swanilda (mère de Ghadeer pour la famille Maktoum, et Midhish pour Gerald Leigh).
 
Après avoir été vendue à Arno Schefler, Sweet and Lovely va donner naissance à Sweetly, qui, pour la famille Niarchos, va donner Common Grounds (Kris), Lightning Fire (Kris), Angel In My Heart (mère de Kris Kin). Deux autres de ses filles sont issues des amours de Lyphard, Leaf Fall (Prix de Saint-Cyr, mère ensuite de Home Alone pour Paul de Moussac) et Syndaar (gagnante aux USA, elle va revenir en Europe par une de ses filles qui va donner un certain Binocular).
 
Lucayan Princess, une bête de rings....de ventes
Arno Schefler avait vendu yearling une autre fille de Sweet and Lovely, Gay France (née en 1976 de Sir Gaylord) à Sir Gordon White. Gagnante à 2 ans en Angleterre, sous l’entrainement de Michael Stoute, elle sera revendue à l’entité irlandaise, Tsarina Stud. Le foal née en 1983 va s’appeler Lucayan Princess (High Line) qui va devenir la propriété d’Edward St George (Lucayan Stud) après son achat, yearling, pour 100.000 Guinées.
 
A l’entrainement chez Henry Cecil, Lucayan Princess s’adjuge, à 2 ans, les Sweet Solera St. à Newmarket (devant une future «matrone» pour Ballymacoll Stud, Cocotte) et termine au pied du podium des May Hill St. (Gr.3) de la future championne Midway Lady. Elle conclut à la 3ème place des Cheshire Oaks, sa seule sortie à 3 ans. En fin d’année, Lucayan Stud trouve un nouvel acquéreur pour 180.000 Guinées en la personne de Terry Ramsden (agissant pour le compte de Mareco Ltd, David Blackburn). A peine le temps de donner naissance à son premier produit qu’elle va encore changer d’herbage et rejoindre, lors d’une vente privée, l’effectif  de Saeed Manana (un proche ami des Maktoum). Lucayan Princess va enfin pouvoir prendre ses marques et donner naissance à un fils de Sure Blade, Needle Gun (étalon), à Luana (mère de Hattan et de Tastahil), à Luso (Salse), à Cloud Castle (2ème Prix Vermeille, 3ème Yorkshire Oaks et mère de Rêverie Solitaire), à Maskunah (mère de Laaheb), à Warrsan (Caerleon), que du beau monde...qui tenait allègrement la distance comme l’a fait la pensionnaire de Jean-Claude Rouget.
 
Par contre, leur sœur, Lunda (Soviet Star) qui n’a pas fait de merveille sur la piste, s’est rattrapée au haras en donnant deux propres frères par Darshaan, Blue Monday et Lunda’s Lane, tous les deux castrés et placés de Gr.1. Son autre merveille n’est autre qu’Avenir Certain, par sa petite-fille Puggy.
 
Deliriosa
Née en 1956, Deliriosa (Delirium) va s’imposer à deux reprises à 2 ans avant de conclure à la seconde place du Prix des Rêves d’Or. Elle ne sera la mère que d’un seul black-type, mais un vainqueur dont on parle encore dans les chaumières, Topyo (Fine Top), peut-être à cause de sa côte astronomique (82/1, battu ensuite par Star Appeal à 119/1). Dans le Prix de l’Arc de Triomphe 1967, il va devancer ses 29 adversaires (un record) dont ses deux poursuivants, deux britanniques, Salvo (G.A. Oldham) et Ribocco (C.W. Engelhard). A l’arrivée, encolure et courte tête, tels sont les écarts en faveur du pensionnaire de « Mick » Bartholomew (l’actualité présente nous ramène au décès de son épouse en avril dernier) et de sa propriétaire chanceuse. L’année suivante, il devra s’incliner dans les King George d’Ascot (l’Arc anglais) face à Royal Palace (N. Murless) et le français Felicio (Daniel Wildenstein). Exporté au Japon, il n’aura pas le temps de marquer de son empreinte puisqu’il décède prématurément en 1974.
 
 
Mick Bartholomew, au centre entraineur de Topyo, à sa gauche Henry Aubert, à sa droite Mr Berger époux de Maria-Félix (selon la légende de Léon Zitrone)
 
Epilogue
Avenir Certain a donc fait le doublé Poule d’Essai-Diane. Elle est venue rejoindre ses trois devancières des 10 dernières années : Golden Lilac, Zarkava, Divine Proportions, toutes également invaincues.

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