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National de l'obstacle

Près de 500 signatures pour la pétition du Jockey-Club sur 2400 m !

19/07/2014 - Focus divers
Les partisans du retour du Jockey-Club sur 2400 m donnent plus que jamais de la voix, 10 ans après la décision d'Edouard de Rothschild, alors mystique Président de France Galop, de modifier en profondeur le programme classique français. 3 semaines après son ouverture, il ne lui manque que 28 noms pour atteindre la barre symbolique de 500 signatures.

C'est le groupe " Restauration du programme classique français des courses au galop ", notamment animé par David Powell, qui a lancé la pétition sur change.org, adressée à France Galop et ainsi présentée in extenso : "  Le programme classique français a subi, depuis la réforme de 2004, une dévalorisation constante du niveau de ses épreuves de sélection, avec la perte ou la rétrogradation de plusieurs courses de Groupe. Il est donc urgent de le restaurer pour qu'il retrouve sa crédibilité à l'échelon international. Je signe pour la restauration du programme classique français, incluant le Prix Lupin, étape entre la Poule d'Essai des Poulains et un Prix du Jockey-Club de retour sur 2.400 mètres, la distance de tous les Derbys européens."

Des amateurs mais aussi beaucoup de professionnels reconnus dont de nombreux entraineurs de plat ou d'obstacle, appellent en général au " bon sens ". Alain de Royer-Dupré, multiple vainqueur de l'épreuve sous ses 2 formes, ponctue sa signature par un laconique " Il est évident qu'on a détruit le programme classique en courant sur 2.100m "

Même les anglais s'y mettent, avec le francophile Desmond Stoneham : " Si c'est un "Derby", c'est de 2.400m." François Branère analyse : " Il suffit de regarder les résultats du Jockey Club nouvelle formule et le classement en fin d'année de ses vainqueurs dans les classements internationaux .Cela fait peur de voir la dégringolade vertigineuse de cette course sur l'échelle mondiale. ". Bernard Becquart scande quant à lui : " pour un retour aux chevaux forts". Plus développé, l'avis de Lionel Grillot est sans appel : " amateur de course et sans opinion préconçue sur la réforme initiée il y a dix ans, je considère que l'expérience a montré ses limites : un jockey club qui se transforme trop souvent en course de stock-car avec trop de place laissée au hasard, manque de sélection sur 2400 le JC n'étant plus un tremplin vers l'Arc, la destruction du programme et des épreuves préparatoires avec disparition du Lupin et baisse de niveau des Noailles, Greffulhe et cie, doutes importants sur l'élevage quand on voit que les meilleurs reproducteurs restent encore aujourd'hui des spécialistes de 2400 alors que nous leur tournons le dos, tout cela me semble avoir définitivement prouvé l'ineptie de cette réforme : Réformez oui, et il y a beaucoup de choses à réaliser, mais réformez intelligemment et en concertation avec les professionnels me semble tout de même préférable..." Le breton Vincent le Roy a le sens de l'image : " Halte au Chantilly Derby! Rendez-nous le vrai Prix du Jockey-Club. La loi du Grand Sport n'est -elle pas que le meilleur gagne? Usain Bolt peut être battu sur 60 mètres."

C'est une sélection très exhaustive ni qualitative des nombreux commentaires laissés sur la pétition, et qui ont suivi ceux laissés dès les 1e heures, le 29 juin : - Gérard Samama : "Pour qu'un Derby reste un Derby et que notre programme redevienne cohérent"
- Marcel Rolland : " L'ancien programme permettait une meilleure approche pour préparer le jockey club"
- Cyrille Stéfan : "pour que le Jockey-Club soit à nouveau un tremplin vers l'Arc")
- Hubert Guy (notre programme classique a été dépecé, il est temps de la réhabiliter").
- Pascal Bary (2 heures avant son succès dans le Grand Prix de Saint-Cloud : " le programme était parfait avant changer pour faire moins bien n'est pas une bonne idée ! revenons à la distance classique !"
- Yannick Fouin : " Pourquoi avoir changé les choses qui ont toujours bien fonctionnées pour le programme classique français ..."
- François Bayrou : " Parce qu'un Derby, c'est un Derby : un repère stable pour la sélection."
- Patrick Burel : " Je signe car 2100 m pour les males est une distance batarde, ni classique ni le mail, d'ailleurs nos amis anglais ne se sont pas trompés. Le Derby d'Epsom est toujours sur 2400m. La décision a été prise par un Président de France Galop "sous l'influence" de certains éleveurs que cela avantageait pour leur production...":

L'avis de France Sire

Quant à la rédaction de France Sire, elle a bien le droit d'avoir l'avis qu'elle veut mais en tout cas, l'auteur de cet article, Arnaud Poirier, s'autorise cet avis : " Les 2100 m était une fausse idée de génie visant à rassembler sur une course à Chantilly toute l'élite européenne, ce qui revenait quand même à prendre ses désirs pour la réalité. Le bilan des 10 ans n'est pas à ce point calamiteux bien sûr, avec de vrais bons chevaux qui deviennent des étalons remarquables (Lawman, Le Havre et sans doute d'autres à venir) tandis que le palmarès des dernières éditions sur 2400 m ne peut dissimuler quelques gros fantômes, mais les dommages collatéraux ont été considérables pour de nombreuses autres courses du printemps des 3 ans. Le jeu d'un rel risque, pris pour faire contenter la quête de gloire fantasque d'un Président et son nébuleux "shadow cabinet" de l'époque n'en valait pas la chandelle.

Une influence considérable sur l'obstacle

Il est intéressant toufefois de constater la verve nouvelle des défenseurs des 2400 m et des qualités de tenue "classique", qui tranche avec tout le discours général qui martelle un argumentaire basé uniquement sur la vitesse et de la précocité depuis des décennies, au mépris des "tracteurs" classiques... Enfin, notons que la distance, classique ou plus, est un très sérieux vecteur de sélection pour les futurs étalons d'obstacle, une discipline qui grâce à la santé de son marché actuel et justement la robustesse de ses fondamentaux reconnue par la clientèle britannique, représente une activité importante sinon majoritaire dans l'élevage français. Maintenant que faire ? Tout reprendre "comme au bon vieux temps" et prononcer un nouveau coup de volant à 180° ? Comme disait Francis Blanche : "il vaut mieux penser le changement que changer le pansement..."