Christophe Lemaire obtient son visa permanent au Japon : l'interview

05/02/2015 - Focus divers
" On attendait la nouvelle qui est arrivée ce matin avec impatience !" Et la nouvelle fut bonne. Christophe-Patrice Lemaire, qui passe depuis 13 ans ses hivers en extrême-orient, est le 1e jockey étranger de l'histoire à obtenir son visa permanent pour le Japon, en compagnie du célèbre italien Mirco Demuro. Lui qui va remonter en mars après sa fracture à la jambe subie fin novembre, restera donc définitivement au pays du Soleil-Levant, Joint par téléphone, il livre toutes ses impressions enthousiastes. (Remerciement à l'APRH pour l'info et les photos)

Christophe Lemaire et Mirco Demuro, très émus et heureux d'avoir obtenu le 1e visa permanent de l'histoire des courses du Japon.

 

" J'ai passé mon 1e test en anglais en octobre, sur la connaissance du code et de l'histoire des courses, des règles d'équitation etc... Le 2e test, le plus difficile, fin janvier, était toujours sur le domaine des courses mais à l'oral en japonais, avec en plus des questions plus diverses et personnelles. Il fallait montrer qu'on maitrisait suffisamment le japonais pour avoir une conversation basique. Je m'étais fixé l'objectif d'avoir cet examen pendant cet hiver. Le processus est assez long puisqu'il dure 3 mois mais comme j'étais ici de toute façon pour l'hiver, le timing collait. C'était d'ailleurs le même cas pour Mirco."

Les deux top jockeys internationaux ont franchi une grande étape dans l'histoire des courses nippones, par tradition très fermées. Quelques épreuves se sont ouvertes ces dernières années, mais en ouvrant leur porte à deux jockeys étrangers, non pas seulement pour quelques semaines hivernales mais avec un visa permanent, les autorités locales font bonne grâce auprès du monde. Mais attention, l'ouverture est parcimonieuse.

" J'ai du beaucoup travailler mon japonais pour acquérir des bases assez solides. Et finalement, mon accident a peut-être été un mal pour un bien car avec ma "patte folle" j'ai du plonger le nez dans les bouquins plutôt que d'aller vadrouiller. Que ce soit Mirco ou moi, on cadrait  dans l'ouverture. C'est à dire qu'on vient ici depuis longtemps (NDLR : les deux grâce à Patrick Barbe), qu'on connait bien le systême et les règles à respecter, l'attitude à avoir, et que les fans nous apprécient. L'ouverture se fait donc avec des gens choisis."

Au Japon, Christophe Lemaire a déjà réalisé deux exploits restés dans les mémoires collectives, et aussi dans la sienne bien sûr. " En premier lieu je retiens ma victoire dans l'Arima Kinen 2005 avec Heart's Cry. Cette course n'est pas internationale mais la principale au Japon. C'était mon premier Gr.1 ici et en plus je battais Deep Impact, un Dieu vivant, ce qui a donné un immense retentissement à l'événement. Ensuite, je citerai la Japan Cup 2009 de Vodka. Non seulement la course est plus célèbre dans le monde, mais surtout je montais une jument de légende au Japon, à l'époque beaucoup plus connue que moi (!), et qui avait tout gagné au Japon sauf la Japan Cup alors qu'elle l'avait déjà disputé 2 fois (NDRL : 4e en 2007 et 3e en 2008). Ce succès m'a apporté beaucoup de crédit ici."

 

Les 2 victoires les plus importantes de Christophe Lemaire au Japon : à gauche l'Arima Kinen 2005 avec Heart's Cry et à droite la Japan Cup 2009 avec Vodka.



Alors qu'il a mis à profit son arrêt forcé pour retourner aux études, Christophe Lemaire pourra inaugurer sa licence par un retour en selle début mars. " J'ai déjà pu remonter sur le cheval mécanique. Je n'ai pas de douleur chronique. Maintenant, il faut que je retrouve de la force dans cette jambe et finalement cela me fera 3 mois d'arrêt, ce qui est normal dans ce genre de cas. Ensuite j'enchaîne sans m'arrêter. Il n'y a aucune coupure dans la saison. L'été, les courses sont d'un niveau moins élévée, à Hokkaido. Mais il n'est tellement dans les moeurs japonaises de prendre des vacances ! Et j'ai pris assez cet hiver aors je vais rester toute l'année sans interruption. Actuellement nous sommes à Tokyo mais nous allons nous installer Barbara, qui est sans doute encore plus heureuse que moi, et les enfants à Kyoto. C'est assez proche du grand centre d'entrainement de Ritto et où il y a une école française."