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La course de Pur-Sang à cru sur 22 kms au Kirghizistan

13/09/2016 - Découvertes
 Il faut le voir pour le croire...40 pur-sang qui s'élancent pour une course plate de 22 kilomètres. Au galop, et à bon rythme, ces chevaux de courses très affûtés et montés à cru par des jeunes garçons d'une 12aine d'années déchaînent les passions en Asie Centrale, notamment lors du Grand Prix du Kirghizistan à l'occasion des Jeux Nomades Mondiaux.

 

En bord de piste, 3 juges en tenue traditionnelle kirghize tiennent un cahier avec une page consacrée à chaque course. Ils y ont tracé des lignes, jusqu'à 12 lignes pour l'épreuve la plus longue, de 22 kilomètres. A chaque tour, il y a note l'ordre de passage ainsi que les arrêtés. Cela se justifie complètement car il y a beaucoup de tours ! Il y a des courses de chevaux à peu près partout dans le monde, notamment grâce à l'influence des colons anglais qui ont exportés partout leur loisir préféré. Mais là, en Asie Centrale, dans les contrées parmi les plus enclavés et moins connus du monde entre l'Afghanistan, le sud de la Russie, l'extrême Ouest de la Chine et l'Inde du Nord, sur les contreforts de l'Himalaya, on parle plutôt des cavaliers mongoles que des Lords, de Gengis Khan que de la Reine Victoria. Ici, nous sommes chez les Nomades. Les chevaux y sont une évidence. A 10 ans, les gosses ont déjà...10 ans d'expérience à cheval ! La selle est optionnelle. Les locaux n'étant pas fous, ils sont vite compris que les meilleurs chevaux du monde étaient les pur-sang pour toutes les disciplines de courses même sur de très longues distances. Ils élèvent donc des PS dans les montagnes ou les plaines dans tous les pays mystérieux de l'ancien bloc de l'est, voire importent de France des galopeurs pas assez rapides mais qui ont de la tenue, donc certains AQPS également. Car il faut qu'on ne parle en aucun cas de courses d'endurance, mais de vraies courses de galop.

 


Tribunes pleines de 10.000 personnes pour la cloture des Jeux Nomades Mondiaux.



La vainqueur de la course sur 11 kilomètres.


L'entourage du lauréat félicité par les commissaires qui sont en selle sur la piste.


Intense émotion au moment de l'hyme nationale. Le même entrainement kirghize signe le jumelé gagnant de la course sur 11 kms

 

 L'Asie Centrale, la région de la planète la plus obscure et dangereuse du point de vue occidental, a toutefois conservé ses traditions car les courses s'y disputent sur des distances incroyables. En effet, outre les "classiques" 1600 et 2400 m, les épreuves phares mesurent 7200 m, 11 kilomètres et même 22 kilomètres ! Ce semi-marathon est d'ailleurs la discipline reine, et donc la dernière des 6 courses de la grande réunion internationale disputée à Cholpon Ata, sur les bords du lac Issyl Koul à 1600 m d'Altitude lors des Jeux Nomades Mondiaux organisés par le Kirghizistan. Dans ce pays parmi les plus petits et les plus pauvres du monde, la construction du nouvel hippodrome est une immense fierté nationale. Les tribunes font figure de monument du peuple et les spectacles qui s'y enchainent (épreuves sportives le jour et concerts le soir) attirent tant la foule que le gratin du gouvernement.
 


Les kirghizes pratiquent aussi des courses de hambleurs montés. Du jamais vu ailleurs...


Les jugent comptent les tours en bord de piste et notent les classements à chaque passage.


Un des rares jockeys de trot à avoir adopter la position en suspension. Il va gagner de 200 m.


Le jockey "moderne" est pourtant ancien. Notez le style du casque, qui est tout simplement le chapeau traditionnel kirghize.

 

Le jour de clotûre est réservé aux plus gros morceaux des Jeux. Avant l'après-midi resérvée à la finale du Kok Buro (LE sport national), la matinée est donc consacrée à 6 courses. Après l'étrange épreuve pour hambleurs sur 11 kilomètres, l'Arc de Triomphe nomade est programmé à midi. Pas moins de 40 partants ! Et encore, il y a fallu limiter. Les jockeys sont des pré-adolescents qui montent déjà comme des dieux. Dénués de casque bien sûr, ils partent pour accomplir un incroyable exploit sportif puisqu'ils sont à cru ! Il n'y a pas vraiment de casaque, juste des T-Shirts avec leur numéro. Ils montent en vieille basket ou en chausson de danse. Les pantalons sont ce qu'ils sont. Certains portent des costumes plus aboutis et colorés Tous ont une cravache avec longue lannière, mais en vérité ils ne s'en serviront presque pas.

 


Devant le batiment de GazProm, l'entreprise du pétrole qui finance l'économie et la vie sociale de toute l'ex URSS.


Au pré-rond, devant les écuries, avec des casquettes personnalisables !

 

Car le carnage qu'on peut craindre avec nos yeux d'occidentaux n'arrivera pas, loin de là. D'une part parce que chevaux sont bien entrainés, au galop sur des distances sur 10, 15 ou 20 kilomètres, mais aussi au pas et au trot sur 30 à 40 kilomètres afin de travailler le cardio et l'endurance. D'autre part car les gamins ont du plomb dans la tête. Le départ est donné dès que les participants, présentés un à un au canter devant les tribunes combles de 10.000 personnes, ont rejoint l'entrée de la ligne droite. Pas la place d'avoir 40 chevaux de front donc ils partent en 2 lignes qui forment rapidement 2 pelotons. Malgré leur jeune âge et le dénuement absolu de leur équipement, les gamins cavaliers détiiennent un excellent sens tactique. Tandis que le 1e peloton part vite, le futur vainqueur est parti tranquillement en 2e ligne. Aux avant-postes du 2e peloton, il patiente, loin de la tête où il pauvre diable s'est fait prendre la main par son partenaire aux bout de 2 tour. Portant le numéro 2, un alezan n'écoute pas son jockey qui lui demande de souffler et au contraire réaccélère à chaque passage devant les tribunes qui acclament à chaque fois tous les chevaux. Les chevaux ont déjà fait 6 tours de piste de 1800 m, le leader est archi cuit mais tire encore. Le gosse arrive enfin à le reprendre mais son pauvre partenaire, qui a sans doute mangé trop d'avoine enchantée, s'écroule un peu plus loin. Ce sera le seul accident de la course, car les gamins ont assez de tête pour arrêter leur partenaires dès qu'ils décrochent du peloton reformé dans le dernier tiers de la course. A un tour de l'arrivée, après 11 tours de piste que les pilotes ont bien compté sans drapeau ni girophare, l'attaque survient avec 4 concurrents de front. En 2e épaisseur, très discret jusqu'alors, le 14 pointe son nez surmonté d'une peau de mouton. Il se porte sur la ligne de tête et place une accélération longe et imparable qui laisse ses rivaux pour faire triompher l'équipe du Kazakhstan. A 13 ans, le gamin n'est pas un gamin car il avait déjà remporté cette course lors de la 1e édition des Jeux Nomades Mondiaux en 2011. Quant au cheval, dont on a du mal à croire qu'il n'a que 3 ans comme annoncé, c'est un beau bai brun qui s'appelle Vitgarçon, qui est fils d'un PS polonais nommé Doïne, et qui venait de s'imposer dans la Coupe du Kazakstan, restant invaincu en 3 sorties. Mais les noms des chevaux comme des gens sont à mettre aux conditionnel car la transposition du cyrillique khirghize en alphabet latin laisse place à de nombreuses interprétations...Quant à l'allocation, elle n'est pas clairement désignée comme en France. Il y a un chèque qui peut dépasser les 15.000 € dans les bonnes courses, et aussi une voiture de type 4x4 neuf qui peut aller jusqu'à 60 ou 80.000 € ! Cela à mettre en rapport avec le SMIC local qui n'est que de 150 € par mois...Enfin, il faut signaler que le cavalier touche 20% du prix. Autant dire que certains ados sont déjà millionnaires dans ce pays !
 


Départ sur Grand Prix du 22 kilomètres. Séparés en 2 lignes, les 40 partants se divisent tout de suite en 2 pelotons.


Au 3e tour, alors que le 1e peloton est déjà passé depuis plusieurs secondes, le futur vainqueur patiente en 4e position (peau de mouton en pleine piste) du 2e peloton.


Le leader prend la main de son cavalier, et réaccélère à chaque passage devant les tribunes. Il s'écroulera à mi-parcours, après 11 kilomètres ventre à terre.


La ligne d'en face longe le lac Issyk Koul.


Nommé Vitgarçon, le futur lauréat est un beau bai brun souple et bien rythmé.


A un tour de l'arrivée, soit à 1800 m du poteau, l'attaque est prononcée par 4 candidats. Discret jusqu'alors, Vitgarçon pointe en 2e épaisseur.


Le lauréat s'est littéralement envolé dans le dernier tour.