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Grand Prix de Séoul 2016 : Clean Up Joy devant 45.000 coréens presqu'énervés

18/12/2016 - Evénements
 On nous avait promis une grande surprise pour le Grand Prix de Séoul. En effet, une foule de 45.000 personnes a assisté au succès d'un gros outsider, Clean Up Joy, sur un site habillé comme un parc d'attractions avec une organisation cordeau. Franchement, ils sont trop forts ces coréens ! GRAND REPORTAGE VIDEO SUR PLACE. Avec Dynavena.


Remerciements à la régie vidéo de la KRA pour les images de la course




  

 Des tribunes de 400 m de long sur 6 étages...voilà qui parait surdimensionné voir grandiloquent. Et pourtant, ces immenses installations se remplissent jsuqu'au dernier centimètre carré pour le Grand Prix de Séoul, qui représente le championnat suprême pour les courses coréenes, LE grand prix de la fin de l'année. Pour l'occasion, tout l'hippodrome, déjà construit et entretenu comme un parc d'attraction, est redécoré façon " Merry Christmas", y compris les agents de sécurité avec le chapeau du père Noël ! 

 


Le vainqueur surprise du Grand Prix de Séoul 2016, nommé Clean Up Joy, s'impose devant 45.000 personnes.

 

De nature sacrifcielle depuis la nuit des temps, lui qui a connu une 20e siècle très chaotique entre l'occupation japonaise, la 2e guerre mondiale, la guerre de Corée et le développement économique au forceps sous la dictature de Park Chung-Hee, le coréen n'est gère exhubérant. Au 1e coup d'oeil, il n'est pas évident de deviner l'importance de l'événement du jour, car de toute façon, l'hippodrome est clinquant à chaque jour de l'année, comme d'ailleurs tout le reste de cette mégalopole de Séoul ultramoderne et super propre, et en plus il un froid de canard l'hiver en Corée. Alors le public ne met le nez dehors qu'entre le départ et l'arrivée. Mais comme partout dans le monde, ça gueule à l'arrivée, ça tape le programme contre la rambarde, ça fume des clopes mais ici c'est seulement où on a le droit. Et il y a aussi un accueil gai et coloré, et des parcs de jeux nickels pour les enfants. Car les enfants, ça se soigne dans un pays où le taux de suicide des jeunes bat des records tandis que la natalité est la plus basse de toute l'Asie, pire encore qu'au Japon.

Au risque de passer pour un vilain type qui a des préjugés raciaux, on peut dire que l'Asiatique est fondu de jeu d'argent dans ses gènes. Mais cela est parfaitement vrai en Corée comme en Chine, à Hong Kong, à Macau, à Singapour, ou bien sûr au Japon. Cela permet à ce petit pays densément peuplé de 50 millions d'habitants de détenir un système de courses très riche car alimenté par une chiffre d'affaire d'enjeu de 6 milliards d'euros annuels (à comparer aux 8,7 milliards de la France), avec seulement 3 hippodromes dont l'un réservé aux poneys sur l'île de Jéju. Mais au pays de l'économie patriarchale, les grands conglomérats familiaux comme Samsung et LG, l'équilibre est de mise non seulement dans le bleu du ying et le rouge du yang qui composent le drapeau national, mais aussi dans la répartition des richesses.

 

 


 

D'où l'allocation de 350.000 € au vainqueur du Grand Prix, qui n'est que 10 fois supérieur aux petits prix de série, richement dotés de 30.000 € en moyenne. Mais tout de même, cette allocation reste le double de celle d'un Gr.1 français comme le Prix Jean Prat. Cette épreuve est devenue la 2e la plus riche du pays depuis la création en 2016 de la Korea Cup, épreuve internationale qui offre 500.000 € au vainqueur pour une somme totale de 833.000 €. Il n'empêche que le Grand Prix de Séoul (en français dans le texte) est LE GRAND PRIX, la grande finale de toutes les compétitions de toute l'année, le choc entre les meilleurs chevaux de Séoul et de Busan, l'autre grand hippodrome du pays qui détient aussi son centre d'entrainement.

Cette année, Busan semblait détenir la clé du coffre, avec les 2 meilleurs chevaux du pays, le 4 ans Triple Nine (Menifee) et le 3 ans Power Blade (Ecton Park) qui annonçaient un duel très attendu par le public, et vendu comme tel par l'organisation de la Korean Racing Association qui en connait un rayon en marketing. Eux au moins ont le sens pratique de la modernité et de l'efficacité pour parler aux jeunes et aux gens en général, malgré toutes les limites que leur impose un gouvernement considérant le jeu comme une perversion. Depuis 2 ans, ils ont crée la marque "Let's Run", qui pourrait se traduire par "viens courir", ou " allons-y" ou un truc du genre, qui unifie tout ce qui concerne les courses et les activités sportives équestres du pays. Et ils ont même fait appel au groupe de jeunes le plus à la mode du pays " les Sistar", méga star du mouvement K Pop, 4 bombasses qui font rêver les gamines et trembler les post pubères dans un pays aux moeurs rigoristes, pour faire la chanson officielle de Let's Run Park...

 


Le public votait Triple Nine, le meilleur cheval du pays actuellement, devant Power Blade, le 1e 3 ans de l'histoire des courses coréennes à avoir remporté le triple couronne locale au 1e semestre. Mais pour cette épreuve complètement hors nome, le public vote...vraiment, tout comme pour l'Arima Kinen, la course la plus importante du Japon. " Avant les engagements des chevaux par leur entourage, nous organisons un grand vote du public ", explique le Dr Ryu Seungho, ancien vétérinaire qui a pris la tête du département international. " Tous les fans choisissent eux-mêmes les chevaux qu'ils souhaitent voir participer. Donc au delà même du niveau sportif ou de l'allocation, c'est cet aspect populaire qui rend l'épreuve particulièrement importante. De plus, le GRAND PRIX se dispute à la mi-décembre, et c'est le dernier Gr.1 de l'année. Ensuite, certains de nos meilleurs chevaux pourront ensuite aller se confronter à l'élite internationale lors du meeting de Dubaï. Et pour nous cela compte beaucoup. Voilà pourquoi les enjeux sont si élevés aujourd'hui."

 

 

Pour sûr, Triple Nine, cheval aux 11 victoires pour 19 sorties, facile à monter, possédant une tenue indispensable pour tenir les 2300  sur le sable alors que les courses sont beaucoup plus réduites en distance d'habitude, était sûr de gagner. Proposé à 1,5/1, il devait confirmer sa position de roi de Corée face à son dauphin officiel Power Blade, son voisin de boxe chez Kim Hyeong Ran, l'entraineur très en vogue qui soigne lui aussi beaucoup l'image des chevaux, emmenés au rond chacun par 2 lads habillés en costume redinguotte et noeux papillons.

Et ce Triple Nine, monté par le jeune Seo Seung Un, ou alors Power Blade, monté par Kim Yong Geun, et lui aussi né et élevé sur l'ïle de Jéju au sud du pays, devait enfin offrir une victoire de Grand Prix à l'élevage national qui a démarré il y a 25 ans, soit 10 ans après la création de la course qui disputait sa 35e édition en 2016. En effet, jusqu'à présent, les chevaux américains dominent le haut du panier des courses coréennes, même si seulement 30% des courses leurs sont ouvertes. 70% des courses annuelles sont en effet reservées aux chevaux locaux. Mais s'il s'améliore tous les ans, le niveau des "nés et élevés" reste faible et inférieur à celui des américains même issus d'origine de 2e zone, importés nécessairement inédits et acquis aux ventes publiques sous un plafond légal de 20.000 dollars. D'ailleurs, sur les 16 partants du Grand Prix, 11 étaient "USA" pour seulement 5 "KOR". 

 

 

 

Il est vrai qu'en Corée, la sélection américaine faite sur le dirt trouve facilement ses marques sur les pistes coréennes, qui sont toutes en sable pur. " Pour l'instant, il nous est impossible de courir sur une autre surface que la sable pur à cause des différences de climat extrêmes qu'il peut y avoir entre les étés étouffants de chaleur et  d'humidité et des hivers particulièrement froid avec beaucoup de gel et de neige. Par exemple, si on faisait une piste all-weather, il en faudrait en fait 2, soit 1 par saison, ce qui est évidemment impossible, nous éclaire Jun Taien, du département international. " Mais nous planifions de construire d'ici 3 ans une piste en gazon à l'intérieur de la grande piste en sable. Même si elle n'est pas utilisée toute l'année, cela nous est nécessaire pour notre reconnaissance internationale, car nous souhaitons passer dans la partie 1 des standarts de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques, et avoir des courses de black type, pour l'année fêter en 1922 " Jun Taien sais de quoi il parle car il travaille depuis 23 ans à La KRA. Cet organisme d'essence étatique compte quelques personnes passionnés qui font tout le boulot des autres sous la coupe d'un ramassis de politiciens inutiles et planqués, comme le "chairman" nommé par le gouvernement donc posé là pour lui trouver une justification à son salaire. En fait, c'est partout pareil dans le monde. Il n'avait pas encore réussi à faire comprende à son 15e chairman en 23 ans la différence entre une piste en gazon et une piste en sable que celui-ci a été jeté en prison des suites de l'énorme scandale de corruption qui a conduit à l'éviction même de la Présidente de la République. Il attend le chairman suivant pour reprendre les leçons...

 


Les jockeys des 2 favoris. A gauche Seo Seunh Un, qui monte le 5 Triple Nine. A droite le Kim Yong Geun, associé au 3 Power Blade.


Le favori Triple Nine, présenté par des lads qui ont une classe folle.


Le jeune rival du favori, Power Blade, dépend de la même écurie de Kim Young Kwan.


Heureusement, les chevaux ne se rendent pas trop compte des turpitudes humaines. Et comme d'habitude aux courses, tout ne s'est pas passé tout à fait comme prévu... Triple Nine et Power Blade ont très bien tenu leur partie, l'aîné devançant le cadet, mais ils ont du se contenter des 2e et 3e places derrère un outsider de 5 ans, Clean Up Joy, né aux Etats-Unis et entrainé à Séoul, l'hôte de la course qui a finalement conservé le trophée à la maison contre toute attente. Son mentor, Song Moon Gil nous a dit qu'il était fou de joie de remporter cette course si importante pour la 1e fois, même si cela ne se voyait pas du tout sur son visage impassible ! Son jockey, Ham Wan Sik, a monté une course en tête diabolique. " Avant coup, si on ne parlait que de Triple Nine, je me voyais une vraie chance à condition que j'arrive à prendre la tête rapidement et à contrôler le train. En effet, Clean Up Joy a de la tenue et si on regardait bien ses performances, il a 100% de réussite quand on a pu aller devant." Pas bête de petit coréen. En effet, il a mis les progressivement les chevaux au canter en face. Ils étaient "au pas" en entrant dans le dernier tournant. Puis Clean Up Joy a démarré le 1e à mi-tournant et a été au bout, même si Triple Nine, avec Power Blade dans son sillage, a refait du terrain tout au long de la ligne droite. En Corée du Sud, les chevaux de vitesse n'ont qu'un train et pas du tout l'habitude qu'on leur demande d'accélérer brutalement....Clean Up Joy, s'il n'avait pas encore gagné de Gr.1 local, comptait tout de même 10 victoires et 7 places pour 20 sorties.


L'arrivée du Grand Prix : Triple Nine revient en déhors (casaque verte, toque bleue), mais ne pourra pas rattraper Clean Up JOy (casaque jaune toque vert clair), tandis que Power Blade termine 3e, en casaque bleue toque rouge.

 

 

Né dans le Kentucky chez James Meadows, Clean Up Joy est toujours entier. En effet, si les meilleurs chevaux du pays deviennent rarement étalons car ils ne saillissent beaucoup moins que les reproducteurs importés, ils ne sont pas pour autant castrés comme à Hong Kong. Son père Purge, pourtant fils de Pulpit avec un père par Mr Prospector, et très bon compétiteur (Cigar Mile, Gr.1, Jim Dandy, Gr.2, Peter Pan, Gr.2) avait débuté sa carrière d'étalon en 2006 dans la prestigieuse cour de Vinery Stud. Mais il n'a pas vraimernt bien fonctionné car il a été exporté en 2011 aux Philippines ! En revanche, la mère Greta's Joy (Joyeux Danseur), une soeur du millionnaire Surf Cat, est une très bonne poulinière qui n'a donné que des gagnants, dont un multiple placé de groupe aux Etats-Unis nommé Livi Mackenzie (Macho Uno).

Après la course le jockey a été équipé d'un micro HF pour parler au public du haut de son podium qui s'est élevé comme un ascenseur entouré de pétards et de feux d'articifice. On savait qu'ils faisaient du bon cinéma, même s'il est souvent mélancolique, mais ces coréens, également dans le spectacle vivant, ont un sacré sens de la mise en scène !

 


L'entraineur, fou de joie