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Nouvelle-ZĂ©lande : rencontre avec le roi des maoris cavaliers

06/02/2019 - DĂ©couvertes
 Peuple originaire de  Nouvelle-Zélande, les maoris se sont rendus célèbres à travers leurs rugbymen chez les All Blacks. Loin des Jona Lumo et autres armoires à glaces des antipodes, Chadwick Ormsby est reconnu sur place comme un cavalier de génie, le plus fameux homme de cheval d’un peuple qu’il est très fier de représenter. Ancien jockey vedette, il débourre aujourd’hui tous les équidés possibles, et entraîne un cheval pour le derby Néo-Zélandais, tout en ayant gagné son premier  titre de champion de rodéo…sur taureaux !

 
«  Les maoris sont le peuple indigène de la Nouvelle-Zélande, nous représentons l’âme du pays. Et je suis très fier d’en faire partie. Les maoris sont des sportifs nés, et des gens de chevaux également. En fait, c’est un prolongement naturel. A mes yeux, il n’y pas assez de maori dans le monde des courses. Par notre culture, nous avons une relation naturelle avec le cheval, il y a beaucoup d’opportunités de travail dans notre industrie et j’aimerai que nous y soyons plus nombreux dans le futur. »
 
 
 
 
On a l’habitude de dire que les blancs sont stressés. Maori jusqu’au bout des ongles dans son attitude, Chadwick Ormsby affiche un calme et une sérénité déconcertante. Aux courses, sur l’hippodrome de Mata Mata près duquel il est installé, casquette vissée sur le tête comme tous les cavaliers qui portent un casque toute la journée, il se meut avec une démarche chaloupée, en short, chemise un peu ouverte mais pas trop, lunettes de soleil. La classe intégrale du gars pour qui tout paraît simple. Et en plus, il gagne à la fin, avec un 3 ans en battant ses aînés. Le lendemain matin, on le retrouve avec son unique employé, toujours aussi détendu mais concentré, parlant peu, agissant lentement mais efficacement, sans jamais s’arrêter.
« J’ai appris les bases des chevaux avec mon père et un ami. J’ai grandi comme tous les gosses qui montent sur ce qu’ils trouvent pour s’amuser parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire, C’est comme ça que j’ai commencé, sur la plage, que j’ai pris le goût des animaux et des chevaux en particulier. J’ai tout appris sur le tas, mais en fait mes meilleurs maîtres sont les chevaux eux-mêmes.
 
 
 
 

 
 
 
 Chad a commencé très tôt le matin. Après avoir nourri tout le monde, il quitte son établissement installé entre le fleuve et la montagne, après avoir embarqué 7 chevaux dans son camion. En effet, il n’a pas de piste chez lui, mais se déplace tous les jours sur le centre d’entraînement de l’hippodrome de Mata Mata à 15 minutes de route. Il y restera 2 heures pour y sortir des yearlings découvrant pour la première fois la frénésie du centre, des chevaux de courses mais aussi deux grands dadais de plus d’1,75 m. Ce sont des 3 ans de dressage, qu’il emmène pour une reprise sur l’immense gazon qui sert de parking les jours de courses. Archi verts, ces jeunes chevaux qui font le double A chaque fois, Chadwick Ormsby a changé radicalement de style de monte. Et ce n’est qu’un début. A 8H00, retour à la maison, pour la 2e partie de la journée. Comme pendant la matinée, ses pensionnaires restent tranquillement à l’attache dans les stalles, avec une longe de chaque côté, exactement comme les trotteurs le font en France.
 
 

Chadwick Ormsby, à 21 ans, gagnant de Gr.3 en selle sur Ocean Park.
 

Aujourd'hui, il a gardé une licence d'entraineur pour seulement 4 chevaux.
 
Au rond de présentation de Mata Mata
 
Son pensionnaire de 3 ans Roll The Dice s'impose facilement face à ses aînés.
 

J’ai fait 5 ans d’apprentissage et j’ai monté ma 1ère course à l’âge de 15 ans. Dès la fin de mon apprentissage j’ai gagné mon premier Gr.1. Mais j’ai un peu trop grandi et j’ai commencé à avoir des problèmes de poids. Malgré ça, j’ai pris beaucoup de plaisir et j’ai continué à avoir du succès. Ma dernière année, j’ai notamment monté Ocean Park, qui a gagné ensuite la Cox Plate et qui est devenu un très bon étalon. Il m’a aidé à garder ma licence quelques mois supplémentaires.
Aussitôt,  j’ai eu l’opportunité de passer à l’entraînement, en association avec Mike Moroney, qui est le père de ma compagne. Je m’y suis mis à fond et je suis devenu le manager de l’écurie Ballymore en Nouvelle-Zélande. Nous avions 60 chevaux en permanence. Nous avons passé 4 belles années avec de nombreuses grandes victoires.
Puis j’ai eu envie de me poser, de prendre un peu plus de temps pour la vie, car je me suis rendu compte que je ne voulais pas passer ma vie sur le bord d’une piste d’entraînement. Donc j’ai fait un pas de côté, j'ai pris du recul. J’ai gardé ma licence d’entraîneur mais j’ai opté principalement pour le débourrage. Je me consacre aujourd’hui aux jeunes chevaux.
 
 

Au lendemain des courses, Chad amène sur l'hippodrome...un cheval de dressage !
 

 
 
 C’est le moment de passer à un moment délicat, pour lequel deux personnes sont requises. Chad va mettre le surfaix pour la 1ère fois à un yearling. Pas de rond de débourrage fermé, l’animal est conduit dans un petit paddock, simplement au licol, sans caveçon. A chaque étape, Chad lui bloque un antérieur plié avec une grosse ceinture. Cette méthode, jamais utilisée en France, est celle démontrée par Robert Redford lors de la scène de fin de " l’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux ". Dans cas, l’animal se défend peu, forcément, car sinon il perd l’équilibre. Quand même, lorsque Chad enlève la ceinture et sert le surfaix, le yearling bondit comme n’importe quel jeune cheval dans le monde, mais il est rapidement maîtrisé et Chad lui met aussitôt les longues rênes ! Le plus surprenant dans cette affaire, c’est que Chad attache les longues rênes derrière le flanc du cheval, et aussi le long de l’encolure, et laisse le cheval comme ça en liberté pendant une heure. Mon regretté frère Yann Poirier, homme de cheval jusqu’au bout des ongles, cavalier de génie, aurait beaucoup aimé être à ma place à la rencontre de ce maori d’exception. Ils se seraient beaucoup ressemblés : calmes et doux mais fermes et assurés en même temps.
 
 

L'installation de Chad Orsmby
 
 
 
Le cheval de trait, le clivesdale, est boîteux aujourd’hui, alors il reste au paddock. D’ailleurs, en Nouvelle-Zélande, il n’y a que très peu d’écuries et les chevaux passent leur vie dehors. Mais soudain arrive la surprise du chef. Chad s’est vu confier le débourrage d’une mule. C’est un mâle de 3 ans, déjà d’une très grande taille et doté d’une force herculéenne. L’expression « têtu comme une mule » n’est pas galvaudée pour cet animal issu du croisement d’un cheval et d’une ânesse. Difficile à gérer, la mule est en revanche dotée de qualité de force et de résistance exceptionnelle. Traditionnellement, il est utilisé dans les élevages bovins pour maîtriser les troupeaux, car lui seul est capable de séparer deux taureaux en train de se battre et possiblement de s’entretuer. C’est dire si l’animal est robuste et pugnace…Toujours dans la plus grande concentration, Chad dirige la mule aux longues rênes, puis l’emmène dans sa carrière pour le monter. C’est épatant. Mais on n’est pas au bout de nos surprises.
 
 
 
 
 
 
 
«  Ici, nous avons plein de chevaux différents : des chevaux de sport, notamment de dressage et de saut d’obstacle, évidemment des chevaux de course. On débourre aussi des poneys, des mules et des chevaux de trait. C’est un challenge passionnant de comprendre la personnalité d’animaux différents tous les jours. »
La compagne de Chad Ormsby, fille d’un grand entraîneur, est elle une championne de dressage. Elle ne monte pas actuellement, car elle attend leur 2ème enfant après une fille d’à peine 2 ans. Alors Chad alterne tous les styles de monte sur les chevaux, mais pas que. Quand il était petit, il montait des veaux et des taurillons pour s’amuser. En 2016, l’un de ses employés l’a emmené voir une compétition de rodéo de taureaux à laquelle il participait. Chad a voulu tenter sa chance. Il s’est pris au jeu. Toujours le meilleur dès qu’il enjambe un animal, il vient décrocher à 30 ans son 1er titre de champion du pays !
 
 
 
 
 
 
C’est devenu une passion, c’est comme une drogue pour moi. J’adore ça, c’est un super hobby même si c’est très dangereux. J’ai été le champion des débutants dès ma 1ère année, et j’ai gagné le titre dès ma 2ème saison l’année dernière. C’est un super sport qui permet de voyager partout dans le monde. J’ai eu la chance d’aller monter aux Etats-Unis, j’ai aussi été invité en Australie. On voit un public très différent des courses, mais cela reste des chevaux de courses. Ca ouvre l’esprit.
 
Et pendant ce temps là, Chad Ormsby reste un entraîneur très performant, avec seulement 4 pensionnaires d’un unique client, il détient l’un des bons 3 ans du pays, Roll the Dice, par Zacinto, bien qu’issu d’une origine maternelle très obscure. Il a pulvérisé ses aînés à Mata Mata le 3 février sur 2000 m et se dirige désormais vers le Derby de Nouvelle Zélande, début mars sur 2400 m à Ellerlsie, avant de tenter sa chance de l’autre côté de la mer de Tasmanie pour battre les rivaux de toujours, les australiens, sur leur terrain. Vraiment épatant !